18 décembre 2007 à 10:07
Un blogueur toulousain dans un bar acquis à la cause du PSG, où comment j’ai sympathisé avec « l’ennemi ».
Paris – Toulouse match de gala ? Le prix de la place le laisserait croire. Le supporteur toulousain est fauché, il n’en finit pas de rembourser les échéances mensuelles de Gignac, notre emprunt russe à nous. Alors pour 3 euros, une Amstel et une poignée de sympathisants parisiens dans un bar du 11ème je sèche le Parc et les mystères de l’ouest parisien.
Mes compagnons de bar sont d’excellente compagnie, ce genre de compagnons de passage qui me feront toujours préférer n’importe quelle sortie avec mon 14ème de Ligue 1 pelures d’Orange à un lap-dance à l’Emirate. Pourquoi lutter contre la loi du contrôle raté au kilomètre carré ? Cette fille en Reds ne te calcule pas, admets-le. Mes voisins cohabitent avec leur PSG, ils forment un ménage bancal, ils ont l’amour acerbe et platonique, mais ils n’iront pas voir ailleurs.
Paris est une monogame indécrottable concernant les choses du foot. Autant en prendre son parti, ne pas voir ce vilain jogging qu’elle porte pour faire ses courses (Chantôme milieu droit, Paris tu valais tellement mieux), autant détourner le regard quand elle hésite entre une paire de Bourillon ou de Zoumana Camara. Même le récent lifting auprès d’un chirurgien diplômé de l’université de Gerland lui donne des rictus de baronne dépérie prête à filer l’héritage au chien. Mes voisins demandent qu’elle enfile son bas de Gallardo, en fermant les yeux ils croiront peut-être caresser Valdo. Paris tu es belle quand tu pleurs, c’est comme ça que je te préfère.
Et mon Tef dans tout ça. Mon Tef regarde les assiettes passées, chaque année quand il passe amener les chocolats, mon Tef subit les engueulades de ce couple qui n’arrive pas à s’aimer ou à se séparer.
Comme l’a bien noté Matthieu Richard, Baup optait pour un 4-5-1 modulable 9-1 avec quatre milieux défensifs (Dieuze-Sirieix-Capoue-Sissoko). Devant sa télé, Aimé Jacquet en était tout ému. PSG-Toulouse, un plan simple : Paris attaque, joue pas trop mal, Jérôme Rothen, Toulouse défend, fautes à 30m, Nicolas Dieuze, Toulouse se courbe, fautes à 20m, Dominique Arribagé. PSG-Toulouse, un plan simple et annoncé dès l’arrivée à Orly : Paris perdra le match, Elmander le gagnera.
Guy Roux (le voleur de Mexès répétons-le tous en cœur une fois de plus) pompe mon blog et mon éloge Dieunizien. Le cathare albigeois décide de lever le coude à la santé de Peguy, le coude lever de Dieuze c’est toujours signe de beau temps pour Toulouse. Mes voisins ne s’offusquent même pas et laissent Lunyindula se vider de son sang. S’en suivra une réévaluation à la hausse de l’œuvre de Peguy au Vélodrome avec un opposant marseillais, confirmant mon vieux théorème : il y a toujours un marseillais pour venir discuter avec vous un samedi après-midi devant votre Ligue 1.
La vieillesse est un naufrage dans lequel Pauleta tient par une bouée crevée. Ce type que j’adore me rappelle pourquoi mon Portugal n’a pas gagné son Euro. Ce souvenir de voleur hellénique m’accompagnera donc jusqu’à la fin. Mes voisins eux craignent le réveil notre Dieu nordique. Elmander dans un bar parisien s’apparente à un personnage fantasmagorique doté de pouvoirs inconnus par ici, comme la transformation d’occasion en but. Arrive alors l’événement qui coupera le bar en deux, où quand Camara et Landreau dans une performance saluée par la critique, tissent une parabole audacieuse sur « l’incommunicabilité dans un monde postmoderne un samedi après midi de décembre ». Pros Camara et pros Landreau affûtent leurs arguments pour savoir à qui revient la paternité de l’œuvre. Un type au bonnet noir tranchera dans le vif en disant que tout ça sentait le déjà vu, alors que Ceara, lui, avait su créer avec son roulage sur ballon caenais, un geste radical et novateur.
Le plan se simplifie encore. Baup s’en remet à son videur, une seule consigne, pas un mec en Nike ne rentre au Bain-Douchez. Elmander profite du marquage de Chantôme sur Ceara pour filer en trottinant et ajuster Landreau, dont le corps semble soumis à une gravité en vigueur sur Jupiter. Une conspiration se fomente alors sous mes yeux, les mutins veulent sortir le Colonel Alonzo Buendia de sa retraite (les greens des Yvelines) pour instaurer un régime populaire basé sur des arrêtés du genou et manchettes pour tout le monde.
La cause était entendue. Sur la fin Dieuze enverra Yepes par-dessus bord, aucun sens à ce geste, Dieuze est un nihiliste de surface confère sa prise à deux mains sur un centre sochalien l’an dernier. Le PSG est 18ème plus Pigale que fourmis et Le Guen ne passera peut-être pas l’hiver. Samedi Le Guen a perdu face à une équipe réduite à laisser Sirieix en meneur de jeu. De quoi prendre la Bastille.
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