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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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Best Of Bastards

2 janvier 2008 à 12:11 Best Of Bastards

Bagarres, coups bas et luttes d’influence : les mauvais blogueurs d’ODB ont fini par sortir eux aussi leur classement de fin d’année. Une liste contestable à souhait des dix meilleurs moments de cette année 2007 passée sous le maillot lyonnais. Pour faire oublier amertumes et rancœurs, une autre liste se glisse au passage, présentant quelques-uns des dix meilleurs disques de l’année.

Deux bonnes raisons de plus pour continuer à râler du côté des commentaires et y laisser d’autres listes aussi désuètes que salutaires.

1. But de Tiago, ASSE – OL (samedi 3 mars 2007)

La victoire dans ce derby avait semblé anecdotique : tension et paranoïa dans les tribunes, triomphe en cache-misère qui se dissout dans la débâcle contre la Roma trois jours plus tard. Et pourtant, on voudrait retenir pour toujours le souvenir de ce match, rien que pour ce deuxième but du seul joueur dont on aura aimé le cerveau jusqu’au vertige. Une balle qui traîne devant la surface stéphanoise, Tiago s’invite au milieu de la confusion et vient faire flotter cette 36ème minute d’un lob lumineux. Le match terminé, on lui demande ce qui a pu provoquer une inspiration aussi géniale. Dans un sourire amusé, l’ancien locataire du n°21 lyonnais parle de ses lombaires, en vrac depuis 15 jours. La douleur est telle que le mercredi précédent, dans les vestiaires du Stadio Olimpico, il n’avait pu retirer ses chaussettes après avoir joué tout le match sous infiltrations. Incapable de tirer en force, ce lob en douceur le préservait d’un réveil de l’insoutenable douleur. Il nous soulageait surtout d’un mois de mars chaotique…

Caribou – Andorra, le grand disque pop d’un autre amour de cerveau.

2. Victoire de la Roma à Gerland (mardi 3 mars)

On n’aurait pu imaginer pire cauchemar. Une Roma euphorique aura suffit à désagréger un peu plus un collectif lyonnais déjà à bout de souffle depuis la reprise hivernale. Un coup de tête de Totti et quelques passements de jambes de Mancini interminables, indigestes même, ramènent l’OL à la triste réalité – celle de la L1. Plus que le scénario catastrophe (annoncé par Lacombe dès les tirages au sort), c’est l’impression de gâchis qui l’emporte. Après avoir vu l’OL pratiquer le meilleur jeu d’Europe automne et hiver, on comprend ce soir-là que le beau serpent d’Houllier vient de se faire sonner à force de ne plus avoir de pression dans son propre championnat. Une bonne raison donc de considérer la rivalité de haute tenue assurée par Nancy comme une nouvelle formidable.

Arctic Monkeys – Favorite worst nightmare, comme un écho à ce cauchemar de rêve.

3. Benzema et Ben Arfa : l’art de rendre l’OL jeune et joli, Metz-Lyon (samedi 15 septembre)

Bien sûr, cette soirée à Saint-Symphorien avait plus à voir avec un naufrage grenat qu’avec un retour aux affaires d’un grand OL. Personne n’a pourtant boudé son plaisir devant le premier récital de Benzema et Ben Arfa ce soir-là. En plus d’une victoire sans appel et des trois points, l’OL revient de Lorraine avec le grand attaquant qui lui manquait tant (trois buts, trois manières différentes de marquer) et un technicien surdoué qui se défait enfin de son image d’éternel espoir. Quelques semaines plus tard, les deux frères ennemis auront droit à cette bénédiction un brin émue d’Houllier, converti en consultant passionnant de la chose aulassienne : « Vous êtes devenus des hommes. »

The Go Team ! - Proof of Youth, preuve par 11 du grand triomphe de la jeunesse.

4. Joie collective d’après-match, Glasgow Rangers – OL (mercredi 12 décembre)

Après le nul concédé contre Nice il y a une quinzaine de jours, Juninho s’est empressé une nouvelle fois de se renier : « J’ai dit un peu vite qu’on était devenu une équipe de coupe, mercredi dernier… ». Les maux de Juni ne parviennent pas à faire oublier les images de cette joie simple et spontanée qui s’est affichée au soir de la victoire contre les Rangers à Ibrox. Loin des débuts calamiteux en Ligue des Champions, on y reniflait enfin cette envie et cette rage au bide qui manquaient au moment d’entamer les huitièmes la saison passée. Il faudra bien ça pour se sortir de ce pire tirage possible, ces Red Devils qu’il faudra jouer avec collective roublard et enragé.

