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		<title><![CDATA[Never trust a marxist in football ! - SO FOOT.com]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/blogs/marxist/]]></link>
		<description><![CDATA[La bonne littérature serait souvent de droite, qu'en est-il du grand football? Peut-on imaginer une rencontre entre l'Inter(nationaliste) Milan d'Antonio Gramsci et le Paris Socialiste de Gauche de Jean Jaurès? Et si le foot rendait presque la politique de nouveau intéressante?]]></description>
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			<title><![CDATA[Never trust a marxist in football ! - SO FOOT.com]]></title>
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		<title><![CDATA[« RAS et le foot » - La loi française et le Parc des Princes aux débuts des années 80 ]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/ras-et-le-foot-la-loi-francaise-et-le-parc-des-princes-aux-debuts-des-annees-80-148736.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2012-01-18T15:20:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-ras-et-le-foot-la-loi-francaise-et-le-parc-des-princes-aux-debuts-des-annees-80-1318432796_x100_articles-148736.jpg">D'ici fin janvier devrait sortir la réédition du 45t et du 33t de RAS, groupe « mythique » (à son corps défendant) de la scène oi hexagonale « originelle ». Dans une longue interview réalisée par Philippe Roizès et publiée sur le site qui lui est consacré par Euthanasie records*,  un petit passage fort instructif (notamment en complément de celle de Manu de Sherwood Pogo et du HS « Supporters), aborde le le rapport au foot, au PSG et au Parc des Princes. Nous le reproduisons ici avec l'aimable autorisation de l'auteur.

« R.A.S. ET LE FOOTBALL

Nicolas - Je suis allé très tôt aux matchs au Parc des Princes. J'étais fan de foot bien avant le punk. Il y avait une raya mélangée de supporters acharnés de foot, de fouteurs de merde, de punks et de skins dans la tribune Boulogne mais au début ce n'était pas un repaire de fafs et ce n'était pas du tout organisé comme ça l'est devenu. Taki, Bibi, Trevor et ceux qui aimaient le foot allaient aussi au Parc.

Trevor - Le foot, c'est vraiment ce qui a réuni une partie du noy&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->« R.A.S. ET LE FOOTBALL<br/><br/><b>Nicolas - </b>Je suis allé très tôt aux matchs au Parc des Princes. J'étais fan de foot bien avant le punk. Il y avait une raya mélangée de supporters acharnés de foot, de fouteurs de merde, de punks et de skins dans la tribune Boulogne mais au début ce n'était pas un repaire de fafs et ce n'était pas du tout organisé comme ça l'est devenu. Taki, Bibi, Trevor et ceux qui aimaient le foot allaient aussi au Parc.<br/><br/><b>Trevor -</b> Le foot, c'est vraiment ce qui a réuni une partie du noyau de R.A.S. ! On jouait ensemble, on faisait aussi des tournois de Subbuteo (un jeu de plateau des années 70 reproduisant des parties de football sur un petit terrain - NDLA), on allait voir les matchs au parc des Princes. J'allais dans la tribune Boulogne. Les skins étaient déjà présents et faisaient parti du décor. Mais d'autres dans le groupe n'y connaissaient rien du tout en football. Une fois, on avait fait un déplacement avec plusieurs membres du groupe pour suivre le P.S.G. en quart de finale de la Coupe des coupes, dans le car des supporters. Il y avait des skins et il y avait eu pas mal de problèmes avec la police belge.<br/><br/><b>Jean-Louis - </b>J'aimais bien le foot mais je n'en étais pas dingue comme d'autres dans le groupe.
Gaz - J'étais dans le foot depuis tout petit. J'allais au parc des Princes avec mon père puis sans lui, dans la tribune d'Auteuil. J'avais la carte de jeune supporter. Et puis un jour, je vais voir un match de championnat et je vois arriver les premiers skins de la tribune Boulogne qui allaient chercher des noises aux supporters de l'équipe adverse. Ça m'a dégoûté et j'ai arrêté d'aller au Parc.<br/><br/><b>Xavier - </b>J'allais déjà aux matchs au parc des Princes avec mon père quand j'étais gamin. Après, on y allait avec d'autres mecs de la cité... toujours tribune Boulogne. Il y avait Fabian, un skin qui était du même coin de moi. Au début, on y allait vraiment pour le football. Et puis, peu à peu, j'entendais des conversations sur les gradins, sur le nationalisme. Au départ, ça n'était pas méchant. Et puis, j'ai vu la tribune changer. La politique prenait de plus en plus d'importance. Fabian est allé du côté nationaliste. »<br/><br/><b><i>propos recueillis par Philippe Roizès </i></b><br/><br/><a target="_blank" href="http://euthanasie.records.free.fr/discographie/Zgroupe-R/Ras.htm">* Site d'ER</a>
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		<title><![CDATA[Je n'aime pas le sarkozysme footeux ]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/je-n-aime-pas-le-sarkozysme-footeux-148732.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2012-01-15T21:00:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-je-n-aime-pas-le-sarkozysme-footeux-1318429035_x100_articles-148732.jpg">Frédéric Martel vient de sortir un ouvrage intitulé « J'aime pas le sakozysme culturel », reprenant le principe du like de facebook. L'occasion pour lui de lister tout ce qui lui déplait dans la façon dont notre président à violenter le petit monde de la culture pour en faire objet docile et corvéable, dans le but de sa réélection. J'espère que l'auteur ne m'en voudra pas de reprendre son principe au vol et de m'en emparer pour fustiger à mon tour l'influence du sarkozysme sur le football hexagonal et la manière dont il a su en user et en abuser pour insuffler ses valeurs dans la société. 

&#8722; J'aime pas l'amour hypocrite de Nicolas Sarkozy pour le foot, lui qui ne jure finalement que par le footing, sport individuel et sans aucune assise associative (monde associatif dont il se méfie viscéralement le soupçonnant d'appartenir à cette « vieille » France  gaullo-communiste qu'il abhorre).

