Best Of Bastards 2011 (Part 2)
Maintenant que vous avez compris qu’aucun autre club que l’OL ne méritait un classement de fin d’année, de ceux où l’on peut mélanger l’essentiel et le superficiel, je vous livre la suite du Best Of Bastards 2011. Avec une playlist de cinq nouveaux titres pour remplacer ceux que l’OL n’a pas su remporter.
5. Concert de Stephen Malkmus and The Jicks (16 novembre 2011)
Puisqu’un blog sert à avancer des jugements suffisamment définitifs pour qu’on ne s’en souvienne plus une fois qu’ils ont été postés, je pense pouvoir affirmer que cette année 2011 restera décisive dans mon existence pour deux raisons. La première a à voir avec le rock : si Pavement peut bien rester le plus grand groupe de tous les temps et Range Life la bande-son de ma vie pour les 17 prochaines années, Mirror Traffic m’a convaincu qu’il ne servait à rien de croire à une nouvelle reformation de Pavement pour que Stephen Malkmus sorte une flopée de titres aussi géniaux que No One Is (As Are I Be), Tigers ou Georgeous Georgie.
L’autre nouvelle, c’est que je pourrai continuer à supporter l’Olympique Lyonnais aussi longtemps que je le voudrai, même sans Jérémy Toulalan. Après toutes ces saisons, jamais l’idée de son départ de Lyon ne m’avait effleuré. Non pas à cause de ses déclarations où on l’entendait régulièrement faire savoir qu’il se verrait bien poursuivre entre Saône et Rhône avant d’aller faire ces quelques piges de fin de carrière dans son Grand Ouest à lui, mais bien parce que Toulalan incarnait l’idée que j’avais fini par me faire du joueur lyonnais. Celle du type qui sait comme personne rendre la classe moyenne supérieure. Celle du type qui préfèrera toujours avoir sa table au Buffalo Grill de Limonest quand le bon goût voudrait qu’il prenne ses habitudes dans quelque institution gastronomique constitutive du patrimoine local. Histoire d’alimenter à sa manière le lien secret qui s’était établi entre lui, les pages de ce blog et les chansons de Stephen Malkmus, il avait même fini par évoquer ces dépressions qui peuvent se vivre derrière la plante verte d’une cafét’ Leclerc, nez dans le plateau. Qu’on imagine un seul instant je ne sais quel sport critic U.S tomber sur pareille histoire, il vous en tirera le genre de billet à même d’inspirer Stephen Malkmus.
C’est peut-être même ce qui a fini par se passer si j’en crois l’un des titres de Mirror Traffic, Forever 28. Soit exactement le numéro que promenait Toulalan à Gerland et partout où on lui demandait de jouer. Je ne sais pas s’il continue de le porter à Malaga. Et comme pour ces histoires d’une possible reformation de Pavement avec album à la clé, je dois avouer que je m’en fous un peu. D’abord parce que son plus grand fan après moi et Stephen Malkmus, Maxime Gonalons, a fini par le faire oublier. Ensuite, parce que Lyon a pu rivaliser avec Portland pour titre de capitale de la coolitude grâce à l’OL. Une impression qui a fini par s’imposer peu après le passage de Malkmus en France, lors du match d’après, celui face au Stade Rennais où l’OL a perdu et laissé filer ses premières illusions dans la course au titre sans le moindre signe perceptible d’agacement. Le même cool que l’OL n’a eu de cesse de servir depuis, qu’il prenne la forme de ce faux détachement que Rémi Garde a pu laisser paraître dans un portait paru dans Libé, d’un tweet aussi désuet que drôle de Bafé, ou de la douce ironie avec laquelle Källström envoie ses réponses aux questions du bord de terrain. De quoi tenir de nouveaux jugements définitifs en 2012. Même sans concert de Stephen Malkmus.
Stephen Malkmus And The Jicks – Forever 28
4. Départ de Miralem Pjanic (31 août 2011)
Le jour le plus long. Après deux saisons passées à attendre, voilà que Miré débute la nouvelle en réalisant la promesse qu’on lui a envoyée depuis les pages de So Foot, « Iniesta si la L1 le veut bien ». Une poignée d’apparitions au cœur du mois d’août, pas même comme titulaire, suffisent à raviver le souvenir tenace de cette première apparition du côté de Belgrade, en juillet 2008, lorsque le gamin à peine arrivé se mit à tutoyer son monde le temps d’un récital dont on ne s’est jamais vraiment remis. Y compris quand ses prestations sont devenues plus irrégulières, que la caisse est apparue un rien fragile dans une Ligue 1 tout pressing, ou qu’il a fallu céder la place à Gourcuff. Pas grave. En bon public d’initiés, Gerland a repéré depuis longtemps que le prodige bosnien possédait l’attirail de ceux qui savent lui tirer des râles de plaisir : le jeu tête haute, l’élégance du drible avant que la passe bien cadencée ne vienne créer l’espace et suspendre le temps.
Forcément, lorsqu’au petit matin du jour le plus long, celui d’avant clôture du marché, la nouvelle d’un départ dans la journée tombe de nulle part, elle vient sonner les fans transis qui se découvrent plus nombreux qu’ils ne l’auraient jamais pensé. On s’appelle, on se SMS, on pétitionne même. C’est trop tard. Miré a déjà filé. Direction Rome, ville éternelle. Comme les regrets des gars du crew.