M.I.A – Kala, grande collection d’hymnes foutraques et païens pour célébrer d’avance les lendemains qui chantent.

5. Finale de Coupe de la Ligue, OL-Bordeaux (samedi 31 mars)

Boire la Coupe jusqu’à la lie. Un avant-match déjà bien secoué, entre histoires de vestiaire qui n’en finissent plus et Diarra torpillant la discussion d’Houllier à l’annonce de la compo’. Une finale dans laquelle l’OL préfère sombrer, les pieds coulés dans le béton défensif bordelais. 80 minutes pénibles avant que Vercoutre ne se sacrifie sur un modèle d’envolée foireuse, permettant à Henrique de flinguer ce qu’il reste de saison lyonnaise.

Figurines – When the dear wore blue, indie pop sans prétention pour soigner les derniers bleus (marines) à l’âme

6. Bernard Lacombe au micro d’OL TV

Cette année, tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents abonnés à OL TV. Personne ou presque pour entendre cette révolution du commentaire sportif dès que Bernard Lacombe prend le micro aux côtés de Richard Benedetti. Depuis qu’il s’est imposé comme un performer hors pair, que ce soit pour se farcir l’arbitre du jour (« pitoyable », « bedonnant », « haineux »…) ou pour fumer en direct Malouda et ses aventures dans l’axe (« Pas là, Flo ! Pas dans l’axe, garçon… Je te l’ai dit : t’es pas bon dans l’axe, t’as pas le jeu qui te permet de jouer dans les petits espaces. »), Dirty Bernie a réussi à nous rendre accrocs aux rencontres les plus L1 de l’OL. On réclame déjà son passage au mic’ pour pourrir en beauté Domenech et l’équipe de France lors du prochain Euro.

Heavy Trash - Going way out with heavy trash, rockabilly crade comme il faut pour casser la gueule au premier venu... Surtout si c’est un arbitre.

7. But de Källström, OL – Strasbourg (samedi 2 décembre)

Ca faisait quelques matchs que la ligne d’attaque tournait autour. Cascade de passes aériennes, festival de feintes aux abords de la surface, mais toujours ce temps de retard, ce ballon qui fuit et le dernier geste qu’on manque. Cette fois, devant la bande à Furlan venue avec les meilleures intentions du monde, l’OL nouveau tenait enfin son chef-d’œuvre. Une partition rêvée avec ses faux airs de jeu à la nantaise : aile de pigeon de Juninho, centre-louche de Govou pour Benzema, contrôle orienté et passe ras-de-terre dans le mouvement, voilà Källström qui plante d’une balle piquée. L ’homme du moment, Sidney, en profite pour en remettre une, de louche : « On est plus spontanés dans le jeu offensif. Pendant deux ans, on a été très bons mais offensivement, on était un peu stéréotypés. On prenait notre temps, on allait sur le côté, on terminait par une frappe. Aujourd’hui, avec Karim et Hatem, ça va un peu dans tous les sens. On ne sait pas trop ce qui va se passer, ça me plaît, on est plus créatifs. »

Bonnie Prince Billy – Ask Forgiveness, monument intimiste qui fait lui aussi flèche de tous bois, entre reprises inattendues et composition originale.

8. L’interview d’Houllier dans So Foot (juin 2007)

On n’a toujours pas réussi à percer le mystère de la chambre lyonnaise. La faute à qui ? Au flaire imparable de Lacombe ? Aux talents de bateleur d’Aulas ? Parce qu’il faut se rendre maintenant à l’évidence : de plus en plus, loin de l’OL, difficile de trouver son salut. Voyez plutôt, Tiago en perdition à la Juve, Malouda otage des maîtres-farceurs de Chelsea et Abidal dans le couloir de la malédiction blaugrana.

En fin de saison dernière, Houllier se livre dans les pages de So Foot. Loin du règlement de compte attendu, une interview-fleuve d’une incroyable densité sur les coulisses de l’Aulassie et, surtout, sur la gestion d’une équipe parvenue au sommet de son art en 2006. On ne sait pas encore tout, mais on a pris plaisir à en apprendre un peu plus grâce à cette belle leçon de choses. Comme cette magistrale leçon de tactique dans laquelle Houllier défait sous nos yeux le beau triangle médian pour ensuite annoncer le triomphe de Benzema. Un OL-manuel d’une rare intelligence que Lacombe a dû agiter sous le nez de Perrin quand ses expérimentations hasardeuses du tout début de saison faisaient douter tout haut Tola Vologe.