&#8722; J'aime pas la façon dont le footballeur sert désormais au président, et à la droite, de bouc émissaire fortuné quand toutes les autres catégories de « riches », surtout héréditaires, so&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->&#8722; J'aime pas l'amour hypocrite de Nicolas Sarkozy pour le foot, lui qui ne jure finalement que par le footing, sport individuel et sans aucune assise associative (monde associatif dont il se méfie viscéralement le soupçonnant d'appartenir à cette « vieille » France  gaullo-communiste qu'il abhorre).<br/><br/>&#8722; J'aime pas la façon dont le footballeur sert désormais au président, et à la droite, de bouc émissaire fortuné quand toutes les autres catégories de « riches », surtout héréditaires, sont épargnées (la fameuse bande du fouquet's entre autre). En gros, il cible ces gosses des quartiers et de « pauvres », sans véritables pouvoir ni influence, comme dérivatif à la colère populaire contre les inégalités croissante ; l'occasion parfaite de taper sur des « parvenus » et de stigmatiser encore davantage les « cités »<br/><br/>&#8722; J'aime pas cet amoureux du PSG qui en déteste les supporters les plus fervents, qui après avoir laissé les chose pourrir en tant que ministre de l'intérieur, téléguida l'épuration du stade pour un foot pas forcément plus propre mais plus soft – bref le foot sans le peuple quand il bouge trop et ose protester.<br/><br/>&#8722; J'aime pas ce président libéral, qui ne jure que par la méritocratie, la réussite individuelle et l'adaptation aux lois internationales du marché, (et promet un Etat irréprochable) qui par contre joue en sous-main de la puissance publique pour garantir à la L1 des droits télé conséquents, en dehors de toute logique de l'offre et de la demande.<br/><br/>&#8722; J'aime pas l'intervention paternaliste, moralisatrice et populiste de l'Etat sarkozyste dans les affaires du foot après Knyssa français, pour aboutir finalement à une réforme qui se contente d'accorder une plus grande place au pros dans la gestion de la FFF. <br/><br/>&#8722; J'aime pas ce gouvernement qui finance les grands stades avec le peu d'argent qui reste dans le budget du ministère des sports (en l'occurrence surtout du cnds), qui pousse à des partenariats privé-public (emprunts publics, bénéfice privés) qui étranglent encore un peu plus les collectivités territoriales que par ailleurs ses réformes de fond (RGPP, réformes territoriales) rendent chaque jour davantage incapable de soutenir un foot amateur malmené (dont on ne cesse en retour de vanter les vertus éducatives et citoyenne). 
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		<title><![CDATA[Sport populaire recherche ministre visionnaire désespérément...  ]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/sport-populaire-recherche-ministre-visionnaire-desesperement-148729.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/sport-populaire-recherche-ministre-visionnaire-desesperement-148729.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2012-01-13T11:00:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-sport-populaire-recherche-ministre-visionnaire-desesperement-1318427627_x100_articles-148729.jpg">Jamais dans notre société le sport a été à ce point envahissant. Y compris notre actuel président n'a eu de cesse de se monter sur ce terrain, que ce soit en joggeur du dimanche ou aux côtés d'amis sportifs. Pourtant les faits sont têtus, et malgré la promesse présidentielle des 3%, le gouvernement est en train de vider de sa substance l'intervention de l'État dans l'univers sportif. Un retour sur le passé et une revue d'effectif de nos ministre des sports permet de mesurer ce qui est en train de se jouer. 

paru dans le n° de janvier-février 2012 de « Sport et Plein Air », revue de la fsgt (www.fsgt.org).

Le «ministère de la paresse». C'est ainsi que la droite (ici par la voie de l'Action Française) avait accueilli en 1936 l'annonce de la création d'un sous-secrétariat aux Sports et à l'organisation des Loisirs. C'est dire si l'idée que le gouvernement de la France puisse s'intéresser à ce genre de questions s'avérait aux yeux de beaucoup comme une hérésie. De fait, l'intervention de l'État dans le&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><i><b>paru dans le n° de janvier-février 2012 de « Sport et Plein Air », revue de la fsgt (www.fsgt.org).</b></i><br/><br/>Le «ministère de la paresse». C'est ainsi que la droite (ici par la voie de l'Action Française) avait accueilli en 1936 l'annonce de la création d'un sous-secrétariat aux Sports et à l'organisation des Loisirs. C'est dire si l'idée que le gouvernement de la France puisse s'intéresser à ce genre de questions s'avérait aux yeux de beaucoup comme une hérésie. De fait, l'intervention de l'État dans le sport va souvent être rattachée, au sein des administrations centralisées, à des grands domaines «nobles» de compétence (où il sera joint à la Jeunesse ou à la Vie associative), que ce soit l'Éducation nationale (à ce titre Lionel Jospin supervisa le sujet, lui dont la seule accointance sportive fut de partager la chambrée militaire de Guy Roux) ou plus récemment, et de nouveau, la Santé. Il faudra attendre 1966 pour que soit institué un ministre des Sports ès qualité, confié à l'époque à François Missoffe, qui entrera dans l'histoire pour avoir donné en quelque sorte le coup d'envoi de mai 68 lors d'une rixe verbale avec Daniel Cohn-Bendit à Nanterre. Comme l'expliquent Lionel Arnaud et Jean-Pierre Augustin dans l'ouvrage «Le sport en France» (La documentation française) : «Les sports ne trouvent donc pas naturellement une place légitime et autonome au sein de l'état et l'histoire de ce ministère est celle d'une administration concurrencée.» Ainsi, durant les années 90, quand  s'affirment les problématiques d'actions publiques spécifiques liées aux «banlieues», le sport se retrouvera happé dans la noria des programmes d'insertion et/ou de prévention. Le député communiste Georges Hage, rapporteur du budget des sports à l'Assemblée nationale en 1992 en déduira que ce ministère est désormais «satellisé»&#8239; par celui de la ville.<br/><br/><b><big>Anciens sportifs loin d'être de simples cautions</big></b><br/><br/>De fait, rien ne serait plus erroné que de déconnecter l'intervention de l'État dans le champ sportif  de la trame générale des choix politiques des divers gouvernements. Loin de recouper la simple ligne de fracture droite/gauche, elle se retrouve plutôt dans la place accordée à l'État comme agent régulateur et impulseur. Ce clivage se retrouve également dans le choix des hommes et des femmes (et dans le sport, étrangement elles sont plutôt bien représentées, tout comme les anciens sportifs furent loin d'être de simples cautions) pour occuper cette fonction. Bref, à grandes ambitions, personnalités clefs, restant souvent longtemps en poste, suffisamment en tout cas pour mener à bien une visée d'ensemble (loi, orientation, politique d'équipement, etc.). Les profils des ministres ou des sous-secrétaires d'État se révèlent ainsi à l'image de l'humeur politique du moment. <br/><br/>Ainsi les périodes fortes de notre histoire sont également celles des grandes politiques d'État dans le sport. Le grand souffle du Front populaire, emporté  par Léo Lagrange. Le chantier permanent du gaullisme triomphant qui correspond au cœur des Trente glorieuses, avec le rôle central de Maurice Hezrzog en charge près de 7&#8239;ans de ce ministère. Citons à ce propos la façon dont l'homme de confiance du général de Gaulle présentait en 1963 la philosophie gaullienne en matière de sport, des propos qui laissent songeurs aujourd'hui&#8239;: «Le sport est un service public. Voilà ce qu'il nous faut proclamer. Seul l'État est capable actuellement de donner à chacun ses chances, dans la justice et dans le respect le plus intransigeant des principes de l'olympisme et de l'éducation tout court.» N'oublions pas ensuite naturellement l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 avec le travail d'Edwige Avice et sa fameuse loi de 1984. Autant d'héritages gouvernementaux qui ont laissé des traces durables et balisé les rapports (organisationnels, culturels…) entre le mouvement associatif et l'État.<br/><br/><big><b>Personnalités de passage</b></big><br/><br/>Le reste du temps, se succèdent des personnalités politiques de passage, qui viennent y faire leur classe en attendant des destins plus grands ou plus simplement de se consacrer à leur véritable sujet de prédilection. On peut multiplier les exemples, surtout sous la quatrième république dont l'instabilité essora de nombreux candidats. Qui se souvient de la socialiste Andrée Viénot, sous-secrétaire d'État  à la Jeunesse et au sport de 1946 à 1947, militante anticolonialiste, qui pourtant tenta de développer les colonies de vacances. Ou du passage d'André Morice en 1951 au même poste, alors que ce fervent de l‘Algérie française demeurera dans les mémoires comme le père en 1957, en tant que ministre de la Défense, de la ligne de son nom, le long de la frontière avec la Tunisie. Et puis citons l'anecdote tragique de Pierre Chevalier, ancien Résistant (Libération Nord), spécialiste de l'urbanisme, nommé secrétaire d'État à l'Enseignement technique, à la Jeunesse et aux Sports le 11 août 1951 et assassiné par sa femme le lendemain (trompée, elle sera acquittée). Plus près de nous Jean-Pierre Soisson, ministre «d'ouverture» centriste sous Mitterrand, fut quelques années plus tôt, transparent durant son passage entre 1978 et 1981, sous le gouvernement Giscard d'Estaing (il se fera davantage remarquer en se faisant élire à la tête de la région Bourgogne avec les voies du FN en 1998). Sans oublier, Michelle Alliot-Marie dont la seule réussite, entre 1993 et 1996, fut d'instaurer les interdictions de stade contre les «hooligans», preuve de sa précoce la fibre sécuritaire. Et bien sur pas le peine de s'appesantirrr sur  la valse des pensionnaires depuis 2007, du   « copain » Bernard Laporte à Chantal Jouanno, sans oublier la médiatique Rama Yade.<br/><br/><b><big>Face aux exigences de Bercy</big></b><br/><br/>Cela dit, progressivement dépossédé des profs d'EPS passés à l'Éducation nationale, rogné dans son envergure par la décentralisation et sachant par ailleurs que le budget des sports n'a que rarement suivit la hausse de celui du gouvernement, le ministère a également subi de plein fouet les transformations du sport avec l'essor du spectacle, de sa médiatisation et des malédictions qui les accompagnèrent. Les ministres se trouvent désormais contraints de répondre d'abord à la demande de «l'opinion publique» quand la machine sportive s'emballe comme le montre le combat de Marie-Georges Buffet contre le dopage. Le grand paradigme libéral qui s'impose de plus en plus dans les années 1990 (Guy Drut parlait en 1996 de «requalifier» les cadres techniques, bref de remettre en cause leur statut) ne cesse de repousser la politique d'État en la matière à une simple utilité réglementaire et au coup par coup sur des publics dit «cibles» ou autour des moments «forts» (Coupe du monde etc.).<br/><br/>Aujourd'hui, David Douillet explique devant les élus locaux en charge des sports que son rôle est d'abord leur fournir quelques conseils amicaux et il incite les fédérations à se tourner vers le privé. L''enveloppe très modeste de son ministère fonds comme neige au soleil face aux exigences brûlante de Bercy (un ministère des Finances qui désormais n'hésite même plus à toucher à la sacro-sainte Armée). Le triple AAA vaut bien que l'on sacrifie quelques millions de sportifs.
La FSGT qui, tout au long de son histoire, n'a cessé d'interpeller les pouvoirs publics, depuis qu'elle accompagna les premiers pas de Léo Lagrange, risque de n'entendre prochainement ne lui revenir que l'écho laissé par le vide. <br/><br/>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Recherche journaliste foot de droite qui s'assume]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2012-01-06T14:00:00Z]]></dc:date>
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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-recherche-journaliste-foot-de-droite-qui-s-assume-1318407880_x100_articles-148722.jpg">2011 fut une année très politique pour le football français : polémique sur les « quotas », doutes sur les grands stades de l'Euro 2016 (avec le retrait de Nancy ou les soupçons autour de celui de Lille), élections à la FFF, crise du foot amateur, débat sur la qatarisation du PSG ou sur les supporters, sans oublier l'évincement du rédac' chef de France Foot sous le prétexte d'une interview trop complaisante de François Hollande. Justement, comment la grande famille des journalistes sportifs se comporte-t-elle face à cette politisation accélérée du ballon ? Longtemps tabou, l'engagement des journalistes sportifs, à droite ou à gauche, contraints ou volontaires, serait-il en passe de se banaliser ? Parole à la défense et aux premiers concernés… 

