Avant-match OM/OL – Quel supporter de l’insupportable êtes-vous ? (1/2)

16 mai 2009 à 17:12 Avant-match OM/OL – Quel supporter de l’insupportable êtes-vous ? (1/2)

Il y a deux sortes de supporters lyonnais. D’un côté, ceux qui ne connaissent rien d’autre que les murs de l’école Jean-Michel Aulas. Pour eux, la fin de cycle n’a jamais existé, si ce n’est dans le cerveau détraqué de quelques journalistes connus pour leurs tendances conspirationnistes.

De l’autre côté, on trouve les élèves de l’école Bernard Lacombe. Lors des sept dernières saisons, ils ont appris à traquer dans les moindres ratés de leur équipe les signes d’une fin qu’ils savent inévitable.

A la veille d’un déplacement au Vélodrome sous haute tension, la victoire contre les Nantais (3-0) a donné à chaque partie l’occasion de trouver trois raisons supplémentaires de renforçer un peu plus ses convictions.

Première partie, l’OL tendance optimiste de la Daddy Highschool d’Aulas.

Mak II, I’m lovin’ it !

C’était quand la dernière fois qu’on a vu Jean II Makoun jouer comme ça ? A ne plus se planquer dans l’ombre de Toulalan, à prendre l’air côté gauche, à suivre chaque remontée depuis les 35 mètres et à se trouver au bon endroit pour qu’un centre en retrait lui revienne ?

« Jamais » serait-on tenté de répondre pour peu qu’on se remette à jouer les mauvais blogueurs de service. D’autant que, le geste en rupture et la petite faute vicelarde en moins, la description n’est pas sans rappeler les belles heures du vertige Tiago.

En laissant assez vite de côté cette nostalgie qu’on a remuée à chaque fois qu’on a senti le 4-3-3 disparaître un peu plus dans les remous fluobscurs, on s’est souvenu d’un premier récital impeccable de Mak II un soir de Ligue des Champions au Stadio Artemio Franchi. Le genre de match à faire chanter à la première grande gigue désarticulée de passage que « Novembre a accouché d’un nouveau monstre du milieu ! »

Comme entre temps la promesse n’a pas été tenue, on a surtout retenu de cette saison 1 de Mak II les relances chamalow, un peu partout et souvent nulle part, qui obligent l’autre cabot du milieu, Toulalan, à ressortir les courses à grande échelle pour venir à bout des feux-follets adverses. A vous faire grisonner un peu plus les tempes.

Et à ramener un peu d’acidité dans le flow du grand commandeur de l’école du micro bâtard, MC Aulas : « Makoun ? Il ne réalise pas une super saison, mais on compte sur lui ». On veut bien croire que ce retour de flammes de Mak II ait quelque chose à voir avec le beef du boss. On aimerait surtout savoir s’il tiendra un match plus, histoire de renouer avec une certaine idée qu’on se faisait du milieu à la lyonnaise.

Sidney Govou m’était compté

Les stats ne servent à rien. Sauf celles qui montrent que Govou ne s’en fout finalement pas tant que ça. L’OL a laissé filer le titre pour cette fois ? Qu’importe. Sid reste lui toujours en course pour réaliser le grand huit. Un miracle de plus à mettre sur le compte de l’amulette du Puy qui, avec un come back victorieux, rappelle qu’après douze matchs en Ligue 1 cette saison, il a rapporté 2,25 points par match.

Ramenée aux 35 journées disputées, cette moyenne aurait permis à l’OL de compter quelque chose comme 78 points avant de se déplacer à Marseille. De quoi finir une nouvelle fois en roue libre et réserver un Novotel de la périphérie toulousaine pour s’ouvrir une caisse de mousseux tiède au soir de la 38ème.

Et renforcer un peu plus la place à part qu’il occupe dans les chœurs à vif de Gerland. Mais comme on a dit que les stats ne servaient à rien, on va préférer certains signes qui, eux, ne trompent vraiment pas. Surtout quand ils montrent que Govou vaut bien plus que le rôle de porte-bonheur qu’on veut bien lui refiler. Entre autres signes, il y a celui que Benzema lui adresse quelques minutes après son retour sur le côté droit. La passe que Govou vient de lui envoyer est du genre bien sentie, mais trop hésitante pour ne pas être à contretemps.