Lorsque, sous l’œil des caméras cette fois, Juninho, Aulas et Houllier se sont retrouvés après la victoire de Glasgow, on s’est dit qu’une fois de plus les experts du Guardian avaient peut-être raison de préférer Houllier en grand bâtisseur d’équipes (au sens mental et tactique) qu’en coach d’envergure lorsqu’il prit ses fonctions à Lyon. D’ailleurs, les deux dernières fois qu’il s’est barré, la première équipe allait devenir championne du monde, l’autre allait remporter la Ligue des Champions – Baros était déjà dans l’effectif...

Nyles Lannon – Pressure, même sou la pression, il en va des coachs comme des songwriters : il faut parfois savoir s’isoler pour bâtir ces monuments dont on ne saisit pas tout de suite la beauté.

9. Toulalan ou l’âge d’homme du milieu, Lyon – Auxerre ( dimanche 5 août)

Jérémie Toulalan a passé sa première saison lyonnaise à remplacer au pied levé - à l’énergie et au courage surtout - Djila Diarra parti plus tôt que prévu. Cette deuxième saison du 6 aux tempes grisonnantes s’annonçait donc comme celle de la confirmation. Dès le match de reprise, on sent que cette intuition est la bonne. Alors que l’équipe reste dans le creux, mal à l’aise dans un 4-4-2 que Perrin a taillé trop large pour elle, Toulalan est un des rares à s’en sortir avec les honneurs. Sa titularisation en équipe de France contre la Lituanie devant les siens à la Beaujoire confirme que le modèle pour doudounes Tex connaît sa largeur de terrain sur le bout des crampons. Mieux, la concurrence avec Fabio Santos l’a également poussé à faire la démonstration de tout son talent dans la protection de balle. Ne lui reste maintenant qu’à cadrer ses quelques tentatives de frappes des trente mètres et Toulalan aura tout du grand milieu fan de Sardou dont le football français a toujours eu besoin.

Pulp -The Peel Sessions, la reconstitution en live d’un drôle de parcours, entre tendres années passées dans l’ombre et maturité triomphante à chanter à tue-tête la classe très moyenne.

10. OL Land dévoilé (septembre 2007)

A défaut de séduire le supporter lyonnais accroché contre vents et marrées à Gerland, l’idée d’un nouveau stade a fini par intriguer. Il y avait déjà eu une bonne nouvelle l’année précédente, celle d’un OL Land participant à la reconquête de l’Est lyonnais, à Décines, banlieue certes lointaine mais populaire, aux accents arméniens et à la mémoire ouvrière encore vive. Ce n’est pas pour rien que le Snake himself a décidé de reprendre la petite affaire familiale cette année (l’UGA Décines) avec l’idée de l’amener d’ici les cinq prochaines années jusqu’aux portes du National.

En attendant l’émergence du deuxième grand club lyonnais, Aulas a donc dévoilé cette année un sacré pan de son grand projet. On rêvait d’un stade taillé à l’anglaise pour oublier ces mauvaises rumeurs de public lyonnais incapable de s’enfiévrer pour le beau jeu en 4-3-3.

Résultat, il faudra sans doute continuer à se rendre à Geoffroy-Guichard pour voir un stade de ce genre. Les premières images rappellent de l’extérieur l’Allianz Arena – tiens, encore une référence au modèle bavarois – et de l’intérieur quelque chose comme le Stade de France. Une bonne raison donc de profiter de ces dernières années à Gerland et de raviver à l’occasion quelques braises qu’on pensait enfouies – ce qu’a fait le grand Sonny Anderson l’été dernier en rameutant une joyeuse bande le temps d’un jubilé enfin à la hauteur du joueur.

Danielson – Ships, un groupe avec un nom de joueur brésilien qui manque de faire chavirer son petit album foutraque et réussit à en faire une des plus beaux cuirassés sonores du moment.

Serge Rezza






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» Best Of Bastards · 4 janvier 2008 18:03

Quelle détente de lire régulièrement des articles aussi perspicaces et justes sur son club préféré.

Cela nous change des propos de la presse écrite et des commentaires audio d’une confondante mauvaise foi.

Serge Rezza peut bien aller écrire pour So foot tant qu’il continue à nous donner sa vision de L’OL.

 FRB   

» Best Of Bastards · 3 janvier 2008 10:30

Toujours très bon ce blog, mais c’est de la triche vous avez Bernard Lacombe. Caribou de la grande pop à lunette

 Alexandre Pedro   

» Best Of Bastards · 2 janvier 2008 14:09

Hell yeah.

 Manolito   

» Best Of Bastards · 2 janvier 2008 13:21

Serge Rezza, si tu fais rien de ta vie, tu peux aussi écrire à So Foot de temps en temps, il est bien ce blog

 franck annese