Certes le débat peut sembler spécieux, et même redondant, surtout après Knysna. Toutefois à l'époque, si l'ensemble de la presse avait analysé le traumatisme national dans toutes ses ramifications, souvent pour le pire, les journalistes sportifs ne pensaient en général qu'à sauver les Bleus du naufrage. Le sport s'est en effet toujours construit une rassurante ligne Maginot (c'est dire son efficacité !) autour du mythe de l'apolitisme coubertinicien (au passage le baron était un conservateur « é&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Certes le débat peut sembler spécieux, et même redondant, surtout après Knysna. Toutefois à l'époque, si l'ensemble de la presse avait analysé le traumatisme national dans toutes ses ramifications, souvent pour le pire, les journalistes sportifs ne pensaient en général qu'à sauver les Bleus du naufrage. Le sport s'est en effet toujours construit une rassurante ligne Maginot (c'est dire son efficacité !) autour du mythe de l'apolitisme coubertinicien (au passage le baron était un conservateur « éclairé » qui haïssait la commune et voyait dans le culte athlétique l'antidote à la lutte des classes), décliné ensuite dans l'habituelle rengaine de la « contamination » du terrain par des « enjeux extérieurs ». Le positionnement de <i>L'Equipe</i> à la Libération (après l'interdiction de <i>L'Auto</i> pour collaboration et la concurrence facilement vaincue de titre comme <i>Sport</i> proche du PCF), consista toujours à refuser, du moins frontalement, le débat partisan, et pour tout dire le débat tout court. Seulement il ne s'avère guère tenable de se réfugier davantage derrière cette vision puriste et enfantine d'un univers sportif innocent des péchés du monde profane. Le football est dans la société, pas son simple reflet, que ce soit dans le registre économique ou idéologique, voire basiquement médiatique. Jérôme Latta des <i>Cahiers du football</i>, souvent intronisé faction progressiste de la presse foot, propose même désormais une définition du journaliste sportif de gauche : « <i>Il ne va pas dépolitiser le foot, il va décrypter ce qui touche à l'idéologie. En face, nous avons plutôt à faire à des symptômes de droite, comme les éditos de Denis Chaumier dans France Football, extrêmement conservateurs, notamment autour de l'équipe de France en 2010</i>».<br/><br/>Néanmoins, Au-delà de ces – rares – clashs de conviction, la véritable ligne de fracture paraît surtout se situer sur la capacité, ou la volonté (ou non), de traiter certaines problématiques. « <i>Franchement, je ne pense que l'on ait fait du journalisme de gauche avec cette histoire des quotas, au mieux républicain en rappelant que la constitution interdit la discrimination entre les citoyens</i>, explique Fabrice Arfi de <i>Mediapart</i>, à l'origine de l'affaire qui fit trembler notre vénérable FFF. <i>Ensuite certains ont bloqué, peut-être à dessein, sur le cas de Laurent Blanc. Nous aurions traité cela de la même manière dans un autre secteur comme l'entreprise ou l'école. Ce qui m'a frappé en revanche, ce fut la dimension très corporatiste des journalistes sportifs, comme s'ils étaient partie prenante d'un système qu'ils défendaient.</i> » <br/><br/><b><big>Exercice de style</big></b><br/><br/>« <i>En fait on se retrouve dans une situation assez proche du travail des journalistes politiques</i>, poursuit de son coté Renaud Dély, directeur de la rédaction du <i>Nouvel Observateur</i>. <i>Celui qui suit les meeting ne peut finalement pas être le même que celui qui va traiter les procès de corruption autour du parti, pour de simples histoires de relations avec les sources, avec le staff de campagne. Après, il faut avoir les deux démarches dans le canard, dans ce cas aussi bien le jeu que la bulle spéculative ou le dopage.</i> » Cet étrange répartition des rôles se retrouve dans l'un des seuls titres quotidiens qui s'assume pleinement à droite. « <i>On ne subit aucune pression de la direction ni de Mougeotte</i>, précise d'emblée Martin Couturié du <i>Figaro</i>. <i>Cependant, de fait, dans la rubrique sport, nous abordons surtout l'actualité, les événements phares, et les grands sports populaires, jamais les amateurs par exemple. Pour le reste, il faudra se reporter aux pages économique ou débat</i> ». Il est vrai que désormais le foot est devenu, surtout cette année, un passage obligé, un exercice de style incontournable, de l'éditorialiste politique, souvent pour le coup marqué à droite (le cas emblématique d'Eric Zemmour, complété « en face » par des bavards de plateau télé à la sauce Macé-Scaron).<br/><br/>Donc, s'il existe donc quelques ilots assumés de gauche, les penchants réacs se devineraient d'abord dans les silences et les oublis. Ne pas évoquer un sujet se révèle finalement aussi clivant qu'une enquête orientée. Bref le refus de contextualiser (réforme territoriale vs financements publics des stades, fiscalité vs solidarité), l'absence de débat contradictoire, la sacralisation du « on veut des clubs français en Champions League ou non ? », autant de façons d'orienter le journalisme sportif vers le « bon sens commun », cette autre manière de parler conservateur au nom de l'apolitisme. David Garcia, en charge du sport au <i>Monde Diplomatique</i>, phalanstère de la radicalité lettrée et universitaire, en dresse le constat froid : « <i>Il existe un journalisme de droite par défaut, par les manques qui dessinent une appartenance politique en creux : le refus des enquêtes dans l'Equipe, la vénération des  champions, etc… Ils sont a minima des auxiliaires d'un certain ordre conservateur. Après, les personnes ne se considèrent pas forcément individuellement de droite, y compris par leur vote. De toute façon, dans la presse, il existe pas mal de rédactions de droite où gravitent beaucoup de journalistes de gauche, par exemple dans la presse éco</i> ». Vincent Duluc, journaliste à <i>L'Equipe</i>, spécialiste du ballon rond, ne raconte pas autre chose et résume bien le cœur du malentendu, y compris dans les non-dits : « <i>Franchement, je pense que 80% des journalistes sportifs sont de gauche alors qu'ils souhaitent tous quand même de beaux stades. D'où peut-être un certain malaise. Après franchement, est-ce être de droite que de vouloir une équipe de France performante, ou être de gauche que désirer une sélection métissée ? Est-ce seulement un raisonnement de gauche que de critiquer le financement actuel du foot ? Est-ce que réclamer des beaux stades en France indique ton choix lors des élections ? Moi je défends peut-être pas le sport de masse, mais simplement le sport le plus aimé par les masses.</i> » Les autres n'ont qu'à tenir un blog (autocritique !).<br/><br/><br/><br/>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Foot parisien : la folie des grandeurs … en 1922 ]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/foot-parisien-la-folie-des-grandeurs-en-1922-148712.html]]></link>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-foot-parisien-la-folie-des-grandeurs-en-1922-1318368642_x100_articles-148712.jpg">Puisque l'on parle beaucoup en ce moment du PSG qui vendrait, selon certains, son âme, revenons un peu sur la longue histoire de la folie des grandeurs du foot parisien. De la sorte le Club Athlétique Montreuillois, pilier en banlieue est du sport ouvrier, rejoignit à la rentrée 1922 la toute jeune Fédération Française de Football Association qui vient d'imploser le schéma initial omnisport à la sauce Coubertinicienne. Invoquant la faiblesse technique du football ouvrier, les dirigeants montreuillois laissaient déjà entendre qu'il désiraient désormais viser plus grand et plus haut. Jules Morant, président de la Fédération Sportive du Travail, dénonça pourtant, dans une lettre du 4 décembre à l'adresse du «camarade Poncet», maire de Montreuil qui vient tout juste de quitter le P.C.F. pour retourner à la S.F.I.O., l'«organisation bourgeoise, mercantile et militariste» que constituait à ses yeux l'ancêtre de notre FFF (aujourd'hui dirigé par un ex-maire PS de Guingamp), l'enjoignant de soutenir désormais le Patronage laïque resté fidèle. Le texte de cette missive, reproduit ci-dessus, affiche par moment une étrange actualité.

