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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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Bonus Tracks List - OL / MU

22 février 2008 à 10:01 Bonus Tracks List - OL / MU

Les Lyonnais avaient prévu leur coup pour contrer le jeu inspiré de MU. De leur côté, cinq groupes mancuniens avaient déjà joué les états successifs traversés par les supporters de l’insupportable. Nouveau retour « en chanté » des soirs de Ligue des Champions sur le blog un rien dirty et bien bâtard.

The Charlatans – Can’t Get Out Of The Bed

Chaque fois, c’est la même chose. Voilà quatre bonnes saisons que le jour sans fin, celui du huitième le plus important de l’histoire de l’OL se pointe et que je ne veux pas sortir du lit. Ne pas me lever plutôt que de découvrir dans une tasse renversée ou une journée de boulot bien pourrie les signes annonciateurs de la sortie de route tant attendue.

J’ai beau m’étonner d’être dans pareil état, cette année, l’envie est plus forte que jamais. La faute à toutes ces voix qui, dans les colonnes de la presse ou sur les nombreux plateaux de spécialistes se font depuis quelques jours l’écho de ma folle inquiétude.

Il faut dire que la partie de samedi dernier à Léon-Bollée n’a rien arrangé. Cette fois, R. m’avait accompagné rue de Paradis pour voir le match, boire quelques picons et confronter ses stats rigoureuses à mes nouvelles visions impressionnistes. Comme d’habitude, je suis ressorti de cette épreuve abattu. Lui tenait une nouvelle preuve de la divine surprise que plus personne ne pouvait attendre à partir de maintenant : « Les têtes sont toutes à mercredi. Ca fait une semaine que, tous les jours, Tola Vologe rassemble tous les journalistes français et anglais, que tous les jours les micros se tendent pour ne parler que de ce huitième. Ce match n’a rien de préoccupant. Je vais même te dire que je le sens encore mieux pour mercredi… ».

Non seulement le picon n’aura jamais le don de me rendre aussi optimiste, mais en plus Aulas profite de mes derniers jours de préparation pour rendre son univers encore plus impitoyable. Cris ne trouve rien de mieux que de débouler pleine piste pour réclamer sa place de titulaire dès l’aller après une mise en jambes contre Raon-l’Etape. Avant que Juninho ne noircisse davantage le tableau en laissant flotter une drôle de mélancolie à la sortie des vestiaires : « Je pense qu’avant, nous avions une équipe qui avait beaucoup de caractère. Aujourd’hui nous avons un peu perdu notre état d’esprit collectif. ».

Du coup, la fébrilité est à son comble sur les coups de 8h17, quand je renverse ma première tasse de la journée. C’est encore Tim Burgess qui a raison : j’aurais mieux fait de ne jamais sortir du lit ce matin…

Oasis – Married With Children

Heureusement, les jours sans fin de huitièmes de Ligue des Champions, on est à l’affût des papiers bien troussés qui savent sonder le mystère de l’arrière-chambre aulassienne. Comme bien souvent, je trouve mon bonheur dans Libé, le temps d’un portrait que je n’attendais plus. Celui de Jérémy.

Jusque-là, je n’avais eu droit qu’à quelques lignes rapides glanées dans les pages du Progrès. Du papier facile à mâcher qui peut révéler à l’occasion quelques surprises. Là, en une page à peine, j’en prends facile pour deux saisons. Loin de la foire aux vanités et des révélations tapageuses, on y voit Toulalan préférer monter à l’étage de Tola Vologe et raconter au calme une enfance ordinaire, une famille comme celles à la classe très moyenne, des rêves de Compagnonnage et quelques ballades dominicales et familiales dans le parc de Lacroix-Laval.

Il y est un peu question de foot, et plus précisément du prodige de l’école nantaise sortant un grand milieu d’anticipation par génération. Sauf que l’important ici, c’est d’avoir la confirmation que ces joueurs exceptionnels sont toujours des types très ordinaires.

Déconcertant de facilité quand il s’agit d’aller chercher le titre de mec supérieurement ordinaire, Toulalan parvient à faire oublier le désarroi des derniers jours et à mettre en veilleuse le boucan d’enfer qui entoure le match. Sans doute parce que se dessine aussi dans ce portrait ce qui pourrait bien faire figure d’issue crédible devant les menaces de déroute imminente. On y lit un retour au (juste) milieu des choses, autour de ces quelques joueurs qui permettent de retrouver le sens du collectif quand d’autres n’en peuvent plus de se plaindre à coups de « Tout fout le camp ! ».

C’est bien cette présence d’un mec marié, deux enfants, réglant ses rares histoires conjugales d’un « Goodbye, I’m going home » qui rassure dans ce jour sans fin.

Au passage, deux saisons ne suffiraient pas pour remercier Rico Rizzitelli pour ses portraits de footeux qui font mine de s’en foutre en toute fin de Libé.

Lien vers l’article.

