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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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Chansons d’automne

18 novembre 2008 à 18:35 Chansons d’automne

Ces derniers jours, je désespérais un peu de ne pas avoir réussi à mettre la main sur le disque de l’automne. Ce disque ricain jusqu’à l’os qui fait porter des chemises à carreaux et vous amène à oublier l’existence du rasoir un peu plus chaque matin. Un disque composé d’une dizaine de chansons à peine, juste de quoi se transformer en Will Oldham pour les trois prochains mois.

En général, quand aucun disque ne fait l’affaire, je ne me fais pas prier pour ressortir le Slanted And Enchanted de Pavement. D’accord, ça fait un peu automne 1993, avec ses franges douteuses, ses chemises flanelles ouvertes sur un vieux t-shirt froissé et ses critiques de Lester Bangs enfilées entre deux sandwiches un peu secs. Sauf que je ne connais aucun autre disque capable de s’imposer tous les ans ou presque comme le meilleur album de tous les temps, au moins jusqu’à ce que le printemps se repointe.

Dimanche soir et déjà la deadline. Je me vois contraint de remettre ça et de confirmer un peu plus la suprématie de Slanted And Enchanted sur ce qu’il reste de concurrence. Je m’apprête même à en décapsuler une bière de joie quand je tombe sur les images normalement anodines de l’échauffement de l’OL, avant le sommet contre les Girondins.

Comme d’habitude, Duverne mène son monde à la baguette, chrono en main. Govou et Källström se montrent toujours aussi appliqués quand il faut monter les genoux, déjà dans l’attente de l’accolade promise par Cris avant le retour aux vestiaires. Une accolade qu’on imagine plus rugueuse que d’habitude, un peu à la manière de ce qu’attend d’eux Puel dans cette compo sans fioriture qui doit s’ouvrir sur du 4-3-3 accords, avant de faire la bascule, le moment voulu, dans un tempo plus proche du 4-4-2.

Evidemment, même avec Gassama titulaire, il n’y a rien dans tout ça qui soit en mesure de contrarier ce nouveau triomphe annoncé de Pavement sur tous ses éventuels prétendants. Rien jusqu’à ce que la fine équipe de François-Charles Bideaux se mette à donner du gros plans sur Juni, les cheveux hirsutes, la mauvaise barbe, la polaire délavée et un peu lâche. Visiblement, il existe bien un grand disque pour cet automne et le capitaine lyonnais est tombé dessus avant moi.

Attention, pas un Sardou refilé sous la doudoune par Toulalan la veille, hein. Non, je parle bien d’un disque avec ses mélodies débusquées entre Appalaches et Nord Ontario, le cœur fragile et la langue pâteuse noyés comme il faut dans le bourbon. De quoi encaisser les premiers coups de latte de Fernando et remettre à plus tard les dernières considérations d’ordre esthétiques, pris qu’on est par cette saloperie de pression girondine qui s’abat dès le coup d’envoi.

Juni montre la voie, demande à ce qu’on serre bien les lignes et que, derrière lui, on se mette au diapason de la chanson pour dur au mal. On le voit, ça remue sévère, mais ça tient. On se promet au passage de trouver une mélodie moins terre à terre pour célébrer à sa juste mesure cette d’inspiration de Boumsong qui fait de son tibia le dernier obstacle contre lequel s’écrase une reprise de Chamakh, but grand ouvert.

Côté droit, on se dit qu’on n’a pas encore fini de remercier Govou, toujours aussi impeccable quand il faut endosser le rôle du paternel de service. Cette fois, c’est pour Gassama qu’il se démène. Comme pour François avant lui, le dernier orphelin qu’on vient de mettre dans les pattes de Sid’ joue juste, donnant même l’impression de devenir un homme, là, presque sous nos yeux. On l’oublie parfois, mais c’est aussi ça le Saint Sidney Style.

Le vrai morceau de bravoure, tout le monde ou presque l’a réservé à Benzema. D’accord, il devient de plus en plus difficile de garder un brin de lucidité avec lui lorsqu’il amène l’OL là où il n’avait pas encore réussi à pénétrer. Autrement dit, dans ce cercle fermé des équipes qui se laissent piétiner une bonne demi-heure pour venir en planter un à la première occasion. Avant que Källström n’en passe un second sur ce qui n’a pas grand chose d’une occasion.

Sur le premier but, il y a sans doute mieux à célébrer que cet exploit de plus à mettre à l’actif du gamin de Bron-Terraillon. D’abord parce qu’on sait qu’il y en aura bien d’autres. Ensuite parce qu’il y a dans cette action de quatre secondes cette remise d’une classe folle assurée par Fred. Feinte de frappe et passe en aveugle qu’on est prêt à se repasser avec la même constance qu’un Trigger Cut de Pavement.

Visiblement bien remué par ce genre d’enchaînement, Lacombe y est allé de son hommage à pas plus tard que ce matin : « Aujourd’hui, Fred n’est plus le même homme qu’à son arrivée. Il a 25 ans ; il a gagné en maturité. Il a eu plusieurs blessures par le passé, des soucis familiaux… Cela n’a pas été facile pour lui, mais les choses se sont arrangées. » Une leçon de vie, une vraie, qui mériterait d’avoir sa place dans une belle chanson d’automne.

En attendant, ça ne me dit toujours pas le titre de l’album d’automne qui tourne en ce moment chez les Juninho. Si vous avez une idée sur la question, merci de me le faire savoir*. Depuis que j’ai appris la sortie d’Eldorado, nouvelle parution consacrée à cette musique américaine-là, j’espère bien réussir à tomber dessus...

Serge Rezza

*Pour des questions techniques qui m’échappent, la partie commentaires n’est plus accessible depuis deux semaines sur ce blog. Si jamais l’idée vous prend de dresser la playlist du moment de Juninho ou de réagir à un des posts plus ou moins récents d’ODB, vous pouvez toujours faire parvenir par mail vos commentaires à serge.rezza@gmail.com. Ils seront rassemblés et publiés dans un post à venir.






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