«Paris, le 4 décembre 1922

Camarade Poncet 

 Maire de Montreuil Sous Bois

	Camarade, 

		Excusez-moi tout d'abord de prendre un peu de votre temps pour vous entretenir d'une question, qui parait être extra-communale, mais qui cependant ne peut pas vous laisser tout à fait indifférent. 		 Vous connaissez la Fédération Sportive du Travail, son action morale est celle qui cadre avec vos opinions, toutes questions de tendances mises a part, je suis donc à l'aise pour vous signaler le geste regrettabl&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->«<i>Paris, le 4 décembre 1922<br/><br/>Camarade Poncet
<br>
Maire de Montreuil Sous Bois<br/><br/>	Camarade, <br/><br/>		Excusez-moi tout d'abord de prendre un peu de votre temps pour vous entretenir d'une question, qui parait être extra-communale, mais qui cependant ne peut pas vous laisser tout à fait indifférent.
		
Vous connaissez la Fédération Sportive du Travail, son action morale est celle qui cadre avec vos opinions, toutes questions de tendances mises a part, je suis donc à l'aise pour vous signaler le geste regrettable que viennent d'accomplir les dirigeants, militants parait-il (?), du plus fort club de votre localité.<br/><br/>Le Club Athlétique Montreuillois , c'est de lui qu'il s'agit, vient la semaine dernière, de démissionner de la F.S.T. pour adhérer à la Fédération Française de Football association (3 FA) organisation bourgeoise, mercantile et militariste, soyez persuadé que je n'emploie pas ces adjectifs imbu d'un esprit étroit de parti.<br/><br/>Le fait s'est produit à la suite d'un forfait général des équipes du CAM ayant comme motif «qu'à la F.S.T. il n'y avait pas d'équipes capables de donner la réplique aux nôtres». Ce motif d'un caractère dénué de tout sentiment de dignité pour les camarades des autres clubs fut commenté sévèrement par ceux-ci et par la Commission de Football, une sanction fut prévue.<br/><br/>Cependant, avant de la rendre définitive et pour connaître le véritable esprit des dirigeants montreuillois, nous les convoquâmes à la réunion de la commission administrative du Comité régional et après une conversation courtoise il fut convenu que 3 membres de cette commission assisteraient à une assemblée du CAM afin d'exposer les raisons qu'ont les travailleurs sportifs d'être à la F.S.T.<br/><br/>Voyez que nous fîmes preuves d'un esprit de conciliation que le CAM ne trouvera certainement pas ou ils sont  allés.<br/><br/>Bref, malgré toute notre bonne volonté et notre désir d'aplanir les difficultés, le résultat fut celui que je vous ai annoncé plus haut. <br/><br/>La vérité, il ne faut pas la chercher ailleurs que dans l'absence de solidarité des dirigeants sportifs de Montreuil qui voulant singer quelques grands clubs professionnels ont construit un stade qui leur a coûté quelqu'argent et avec lequel ils escomptent attirer une clientèle qui les remboursera d'abord et leur procurera des bénéfices  ensuite; pour ce faire ils ont été obligé d'accepter des concours intéressés qui les ont éloigné considérablement du but moral que nous poursuivons, car ces gens n'ont pour objet que de commercialiser le sport.<br/><br/>Un autre club à Montreuil, le Patronage Laïque, reste lui à la F.S.T. et il serait utile d'envisager avec vous, les moyens de lui faire revenir les éléments  qui restent organisés au CAM.<br/><br/>Une délégation pourra, si cet exposé vous semble intéressant se rendre auprès de vous pour envisager cette situation.<br/><br/>Avec l'espoir d'une réponse, croyez moi fraternellement votre
			<br/><br/>Jules Morant
<br>
Secrétaire du comité Régional 
<br>
4 rue Pierre Levei, paris, Tel. V3 Paris </i>»<br/><br/>Lettre publiée avec l'aimable autorisation du Musée de l'Histoire Vivante  et la bienveillance de Mr. Éric Lafon.<br/><br/>
]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title><![CDATA[Noël sélection for lads and lady ]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-12-15T22:03:00Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-noel-selection-for-lads-and-lady-1318340300_x100_articles-148697.jpg">Quelques petits conseils avant de vous livrer à vos dépenses fastueuses de Noël. Profitez-en, 2012 la crise vous laissera juste de quoi vous réabonner à So Foot…

