Haut, bas, fragile
31 mars 2008 à 20:56
J’adore Steve Savidan. Pas comme un joueur de foot. Rien à voir avec l’admiration que je continue à porter aux milieux lyonnais qui, en quelques passes et autant d’anticipations dans le replacement, rappellent que les gars à la classe très moyenne sont capables de subtilités insoupçonnées.
Non, j’adore Savidan pour à peu près les mêmes raisons que tout le monde – ils ne doivent pas être nombreux d’ailleurs ceux qui n’aiment pas pareil joueur. Sans doute pour cette histoire du cheval de retour sorti des divisions les plus obscures qui fait toujours recette. Plus encore que ce parcours à la limite de l’anachronisme, ce sont ces quelques scènes-clés touchantes racontées par le joueur qui me touchent. En début de semaine passée, invité sur un plateau, Savidan refaisait surgir ces longues nuits passées seul sur un balcon, un peu paumé, condamné à défaire et à refaire des choix, pris au piège entre le désir de rebondir ailleurs quand la carrière se remet à patiner et la nécessité de mettre un terme à ces départs à répétition qui usent les proches. Obligé de rester responsable avec des gamins sans rien sacrifier au plaisir de jouer avec une bande de potes. [...]
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La foire de trop
4 mars 2008 à 09:06
On a beau s’entendre dire qu’on a assisté à un match censé être historique samedi au Stade de France parmi ces presque 78 000 personnes, on préfère encore détester tout ce qu’on a pu y voir. Quitte à en rajouter une couche en décrétant penser exactement tout le contraire de ce qu’on a entendu dans la foulée du match et affirmer que l’OL a même préparé de la pire des manières la rencontre de demain à Old Trafford avec cette victoire déplacée.
Pour être honnête, je dois dire qu’en me rendant au Stade de France, je savais que j’allais détester ce match. Un peu comme avec certains disques ou certains films, je préfère décréter que je ne vais pas aimer au nom d’une mauvaise foi qui ne regarde que moi. Pour une fois, je n’ai même pas à me forcer. On a beau avoir pris ses précautions en ratant le concert de Louis Bertignac, la mise en scène qui suit l’immédiat avant-match provoque les pires sueurs froides. Battle improbable entre des régiments de cheerleaders loscistes et la chorale des Chérubins de Sarcelles ( !), chorégraphies foirées par des enfants-Dogues autour de ballons baudruches crevés et karaoké géant pour supporter lillois. [...]
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Bonus Tracks List - OL / MU
22 février 2008 à 10:01
Les Lyonnais avaient prévu leur coup pour contrer le jeu inspiré de MU. De leur côté, cinq groupes mancuniens avaient déjà joué les états successifs traversés par les supporters de l’insupportable. Nouveau retour « en chanté » des soirs de Ligue des Champions sur le blog un rien dirty et bien bâtard.
The Charlatans – Can’t Get Out Of The Bed
Chaque fois, c’est la même chose. Voilà quatre bonnes saisons que le jour sans fin, celui du huitième le plus important de l’histoire de l’OL se pointe et que je ne veux pas sortir du lit. Ne pas me lever plutôt que de découvrir dans une tasse renversée ou une journée de boulot bien pourrie les signes annonciateurs de la sortie de route tant attendue.
J’ai beau m’étonner d’être dans pareil état, cette année, l’envie est plus forte que jamais. La faute à toutes ces voix qui, dans les colonnes de la presse ou sur les nombreux plateaux de spécialistes se font depuis quelques jours l’écho de ma folle inquiétude. [...]
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La deuxième paire est offerte
21 février 2008 à 15:29
Certains esprits sensibles craignaient une rouste, d’autres déviants la souhaitaient. Que dalle.
Hier soir, jusque la 85è minute, Lyon a délivré un match quasi parfait, techniquement, individuellement et collectivement.
Techniquement, les transmissions étaient fluides comme au bon vieux temps. Les arabesques lyonnaises retrouvées, rien à dire, ça fait du bien par où ça passe.
Individuellement, Boumsong tenait la baraque, Toulalan le milieu, Kimi faisait au moins son meilleur match européen et Sidney des merveilles. C’était splendide. L’OL a considérablement gêné le milieu mancunien, that’s to say Hargreaves, Anderson et Scholes, ce dernier étant le seul à balancer avec ce qu’il faut de bonheur pour sauver la partition rouge médiane. Seul Juni souffrait un peu, mais ne serait ce que pour ses coups de pied arrêtés et sa mélancolie à fleur de poil, il nous est plus qu’indispensable.
Collectivement, Lyon était nickel. Peu d’espaces laissés à l’adversaire entre la défense et le milieu, bloc lyonnais collé serré, pressing intense, milieu incisif sur le porteur du ballon. Il était difficile pour les joueurs de Manchester de se mettre dans le sens du jeu, si Manchester a fait un « mauvais » match, c’est avant tout à cause de Lyon. Le plan de jeu de Perrin fonctionnait à merveille. En alignant Clerc à la place de Ben Arfa, l’idée d’Alain Perrin était, assez logiquement, de consolider le tout, d’avoir un milieu solide et très présent sur toute la largeur. L’équipe était bien équilibrée, la défense pouvait voir venir. Bien protégée, elle n’en était que plus solide.
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