Brave Irene – Longest Day
3. OL féminin – Turbine Postdam, finale de Ligue des Champions féminines (26 mai 2011)
Il y a six mois encore, le football féminin n’existait pas. Ou alors dans un calendrier le temps d’un buzz sans lendemain. Depuis, les lecteurs du Progrès ont consacré le foot féminin en général et la victoire des Lyonnaises en particulier comme la révélation de l’année 2011, de la même manière qu’ils avaient choisi DSK en déception de l’année la veille. Depuis, le meilleur blog du monde de So Foot, le CowGirl FC, raconte comme personne des histoires de vestiaires à hauteur d’homme – ou de fille.
A chaque fois qu’il est question de l’apparition du foot féminin, on en revient à ces histoires de petits garçons qui ne descendent pas du bus, qui se refilent Zahia et qui ne gagnent même plus. Comme si les filles avaient eu besoin de mecs devenus trop insupportables pour exister. La vraie raison, vous le savez, est ailleurs. Elle tient à elle seule ou presque dans cette finale de Ligue des Champions où les Lyonnaises ont réussi à reproduire cette formule de synthèse que toute une génération attendait : le retour du football de 1986. Oui, comme Yuck qui s’est mis à faire sonner 1993 en plein 2011. Car il existe un football de 1986 reconnaissable entre tous, avec son carré magique Henry-Cruz-Abilly-Nécib, sa Wendy Renard des surfaces, ses passes en marchant, ses tournants mortels qui tombent toutes les 3 minutes 36 – soit le temps exact que doit durer un single parfait. Ce match lui a certes duré comme tous les autres 90 minutes et quelques, mais il a su ramener quelque chose de Guadalajara. Ok, c’était Craven Cottage. C’est vrai aussi que c’était sur Direct 8. Mais avec une victoire des Françaises sur les Allemandes à la fin. Un rêve de football de 1986.
Yuck - Georgia
2. OL – Rubin Kazan (16 août 2011)
A chaque été sa rengaine. Celle qui fut servie tout le mois d’août porte un nom : l’effet Garde. Sans qu’on sache si le premier intéressé y a vraiment été pour quelque chose, l’effet en question a surtout servi à alimenter un peu plus l’idée que Puel avait bien été le grand fossoyeur de l’OL. Quitte à oublier qu’il avait su provoquer le même genre de ravissement deux ans auparavant, dans les mêmes circonstances d’un tour préliminaire de Ligue des Champions.
On s’était promis d’attendre les quelques mois suivants pour savoir si l’OL survivrait à cette promesse de beau jeu retrouvé. Là même où le projet de Puel a fini par se diluer à force d’efforts trop brûlants. Pourtant, au moment de dresser la liste des plus beaux matchs aperçus cette saison, on en revient toujours à ce match aller de tour préliminaire. Pour le bonheur procuré, celui d’assister à une renaissance, aussi fugace soit-elle, du 4-3-3 des années de domination sous ce 4-4-2 tout en relances vers l’avant, en couloirs qui se remettent à coulisser, en grands renversements bien ordonnés. Quatre mois plus tard, l’OL n’a toujours pas retrouvé sa belle domination, pas plus qu’on a revu cette équipe jouer à ce niveau de conviction et d’intensité. Effet Garde ou pas, on s’en fout tant que cette prestation inachevée permettra de se passionner pour ce drôle de work in progress qu’est aujourd’hui l’Olympique Lyonnais. Car c’est comme ça qu’on continue de le préférer. Le futur peut attendre encore un peu.
The Kills – Future Starts Slow
1. Dinamo Zagreb – OL (8 décembre 2011)
Jusqu’à présent, l’OL avait surtout réussi à se tailler un rôle sur mesure les soirs d’Europe, celui du seul club capable d’offrir une niche au foot français en Ligue des Champions. Restait encore à lui donner ce goût de l’épique qui se refusait aux Lyonnais, au point de contrarier leur rêve de conquête des cœurs. Un exploit un peu dingue, un pronostic déjoué contre toute attente, retournement de situation improbable. En bref, le genre de miracle d’un autre temps que l’OL n’a jamais été en mesure (ou si peu) d’assurer. La faute à cette malédiction de club où tout est trop rationnel pour laisser la moindre place au miracle. En d’autres termes, à l’irrationnel.
Du coup, lorsque le miracle en question finit par se pointer dans le semi-anonymat d’une dernière journée de Ligue des Champions, au milieu d’un stade ouvert aux quatre vents, avec une moitié d’équipe bis alignée sur le terrain, les Lyonnais doivent faire face à cette menace qui vient rôder autour de toutes les raisons du monde, y compris les meilleures : le doute. Ou du moins, son ombre qui suffit déjà à flinguer la chronique de l’exploit tant attendu. Pourtant, l’histoire valait le détour. Celle d’un club tout prêt à se résigner jusqu’à ce qu’il se découvre un allié de circonstance avec le Real qui domine l’Ajax à la mi-temps. Alors, tout peut se remettre en place pour un exploit : le rouge de Leko, la vague impression ramenée par Baticle que le Dinamo va lâcher s’il prend ne serait-ce qu’un deuxième but, le discours servi par Garde quelques heures plus tôt à ses hommes : « Un exploit, il faut que ce soit impossible. » Impossible, mais rationnel.
Veronica Falls – Right Side Of My Brain
Par Serge Rezza
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Mina01/02 à 21:14+ -Le CowGirl FC découvre (un peu tard) l'intérêt que vous lui portez et est très touché.