« Coffret Alan Clarke : Scums / This is Britain / The Firm / Elephant » (Potemkin éditions) 

 Peu de réalisateur a su croquer avec autant de véracité qu'Alan Clarke la douleur populaire qui s'est emparée de la société britannique au cours des années 80, bouffée de l'intérieur par le virus thatchérien qui en détruisait l'une après l'autre les faibles défenses solidaires. Avec bien sur des résultats d'une violence incompréhensible et anarchique.  Parmi les œuvres ici rééditées, deux servent de par&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><b>« Coffret Alan Clarke : Scums / This is Britain / The Firm / Elephant » (Potemkin éditions)</b>
<br>
Peu de réalisateur a su croquer avec autant de véracité qu'Alan Clarke la douleur populaire qui s'est emparée de la société britannique au cours des années 80, bouffée de l'intérieur par le virus thatchérien qui en détruisait l'une après l'autre les faibles défenses solidaires. Avec bien sur des résultats d'une violence incompréhensible et anarchique.  Parmi les œuvres ici rééditées, deux servent de parfaites balises des métamorphoses atroces de la question sociale « in UK ». Ainsi en 1982, le cinéaste transforme dans « Made in britain » le jeune acteur, alors méconnu, Tim Roth en skinhead raciste ultra-violent et paumé que le système n'arrive plus à récupérer après l'avoir enfanté. Plus tard en 1988, avec « The firm » il ausculte avec justesses le mal anglais d'un hooliganisme qui se  ritualise dans son ivresse nihiliste. Ce cinéma hyperréaliste, empathique sans être complaisant, n'a malheureusement pas pris une ride aujourd'hui.<br/><br/><b>« La France noire : Trois siècle de présences » (La découverte)</b>
<br>
La question « noire » ne constitue plus aujourd'hui un sujet tabou  en France. Les historiens en profitent pour rappeler que loin d'être un phénomène récent, les présences (avec un significatif pluriel) des hommes et femmes « de couleur » se révèle bien plus  ancienne que ce que les médias nous enseignent, avec diverses sources tragiques comme l'esclavage et le colonialisme. En en abordant toutes les facettes, des représentations artistiques aux joueurs de football, sans oublier leur difficile visibilité au sein de l'immigration et évidemment la « racialisation » des questions sociales, ce beau livre, richement illustré,  offre un panorama passionnant sur cette communauté complexe et diverses en quête désormais de reconnaissance et de mémoire.<br/><br/><b>« Les Verts : les objets de la légende » (Ipanema)</b>
<br>
La France manque de club de légende. C'est le principal problème de son football. Mais si l'un d'entre eux peut prétendre à ce statut assez particulier, l'ASSE (Association Sportive Saint-Etienne) arrive sans conteste en tête de liste. Une histoire et une identité unique : né dans la cité ouvrière de ManuFrance (les supporters du club aiment à fustiger lors des derby le très bourgeois Olympique Lyonnais), de la volonté d'un grand patron paternaliste, Geoffroy Guichard, appuyé sur une ferveur locale  exceptionnelle (son stade est surnommé le chaudron vert), et évidemment sanctifié par son incroyable parcours en coupe d'Europe jusqu'à la finale tragique contre le Bayern en 1976. Richement illustré et surtout accompagné de nombreux fac-similés (document de la fédération, reproduction de journaux, d'affiches, etc..), cet ouvrage raconte finalement un peu plus que la simple histoire d'une équipe de foot.<br/><br/><b>Jérôme Leroy « Le Bloc » (Gallimard)</b>
<br>
Un bon roman vaut parfois bien des leçons –stériles- de morale politique. Si beaucoup reprochent à son auteur son parcours intellectuel de « marxiste conservateur » et ses signatures dans Valeurs actuelles ou Causeur, son polar constitue, par le biais de la fiction, une terrible et pertinente description de l'actuelle situation pré-électorale. A travers l'exemple de l'entrée hypothétique au gouvernement d'un Bloc Patriotique (copie conforme du FN) sur fond d'émeutes en banlieue, l'auteur dresse le portrait sans fard d'une culture politique et du ressort de ses motivations les plus profondes, ses mythes et sa démagogie, voire aussi sa capacité à jouer des sentiments d'un peuple de petits blancs que cette extrême-droite méprise finalement autant que ses adversaires du « système » et finit par sacrifier, ici par le truchement symbolique d'un des personnages.<br/><br/><b>Mighty Sparrow « Sparrowmania. Wit widsom &amp; soul from the king of calypso 1962-1974 » (Strut)</b>
<br>
Toutes les formes de musiques ont connu leur King, parfois autoproclamé, souvent sanctifié par l'histoire. Elvis Presley sans conteste pour le rock'n'roll ou Solomon Burke dans la soul (au grand désespoir de James Brown). Et la calypso de Trinidad s‘est donnée corps et âme à Mighty Sparrow. Car si elle ne connut jamais la gloire internationale du reggae, elle possède avec ce chanteur  fantasque et  classieux un incroyable ambassadeur, ici compilé lors de sa meilleure époque et au mieux de sa forme. Revigorant la calypso traditionnelle, vulgarisé par Harry Belafonte, il lui insuffle la vitalité de la soul, du boogaloo ou encore la grandiloquence des crooners à la Sinatra. Romance et espiègleries grivoises cèdent même parfois alors la place au heures sombres du moment, comme dans le significatif « Kennedy &amp; Kroutchev », rappelant que ces artistes fournissaient aussi une source d'information souterraine aux plus démunis qui fréquentaient les bars de Port of Spain.<br/><br/><b>François Thomazeau « Mods, la révolte par l'élégance » (Castor Music)</b>
<br>
Voilà l'idéal cadeau de dernière minute. Ce petit glossaire sur la culture mods (très tendance- du moins éditoriale- en ce moment) -ces jeunes anglais amoureux de jazz, de soul, de vespa et de costume sur mesure, se lit d'une traite et fournit l'essentiel de ce qu'il faut savoir de leur histoire, de leurs goûts et même de leur descendance. Et bien que les premiers garçons en scooter et parka du swinging London  se moquaient du foot comme de leur premier fred perry, en revanche l'auteur a bien raison de souligner leur lointain héritage dans les tribunes via la culture casual (on pense au Perry Boys de Manchester et à un film comme « Awaydays »). Même en Italie  ou l'un des groupes d'ultra de Bologne s'est surnommé « Les mods » ou la PS Firm à Paris. Après, pour ce qui est de la cohérence politique…
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	</item>
		<item>
		<title><![CDATA[« Concrete Jungle! » - Ska &amp; Foot in england ]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/concrete-jungle-ska-foot-in-england-148688.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/concrete-jungle-ska-foot-in-england-148688.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-12-10T21:35:00Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-concrete-jungle-ska-foot-in-england-1318328918_x100_articles-148688.jpg">The Specials étaient de passage à Paris le 27 septembre dernier. Dans la salle mythique de l'Olympia, les ex-Lutece Falco du Virage Auteuil ont fait monter la pression comme un soir de match (à chacun sa consolation). Car, s'il n'existe pas de connexion directe et évidente entre le Ska Two Tone et le foot, en revanche cette resucée brittone de la vibe jamaïcaine des Prince Buster, Don Drummond, Desmond Dekker et autres Lord Tanamo fut toujours présente dans les gradins, via notamment la culture skinhead. D'ou cette interwiew de Lynval Golding, guitariste à l'origine de la reformation du Band légendaire de Conventry, parue dans le numéro 91 de So foot, suivie d'un papier sur le ska made in england publié dans ROUGE en novembre 2004.

