Fils des années glauques du Toulouse Football Club, Alexandre Pedro a cru en Bancarel et vu Barthez avec des cheveux. Aujourd’hui les filles craquent pour Elmander et Dieuze est presque international. Exilé volontaire sur Paris, Alexandre Pedro tente de suivre son club entre les troquets de République et les redifs sur TLT .
Expulsé à Bordeaux, Nicolas Dieuze ne sera pas de la réception face à Nancy, l’occasion de revenir sur un destin que l’on pourrait résumer par ce monument de recul sur soi : « Comme attaquant, j’étais nul à chier ».
Saison 86/87, 1er tour coupe de l’UEFA, Dieu marque une escale au Stadium de Toulouse - terre impie s’il en est. Dieu retrouve un prophète local, Beto le Rond, l’homme qui multiplie les pains avec de la mozzarella dessus. Dieu rentre de miracle (Mexico en plein cagnard) Dieu tire la langue, il est humain après tout. Un hérétique s’occupe de lui tout particulièrement, Benoît Tihy humble pêcheur en fin de carrière. Dieu ne verra pas le jour. Dans les tribunes, un petit albigeois de 8 ans vient de se trouver une destinée : déconstruction d’idole, élagage du rond centrale, semelle acérée et coude saillant. Nicolas Dieuze se construit sa religion, un peu de Franck Passi, beaucoup de Despeyroux et mon coude dans ta gueule.
Mais Nicolas est un garçon de son temps, de son âge, corruptible et appelé par le bruit des filets. Nicolas se prend pour JPP, l’âge con. Une suite d’événements inexpliqués l’amène jusqu’au centre de formation du Téfécé comme avant-centre. Trahison de classe, preuve des lacunes de l’orientation en France et autres théories conspirationnistes circulent toujours sur les forums téfécistes. An 2000, Nicolas Dieuze approche les 21 ans, un âge canonique à défaut d’une frappe canon, l’Albigeois traîne son ordinaire le dimanche après-midi en CFA. Définitivement ce siècle ne compte pas sur lui. Arrive alors le gros tarin de Robert Nouzaret, l’homme a des intuitions (Gaston Deferre en 69, le Minitel en 80, Dieuze buteur en 2000), un entraînement lui suffit pour discerner dans ce grand corps banal, vitesse et jeu de tête.
La scène se passe un samedi en fin d’après-midi, l’automne arrive, Nouzaret enroule le club en écharpe, en bon premier supporteur. Piètre tacticien, grand metteur en scène le Robert. Toulouse, dernier, pathétique, Cabrol déjà remercié, reçoit le PSG trop bien classé pour que je m’en rappelle. Canal est convié. Dieuze débute au côté de Bonilla (notre grand buteur de l’inutile), déjà il se bat, va au duel, rate un contrôle, puis deux mais réussit à déclencher en extension, ballon contré qui termine dans les filets. Un second suivra. Une volée d’instinct, merde au contrôle, un autre pied parisien qui transforme Nouzaret en oracle, Dieuze en sauveur et nous en ravis la crèche. Toulouse perdra 3 à 2, mais gagnera une légende urbaine : Dieuze avant-centre.
» Un homme dans le match : appuyer sur la touche Dieuze · 6 décembre 2007 01:33
Le cas Dieuze est frustrant pour moi, parce qu’il parait qu’il est nul, mais je ne dispose pas de la science nécessaire pour décortiquer exactement en quoi il présente des lacunes à ce poste compliqué de récupérateur. Mais comme le TFC a des soucis de relance, de récupération, et de vitesse de transmission, c’est forcément qu’il doit être nul. Enfin, je crois.
Ce matin, F365 parlait d’un intérêt du Tef’ pour un milieu défensif de Bucarest (Florin Lovin, un truc comme ça).
Remplacer Dieuze par un Bulgare... L’albigeois a généré un vrai panier d’intégristes, si un coach se risque un jour à le reléguer sur le banc, je ne donne pas cher de sa casquette.
Je voudrais rajouter que, quelque part, Dieu(ze) nous avait prévenu, à Nungesser, en tout début de championnat. Que le premier but des violets cette saison soit l’œuvre de Dieuze, ça ne pouvait laisser présager que d’une année apocalyptique.
Jarod
» Un homme dans le match : appuyer sur la touche Dieuze · 5 décembre 2007 22:44
Jusqu’à l’an dernier, je le confondais toujours avec Avezac.
HL
» Un homme dans le match : appuyer sur la touche Dieuze · 5 décembre 2007 18:12
miraldigno tu me grilles la suite de mon post sur Dieuze. On ne doit pas être les seuls à penser le même chose. Bref on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas Dieuze, mais on les aiment.
» Un homme dans le match : appuyer sur la touche Dieuze · 5 décembre 2007 16:30
Comme je le dis à peu près à tous les matchs ou presque, "il est nul Dieuze". Cette sentence surgit généralement lors d’un contrôle raté, d’une passe en touche, d’un tacle maladroit, d’un arrêt du ballon de la main en pleine surface ... etc
Mais bon, faut reconnaître que c’est Notre joueur, c’est le gars du coin, il a l’accent (con). Et puis il a su resté simple : il suffit de le voir dans sa "vieille" audi cabriolet ou de le voir errer seul dans les rayons de Leclerc Blagnac à la recherche de DVDs (true story, dédicace à Pwak), il passe incognito, personne ne lui demande rien. Pour tout ça, et surtout pour sa combativité exemplaire sur le terrain, on ne peut s’empêcher de l’aimer.
miraldigno
» Un homme dans le match : appuyer sur la touche Dieuze · 5 décembre 2007 00:04
"Une suite d’évènements inexpliqués l’amène" et non "l’aménent". Nicolas Dieuze brillant bachelier (bac S) l’aura rectifié de lui-même.