Never trust a marxist in football !

05/01/2010

LCR et Football... Si Trotski le savait...

So Foot, mai 2006

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR), héritière des JCR puis de la Ligue Communiste dissoute en 1973, descend d'un des trois grands courants qui se sont disputé l'héritage de Trotski après sa mort en 1940, assassiné par un agent de Staline. Sa singularité réside cependant dans son lien très fort et quasi-constitutif avec la vague contestataire qui s'est développée durant les années 60 et qui a explosé en Mai 68.

Justement, dans la foulée des barricades et des bagarres avec les nervis d'Occident, un certains nombre de militants d'extrême -;gauche décident de s'attaquer au monde sportif, alors relativement épargné par la pensée marxiste. Le sport est désormais analysé comme « un appareil idéologique d'état », qui participe à la conservation du système capitaliste et souvent à la « fascisation des masses ».

À cette posture théorique, s'ajoute un certain mépris instinctif pour le football, perçu comme un stigmate de la beaufitude populiste. Autour de Jean-Marie Brohm, polémiste convaincu et universitaire reconnu, se fondent le courant et la revue « Quel corps », qui cristallise une réflexion abondante sur le sujet.

Le combat partisan se traduira notamment par les appels successifs au boycott des Jeux Olympiques (en point d'orgue ceux de Moscou en 1980, « les jeux du goulag ») et évidemment en 1978 contre la coupe du monde de football en Argentine, encore ensanglantée par le coup d'Etat de Videla. Néanmoins, progressivement, le positionnement des représentants de « la section française de la IV internationale » évolue.

En 1998, Rouge, l'organe officiel, suit avec intérêt la joie populaire qui entoure la victoire des bleus et note avec soulagement que l'on n'assiste pas, loin de là, à une récupération nationaliste de la victoire tricolore. Sans euphorie, mais débarrassée d'une hostilité de principe, la LCR ne semble plus guère avoir d'opinion tranchée sur le petit monde du ballon rond.Ce qui permet à son jeune porte-parole Olivier Besancenot d'afficher son amour du foot et son affection pour le PSG sans susciter d'urticaire marxiste chez la vieille garde, et à son pendant marseillais, Samy Joshua, de chanter les louanges du Vélodrome.

En revanche ceux qui se réclament de la rupture épistémologique initiée par « Quels Corps ! » n'hésite évidemment pas à parler de capitulation politique et d'abrutissement militant. Ceux qui ont toujours raison n'ont jamais tort !

À lire :Jean-Pierre Escriva & Henri Vaugrand « L'opium sportif.La critique radicale du sport, de l'extrême gauche à Quel corps? » , Paris, L'harmattan, 1996.


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