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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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Microfrictions

21 janvier 2008 à 09:46 Microfrictions

On ne vit que deux fois. Mais recommence-t-on une deuxième fois un début de saison souffreteux ? Là même où les ligaments chauffaient, les os craquaient et le collectif toussait. Après un passage dans la foule de Créteil, on a préféré laisser passer trois matchs histoire de cerner un peu mieux l’état de la reprise lyonnaise.

Premier cliché à Gerland, contre Toulouse. Douce euphorie des soirs de victoire rue de Paradis où l’on se presse comme jamais pour voir quel match sort Ben Arfa. Au risque d’oublier qu’il y a derrière le soliste éclairé un milieu à trois qui pratique un match des plus aboutis depuis le début de saison.

Quand bien même on devrait bientôt revenir sur l’homme aux joues mangées par la mauvaise barbe, Juninho joue la pointe du triangle médian cette fois, Källström relégué en Essien de garde et Toulalan en Djila Diarriste qui vient asphyxier le milieu toulousain à la 70ème. Ne reste plus alors à Benzema après Ben Arfa à trousser son envolée côté gauche et renvoyer un peu plus aux oubliettes les débuts poussifs du dernier janvier d’Houllier.

Un peu comme au mois d’août, on se méfie pas. De l’adversaire du soir, à peine remis de sa sortie de Coupe contre un Paris de National. De ces étranges mouvements de mercato, entre Fabio Santos l’enragé qui se découvre une vie conjugale nécessitant un départ express pour Sao Paulo et Belhadj qui repasse par la case Bollaert et dénonce au passage ce Grosso derrière, à la ramasse et toujours titulaire. De ces arrivées qui sentent l’effet de mode, Crosas pour réveiller feu le fantasme Guardiola à Gerland – une des cinq rumeurs les plus improbables de l’histoire aulassienne – ou faire comme les autres du G14, en ayant sa petite merveille espagnole au milieu. Delgado a l’avantage de faire surgir une comparaison savoureuse du côté de chez Lacombe : « C’est un joueur dans le style de Franck Gava ». L’Argentin confirme lui-même qu’il est un joueur d’un autre temps. Retour vers le futur. En revanche pour Tevez, on repassera.

Quelques jours plus tard, on tient une nouvelle photo de groupe sous le soleil du Mans. L’OL doit pour la troisième fois se coltiner une équipe de National ou presque, à l’exception de son grand gardien, la montagne Pelé. Là, la première mi-temps replonge tout le monde dans le bouillon du tout début de saison. Toulalan qui joue avec le mord aux lèvres et le reste de l’équipe endormie comme jamais, entre passes approximatives et jambes cotonneuses. Sans collectif, on s’en remet aux coups-francs de Juninho et aux trouvailles de Benzema dans l’axe. On s’inquiète d’autant plus que Rémy est aligné d’entrée, symbole à lui tout seul de cette classe creuse dans la formation à la lyonnaise.

Du coup, entre deux hommages à Dhorasoo (qui aura droit au sien en ces pages), on reprend archives et autres anecdotes collectées entre supporters de l’insupportable. Il y a bien cette rengaine de l’éprouvante préparation à Duverne qui a pu servir la saison passée quand le vestiaire commençait à prendre l’eau. Les vraies lésions sont sans doute ailleurs. D’autant qu’avec le Cleber en chien pour les six prochains mois, l’orteil cassé de Juni, Fred en diva déroutante et ce déplacement chez des Sang et Or en pleine quête de rédemption, on renifle le mauvais temps qui se prépare dans les corons.

