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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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La foire de trop

4 mars 2008 à 09:06 La foire de trop

On a beau s’entendre dire qu’on a assisté à un match censé être historique samedi au Stade de France parmi ces presque 78 000 personnes, on préfère encore détester tout ce qu’on a pu y voir. Quitte à en rajouter une couche en décrétant penser exactement tout le contraire de ce qu’on a entendu dans la foulée du match et affirmer que l’OL a même préparé de la pire des manières la rencontre de demain à Old Trafford avec cette victoire déplacée.

Pour être honnête, je dois dire qu’en me rendant au Stade de France, je savais que j’allais détester ce match. Un peu comme avec certains disques ou certains films, je préfère décréter que je ne vais pas aimer au nom d’une mauvaise foi qui ne regarde que moi. Pour une fois, je n’ai même pas à me forcer. On a beau avoir pris ses précautions en ratant le concert de Louis Bertignac, la mise en scène qui suit l’immédiat avant-match provoque les pires sueurs froides. Battle improbable entre des régiments de cheerleaders loscistes et la chorale des Chérubins de Sarcelles ( !), chorégraphies foirées par des enfants-Dogues autour de ballons baudruches crevés et karaoké géant pour supporter lillois.

Il y avait de quoi ricaner. De quoi s’inquiéter surtout. On a quand même affaire aux deux clubs qui ont promis le matin même par la voix de leurs maîtres de changer radicalement la face du football français. Pour une fois qu’on peut faire parler un autre président qu’Aulas sur le sujet, on ne va pas se priver : « Le kolkhoze a rendu l’âme (…). Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est d’abord penser au client : le public. » (Michel Seydoux). La grande foire de ce samedi après-midi n’est rien d’autre qu’une projection de ce qui attend les supporters – ou du moins ce qu’il en reste, des clients – dans les dix prochaines années. Soit du guazzinisme à go-go pour tuer le temps en famille chaque samedi après-midi.

Qu’importe d’ailleurs si le match n’est rien d’autre qu’une scène ordinaire de la vie en L1, entre une équipe qui domine son championnat avec sans cesse plus de paresse et une autre qui cherche à sauver sa peau dans l’élite en serrant les lignes, espérant marquer avec un vieux cheval de retour abandonné en attaque. On a bien fait mine de se réjouir devant ces retrouvailles entre Cris et sa défense pour un match officiel, rassurés de le voir aimanter le ballon adverse avec toujours autant d’aisance au moment des duels. On l’a moins été dans la perspective d’une autre titularisation demain soir pour peu que le jeu prenne de la vitesse et qu’il faille se jeter en pleine surface. Ca n’a rien de surprenant, mais le Policier a encore du mal à faire don de son corps. Autant éviter donc de claironner que ce retour-là est suffisant pour se frotter aux attaques en rouge diable.

Ailleurs sur le terrain, les deux équipes réussissent à endormir des tribunes qui n’avaient pas besoin de ça pour être aux abonnés absents. Au milieu, on observe Juni qui joue les apathiques et Bodmer qui cherche encore sa place à ses côtés, malgré de meilleures inspirations au moment d’orienter et de distribuer le jeu. Ce qui a le don d’en excéder un autre, Benzema, bien décidé à semer un peu de pagaille dans ces échanges de vieux garçons et à envoyer balader à la demi-heure de jeu ce 4-3-3 qui doux-doux ronronne. Le voilà qui prend la balle dans les pieds de Juni et commence à accélérer tout en rupture plein axe. Clerc l’employé modèle passe par là, tente le grand pont et le réussit, centre en retrait sur Fred qui fait mourir la balle loin de Sylva, pile dans les filets. But.

On ne sait pas ce qui est le plus dégueulasse dans l’affaire, entre Benzema qui n’en finit plus de prendre le jeu de toute l’équipe ou presque à son compte, la réussite insolente de Clerc sur ce match et le retour triomphal tout sauf mérité de Fred. En attendant, ça fait bien hurler de joie toutes ces familles « je vous OL » de la tête aux pieds. C’est peut-être elles qui ont raison de s’enthousiasmer. Après tout, cette nouvelle rencontre a encore tout du miracle pour des Lyonnais qui réussissent on ne sait comment à sauver les apparence en L1.

C’est d’autant plus remarquable que ce service minimum auquel on a droit depuis quelques matchs sonne faux et mérite qu’on s’y attarde – bien plus que la suite du match. A côté de moi, R. dégage à la Cris mon pessimisme, un peu comme il y a quinze jours. Pour lui, voir l’OL s’arrêter de jouer, ne plus penser qu’à défendre en seconde période et Ben Arfa tout faire tout seul pour gagner sa place à Manchester à partir de la 60ème, tout ça prouve bien que les têtes sont bien à Old Trafford. A ce compte-là, il faudra alors remercier les Loscistes pour leur mansuétude et cette obstination à ne surtout rien faire pour troubler l’ordre maintenant naturel des choses en L1.

A moins que ce grand vide qui se découvre dans le jeu de l’OL, cette façon de se faire surprendre aussi sur une frappe de Frau frôlant le dessus de la transversale (59ème) ou sur ce tir en pivot ras-le-poteau de Bastos (92ème), ces courses dans le vide de Juninho au milieu et cette sortie toute en colère rentrée de Benzema ne disent autre chose. Pour A., retrouvé à la sortie, les choses seraient même encore plus compliquées. Ce collectif qui n’y est plus depuis plus longtemps qu’on le pense annonce rien de moins que la petite mort du système Aulas pour la suite de la saison. Face à un groupe lyonnais parvenu à une certaine maturité tactique et maintenant agité par des ego gonflés à bloc, un entraîneur sans qualité que le club voudrait façonner à sa guise ne suffit plus. Cette équipe n’en est plus au même point qu’à l’arrivée de Le Guen et, après Houllier, a besoin d’une nouvelle pointure pour remettre en ordre un 4-3-3 qui s’épuise et tend à se morceller.

On peut d’ailleurs revenir sur la sortie frondeuse de Benzema à la 60ème. Qui préfère charger Perrin pour esquiver cette histoire de main qu’il n’aurait pas échangée avec Ben Arfa. Sur ces rappels exaspérés de Perrin à Ben Arfa contre Saint-Etienne pour qu’il reprenne son couloir – le gamin est tellement sourd qu’il préfère se faire sortir. On oubliera pas non plus cette confidence de Juninho à Houllier après la victoire contre les Rangers : « Vous êtes le coach qui m’a fait le plus confiance de toute ma carrière… ». Un hommage trop appuyé et trop ému pour ne pas dire autre chose, juste à côté de Perrin. On ne parle même pas de la métaphore toute aulassienne de la « courroie de transmission » et des portes que Duverne, Bats et Garde font claquer à Tola Vologe. Pour une fois, Dirty Bernie n’a même pas à s’en mêler.

En cas d’élimination demain soir et de sommet du championnat dans lequel l’OL ne sauverait même plus les apparences dimanche prochain, on aura donc tout le loisir de reconsidérer cette vaste foire du Stade de France à sa juste mesure : comme un match qu’on avait bien raison de détester.

Serge Rezza






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» La foire de trop · 4 mars 2008 21:43

T’as tout dis Sergio.

 La Grinta