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ASNL / OL – A en perdre la tête

23 décembre 2007 à 14:42 ASNL / OL – A en perdre la tête

Puisqu’il faut parler de tête, s’il y avait bien une chose de sûr concernant le dénouement de ce match de clôture en Lorraine, c’était que l’OL devait conserver la sienne, de tête. Ce qui n’empêchait pas de se demander où l’équipe pouvait bien l’avoir – sa tête – au moment d’aller disputer ce qui s’apparentait depuis deux mois à la seule rencontre au sommet de L1.

A croire que les Lyonnais font eux aussi partie d’un vaste complot qui ignore coûte que coûte la présence des Nancéens dans leurs talons. Le week-end dernier, après avoir concédé un nul à domicile contre les gars du ‘Gym, ils se foutaient déjà pas mal de savoir ce qu’allait faire le onze au chardon. Et nous aussi d’ailleurs, puisqu’on avait tous un peu la tête à Glasgow.

On avait donc tout renvoyé à aujourd’hui. C’était oublier cette histoire de tirage au sort pour les huitièmes de Ligue des Champions, pile la veille du match. Ca n’a pas manqué. On n’a plus entendu parler du choc à Marcel-Picot. D’autant que, sans trop savoir pourquoi, avant même le tirage, tout le monde avait en tête cette idée d’un retour de Manchester United en guise de gros morceau à éviter à tout prix.

Lacombe peut bien s’inventer des histoires de fragilités défensives en rouge diable histoire de compenser l’avis de tempête offensif, on sait bien pour les avoir vus jouer que Vidic et Rio Ferdinand ne calquent pas leurs habitudes sur celles d’Anderson et Squilacci. Question sérénité et buts encaissés, la disparition de Cris et d’Abidal entre Saône et Rhône a même fini par avoir raison de la tête à Toto.

Alors, quand il signe tout de suite pour son 1-0 à Gerland, on comprend ce que Lacombe a vu. Ni plus ni moins que le scénario du huitième de la saison passée entre MU et le LOSC. A la différence près que Lyon a une attaque digne de ce nom, capable de planter sur la contre-attaque tant attendue. Sans oublier Juninho pour faire le métier s’il faut empêcher le petit coup de pute du grand Giggs.

Vendredi soir, Perrin s’entêtait lui aussi dans cette répétition improbable du scénario lillois. On le sentait se raccrocher aux dernières branches en invoquant la présence dans l’effectif de Bodmer. Qu’on se le dise, on ne voit pas trop ce que pourra bien faire le grand Mathieu dans cette histoire, à part peut-être entrer à la 80ème à la place de Juninho. Encore faudrait-il qu’il reste quelque chose à défendre.

Rien que pour voir, Perrin a fait entrer ce soir Bodmer dès la première minute. L’ancien Lillois a d’ailleurs pu envoyer le premier Benzema dans la profondeur (5ème minute). Première secousse qui aura sa réplique à la 22ème, avec Källström dans le rôle du passeur éclairé, et toujours la même interposition de Bracigliano sur la tentative de Karim. A ce moment-là du match, on tient déjà la preuve que, Juninho parti en congés anticipés, on se marche un peu dessus entre milieux lyonnais.

Du coup, c’est le côté Clerc-Govou qui hérite du jeu lyonnais. Un peu à corps défendant, il faut le dire, Issa Dia seul* occupant les deux darons du côté droit. Si les premières tentatives de l’enfant du dribble nancéen restent timides, on a comme l’impression de revoir dans ses déhanchés d’après 30ème les jeunes années de Sid, cet autre ailier gracile qui allait trouver la lucarne d’Oli Kahn et une place à part dans les cœurs lyonnais.

Cette 30ème minute, c’est justement celle où Sid se claque, grimace et se casse. La soirée prend alors un tour dramatique pour Clerc. Jouer juste sans Govou devant revient, on ne le dira jamais assez, à juste jouer. Dia déroule une première fois en repiquant un peu trop vite dans l’axe. La seconde, il centre plus tôt sur une tête, celle de Fortuné. On aurait aimé demander à Grosso de nous apporter les derniers détails de cette tête. Seul à pouvoir contrer l’attaquant nancéen, l’Italien joue les poupées de cire, figé dans une expression d’horreur qui aurait sans doute plu à un maître flamand. La suite, tous les Marc-Antoine de la terre la connaissent : un nez peut changer bien des choses. A défaut de changer la face du monde, celui de Vercoutre a sans doute changé celle du match – et celle de cette saison en L1 ? La tête de Fortuné s’écrase sur le poteau droit, avant que le gardien lyonnais ne renvoie la balle par le bout du nez.

