11 décembre 2007 à 11:56
En attendant l’haletant PSG-TFC de samedi, Nothing Toulouse donne tribune libre à l’opposition, ici Matthieu Richard, enfant de l’ère Ginola /Weah et contemporain des Digard et Bourillon.
Capitole, Capitale, histoire d’O, histoires d’A, d’amours qu’auraient chantées Nougaro si le barde toulousain avait entendu note au football. Le Tef’ est une madeleine ; 1994, c’était Paris mode moustache, une occase par coup de pied arrêté. Ricardo emprunta à Kombouaré son casque d’or, but et tarif syndical pour le titre. Rencontre moins festive la saison dernière : Pauleta mit lui aussi la tête, arrêt volontaire du cubitus par Dao, que l’arbitre confondit avec Douchez. No péno. Nouveau pilier du banc de touche, Paulo (Le Guen, pas César) comprit que la suite serait compliquée.
Qu’on se le dise, l’axe Paris-Toulouse n’est pas réservé qu’aux cadres d’EADS. Songez donc : Rocheteau, Reynaud, Calderaro… Un véritable Airbus de talents. Corridor à sens unique néanmoins : peut-être un flagrant délit d’inculture, mais je n’ai pas souvenance d’un transfert marquant du TFC vers le PSG. Alors j’ai pioché dans les latéraux droit du coin. Jean-Luc Sassus, qui avalait son couloir comme personne, avait fait ses études et ses débuts en pro à Toulouse. Et puis vint Algerino.
La légende de Jimmy s’est écrite à Paris. Je l’aimais bien ce type, malgré ses frappes extérieur qui méritaient leur appellation (une fois il cadra et marqua, capitaine d’un soir contre le Depor, grâce à une énième bourde de Molina – défaite 1-3 au final, les larmes de l’auteur de ces lignes salèrent après-match les coupelles de mousse au chocolat du Bistrot Romain métro Marcel Sembat). Carrière en pointillés, portrait pointilliste. En demi-finale de C2 97 à Anfield, celui qui se pointait au Camp des Loges en coccinelle livra une partie héroïque restée dans les mémoires. Admirateur d’Albert Cohen et d’Alberto Giacometti, Jimmy posa fièrement en photo devant l’Opéra Garnier pour l’éditorial de Tribune PSG, distribué les jours de match*. Il eut plus tard la tentation de Venise.
J’entends sourdre les critiques assassines : « Quoi ? On paye grassement Alexandre Pedro pour des scoops à la pelle sur nos Pitchounes et lui délègue à un Parigot ! ». La vérité, c’est que je ne m’y connais pas vraiment en Toulouse. Je crois que la ville était rose bien avant les maillots du Stade Français. Je ne m’y suis rendu qu’à une seule reprise ; le dépliant d’une école à but lucratif vantait les mérites d’un diplôme master, quelque chose qui finissait en « sport ». L’argumentaire misait beaucoup sur le gros plus du cursus : l’intervention d’Hervé Mathoux. Le mec de l’EDD himself.
Toulouse, pour moi, ce sont des noms qui chantent, Beto Marcico, Despeyroux Frapolli. Des gueules – essentiellement Jean-Luc Ruty –, d’Ola à Sud Radio, des sponsors maillots punchy. Quand j’étais petit, je ne comprenais pas pourquoi il fallait dire « Téfécé » au lieu d’un plus légitime « Téhèfecé ». J’ai découvert par la suite qu’il s’agissait d’une histoire d’harmonie vocalique, phénomène que je ne maîtrise pas totalement. De là mes difficultés dans mon apprentissage de la langue hongroise, et je profite de l’audience internationale de ce blog pour soulever cette question : Hol megyünk Luca ?
Deux drôles de villes et d’équipes. Johnny Thunders et ses Heartbreakers le disaient depuis longtemps :
Born to lose / Born to lose / Born to lose / Baby I’m born Toulouse
Matthieu
*Cf. France Football, 2 novembre 2000 / Edito « Jimmystérieux », Tribune PSG, 12 mai 2001 (oui, je sais, il faut être sévèrement atteint pour avoir eu l’idée de conserver ces documents chez soi)
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