Dos à deux
28 novembre 2007 à 14:06
D’après l’Equipe.fr, Lyon se préparait hier à affronter Barcelone en 451 :
Fairfoutre – PasClerc, Toto, Le Clebs, Modo – KanGoovou, Guy Georges, Sardoulalan, JunWayne, Ben Beckerfa – Omar (sans Fred parce qu’on l’a tuer semble-t-il)
Pourtant, c’est plus que jamais en 433 qu’ambiance maintenant l’OL, comme le confirme ce témoignage en direct de Sidney : « On est plus spontanés dans le jeu offensif. Pendant deux ans, on a été très bons mais offensivement, on était un peu stéréotypés. On prenait notre temps, on allait sur le côté, on terminait par une frappe. Aujourd’hui, avec Karim et Hatem, ça va un peu dans tous les sens. On ne sait pas trop ce qui va se passer, ça me plaît, on est plus créatifs. »
En clair, maintenant que Perrin a fini ses cochonneries de 442 facon machine à laver et enfin séché (un) onze types, on y est, roulez jeunesse. Bing, ca va vite et ca percute, parfois même un peu trop, et zyva que ca baboule cash dans l’axe benzémien, parfois même un peu trop, et que, bah forcément, ca défend un peu moins, un peu pas assez, dédicace aux latéraux ascendants laissant à l’abandon un triangle défensif (et encore, parfois un duo quand se fait aspirer par tout l’allant général l’éponyme pointe basse du trident médian ou haute du défensif, au choix). Entretenu avant son départ, Gérard Houillier expliquait son apport post-Le Guen assez simplement : Lyon ne jouait plus à 100 à l’heure mais à 80 et parfois à 120. (Milan Baros en a toujours trop fait). Cette saison, retour vers le futur : à l’image de son chauffeur, Lyon a rajeuni et rejoue tous les coups à 100 à l’heure. Ni plus ni moins. Alors c’est déjà ca, certes, mais c’est pas encore ca.
Las, les échéances de la vie d’adulte n’attendent ni les réglages de l’écurie ni les retours de stand, hier s’agissait donc de se coltinier le band à Bono, Youtube et ses stars catalanes. Ce n’était peut-être pas (encore ?) le moment opportun pour Lyon mais pour eux non plus, pas (au) mieux, comme l’exposait Raynald Denoueix avant le départ : « Lyon aura forcément des coups à jouer. Barcelone ne sait pas subir, or en ce moment, elle est nettement moins capable de bloquer l’adversaire très haut. Les Barcelonais se replacent beaucoup moins bien et ont moins l’envie de cavaler les uns pour les autres, Ronaldinho ne sait plus recevoir le ballon et le tenir. Les connexions sur les côtés sont aussi détruites. »
Car déjà que Ronnie glandouille en schlapettes, vla-t-il pas que Messi nous la joue trotinette, tête dans le guidon et vas-y que je pédale comme un grand, je suis au taquet z’avez-vu, sans les mains sans les autres, et dégagez-moi cette putain de troisième roue, j’en ai plus besoin, je vais tous les niquer. Dans la sienne, c’est en roue libre qu’est un peu toute l’équipe. Et pourtant elle tourne. Angel Marcos : « J’entends dire sans cesse que cette équipe de Barcelone est hors de forme, qu’elle est proche de la catastrophe, moi je signe tout de suite pour ne suivre que des équipes catastrophiques comme celle-là, car on se régale quand même. » Comme quoi ce n’est pas uniquement (principalement devrait-on même dire) sur le talent que repose ce modèle (encore non avoué, ni même percu comme tel, de l’OL) mais sur son organisation ; une bicyclette, des vélos. Denoueix parle de « connexions » à juste titre, au sein d’un 433 aux idées larges comme ses latéraux, mais un chouia moins pour ses meneurs excentrés ; à eux de ne pas slalomer uniquement le long de la ligne mais aussi et surtout de virer dans l’axe, là ou ca fait mal et mouche.
Bref, un système à même de posséder la balle comme son adversaire, occupation de l’espace et des esprits. Technique superlative, circulation affolante, têtes levées et haut placement, megamix qui permet non seulement à l’équipe de mettre l’adversaire sous pression mais surtout de se négocier l’espace adéquat pour pouvoir revenir défendre en cas de perte de la baballe. Milito et Puyol, généralement titulaires dans l’axe de la défense (banc Thuram-Marquez, la classe des classes), vérouillent souvent à moins de dix mètres du rond central. Du coup, quand l’adversaire récupère, il est esseulé et loin des cages catalanes, sans trop de solutions immédiates comme à la 36è minute avec cette frappe dépiteuse de Fred. Sinon, s’il attend des solutions, c’est tout le bloc catalan qui a alors le temps, de redescendre pour certains, de presser pour les autres, l’enfer. Lyon a donc du jouer plus vite que la ritournelle catalane. Pas simple, mais pas si mal. En attendant mieux, y’a moyen.
Puisse cette rencontre lui servir de lecon, puis les élèves lyonnais de réciter, par un joli soir de printemps, non plus dos à d(i)eux mais les yeux dans les cieux, à hauteur du maître, sur le toit étoilé de l’Europe...
Method