Sans Govou, ni Juni et avec Benzema laissant tant bien que mal l’axe à Baros, l’équipe lyonnaise n’est plus la même. Elle s’oblige à défendre, quitte à multiplier les fautes et attendre que les nouveaux slaloms de Dia (61ème) ou les tirs en pivot d’Hadji (66ème) viennent s’écraser sur un arrêt-réflexe de Vercoutre. 24 tirs cadrés pour les Lorrains, seulement huit pour les Lyonnais : cette stat’ résume à elle seule la seconde mi-temps.

Ce qu’elle ne dit pas, c’est que le huitième tir lyonnais vient récompenser ce jeu à l’économie d’énergie des troupes aulassiennes. Une contre-attaque à exploiter pour Ben Arfa. Du rond central ou presque, il envoie côté droit… Qui ? On pense d’abord à Benzema. Lequel, après une hésitation qui paraît interminable, laisse filer pour Baros. Feinte de tir, Bracigliano se jette. Frappe enlevée et but (79ème).

Le genre de tournant qui appelle les deux derniers buts de Benzema en moins de dix minutes. A défaut de nouveau finish façon Ibrox, on devine plutôt une répétition grandeur nature de ce que veut voir Lacombe contre MU d’ici deux mois. Nancy continue son match comme si de rien n’était, à coups de pressing-modèle sur des attaquants lyonnais. Les trois de devant anticipent d’ailleus un rien gourmands la trêve des confiseurs. Ce qui fait le régal d’André Luiz et de Puygrenier, remarquables dans leurs prises à deux sur Benzema ou Ben Arfa.

Pour MU, on gardera bien en tête ce qu’on savait déjà mais qui vaut le coup d’être répété. Depuis son quart perdu contre Milan, une entrée de Réveillère fait jouer l’équipe lyonnaise en reculant. Les Nancéens n’ont plus qu’à récupérer les derniers ballons très haut et attendre tranquilles aux abords de la surface l’erreur qui fera but. On remplace cette fois les poteaux ronds de San Siro qui renvoient les tirs sur les tibias d’Inzagghi par le dos de Clerc. Le latéral à tête de khâgneux renvoie pleine lucarne une jolie reprise de Malonga (87ème). Ce sommet-mais-pas-trop doit se terminer en match nul de bonne facture.

Comme prévu, rien ne change en tête de L1. Correa aura droit à sa couronne de lauriers bi-annuelle que lui tresse Aulas à chaque rencontre. Nancy reste un bon second couteau de L1 qui n’intéresse personne à l’exception des meilleures pages de foot du monde – celles du Guardian qui ont consacré deux articles de fond sur les boys lorrains cette année. On le sait, tout le monde a déjà la tête ailleurs. Quelque part entre les prochains matchs de Man’ U et Geoffroy-Guichard, là où se jouera ce soir tout le drame de la Ligue 1.

Sachez-le Nancéens, il ne fait pas toujours bon être en tête ou presque dans ce drôle de championnat.

Serge Rezza

* « Issa Dia seul », trad. « God only knows »






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» ASNL / OL – à en perdre la tête · 24 décembre 2007 10:17

"en perdre la tête"... ceux qui l’ont perdue, la boule, à en devenir mabouls, c’est "france 2 foot" ! question, hier, pour la 2e partie de l’émission (je crois bien, je crains bien) : "nancy aura-t-il sa place en ligue des champions ?" (ou un truc du genre)... arf arf, ’faudra un paquet de dos de Clerc pour qu’ils parviennent alors à inscrire des buts ! quant à lyon, ce serait bien fendard que ce soit giggs qui détourne un COUP FRANC de juni’, pour une victoire au match retour, à old trafford - ou sinon, ce sera un "new traffalgar", pour les gonards.

euh, aussi, en cette période de joie chrétienne et de bilan de fin d’année, merci, sergio, pour ces articles toujours bien troussés sur notre club local : tes textes, comme les contrôles de sid’, les tirs de juni, les passements de jambes d’hatem, le killer instinct de karim, les gestes, bien inspirés, du coude pour fred et des mains pour milan, le dos de françois, les tacles de cleber et les poings de rémi, sont splendides, géniaux, inimitables, man’ifiques !

 christophe "el pepito" rollin