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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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J’ai horreur du derby…

29 janvier 2008 à 11:56 J’ai horreur du derby…

Chaque match est l’occasion de formuler de nouveaux jugements définitifs et autres sentences à l’emporte-pièce, appelant son lot de reniements. Sauf les soirs de derby. Là, plus rien n’est permis. Il n’est plus question de jouer les girouettes, de faire quelque compliment que ce soit à l’adversaire de la soirée, encore moins d’enfoncer son équipe…Le genre de piège duquel tout mauvais blogueur un peu dirty et bien bâtard aimerait se tirer à moindre frais, entre le désir de garder ce qu’il faut de distance avec l’insupportable et la crainte de voir son statut de supporter remis en cause.

A ce compte-là, autant décréter son horreur du derby.

Raison n°1 – Les Savy Fav - Comes and Goes

Premiers signes d’inquiétude dans ces quatre petits jours qui servent d’avant-match. D’habitude, rien ne vient troubler la tranquille succession des matins fumants à Tola-Vologe. Fidèle à ses bonnes habitudes, Joël Bats, dans sa tenue de maître-nageur sauveteur, prépare le café pour le staff et l’équipe. Govou et ses copains peuvent alors remuer leurs touillettes dans le café sans crainte. Et les supporters continuer à mener une vie à peu près normale.

Dès que le derby s’annonce, ça déborde sévère. La moindre secousse donne l’occasion de passer un cran supplémentaire dans l’hystérie collective. On pensait ainsi ne plus avoir à revivre la tempête dans une tasse de café de la saison passée avec ce mercato qui avait secoué tout un vestiaire et semé la tourmente en janvier.

Sauf que cette année, les allées et venues virent encore à l’absurde et auront certainement des conséquences sur la suite de la saison. Ainsi, sur la foi d’un bon match contre Lorient et d’une repentance prononcée du bout des lèvres, Fred envoie Baros à Portsmouth. Pour rappel, la dernière fois que Gérard Houllier avait quitté les commandes d’un club en prenant soin de laisser le Tchèque sur le banc, son successeur a su remporter une Ligue des Champions. Autrement dit, Baros qui s’est barré, c’est le dernier espoir de gagner la coupe aux grandes oreilles qui fout le camp.

On aurait pu en rester là. Mais, jeudi soir, on apprend qu’à cause d’un but marqué in-extremis en Coupe d’Italie, Jean-Alain Boumsong est parti pour s’ennuyer ferme quelques jours de plus dans un hôtel lyonnais. En temps normal, on connaît par cœur ces histoires de signature de contrat où l’intox manque de faire couler l’affaire. Cette fois, on oublie surtout que l’arrivée dans l’effectif de l’ancien compère de Mexès est d’abord une très bonne nouvelle pour les amoureux du Littré avant d’être un authentique gage de sécurité pour une défense à la peine. Dans la folie des allées et venues d’hiver, l’OL vient de reconstituer l’air de rien la paire centrale Toto-Boumsong, coupable d’une des parties les plus consternantes de 2007 - en équipe de France A’ contre la Slovaquie. Avec la venue d’ici un mois d’une équipe mancunienne qui adore venir rôder autour des défenses lourdes et statiques, on peut déjà remettre les derniers rêves d’exploit en huitièmes à une autre fois.

Raison n°2 – Tindersticks - Mistakes

La raison a ses limites que la mauvaise foi du supporter ne connaît pas. Et plus encore à l’occasion d’un derby. En 90 minutes et quelques bien engagées, les observations les plus pertinentes, détaillées sur ce blog, ont volé en éclat.

A l’issue de la journée précédente, on avait déjà élevé Crosas au rang d’héritier des milieux classieux et enchanteurs de l’OL – Dhorasoo et Tiago. Une mi-temps plus tard, la recrue catalane est étouffée dans un milieu qui joue plus physique que jamais. Il se contente de remiser poliment derrière lui les rares ballons touchés, quand il ne pratique pas les courses dans le vide, un rien flippé. On finit par le perdre de vue dans ce Chaudron qui n’aime rien tant que les bastons entre darons. On aurait peut-être pu le prévenir qu’une fois par an, l’OL jette aux orties sa bonne éducation pour rejoindre la cohorte des durs au mal, le nom des copines tatoué à même le torse et le maillot passé à l’eau sauvage.

Dans cette première période virile, le milieu lyonnais se contente donc de serrer les dents. On s’en remet au revenant du jour, Sidney Govou, plus attendu que jamais en Capitaine courage. Le temps d’un enchaînement en pleine surface verte (3ème) – grand pont et sombrero -, il parvient à rendre par instants la partie plus aérienne. Excédé par ce retour en fanfare, Nivaldo ne trouve rien d’autre qu’un coup de latte dans le bide pour mettre un terme à l’instant Govou (12ème). Là encore, l’annonce à tue-tête d’un Sid plus décisif que jamais se dilue au fil des quarante-cinq premières minutes.

