Bonus Tracks List - Rangers / OL
14 décembre 2007 à 10:36
Quelques titres retrouvés au hasard de déclarations d’après-match et du divin effet qu’elles provoquent chez tous les supporters de l’insupportable. Ceux qui croient que quelque chose de nouveau vient de se passer…
The Bar-Kays – Sang And Dance
Hier soir, après la victoire, une émotion inédite a gagné les supporters lyonnais. Bien au-delà de la simple joie d’arracher la qualif’ dans l’enfer d’Ibrox, au prix d’un final délirant. Bien plus que ces quelques satisfactions individuelles qui se dessinent dans la foulée de Benzema – Toulalan poussé à faire son Gerard autoritaire et technique (merci Fabio Santos !), Grosso qui réalise la promesse d’Aulas et fait oublier l’espace d’une soirée le départ d’Abidal.
Il s’est passé quelque chose de plus essentiel sous le regard de quelques caméras indiscrètes, dans ces chants et danses de bonheur d’après-match. Une ivresse qui s’étire dans un coin d’Ibrox et prend des allures de Jardin des Délices. Källström qui se parle à lui-même, poings serrés. Grosso qu’on disait l’âme en peine et prenant tous les cous qu’il peut. Sid qui ne s’en fout pas tant que ça. Juninho qui une fois de plus vient mettre les mots qu’il faut là-dessus : « Ce soir, on est peut-être devenus une équipe de coupe ».
Au milieu de la transe, Ben Arfa vient enfoncer le clou : « Pour ma part, c’est la première fois que je vois une pareille ambiance. (…) Cette épopée européenne, c’est quelque chose de grand. En huitièmes de finale, on peut prendre n’importe qui. A partir du moment où on a de l’envie et de l’ambition. »
Tout y est. L’OL s’est trouvé bien plus que quelques joueurs rares qui font les beaux parcours en Ligue des Champion. Cette équipe vient de gagner ce supplément d’âme qui se joue sur un déclic venu d’on ne sait où. Qu’on a déjà vu ailleurs, dans la course de Ribéry aimanté par le banc de touche après son but égalisateur contre l’Espagne en Coupe du Monde. Ou dans les bras en croix de Tiago, face contre ciel, après al remontée extatique contre le PSG, en huitièmes de Coupe de la Ligue l’an passé.
Love Is All – Turn The TV Off
Forcément, on attendait la minute d’autosatisfaction de monsieur Aulas. Si bien qu’en l’entendant prendre sa voix la plus mielleuse, on comprend tout de suite qui va ramasser pour cette fois. Un clin d’œil plus tard, c’est sur l’air de « Canal a fait le bon choix... » qu’il début son hommage à l’équipe du soir et à ses valeurs.
Un tacle à la carotide de la maison Bouygues dont on se plaindra pas. Aulas sait que les conditions le lui permettent. D’ici la fin de la trêve, l’OL aura de nouveau le monopole du cœur chez les supporters de la 25ème heure, ceux des mercredis soirs de Ligue des Champions.
Une manière bien sentie de reprendre le flambeau de la cause anti-TF1 laissée en jachère depuis le départ de Dhorasoo, lequel prenait alors un malin plaisir à rappeler dans les colonnes du Progrès qu’il ne captait plus la première chaîne de France chez lui, rue du Bœuf…Ce qui l’obligeait à occuper ses longues soirées lyonnaise entre le Théâtre de la Croix-Rousse et les salles du CNP.
Moralité, quand on ne regarde pas un match de l’OL, on fait bien d’éteindre la télé.
Land Of Talk – All My Friends
« C’est une belle réussite pour le foot à Lyon. Avant cette rencontre, on a reçu beaucoup de messages de sympathie. » Vous avez vu comme il y va Galtier ? Il ne parle même plus de foot français, renvoyée comme quantité négligeable après le naufrage marseillais de la veille. Non, il circonscrit cette réussite à Lyon, bastion qui n’a plus rien à voir avec le pays de la Ligue 1. De quoi réchauffer le cœur des gars de la Duch’ ou conforter le Snake dans son choix de présider à la marche triomphale de l’UGA Décines jusqu’aux sommets de la CFA.
