Bonus tracks list - OL / FC Barcelone
28 novembre 2007 à 19:23
Nouvelle playlist de lendemain de Ligue des Champions. Où comment en cinq titres, les iPod des supporters lyonnais risquent de prendre le noir des maillots aulassiens.
1. Kasabian – British Legion
L’OL de cette année a la gueule de l’emploi pour jouer la troupe-pagaille, donnée pour morte après s’être perdue en rase campagne de Ligue des Champions. Avant qu’on réentende l’air de rien le son des trompettes faisant retentir l’hymne officiel de la compétition. Voilà que ladite troupe refait surface, avec ses jeunes fanfarons " devenus des hommes " (dixit le vieux Gégé-néral Houllier aux deux Ben’) et ses vieux soldats grippés et barbus, depuis longtemps revenus de tout (Juni, Sid’, Fabio Santos).
Vu de la troisième minute du match, avec ces courses dans le vide et l’écrasante domination blaugrana, le match a d’abord eu des airs de nouvelle bérézina pour les onze rescapés lyonnais. Et puis, le destin s’en est de nouveau mêlé, sur ce but de vieux capitaine vicelard. La joie est de courte durée. De l’autre côté du front, Glasgow promet de dérouiller Stuttgart. Ce début de nul a pour l’instant tout d’une victoire à la Pyrrhus.
On est à deux doigts de capituler quand le VfB se décide enfin à ferrailler pour la gloriole au Goettlib-Daimler-Stadion. Le miracle peut encore se (re)produire.
A la manière de l’étrange légion des Kasabian appellant tous les soldats le nez dans la boue à défier une dernière fois la grande faucheuse, les troupes aulassiennes refusent elles aussi de se rendre et gagnent le droit de psalmodier ce " We’re gonna make it through, I said we’re gonna make it through, now… ".
Le genre de sauvetage à répétition usant pour les nerfs, mais qui donne envie de croire que les plus belles des campagnes se gagnent ainsi.
2. Soulsavers – Revival
Ce gospel caverneux et sa demande de rédemption express collent au maillot du joueur qui manquait tant au milieu lyonnais, Fabio Santos. Un salopard Genarro comme il faut, un type bien Keano sur les bords.
Il avait déjà surpris lors de son premier but contre Lens. Il marque hors-jeu et part fêter ça, les yeux révulsés et le poitrail nu, sous les tribunes du Virage Nord. Pourquoi une telle démonstration ? " Pour me purifier ! " déclame-t-il sans sourciller en salle de presse.
On imagine du coup toutes les prières qui ont dû accompagner hier soir ses derniers moments dans les vestiaires. Loin des vieux prêches nauséeux de frère Edmilson et ses coups du foulard pas vraiment bénis.
" Lord let it be revival yeah / Forgive what I have done "
Car ce que préfère Fabio Santos, c’est bien les coups de latte. Bien sûr, face caméra il caresse le cuir avec la grâce d’un Harvey Keitel implorant les Mater Dolorosa de Fourvière. Pour mieux revenir se vautrer au milieu des eaux saumâtres, là où un tacle par derrière doit faire mal. La Sagrada Familia barcelonaise a d’ailleurs fini par en perdre son catalan.
Autant de petites saloperies à répétition qui valent bien cette prière désespérée. Les nôtres, quant à elles, continueront d’aller en direction de Saint Lacombe, patron des recruteurs. On ne le remerciera jamais assez de nous avoir trouvé un mec aussi barré.
3. Jonnhy Cash – Man In Black
On n’a jamais pensé à demander pourquoi l’OL portait le noir en Ligue des Champions. Il a fallu attendre que le club manque d’y laisser sa peau pour entrevoir enfin quelques bribes de réponse.
Les Lyonnais jouent en noir pour tous ces clubs de L1 qui ne connaîtront jamais le goût des grandes joutes européennes. Pour tous ces prisonniers et ces morts-de-faim du ventre mou qui n’en peuvent plus de se traîner, pour ces victimes du mauvais temps qu’il fait sur un championnat crevant à l’ombre de sa propre misère.