The Specials – Interwiew de Lynval Golding. 
Par Chérif Ghemmour &amp; Nicolas Kssis-Martov
Quel ou quels clubs les Specials supportaient ? 

 Nous sommes originaires de Coventry et forcément je supportais Coventry City FC. Je me rappelle toujours quand ils ont remporté la Cup en 1987 contre Tottenham. Je n'avais pas pu aller les voire à Wembley, tous les billets avaient été vendus. J'avais du me contenter de regarder la rencontre à la télé. Au coup de sifflet final, toute la ville est descendue directement vers le centre. Ce fut le moment le plus fou de notre vie, pour une petite cité&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><b>Quel ou quels clubs les Specials supportaient ?</b> <br>
Nous sommes originaires de Coventry et forcément je supportais Coventry City FC. Je me rappelle toujours quand ils ont remporté la Cup en 1987 contre Tottenham. Je n'avais pas pu aller les voire à Wembley, tous les billets avaient été vendus. J'avais du me contenter de regarder la rencontre à la télé. Au coup de sifflet final, toute la ville est descendue directement vers le centre. Ce fut le moment le plus fou de notre vie, pour une petite cité comme la notre. La « vieille » Cup garde toujours une dimension particulière dans la tête des Anglais. La remporter se révéla fantastique. On voyait du bleu ciel (couleur du Coventry FC, ndlr) partout. Terry (Terry Hall, chanteur des Specials) supporte aujourd'hui Manchester United, il ne lâche jamais l'affaire où qu'on soit. Brad le batteur supporte Chelsea comme moi. Nous allons au stade ensemble quand Les Blues ou United jouent à l'extérieur, chacun de notre coté des tribunes et ensuite on se retrouve.<br/><br/><b>Difficile maintenant de croire que tu supportes Chelsea ? </b> <br>
Cela doit être à cause de « the special one » ! Avec un surnom pareil, il était dur de résister  pour moi, non ? J'ai déménagé de Londres à Seattle voici 14 ans. J'y ai vu un jour un match amical entre Chelsea et le Celtic, je me suis immédiatement dit que ce Mourihno représentait probablement le meilleur manager dans le monde, loin devant Alex Fergusson. Il était plus jeune que lui en ayant accompli tellement de choses. D'un coup, je me suis mis à supporter Chelsea, depuis l'État de Washington. <br/><br/>
<b>Ton joueur préféré chez les Blues ? </b><br>
Je dirais John Terry, parce que je pense qu'il va monter encore en puissance. Il a la stature d'un vrai capitaine. J'étais vraiment content qu'il soit installé à la tête de l'équipe nationale. Pour moi, il reste le meilleur dans ce rôle. Il m'a aussi déçu lors de cette terrible finale de la Champions League en Russie (en 2008, MU avait battu Chelsea 1-1,6 tab à 5). J'étais à New York devant mon poste à gueuler de rage quand il a manquait son tir au but. Toutefois je lui ai pardonné. Ce n'est qu'un homme. Sinon Franck Lampard a aussi été très bon à Chelsea. De toute façon Chelsea reste Chelsea. Je pense que cette année, je suis intimement convaincu qu'ils vont disputer le titre aux deux Manchester. Arsenal et Liverpool sont largués.<br/><br/><b>Y avait-il des joueurs dont vous étiez proches ? </b><br>
Simon Jordan, le propriétaire de Crystal Palace est un bon ami. C'est un gros fan des Specials. Je ne vois que lui pour être honnête. <br/><br/><b>Pourquoi l'équipe nationale d'Angleterre n'y arrive pas en coupe du monde ? Au fait, tu la supportes ?</b><br>
Je ne vais pas te mentir. J'ai lu beaucoup de chose là-dessus, mais j'ai du mal à comprendre comment un pays si merveilleux pour les équipes de clubs ne parvient à rien au niveau international. Cela dit la France non plus. J'ai été très étonné du parcours de votre équipe nationale qui avait été championne du monde puis  finaliste en 2006 … Je supporte l'équipe d'Angleterre, je pense avoir gagner ce droit.<br/><br/><b>Et sinon quelles autres sélections suis-tu dans une coupe du monde ?</b><br>
Je suis né en Jamaïque à Sainte-Catherine. Je garde une place particulière dans mon cœur  pour les Reggae Boys. Je me souviens  quand ils sont venus en 98 en France. Je suis vraiment heureux d'avoir été témoin de ce miracle, car je crains que cela ne se reproduise plus jamais, surtout vu le groupe de qualification ou ils évoluent, avec le Mexique par exemple.<br/><br/><b>Pourquoi les Specials n'ont jamais écrit de chanson sur le football, vu votre façon de raconter le mode vie des jeunes anglais, cela semblait un sujet idéal pour vous, non ? </b><br>
Tu sais, il y a au moins un morceau. Moi et Terry étions des supporters, et nous étions imprégnés des chants du stade. Si tu écoute attentivement « Concrete Jungle », tu te rends compte que la rythmique est piquée aux ambiances des gradins de l'époque, des  choses qu'on avait entendus à Highfield Road (nom de l'ancien stade du FC Coventry), du style « You gonna get a fuckin' ambulance ! ». Elvis Costello, notre producteur sur le premier album, a très bien capté le truc.  Il a capturé cette pulsation qui venait des tribunes sur le morceau. Après je suis d'accord, c'est le seul titre ou tu peux ressentir cette référence un peu explicitement. <br/><br/><b>Garry Bushell expliquait que l'extrême violence qui entoura la scène Oi (Cockney Reject, Cock Sparrer, Four skins, etc.), contemporaine à l'explosion Two Tone, devait davantage aux embrouilles entres supporters qu'à la politique. Tu partages cet avis ?</b><br>
C'est vrai à l'époque. Je ne sais pas pourquoi. Il est vrai que les fans anglais ont toujours pris la chose très au sérieux. Il se manifestait alors, de toute façon, une violence assez prégnante, un peu partout. Mais dans un concert ? Pour moi la musique sert à rapprocher et réunir les gens, quelle que soit leur race, leur origine, leur équipe. Quelle importance de savoir si tu venais du Nord ou de je ne sais où, ton écharpe ou ton accent. Après les médias aimaient  monter les problèmes en épingle. Cela n'a jamais été guère plus qu'une dizaine de gars qui s'incrustaient pour foutre le bordel. <br/><br/><b>L'apparition des Specials, de toute cette nouvelle scène ska, correspond à l'apparition des joueurs noirs dans le foot anglais…</b><br>
Les temps n'étaient pas franchement faciles pour nous. Coventry comptait dans l'équipe deux joueurs noirs, Dave Bennett, un très bon ailier, et Cyrille Regis, un buteur incroyable. Ils se faisaient insulter par des gars qui supportaient leur propre club ! Le plus triste, c'est que je ne pense pas  qu'ils étaient racistes au sens strict du terme. Juste assez stupides pour gueuler  « fuckin black ! » à Highfield Road. Ils insultaient le joueur noir et dix minutes plus tard, s'il marquait, ils sautaient de joie dans les bras du voisin. Nous avions déjà un National Front puissant et certains de leurs mecs venaient nous voir en concert, car ils aimaient la musique jamaïcaine. Un sacré sens du paradoxe. Je crois que davantage que d'être fascistes, ils suivaient juste une mode, un leader. Ils ne pensaient pas par eux même. <br/><br/><b>D'autant plus que votre groupe était très engagé… </b><br>
Oui. Nous étions un groupe multiracial avec des textes forts sur le racisme, le chômage, etc. Je vous parlais de « concrete Jungle » plus tôt, je pourrais aussi citer « Ghost Town » que tout le monde connaît,  enfin bref aujourd'hui quand tu écoutes les paroles, la situation n'a guère évoluée. C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui, 35 ans après. (Lynval fredonne) « I'm going out tonight / I don't know if I'll be alright / Everyone want's to hurt me /Baby danger in the city / I have to carry a knife / Because there's people threatening my life ». Nous étions un des rares groupe a se préoccuper à ce point des réalités sociales. Finalement c'est peut-être pour cette raison que des gosses nous aiment encore. Normalement tu dois apprécier d'autres artistes que tes parents. Pas nous. Les jeunes viennent avec leurs parents à nos concerts. C'est à mon sens notre plus belle réussite.<br/><br/><b>Les Rolling Stones aussi, non ?</b><br>