Tout excessif qu’il est, il va pourtant falloir apprendre à l’écouter, Galtier. Il se dit qu’une des raisons du changement de l’OL tient dans son influence grandissante auprès du groupe. Le genre de nouvelle qu’on est toujours surpris de découvrir et qui n’a rien de rassurante sur le coup. D’autant qu’il représentait jusque-là la vraie raison de douter du talent de Perrin – un mec qui arrive avec Galtier dans ses bagages ne peut être vraiment compétent…
Visiblement, on peut lui reconnaître un premier mérite, celui d’attirer les messages de sympathie - un truc auquel on n’est pas trop habitués entre Saône et Rhône. Et si son influence est avérée sur le niveau jeu actuel à Lyon, on ne remerciera jamais assez de tous ces appels des nouveaux amis, avouant aimer de plus en plus cet OL borderline… Les mêmes qui ricanaient à chaque quart perdu et se promettaient de haïr jusqu’à la fin de leurs jours l’Aulassie toute entière, au nom de ces bons sentiments qui font encore préférer le Barça ou l’ASSE.
Quand on vous dit que quelque chose a changé.
Jay-Jay Johanson – So Tell The Girls That I Am Back In Town
Autant le dire tout de suite, on se fout de cette manie du name dropping, petit jeu d’érudits du rock, repris maintenant dans la presse pour peser et soupeser encore le calibre Benzema. Surtout que la cause est entendue depuis maintenant trois ans. Karim est la réincarnation du seul grand attaquant qui a toujours manqué à l’OL version Aulas, Bernard Lacombe. L’actuel conseiller du président, avare en compliments lorsqu’il est question d’attaquant, n’a jamais cessé de se reconnaître depuis les tous premiers débuts pros de son avatar de l’Est lyonnais – chose qu’il n’avait jamais faite ni avec Maurice, ni avec Giuly.
Hier soir, on a eu une preuve supplémentaire de cette filiation troublante, lorsque Benzema s’est essayé au talent de visionnaire de son père (trop ?) spirituel : « Peu importe l’adversaire en huitièmes de finale, on est là, on est une grande équipe. L’OL fait de nouveau peur, on a un groupe pour faire quelque chose dans cette Ligue des Champions. »
Rappelez-vous de Lacombe lors du tirage au sort des huitièmes, annonçant à peu de choses près, seul contre tous que l’OL se ferait sortir par la Roma. Sur la foi d’un finish qui tourne bien à Ibrox, Karim prévient lui que l’OL est plus que jamais de retour dans la cour des grands.
Et s’il voit aussi juste que Bernie, ça vaut effectivement le coup de prévenir les filles...
PJ Harvey – Naked Cousin
Et dire qu’on s’est mis à craindre un exploit de Daniel Cousin à la veille de ce match… Il fallait que la douleur du fiasco de l’aller soit encore tenace pour en arriver à pareille extrémité. Parce qu’à part un gros coup de latte dans une panneau publicitaire, Cousin s’est vite fait désapé par une défense lyonnaise, la même qui défaillait quelques jours plus tôt contre Caen.
De Cousin, on n’en avait entendu parler qu’une seule fois à Lyon. Dans la bouche de Lacombe, du temps des coups bas qu’il s’échangeait avec Houllier. C’était la trêve hivernale et la question du nouvel attaquant supplémentaire faisait claquer les portes à Tola Vologe. « Pourquoi pas Piquionne ? » avait fait savoir l’actuel DTN. Lacombe s’était alors chargé de régler l’affaire avec ce goût de la mesure qu’on lui connaît : « C’est sûr que si on veut un joueur de la trempe de Daniel Cousin, avec Piquionne on va être servis… » Il est peut-être con pour certains Lacombe, mais on doit lui reconnaître sur ce coup un sens de l’humour décapant.
Cousin bien à poil, on a ensuite attendu le petit tour et puis s’humilie de Darcheville. On imagine sans problème les douceurs qu’a dû lui réserver notre dirty Bernie depuis sa cabine de consultant en roue libre d’OL TV. Faut dire aussi, quand on y repense, que cette ligne d’attaque L1 d’esprit et gras du bide, ça peut quand même foutre les jetons. Sans un Ibrox chauffé à blanc, ni enjeu d’un passage en huitièmes de Ligue des Champions, ça suffirait presque à ramener cette victoire lyonnaise à une performance à sa juste valeur. Celle convenue des triomphes à répétition dans un championnat à peau d’Orange…