Les Lyonnais jouent en noir pour tous ceux qui attendent encore les exploits d’un club français en Ligue des Champions, pensant qu’au paradis du foot, l’OL a sa place comme les autres. Pour cette épopée européenne qui lui échappe toujours et ramène le club du côté des sans-titres, des laissés-pour-compte du palmarès, des mal-aimés qu’on promet à l’oubli imminent.
Les Lyonnais jouent en noir parce qu’on ne porte pas de maillot arc-en-ciel. Ca ne se fait pas. Y compris quand votre héraut le plus sinistre a décidé de faire de vous une "formidable raison d’être heureux". Comme l’OL ne mérite pas de rester insupportable à cause d’une devise aussi crétine, on ne se gênera pas pour révéler l’identité de son auteur. Barth’ d’OL TV.
4. CSS – Bezzi
"Benzi, eu já peguei o Benzi !"
Un cri du cœur qui résonnait hier soir dans les travées de Gerland lorsqu’on a appris que Benzi ne serait pas de la partie. Voilà deux mois que le garçon next door a mis tout le monde d’accord avec ses allures de faux lent et une protection de balle à faire pâlir le beau maillot noir lyonnais.
On ne donnait plus cher de la peau de l’OL avec cette nouvelle en tête. Avant que le destin ne s’en mêle et que Keita ramène ses déhanchés oubliés. Bien sûr, il y en aura toujours pour agiter leurs professions de foi du supporter-modèle sous nos yeux et clâmer qu’ils y ont toujours cru, eux... En attendant, j’en connais plus d’un entre Saône et Rhône, y compris parmi les plus anciens et les plus fidèles, qui avaient pris le parti d’un certain fatalisme.
Le jeu de Ben Arfa en a été la plus belle illustration. Benzema absent, ses dribbles à très haute fréquence se sont enterrés au milieu des jambes barcelonaises, sans trouver la brèche que Karim sait lui ouvrir depuis qu’il prend toutes les défenses adverses sur son dos. Si vous n’êtes toujours pas convaincus, allez relire ce que dit Govou à ce sujet dans le très bon post de Method.
A moins d’être touché par la même grâce que Carew il y a un an à Madrid, Fred n’avait qu’à jouer là comme Baros - rester piqué comme un pivot en attendant que ça passe. Une prestation de mec qui évite une nouvelle rechute. Pas de quoi se ramasser tous ces sifflets au moment de sortir.
On saura s’en remettre. En se réjouissant notamment des retrouvailles avec Keita. Pas sûr que l’Hendrix ivoirien rejoue de sitôt les piécettes entrevues hier soir. On ne s’en satisfera pas moins en se disant qu’un numéro de ce genre ne peut faire que le plus grand bien à un Lyon qui croit encore en son étoile européenne.
5. I’m From Barcelona – We’re From Barcelona
Rijkaard pourra jouer tant qu’il veut du regard sombre et du doigt menaçant qui s’agite sous le nez des arbitres, Barcelone a quand même des allures de foire aux bons sentiments. L’équipe que tout le monde rêve de supporter, avec marmaille géniale et joyeuse, âme catalane insufflée depuis la défense centrale, maillot sur lequel s’affiche les meilleures intentions du monde. Un conservatoire pour le jeu rapide, technique, spectaculaire. Une devise universaliste ("Mes que un club ") qui ne cesse de rallier les esthètes et les belles âmes de passage.
Autant de raisons donc pour ne jamais supporter le Barça et préférer ceux qui se laissent détester : les clubs qui jouent seuls contre tous, ceux qui d’un coup-franc piqué refusent les buts marqués dès la troisième minute sur un mouvement lumineux.
Hier soir, il a fallu que l’OL abandonne sa volonté de bien faire pour donner dans un jeu plus âpre et plus tendu et tenir enfin la partie à sa main. Oubliés les hymnes dégoulinants de joie de vivre. Les Lyonnais continuent d’assumer avec leur rage froide et crade le mauvais rôle qui a toujours été le leur : celui du club qui vient étouffer les plus beaux symboles d’amour et paix dans le monde et se met à rêver à demi-mots d’un parcours inespéré.
Il serait peut-être temps de cacher les enfants. L’horrible père OL arrive !
Serge Rezza
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Leiac |
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