James – Sometimes

Des fois, on ne s’en fout plus tant que ça d’avoir passé le plus clair de son temps à s’agiter autour de quelques compos et presque autant de déclarations d’avant-match. Cette fois, quand l’équipe se présente sous les trompettes de l’hymne de la Ligue des Champions, on découvre dans les sourires à peine contenus de Boumsong et de Govou un arrière-goût de retrouvailles avec cette âme qui manquait tant tous ces jours.

Un sourire que l’on reprend à son compte sur ce premier quart d’heure à mesure que le milieu lyonnais reprend la main et que la défense retrouve son assurance du temps des serpents à sonnette. Au point de ne pas en revenir de ces quelques mouvements qui s’amorcent à l’entrée de la surface, entre Clerc qui sait se faire oublier comme personne et Govou qui provoque avec soin, aux alentours des trente mètres, là même où Juninho veut qu’on lui apporte son lot de coups-francs. Du Malouda dans le texte, avec un Grosso pas si mauvais que ça en Abidal de service - à condition bien sûr que le resserrement des lignes soit au rendez-vous.

Plus rien ne peut arriver. Dans ce 4-3-3 au plus que parfait et sous son maillot noir, l’OL donne encore à voir ces quelques bouts d’âme qui le rendent encore supportable.

“Sometimes, when I look in your eyes I can see your soul”.

The Smiths – Stop Me, If You Think You Heard This One Before

Puisqu’on n’est pas cohérent pour un sou entre bâtards, on peut dire sans craindre le ridicule que ce beau gâchis en forme de 1-1, on l’a bien lu, vu et même entendu plus d’une fois.

Lors de ce quart de 2006 contre le PSV Eindhoven, dont le deuil reste toujours à faire. Cette élimination-modèle devait tellement servir d’exemple que l’OL passe son temps à rejouer ce match dès que les matchs à élimination directe se pointent. Là encore, les Lyonnais pressent juste, dans leur zone, ces trente-cinq mètres qui permettent ensuite d’amener tranquillement Juninho à tirer ses coups-francs. L’entrée en matière est tellement convaincante que l’OL ouvre le score (Malouda, 11ème / Benzema, 54ème). Avant que, quelques replacements plus tard, conséquence d’un coaching attendu, l’équipe adverse réussisse à presser sans avoir rien demandé. Et à planter le but que les Lyonnais s’appliquaient à éviter à tout prix (Cocu, 79ème / Tevez, 87ème).

Lors de cette 25ème journée de Premier League où, contre Tottenham, Manchester United est pris au piège d’un jeu tout en harcèlements. Les deux couloirs d’en face font merveille quand il faut assurer double-rideaux et prises à deux. On en vient même à adorer ces latéraux de devoir formés à la lyonnaise (Malbranque, Govou), tant leur travail de soutien défensif perturbe la brillante armada de Ferguson. United est tellement perturbé que la pointe géniale doit régaler seule par son art du placement sur de rares ballons de renvoi. Avant d’en profiter dans la tenaille défensive, en un coup ou presque (Berbatov, 21ème / Benzema, 54ème).

La dépense pour empêcher MU de jouer est telle que la profondeur de banc des Devils n’a plus qu’à faire la différence à partir de la 80ème. Sur le seul cafouillage non-autorisé dans la surface adverse, Tevez vient planter le but du carnage, à trois fois rien de la toute fin (90ème / 87ème).

Stone Roses – I Am The Resurrection

Pour sceller une nouvelle fois le sort des Lyonnais à l’entrée de la gloire européenne, les stats les plus convenues ont été ressorties : Manchester United ne perd jamais contre un club français (à deux exceptions près) et prend le soin de dérouler après un bon 1-1 obtenu à l’extérieur - 7-1 envoyé à la Roma en quart retour la saison passée.

Privés de Réveillère et devant remiser au placard ses certitudes défensives pour le prochain match, les supporters n’ont plus qu’à s’en remettre à cette impossible résurrection sur le foi d’une stat, une seule, qui a de toute évidence échappé à pas mal de monde*.

A Perrin le premier, puisqu’à chaque fois qu’il a aligné au coup d’envoi Juninho, Ben Arfa et Benzema, l’OL s’est joué de toutes les défenses adverses, enchaînant douze victoires en douze matchs, sur la folle moyenne de 3,5 buts par match.

Quand on sait en outre que l’OL pourra compter de nouveau sur le retour du Cris-roi, rien n’empêche de se remettre à croire à ces histoires de paradis qu’on atteint au royaume des Diables.

Serge Rezza

*Sauf à un forumeur lyonnais d’OL Web.






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» Bonus Tracks List - OL / MU · 22 février 2008 12:42

Superbe mec.

Malgré toutes les stats du monde, malgré le petit coté fleur bleue qui survit tant bien que mal encore en moi, malgré mon envie d’y croire, j’ai peur de voir Hatem titulaire. Pour nous, il est trop doué, et tout ce qui s’en suit...