29 août 2007 à 18:08
Tour préliminaire de la C1 : Liverpool 4 – TFC 0 : Crouch (19ème) Hyppia (49ème) Kuyt (87ème et 90ème)
Au début il y avait l’espoir, pas vraiment raisonnable mais qui occupe la semaine et nous coupe de la cruelle vérité du terrain. On imagine Sirieix réussir une transversale, Fofana qui signe à Sète, des passes dans les pieds et Fernando Torres chialant maman après son tir au but raté. Puis il y a eu Anfield, comme sur la brochure, un pan d’histoire sur la gueule, un You Never Wakl Alone pétrifiant puis cet hommage rendu à ce jeune supporteur d’Everton tué par balle. A ce moment là, on se dit que le foot français craint vraiment. Ensuite il y a ces onze mecs, perdus dans une compétition qui les dépasse, comme coupés les uns des autres, chacun dans sa zone colmatant avec les moyens du bord. Autant dire rien. Le ballon brûle les pieds, la première passe s’avère souvent la dernière, pendant 90 minutes c’était à celui qui allait se cacher le mieux pour éviter la patate chaude. Le Kick& Rush n’a rien de honteux, il aurait encore fallu y mettre un minimum de conviction et éviter de trouver les touches avec la constance d’un ouvreur irlandais.
Naufrage technique et bouillon tactique. Pourtant Elie Baup avait un plan en tête. Un 3-5-2 ou 3-1-4-2 rocambolesque en hommage à la Bundesliga des années 80, un dispositif qui avait fait ses preuves sur le PES 6 de son fils (en mode une étoile en tout cas). Sauf que biberonné à la défense à quatre, les joueurs ne pigent rien à la couverture à trois et ne savent pas qui prendre au marquage. Sur les côtés, les pistons ne comprennent pas s’ils doivent défendre ou attaquer, alors ils défendent en reculant et attaque avec le frein à main. Une sentinelle devant la défense crie au feu, les Reds tapent un torro avec un frisé et son voisin aux grosses cuisses se planque : on appelle ça le milieu de terrain. Répertoriés comme attaquants, deux grands types viennent toucher le cuir à soixante mètres des buts, histoire de pointer.
Passée la déception, la honte s’installe. On a beau se répéter le nom de l’adversaire comme un cache-misère, le foot reste ce sport où n’importe quel bouseux de Conference ou CFA peut emmerder l’aristo du coin. Sur la fin, les contrôles ratés et les buts offerts à Kuyt pour le féliciter de ses efforts me faisaient presque rigoler. J’en rigolerais encore, mais ce matin j’ai lu les phrases suivantes : « Pendant près d’une heure, on a essayé de faire des choses intéressantes » Elie Baup en assistante sociale. « Je trouve toutefois le score sévère par rapport à notre prestation où nous avons fait preuve d’abnégation, nous avons montré de l’envie. Vraiment, nous aurions préféré sortir sur un meilleur score […] C’est vrai que c’est frustrant de ne pas marquer mais ça démontre que nous n’avions pas les armes pour le faire » dixit Nico Dieuze, qui visiblement ne digère pas l’acide trouvé dans l’ancien casier de Robbie Fowler. Face à un tel déni, il y a de quoi s’inquiéter pour la suite, même quand on reçoit un fantôme auxerrois.
Le foot français et ses deux Coupes d’Europe pourront toujours crier au déficit d’image ou à l’usurpation, on répondra Maribor, Haifa ou Boleslav. On souhaite juste bonne chance et un meilleur tirage à Nancy ou Le Mans pour l’année prochaine.
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