Dans le silence des quinze premières minutes de Bollaert, on fait déjà une croix sur d’hypothétiques retrouvailles avec le jeu en 4-3-3 accords. La faute à cette compo’ instantanée qui se découvre, Crosas et Delgado tout de suite balancés dans l’eau du bain. Les Lensois ont tout compris, laissant au petit Catalan le soin de toucher tous les ballons qu’il peut. Crosas a pour le moment bien du mal à trouver des coéquipiers inconnus ou presque. Sans Juninho, Toulalan muselé, les ballons se perdent au milieu, vite balancés vers l’avant quand ils ne finissent pas en remise stérile derrière. Källström parvient malgré tout à trouver un espace côté gauche pour lancer Benzema dans la profondeur (3ème minute). C’est trop tôt pour Karim, pas encore prêt. Il préfère attendre le retour de Govou et Juninho pour venir débloquer la situation et marquer les esprits d’un petit numéro d’après 70ème minute. Son tir écrasé est arrêté par Runje.

De l’autre côté, en face aussi, Belhadj rejoue la bataille de Sedan de l’an passé. Ce type n’est jamais aussi à l’aise que dans une équipe qui joue sa peau en L1. Une première moitié de saison passée sur le banc lyonnais et un Delgado perdu comme un del Dongo devant lui suffisent à rappeler que la meilleure recrue lyonnaise de la saison est encore à mettre au profit de Lacombe. On voit bien qu’il a envie qu’on le regrette, lui qui voulait vivre comme un rêve de gosse son arrivée à Lyon. Douzième minute, le voilà parti dans une succession de une-deux sur toute la longueur du terrain, avant de faire prendre le large à Maoulida, plein axe. Coupet trouve le moyen d’arrêter la belle combinaison.

On retrouvera tout ce beau monde à la 54ème minute sur une contre-attaque lensoise, avec le plus Belhadj, encore centreur et toujours aussi remonté. Un rien paumé, Delgado est affecté au sauvetage. C’est mauvais signe. Il renvoie la balle sur Belhadj, resté à gauche. Nouveau centre, comme diraient les gars du Modem, et Maoulida trouve enfin un bon prétexte pour nous refaire le coup de la papillote à déplier. Demont manque de lui en faire dérouler une nouvelle à la 63ème – son centre trop haut finit comme d’habitude dans le dos de Grosso, mais la tête mollassonne du Mahorais arrive dans les bras de Coupet.

Il reste encore deux dernières images. Un corner de Bisevac qui prend la lucarne lyonnaise et Coupet de court, un rien au ralenti. Avant qu’un coup-franc de Carrière - qu’on disait sur la fin - interrompe les discussions de la défense lyonnaise (Mangane, 90ème) et fasse passer le capitaine du soir, Toulalan, pour un bleu. Preuve qu’un rien peut essouffler le collectif lyonnais, moi avec lui.

Il faudra sans doute s’en remettre à ce que disait Method dans ses voeux : c’est bien le décalage de Govou qui fera toujours la différence. Surtout quand il faut recoudre en nouveau onze-type ces petites histoires et ces destinées qui se bousculent sans raison apparente à Tola Vologe depuis deux saisons dès que janvier se pointe.

Serge Rezza






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» Micro-correction · 21 janvier 2008 12:16

Bien vu Rudy. Encore qu’avec toute la mauvaise foi qui anime ce blog, ce Brivesac aurait pu passer pour un hommage secret à Brive-Charensac, petit club formateur de Haute-Loire aux équipes de jeunes si brillantes - Govou, Coupet s’y sont frottés.

Question Belhadj, je doute que sa seule performance contre Barcelone l’ait renvoyé dans le Nord. Il y a eu aussi une entrée calamiteuse contre Lorient dans le début de saison délicat qui lui a valu les foudres de Lacombe sur OL TV. Même Malouda n’a jamais eu droit à un tel traitement.

Son impatience qui s’étale ensuite dans la presse alors que l’OL réclame parfois une saison d’adaptation a sans doute dû accélérer le départ en catastrophe. Il avait pourtant un avenir dans le 4-4-2 inéluctable qu’Houllier annonçait en fin de saison passée, ce schéma qui doit faire tourner le collectif lyonnais autour de Benzema.

Ca aussi il faudra en reparler...

 Serge   

» Microfrictions · 21 janvier 2008 12:02

Bisevac et non "Brisevac" ! parait que c’est son match à Barcelone qui a grillé Belhadj... apparemment Grosso a droit a plus d’essais....

 Rudy Mater