22 janvier 2008 à 10:31
Comme promis, je vous livre de l’épisode II de la carrière de notre capitaine. Comment il vécut, comment il perdit le ballon, comment il le récupéra pour le reperde.
L’épisode paraît prescrit, tant l’homme incarne aujourd’hui l’autorité morale en matière de monogamie footballistique, mais Nicolas Dieuze a été un jour, l’objet d’un transfert. Rappel des faits, nous sommes à l’été 2000, l’hiver est tombé à jamais le Toulouse Football Club condamné, croit-on, à un long hiver en National. Rubio/ Labatut et leurs sbires ne seront pas lynchés Place du Capitole. Ils peuvent remercier notre empathie légendaire. Nicolas Dieuze, buteur malgré lui, malgré la logique et la théorie de la relativité, rejoint Bastia où il doit former avec Frédéric Née et Pierre-Yves André un triumvirat capable de faire trembler l’Europe de l’intertoto. Un an et demi plus tard, les dirigeants bastiais nous le réexpédierons par colissimo, à peine déballer, avec le petit mot suivant : « On vous l’échange contre vos tickets resto ou un jeu de maillots, plus simple encore : donnez nous ce que vous voulez ».
Dieuze reprend ses mauvaises habitudes et se positionne devant. Passée la chance du débutant, il devient cette figure aujourd’hui incarnée par Gaston Curbelo, celle de l’attaquant qui se bat mais ne marque pas. Nicolas Douchez étant actuellement le gardien qui plonge, mais n’arrête pas. Mais je m’éloigne Bergougnoux. Dieuze regarde donc Fauré forniqué les cages adverses. En public, il se félicite en bon camarade de cette réussite. Puis arrive la révélation, elle prend la forme d’une cavalcade de 60 mètres de Fauré contre Beauvais. Flanqué à ses côtés tout le long de l’action, Dieuze courre, lève les bras, mais ne recevra jamais le ballon. Au passage, très bonne imitation de Jorge Valdano sur le but du siècle. Figurant de la remontée, il glisse insidieusement vers le banc, il inscrira encore ses deux buts contre le PSG. Ok, l’un au dépend de Revault.
Erick Mombaerts en pionner de la philosophie déchétarienne, se demande ce qu’il peut sauver chez l’Albigeois. Il est grand, se bat bien, possède peut-être le meilleur jeu de tête défensif et offensif de l’équipe, mais il donne toujours l’impression de courir contre le vent, alors que sa frappe ferait passer Vikash Dhorasoo pour un dangereux artificier germanique. Mombaerts créait un poste taillé dans les qualités et les limites de Dieuze, un entre deux entre milieu défensif et stoppeur. Un cinq et demi, une vigie devant la défense qui compense, rustine, dépanne. Plus que milieu défensif ou récupérateur, il fait milieu destructeur. La jambe toujours tendue, il freine le ballon, prend une cheville ennemi au passage. La Sarl Dieuze terrasse et détruit, après elle ne garantie rien pour vous monter un ballon pas dégueulasse.
Plus que tous les grands discours esthétiques sur la qualité de jeu de notre Ligue 1, il y a la présence récurrente et indispensable de Nicolas Dieuze au TFC. Alors peut-on et doit-on imprimer la légende d’un joueur limité, dont la principale fonction reste le pourrissement du jeu. Moi je réponds oui. Je réponds oui, même si ma conception du numéro six penche plus pour Pirlo que vers Makélélé. Je dis oui, même quand Dieuze redouble avec Sirieix et touche. Je dis oui, même pour les contrôles du péroné. Oui, même pour les prises de balle à deux mains dans notre surface. Oui, parce qu’il incarne nos limites, oui parce qu’il ressemble à ce club en reconstruction, oui parce qu’avec lui on a pu visiter Andfield. Encore oui, parce qu’on ne choisit pas d’aimer son Dieuze.
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