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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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Bonus tracks list - OL VfB Stuttgart

9 novembre 2007 à 09:55 Bonus tracks list - OL VfB Stuttgart

Pour une fois que les supporters lyonnais peuvent chanter à l’unisson la réconciliation de leur équipe avec le grand frisson européen, autant le faire avec une jolie playlist. Après pareille fête, Gerland mérite bien ces quelques rengaines qu’on décrète bien plus entraînantes et touchantes qu’un "Juninho-la-la-la-la".

Cat Power – The greatest

Depuis le temps qu’il est là, Sid mérite sa chanson. Loin devant Juninho, se murmure-t-on entre fans de la première heure. Samedi dernier, un peu avant d’aller s’envelopper au milieu de la défense valenciennoise avec ce lob trop beau pour crâner, il avait eu droit à l’ovation de tout Gerland. Il rentrait à la place de Benzema, sorti sous quelques clapotis, trop vite refroidis. Vu de loin, il paraît inconcevable de bouder le garçon de Bron, phénomène qui a dans les jambes tous les Ballons d’Or de ces cinq dernières années…

Pourtant, lui aussi doit se rendre à l’évidence. Govou représente comme personne l’OL. Un type à la classe toute moyenne qui dit mener sa carrière "à [sa] manière", quand on sait que le génie des Ben Arfa et Benzema sent depuis longtemps déjà les plans de carrière devant les mener loin de Tola Vologe.

De son côté, seul contre tous, Govou préfère jouer à la fois l’esthète et le travailleur de l’ombre qui jamais ne rechigne à verser dans les basses œuvres défensives. A tel point que François Clerc lui doit sans doute sa sortie d’anonymat.

On aime Govou parce qu’il sait retarder comme personne la fin de cycle promise. Il a été la meilleure recrue de l’ère Houllier à l’issue des transferts de l’été 2006. Il a même figuré comme le joueur marquant le but décisif dans cette finale de Ligue des Champions rêvée à haute voix par Aulas une bonne partie de la saison passée. Il reste enfin un sélectionné chronique, toujours raillé, jamais égalé au moment de rentrer à la 70ème minute, de foirer un contrôle orienté ou de planter deux buts aux Italiens.

Sid est bien le plus grand.

Elliot Smith – Coast to coast

Comme chaque saison, l’OL réserve son plus beau match de Ligue des Champions dans l’indifférence des matchs de groupe. A défaut de démonstration maîtrisée, l’attaque lyonnaise aura livré en trois buts claqués lors de la première mi-temps toute sa classe du moment. La faute à ces habitudes de Bundesliga et à ce jeu qui court d’un côté à l’autre, le tout servi sur un plateau par le VfB. A en oublier les exigences de rigueur au milieu et en défense.

Pas grave. En cédant à la folie des Allemands, l’OL livre cette partition européenne qui lui a toujours manqué une fois atteint le stade des quarts de finale. On sait bien que ce ne sera toujours pas pour cette année.

Ce qui n’empêche pas de continuer à sourire en repensant à la représentation qui s’est jouée des deux côtés du terrain hier soir. Sans chercher à reprendre son souffle.

The Ronettes – Be my baby

Alain Perrin n’est toujours pas parti pour être le Phil Spector aulassien. On sait bien que le onze-type qu’il se plaît d’avoir trouvé lui a été inspiré en grande partie par Lacombe, le cerveau détraqué à l’origine de ce Wall Of Sound indémodable, ce jeu en 4-3-3 accords au sein duquel les interprètes lyonnais se succèdent toujours avec la même réussite.

Alain Perrin doit donc continuer à jouer les souffre-douleurs de service pour l’Aulassie tout entière. En attendant, on lui sera reconnaissant de continuer à maintenir l’équilibre fragile au sein de ce boucan d’enfer, entre vieille fille toujours en quête d’un retour en grâce par le collectif (Juni) et ces deux gones BB gones, trop géniaux pour se satisfaire des rêves étriqués de la classe très moyenne qui colle au maillot lyonnais.

En même temps, ça marche tellement bien en ce moment qu’on ne sait plus qui de Karim ou d’Hatem est le plus génial des deux. Jusque-là, Benzema tenait la corde, plus personne ne sachant où donner de la tête à force de comparaisons toujours plus flatteuses. A peine remis de son doublé + tirage d’oreille en règle par Lacombe au Parc, Ben Arfa a enterré hier soir les dernières craintes qui en avaient fait jusque-là l’éternel espoir prêt à se cramer. Il aura suffi d’une action à la rapidité déconcertante, exécutée avec une aisance telle qu’on se dit que ce joueur sait déjà doser chacun de ces gestes à la perfection.

Entre le fils préféré et l’enfant terrible, les chœurs lyonnais peuvent donc balancer encore un peu, à moins qu’ils ne préfèrent déclarer leur flamme aux deux BB gones en même temps : "Be my BB now…"

Sebadoh – Rebound

L’art du rebond ne se pratique pas que sous le maillot vert de l’ASVEL, foi d’Alain Gilles. Cette année, l’OL aime que ça tangue sévère pour se retrouver au pied du mur et donner dans la rédemption express à la moindre occasion.

Après vingt dernières minutes sur la corde raide contre Paris, le frisson d’une tête de Savidan qui manque le cadre face à Valenciennes, Lyon s’est encore laissé remonter à deux reprises, avant de se sauver in extremis. Un petit jeu qui met les nerfs des supporters à rude épreuve et oblige l’équipe à répéter le rebond à l’envi. De quoi se forger la gueule burinée qui lui manque tant quand il faut basculer dans la compétition côté coupe(ret).

Beck – Lord only knows

Quand Paganelli lui a tendu le micro pour savoir ce qu’il était allé dire à Vercoutre peu avant le penalty, Juninho a inventé une histoire à laquelle on n’a rien compris, en bon pudique presque maladif. "Seul le Seigneur sait…" aurait souri le pasteur Edmilson en d’autres temps. Une explication comme une autre à ces appositions répétées des paumes du capitaine pernambucain sur le torse à Rémi.

Blême comme la mort, Vercoutre est allé sortir du bout des doigts ce péno pourtant bien placé et puissant d’Hitzlsperger. "Seul le Seigneur sait" comment un gardien à qui il ne restait plus qu’un doigt à la main gauche après le premier but a pu sauver le destin européen de l’OL de ce penalty foireux qui n’y était pas plus qu’un hors-jeu de Sonny Anderson contre l’Ajax en 2002.

Le genre de miracle aussi foutraque qu’un morceau de Beck - le loser rangé, pas le chouette latéral souabe d’hier soir –, qui fait dire que ça vaut sûrement la peine d’y croire encore pour la suite en Ligue des Champions.






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» Bonus tracks list - OL VfB Stuttgart · 10 novembre 2007 05:16

Super article !!! Ca change de ce qu’on a l’habitude de lire... Idée géniale de mélanger musique et lecture. Je suis complètement d’accord avec toi sur Sid Govou c’est un grand joueur pas estimé à sa juste valeur.Merci et Bonne continuation.

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