De quoi provoquer l’agacement d’un Benz’ en mal de but – insulte qui fuse mâchoire serrée, coups de latte dans les panneaux publicitaires, ignorance mêlée de mépris pour coéquipier plus vraiment à la hauteur. Sauf que cette fois, c’est Sid, le grand frère. Pas franchement un modèle à suivre. Non, juste un type avec suffisamment de bouteille pour faire le lien entre les enfants terribles du vestiaire lyonnais (Benzema, Ben Arfa) et une vieille garde qui s’avoue dépassée par le peu d’égard de la jeunesse sonique pour le respect des traditions maison.

Demandez à Karim ou Hatem de vous parler de Govou et ils vous referont l’histoire de leur arrivée fracassante dans le vestiaire lyonnais. Lorsque les deux Gones B.B Gones décrétaient vouloir en découdre sur le champ avec les cadors du vestiaire. Il a alors fallu s’en remettre à la malice de Govou pour jouer le rôle de daddy cool et permettre aux deux jeunes coqs de ne partir au clash avec la frange vieux cons.

Une leçon qu’ont semble-t-il retenu les Marseillais, demandant à Wiltord de rappliquer pour venir à bout des nerfs en pelote d’ Hatem. Du coup, on attend avec la plus grande impatience dimanche soir et le duel qui doit opposer les deux maîtres Jedi et leurs Padawan respectifs.

Un daron pour le vestiaire ?

Entre autres punchlines lâchées au milieu du bouillon, la DRH lyonnaise semble avoir retenu celle-là : « Tiens ton vestiaire et tu tiendras ton championnat ! »

Comme l’expliquait si bien un des meilleurs chroniqueurs de la saison, l’OL ne s’est jamais vraiment remis du départ de Caçapa, arrivé comme pigiste de seconde main au milieu de la défense centrale, avant d’y imposer son style Blaxpoitation et jouer à Ed Cercueil et Fossoyeur Jones avec Cris.

Capitaine charismatique des années Dark Horse, on a souvent entendu dire que sa mise à l’écart au début de l’année 2007 a été à l’origine des premiers tiraillements de vestiaire. Le clan brésilien n’aurait jamais pardonné à Houllier de l’avoir largué de la sorte, précipitant la chute du technicien lyonnais.

Depuis, on l’a déjà dit, le groupe lyonnais a appris à se reposer sur les derniers restes du Serpent à sonnettes et s’est mis à fonctionner en autogestion. Jusqu’à ce que le naufrage de Nungesser fasse planer le soupçon, celui d’une nouvelle révolution destinée à faire monter l’entraîneur à l’échafaud pour la troisième fois de suite.

On imaginait mal Aulas laisser sa petite entreprise se transformer en foyer d’insurgés prêts à pratiquer le coup d’Etat permanent. Puel est confirmé dans son rôle de « manager du football ». Autrement dit, les apprentis-putschistes n’ont qu’à bien se tenir, à l’image de Fabio Santos dont le renvoi manu militari servira d’exemple.

Au rang des premières priorités évoquées dans la remise en ordre de la maison lyonnaise, Puel a pointé la nécessité de renouveler les cadres du vestiaire. Parmi tous les darons pressentis, Boumsong est peut-être parti pour reprendre la place laissée vacante depuis le départ de Caçapa.

Le joueur au patronyme le plus rock’n’roll de l’histoire a sans doute eu le temps ces dernières années de gagner la carapace haute-résistance qui convient pour ce genre de rôle. Ne serait-ce que pour savoir comment soutenir votre regard après la défaite, faire tomber la tension en point presse après le passage courroucé des teigneux d’OL Communication, laisser la possibilité aux autres de se défiler face aux micros parce que ça remue trop en coulisses.

Et surtout, pour trouver la playlist et la formule (ségolienne ?) de circonstance quand il s’agit de fédérer un groupe mal en point : « Quand j’écoute la Symphonie n°9 de Beethoven, je sens qu’elle demande à tout le monde de s’aimer. Pour nous, c’est pareil ».

On espère juste qu’il a eu l’idée de remplacer l’Hymne à la Joie par la Symphonie Héroïque en vue du match de dimanche soir.

Serge Rezza






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