Keith était mon héro, mon guitariste préféré. Je l'ai rencontré, c'est une personne adorable.  Mais sur le plan politique, on est unique. J'ai beaucoup de respect pour les Stones, nous avons pris et appris beaucoup des Stones. Il nous a juste manqué un Mick Jagger pour tenir le groupe ensemble… et faire rentrer les sous (il éclate de rire)  Nous avons eu  du mal à vivre de notre musique. Nous étions plus concernés par notre message que par le business. <br/><br/><b>Connaissez vous les Kid British, et leur album « It was this or football » ?</b><br>
Oui ! Ce sont des amis, des petits gars de  Manchester. J'aime bien l'idée d'aider les jeunes groupes en les programmant en première partie. Nous sommes le passé avec Madness et The Selecter Pour revenir à ta question, je pense aussi que si je n'avais été musicien, j'aurais aimé être dans le foot. Quand j'allais à l'école, on nous faisait jouer au rugby. Je détestais cela. Je voulais juste taper dans le ballon. J'étais gardien de but. Ray Clemence de Liverpool était une de mes idoles. Et plus tard Cyrille Regis, le premier black à jouer à Coventry. Un bon modèle pour les jeunes noirs.<br/><br/><b>Comment analysez vous les récentes émeutes de cet été, en Angleterre ?</b><br>
Quand des émeutes se sont produites à Brixton en 1981, c'était en réaction à la discrimination aux violences policières. Nous ne faisions que nous défendre. Aujourd'hui, c'est totalement différent : les gamins paraissent purement matérialistes, ce n'est plus une question de racisme. Ils veulent la dernière paire de tennis ou une nouvelle TV.  Nous nous étions battus pour l'égalité. Je ne sais que penser des kids d'aujourd'hui. Nous avons souffert et nous nous sommes battus pour qu'ils puissent déambuler libre dans la rue, loin de toute  brutalité policière, pas pour cette attitude. C'est un putain de déshonneur (sic). Tout ce qu'ils font, c'est piller, voler des chaînes hi-fi (grave).<br/><br/><b>La situation économique en Angleterre s'est quand même dégradée ces dernières années, non ?</b><br>
(Ferme) Nous subissions la brutalité policière et je n'allais pas cambrioler les gens pour autant. Bien sûr, il y a le chômage, et tous ces milliards dépensés en Irak pour une guerre injuste. Et rien ici pour les kids et les chômeurs. <br/><br/><b>Au fait… Le nom « The Specials », ça vient d'où ?</b><br>
C'était lors de notre première date d'une tournée avec Clash. On jouait à Hillsbury. A l'époque on s'appelait les Coventry Automatics. Mais on devait changer de nom parce que y'avait déjà un groupe qui s'appelait the Automatics… On était dans les loges, et on s'est dit, « ben, on est tous un peu spéciaux, hein ! » (specials en anglais) Et là j'ai bondi ! « On est spéciaux ? Alors on est les Specials ! » Voilà, c'était quelques minutes avant de monter sur scène…<br/><br/><i>Just Remember Two Tone - Rouge, 04/11/2004</i><br/><br/>1979, Margaret Thatcher conquérait le poste de Premier ministre de Grande-Bretagne, fonction qu'elle conservera jusqu'en 1990. Mélangeant une virulente contre-réforme ultralibérale sur le plan économique à un rigorisme moral digne de l'époque victorienne, la « dame de fer » va profondément transformer le Royaume-Uni. Cette période est notamment marquée par une série de défaites douloureuses pour le syndicalisme britannique, une mise à sac profonde de la culture ouvrière dans tous ses aspects, y compris le football, normalisé au nom de la lutte contre le hooliganisme.<br>
1979 renvoie également à un autre anniversaire. Jerry Dammers, un étudiant en art de Conventry, fonde le label Two Tone, qui va devenir en quelque sorte l'avant-garde du renouveau du ska anglais, porté par des groupes comme The Specials, Madness, The Selecter ou encore The Beat. Le ska est, à la base, une musique d'origine jamaïcaine, la première typiquement yardie, née au début des années soixante dans les faubourgs de Kingston (au moment précis de l'accession à l'indépendance), où elle servait d'emblème sonore aux rude boys, les mauvais garçons du coin. Arrivée dans les valises des immigrés jamaïcains, cette vibration festive, appuyée sur une lourde rythmique et de grosses envolées de cuivres empruntés au jazz et au rythm'n'blues, va rapidement séduire les jeunes « bad boys » anglais (mods, skinheads, etc.) et, par la suite, quelques titres d'early reggae (rebaptisé sur place « skinhead reggae ») finiront même dans les charts (principalement entre 1969 et 1971, avec Desmond Dekker ou Ken Boothe).
À la fin des années soixante-dix, des combos locaux se réapproprient ce style, resté vivace dans la culture populaire british, qu'il mélange avec l'énergie du punk qui déferle alors sur la perfide Albion. Néanmoins, à la différence de ce dernier, le ska affiche une dimension plus festive, viscéralement multiraciale (son logo, le damier noir et blanc, symbolise l'unité des deux « races »), davantage consensuelle aussi diront les mauvaises langues. Cette image, propagée en particulier par le hit instrumental One Step Beyond, de Madness, représente en effet l'arbre qui cache la forêt. Les artistes, comme en témoignent les textes des chansons, pour qui prend la peine de les lire (par exemple « Do the Dog », des Specials), ne cesseront de faire référence au contexte et à la situation du pays. Le ska va accompagner l'immense gueule de bois qui sonne le réveil de l'Angleterre sous les gifles réactionnaires de « Maggy ». Le mouvement connaît également toutes les vicissitudes et les doutes qui s'emparent de la jeunesse anglaise. La montée de l'extrémisme de droite produit des situations ubuesques. Alors que les formations ska ne cessent de proclamer, jusque dans leur raison d'être, leur antiracisme, leur succès attire aussi dans le public nombre de skin « prolos » fachos qui sifflent les musiciens noirs. La presse à scandale s'empara de ces événements pour tenter de discréditer la scène.
Quartoze 45 tours rentrèrent dans les charts anglais, dont par exemple « On My Radio », des Selecters, n°8 en 1979. Pourtant, ce fut en 1981 que les Specials décrochèrent enfin un numéro un avec « Ghost Town ». Si on devait établir un top cinq des chansons capables de résumer le climat de l'Angleterre thatchérienne, elle y émarge obligatoirement. « Ghost Town », la ville fantôme, ces cités industrielles qui sombrent alors dans le désespoir, la montée en flèche du chômage, de la violence, les griffes du National Front, les « tensions raciales », bref la lente descente aux enfers de la classe ouvrière anglaise. Si le mouvement ska va s'essouffler au bout de deux ou trois ans, il laissera ainsi une trace profonde (Asian Dub Foundation, Blur, Tricky, The Streets,...), par sa capacité à s'imprégner de diverses influences musicales (reggae, soul, pop) et son talent pour raconter le quotidien.
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	</item>
		<item>
		<title><![CDATA[Top 5: Les icônes qui ont réussi à faire aimer le foot à la gauche française ]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/top-5-les-icones-qui-ont-reussi-a-faire-aimer-le-foot-a-la-gauche-francaise-148675.html]]></link>
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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-top-5-les-icones-qui-ont-reussi-a-faire-aimer-le-foot-a-la-gauche-francaise-1318324389_x100_articles-148675.jpg">Le décès de Sócrates Brasileiro Sampaio de Souza Vieira de Oliveira a fait pleurer les réseaux sociaux, tous les défenseurs d'un foot élégiaque, toujours nostalgique. Pour une fois, dans les hommages en boucle, les tonalités politiques s'avéraient presque aussi, voire plus importantes, que le souvenir du splendide milieu de terrain brésilien qui terrassa l'URSS en 1982, et dont la malédiction fut de n'avoir jamais remporté de coupe du monde. Donc voici la triste occasion de rappeler que si la gauche française, surtout dans ses extrêmes et ses marges, voua généralement une haine tenace au ballon rond, quelques étoiles réussirent à briller dans l'obscurité de la critique révolutionnaire. Petite typologie croisée en 5 héros du peuple peut-être immortels…

