Avant-match OM/OL – Quel supporter de l’insupportable êtes-vous ? (2/2)
17 mai 2009 à 11:56
Il y a deux sortes de supporters lyonnais. D’un côté, ceux qui ne connaissent rien d’autre que les murs de l’école Jean-Michel Aulas. Pour eux, la fin de cycle n’a jamais existé, si ce n’est dans le cerveau détraqué de quelques journalistes connus pour leurs tendances conspirationnistes. Façon de dire au passage que l’OL n’a jamais été aussi prêt de reprendre sa domination sur la Ligue 1.
De l’autre côté, on trouve les élèves de l’école Bernard Lacombe. Lors des sept dernières saisons, ils ont appris à traquer dans les moindres ratés de leur équipe les signes d’une fin qu’ils savent inévitable.
A la veille d’un déplacement au Vélodrome sous haute tension, la victoire contre les Nantais (3-0) a donné à chaque partie l’occasion de trouver trois raisons supplémentaires de renforçer un peu plus ses convictions.
Seconde partie, où le I See A Darkness de Bonnie Prince Billy est bien parti pour squatter la platine de la promotion Dirty Bernie jusqu’à la fin de saison.
Canaris déplumés
Ne pas se fier aux apparences. Dans cette fin de saison qui s’annonçait interminable entre Saône et Rhône depuis cet après-midi de chiens à Nungesser, les Lyonnais ont juste eu la chance de rencontrer plus mal en point qu’eux.
On veut bien que les barbecues géants que l’on confie à Bats rappellent à quelques-uns le bon temps où les casse-croûtes s’improvisaient en pleine mise au vert autour de Le Guen. De quoi remettre un peu de baume au cœur aux nostalgiques du vestiaire. En attendant, mardi dernier, les Nantais ont surtout donné l’impression d’avoir passé toute une semaine enfermés dans leurs chambres à se repasser en boucle leur déroute havraise au son des complaintes de Nick Drake.
Et comme question grand enfermement, Elie Baup sait y faire pour mettre en cage toute une équipe, les Lyonnais n’avaient aucune raison de trembler, même avec ces quelques relances foireuses plein axe qui ont accompagné leur début de partie.
Ce qui n’empêche pas d’imaginer les effets plus désastreux que pourraient avoir ce genre de valse-hésitation dès ce soir sur la pelouse du Vélodrome. Avec un milieu autrement plus agressif et Niang qui sait appuyer là où la défense centrale lyonnaise a mal, rien ne dit qu’on ne pourrait pas revoir surgir le vague à l’âme de fonds de saison sitôt la parenthèse nantaise refermée.
L’amer Benz
Pour ceux qui se demandent à quoi peut bien ressembler un attaquant en pleine gamberge, il ne fallait pas manquer le match de Benzema face à Nantes. Privé de son exercice favori, les décrochages à tout-va, il a de nouveau traîné sa peine sur le front de l’attaque.
Benzema est en train de couler comme d’autres avant lui, tous ces n°9 venus chercher la place de grand attaquant qui manquait tant à Lyon depuis les adieux d’Anderson. A passer le plus clair de son temps dos au but, à chercher la remise pour ne pas être pris en flagrant délit de nombrilisme, à reporter sans cesse le tir en première intention, il évoque de plus en plus les attaquants sacrifiés sur l’autel du jeu en 4-3-3 accords – Elber, Carew ou Fred.
Mardi dernier, les dix dernières minutes et l’entrée de Pjanic, dont les passes doivent pouvoir faire merveille, n’ont rien changé. Sans un vrai pivot de métier dans la raquette, Benzema risque de n’être qu’un attaquant lyonnais comme les autres. Autrement dit, un type qui ne marque plus et qui doit raser les murs de Tola Vologe pour ne pas avoir à se frapper les conseils, toujours les mêmes, de Lacombe autour de la machine à café.
Alors, qu’est-ce qui pourrait sauver le wonderkid de Bron-Terraillon ? Se dire pour commencer qu’il ne reste que trois matchs à tenir comme ça. Et s’en remettre pour une fois à Lacombe qui préfère par dessus tout débusquer ce genre de nettoyeur de surface dont il a tellement besoin. De quoi ramener à la surface cette rengaine qui se joue dès que la période des transferts approche et promet l’arrivée toute prochaine de Trezeguet.
Paris, gnons, Marseille
Je ne regarde plus OL TV. Je ne sais donc pas si, contre vents et marrées, Barth (OL System) trouve que l’OL reste une formidable raison d’être heureux. Une chose est sûre en revanche : le PSG est une formidable raison de pourrir la vie des supporters lyonnais. Surtout avec des lobs contre son camp de Camara et des victoires ajaïstes au Parc.
Avec sa collection d’anciens Lyonnais qu’on aime bien, on sent le PSG suffisamment vicelard pour surgir à la dernière journée et renvoyer les Lyonnais à leurs amours d’avant la domination, du côté de l’UEFA (Europacup qu’il faut dire maintenant).
Une victoire contre le FC Nantes ne sert donc plus à rien, à part peut-être pour soigner des stats historiquement avantageuses pour les Canaris et filer un coup de main aux voisins Stéph’ dans leur lutte pour le maintien. Pas suffisant donc pour se défaire de cette poisse nommée Paris-Saint-Germain qui n’a jamais qu’un point pour relier Lyon.
Et puis comme un cauchemar n’arrive jamais seul, on a découvert que les Marseillais entendaient s’y mettre eux aussi pour tourmenter un peu plus les âmes lyonnaises déjà bien atteintes. En plus du match de ce soir, il y a eu ces sales rumeurs de transferts dont on a du mal à se défaire. La première envoie Trezeguet rejoindre Deschamps quand l’OL n’en peut plus de l’attendre. La seconde, plus flippante, parle d’un retour du divin Tiago dans le milieu marseillais. On achève bien les monstres…
Manquerait plus qu’ils se mettent alors à passer les quarts de Ligue des Champions et qu’on se réveille un matin avec cette une sous les yeux : « Ils y arrivent, eux ! »
Serge Rezza