A mesure que le collectif lyonnais s’en remet aux tentatives de remontées de Ben Arfa et Benzema, le onze stéphanois commence à faire la différence et prend le match à sa main. La défense lyonnaise n’est pas à son aise face à Ilan, Gomis et Dernis. A l’image de François Clerc, on joue le sévisse minimum à coups de renvois en pleine tribune, de têtes approximatives, de prises à deux borderline. On doit alors faire une croix sur le retour annoncé des pistons latéraux qu’on pensait avoir retrouvés face aux Merlus. Au lieu de quoi, on a droit à une défense qui relance long et mal.

Les Stéphanois s’approchent de la surface et commencent à cadrer. A la 40ème, à la faveur d’un coup-franc aux 35 mètres, Dernis frappe pleine lucarne. Coupet s’envole et semble dévier la balle du bout des doigts. Sept minutes avant que l’espoir d’un retour en grandes pompes de ce cheap type de Greg ne s’envole quand, sur une tentative de dégagement au pied assurée en père peinard, il trouve une tête stéphanoise. Gaffe et Gomis. Ca fait but (47ème).

Raison n°3 – The Undertones – Teenage Kicks

Saleté de derby dans lequel le collectif lyonnais s’étiole encore un peu plus. Au point d’en perdre ses repères en 4-3-3 et une certaine distribution des rôles. On ampute l’OL de son beau milieu et Squilacci et Grosso viennent jouer en pointe. On fait mine de chercher coûte que coûte Benzema, basculé à gauche après l’entrée de Fred et la sortie-sanction de Ben Arfa. On ne cesse de lui balancer depuis la défense des ballons de plus en plus improbables.

Là encore, voilà une semaine qu’on clame ici que Karim n’a rien d’un buteur décisif. Preuves et stats à l’appui, on sait qu’il n’ouvre presque jamais le score, ni ne force la décision pour ramener son équipe à flot. N’est pas Sid qui veut. Alors, lorsqu’il demande à tirer le dernier coup franc aux trente mètres, dans les arrêts de jeu, on sent que c’est peine perdue et on lui en veut déjà de prendre une fois de trop le rôle du sauveur de service. On ne comprend même pas pourquoi Gomis se signe trois fois au moment de se placer dans le mur.

Son tir qui fait mouche, là, dans le côté gauche du but de Vivianu, sonne comme un nouveau désaveu pour ce blog perclus de certitudes. Le banc lyonnais est en fusion et Aulas en profite pour venir ambiancer les tribunes stépanoises.

D’ailleurs, à qui a-t-il pu adresser cet index pointé vers le bas depuis sa tribune ?

Réponse A – A Laurent Roussey. Plus Imperator que jamais, Aulas réclame le sacrifice immédiat de l’entraîneur le plus désespérant que la L1 ait porté.

Réponse B - A personne, c’est de la tektonik.

Réponse C – Aux traders de la Bourse de Paris qu’il encourage à racheter dès l’ouverture des marchés ce matin un maximum d’actions d’OL Groupe.

Réponse D – Aux dirigeants de Canal + : « Ce soir, on a vu du vrai football. C’est encore un argument de plus pour Canal+ pour remettre de l’argent dans les droits-télé ».

Réponse E – Aux mauvais blogueurs d’OL Dirty Bastards qui, à cause d’un derby tendu et nerveux, viennent de perdre ce qui leur reste de crédibilité aux yeux de leurs derniers lecteurs.

J’ai vraiment horreur du derby…

Serge Rezza






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» J’ai horreur du derby… · 31 janvier 2008 13:58

Pffff... Epatant ! Lecteur assidu de ce blog que j’ai découvert il y a peu, je prends mon courage à deux mains et ma plume à une main pour pondre un premier commentaire. Très très bon résumé, très fin très relevé. Du ptit Jésus en culottes de velours !

 Cornichon   

» J’ai horreur du derby… · 29 janvier 2008 20:26

Merde, moi-aussi... Quatorze ans et cette enculé de Cavegoal qui te hurle dans les bronches à la 92eme. Maudites quenelles.

Mon seul espoir :que Zlatan tombe amoureuse d’une bombasse stéphanoise...

A+ Serge

 dieu_dollar   

» J’ai horreur du derby… · 29 janvier 2008 13:44

Sublime mec.

N’empeche que ce manque de ... méthode dans les rangs de lol ne me ravit bien evidemment pas masses. En espérant que la folie l’emporte, mon doute.

Car maîtrise et sérénité Gérardiennes semblent envolées. Histoire de recadrer les fanfarons de devant, de ne pas les brider mais de réequilibrer tout ce bazar, ne serait-il pas judicieux de se demander si une nouvelle organisation...

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