PSG-TFC vu du Parc
18 décembre 2007 à 10:04Après le cadeau des Rois Mages Landreau et Camara, nouvelle offrande parisienne : le match vu du Parc dans le froid et la souffrance par Matthieu Richard.
Je crois que leur thermomètre déconne. Derrière la vitre de l’Asirama, restaurant promis au fabuleux destin de quartier général d’avant-match, un panneau municipal marque 7 degrés Celsius. Les virages ont décrété la grève des encouragements, ambiance glaciale au Parc. J’ai envie de foutre ma capuche. Le thermomètre doit déconner, c’est pas possible autrement.
Louches par-ci, passements de jambes par-là, tac tac dans le petit filet, les Parisiens ont régalé la chique. Pas n’importe qui en face : Saint-Ouen l’Aumône est un terreau de footeux en herbe, Ducrocq y a fait ses débuts, c’est bien la preuve (Pierre qui roule n’amasse pas mousse, là où il passe jamais le gazon ne repousse… Au passage, que penser d’un pays – la Hongrie – où « Attila » est resté un prénom tendance ?). Quelque chose me dit qu’on retrouvera l’US Paris XI assez loin dans le challenge PSG. R.I.P. Wanadoo.
Un indice pour ceux qui ne connaissent pas le résultat d’hier : Yepes a terminé la partie avant-centre. Mon supérieur hiérarchique Alexandre Pedro me confiait le matin son « mauvais pressentiment ». J’ai tenté de le rassurer : Paris sait recevoir. Contre-argument : Toulouse sait être invité. Coup d’œil aux compos, rien à dire, c’est bon esprit. Dans le camp Violet, l’homme aux casquettes Serge Blanco a concocté un 4-2-3-1, éventuellement modulable en 9-1 durant 90 minutes, se permettant de sacrifier ses côtés (Ilunga-Sirieix à gauche, Ebondo-Sissoko à droite). Chez les Rouge et Bleu, du tragiquement classique, avec la réponse au quiz hebdomadaire « Qui veut se ridiculiser sur l’aile droite ? ». Cette semaine, Paulo propulsa Chantôme dans la galaxie Messi-Ronaldo. On le sent, Clément hésite à pomper sur ses glorieux confrères. Repiquer dans l’axe ? Mordre la ligne et centrer ? Soucieux d’imposer son propre style, Clément Fantôme ne choisit ni l’un ni l’autre.
Inutile d’accabler le frère jumeau de feu Mulumbu, ce n’est pas de sa faute s’il n’évolue pas à son poste. Pareil pour Camara. Pour le bien de l’équipe, Le Guen le force à jouer en défense centrale. Or, Zoumana est un créateur : son entente, sa complémentarité avec Elmander, qu’il mit deux fois sur orbite (un poteau, un but), ont sauté aux yeux. Papus retenir de faire la tête en retrait… Mais j’ai vérifié dans les lois du jeu chères à Guy Roux : un gardien international n’est pas obligé de sortir à 30 mètres de ses cages quand ça ne sert à rien. Les torts sont partagés, les joueurs de la capitale n’en finissent plus de célébrer la réédition du Foot en Folie en DVD.
Avant le drame, Pauleta avait heurté les montants, coupant une ouverture de Rothen (pertinemment conspué par les Boulogne Boys : la « salope » qu’ils insultent n’est après tout que notre seul joueur au niveau ; well done guys, continuez à tout essayer pour qu’il se barre au mercato). Sur une passe du Meudonnais encore, Luyindula faillit scorer ; dans un éclair de lucidité, Peguy pensa aux spectateurs qui n’avaient pas pris leurs métabloquants et auraient risqué l’infarctus s’ils l’avaient vu marquer deux journées d’affilée. Beau stop de Douchez.
La Douche était chaude comme la braise. A maintes reprises il s’interposa et maintint le matelas. Car il y eut un second but. Bergougnoux profita du pressing imaginaire de la paire Clément-Digard pour lancer Elmander. Défense à la carte des Parisiens, le Robocop suédois s’offrit une douceur brésilienne, le must du moment. Descriptif du plat (du pied) : Ceará refuse de monter sur le porteur du ballon, se mange un crochet, laisse tirer, et seulement ensuite tend la jambe. PSG tout en sauce, bouffé tout cru. Ne subsiste à Auteuil qu’une banderole conceptuelle : « CHEVRES ». Des tribunes s’élèvent des « Merci Paris ! ». Les Boys font mieux avec un « Vous êtes des merdes ! », en l’occurrence assez drôle, sur l’air du fameux « On est en finale ! » (jamais trop de sous-texte dans les lyrics boulonnaises ; ne leur en déplaise, les mecs du KOB vont souvent droit au but – et c’est peut-être aussi à ça qu’on les reconnaît, dirait Audiard).
Sur les écrans géants, le Go West des Pet Shop Boys cadencent la pub des stages de la PSG Foot Academy. Au programme : b.a.-ba de la communication de crise par Equéssapèlerio Cayzac, et autographe d’Armand si on est sage. Ceará pour animer l’atelier dribles. Vérifier quand même si des parents y envoient leurs gosses. Alerter SOS Enfance Maltraitée le cas échéant.
Le sol est jonché des mini-couv’ du So Foot sur Diego. J’en ai une dans ma poche ; j’évite de les piétiner, ça me donne l’impression d’être corporate. Y caille. Le concert d’Of Montreal à la Maroquinerie, c’était vraiment sympa.
Matthieu
ASIRAMA / 15 rue Le Marois / 75016 Paris
Menus à 6 et 7 €
Compromis ultime et hors sentiers battus : Raviolis crevette – Nouilles sautées – Jus de litchi : 6, 50 €
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