1-Socrates / Libertaire

Au début des années 80, le foot français commence enfin à relever la tête. Mais dans l'hexagone quelques exégètes de la dialectique (et de la diagonale) nord/sud répandent déjà la légende d'un club brésilien, les Corinthians, qui défie l'ordre établi en remettant au goût du jour une autogestion que chez nous l'alternance de 1981 vient de passer en perte et profit du déjà vieux rêve soixante-huitard. Semblable aux mythes antiques de la cause anarchiste, tel Alexandre Jacob&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><b>1-Socrates / Libertaire</b><br/><br/>Au début des années 80, le foot français commence enfin à relever la tête. Mais dans l'hexagone quelques exégètes de la dialectique (et de la diagonale) nord/sud répandent déjà la légende d'un club brésilien, les Corinthians, qui défie l'ordre établi en remettant au goût du jour une autogestion que chez nous l'alternance de 1981 vient de passer en perte et profit du déjà vieux rêve soixante-huitard. Semblable aux mythes antiques de la cause anarchiste, tel Alexandre Jacob qui volait au riche pour sa gloire et rendre un peu aux pauvres (et à ce titre inspirateur d'Arsène Lupin), Socrates dérobait le football à la dictature militaire pour le restituer à la démocratie. Un nom de philosophe grec, un diplôme de docteur et un démarche de gentleman, le foot libertaire avait enfin trouvé son héraut comme le punk son dandy en la personne de Paul Simonon, bassiste des Clash. L'élégance peut combattre le fascisme aussi surement qu'une balle. RIP<br/><br/><b>2-Maradona / Altermondialiste</b><br/><br/>Comment aimer le foot quand on porte des vestes kaki et qu'on lit les discours de Chavez dans le Texte. De Porto Alegre à Marseille, Maradona, avec son tatouage de Che Guevara aussi bien que sa défense douteuse du régime iranien, offrait quasiment le reflet parfait de l'immense fourre-tout de l'alter-mondialisme et de ses succédanés indignés. Et à l'instar de Manu Chao, tout le monde le connaît. Plus facile d'aimer un lieu commun dans la culture et le sport quand on n'y percute rien. Désolé maestro, mais on te préfère à Naples avec la Camorra et au coté des péronistes en Argentine, cela sonne presque plus vrai.<br/><br/><b>3-Cantona / Communiste</b><br/><br/>Alors que la France bascule à droite dans les années 90 et que le foot tricolore débute sa longue mue libérale (après le paternalisme tranquille des notables bourguignons), un homme se dresse seul face à Bernard Tapie et Henri Michel. Depuis il appelle à ruiner les banques et fustige les embardés sur l'identité nationale de Sarkozy devant portrait de l'Abbé Pierre. Mécontent pour rien, c'est toujours mieux que de se faire coincer au Carlton en essayant de refourguer la gauche « économiquement réaliste » (ou de servir la soupe au Qatari). Combien de demande d'interview de l'Humanité ou de rendez-vous ratés avec Mélenchon ?<br/><br/><b>4-Rocheteau / Trotskiste</b><br/><br/>Au sein de la LCR, qui connaît dans les années soixante-dix  son heure de gloire, quelques uns (dont un certain Michel Field) fustige le sport, non seulement opium du peuple, mais également matrice de tous les totalitarismes. En particulier le foot. Seulement parmi les Verts qui règne sur la première division et quasiment le foot européen, se cache un rouge, ou du moins telle est la rumeur. Un prototype. Guelle d'ange, cheveux long et rock progressiste. Sa bascule vers le PSG fut-il la première révélation du jeune Besancenot pour la cause du successeur de Lénine?  Depuis il vient au secours de la marseillaise dans les stades. Comme tous les ex de la Ligue passés au PS ?<br/><br/><b>5-Garrincha / Situationniste</b><br/><br/>Déglingué et génial, démon boiteux à l'ombre du consensuel Pelé, comme Debord croupit à l'ombre (de ses montagnes de bouteilles de vin) de Sartre, Garrincha usa jusqu'à la corde sa flamboyance individualiste, qui oubliait si souvent le collectif. Il fut à lui tout seul le « Socialisme ou Barbarie » du football. Oxymore iconoclaste à l'aile droite, on lui écrivit des poèmes et des chansons. Indispensable référence pour tout ceux  qui pensent autre chose de la chose ronde que les intellos de plateaux télés, l'aimer s'apparente un peu à  citer le « Panégyrique » de l'ex de l'International Lettriste plutôt que « La société du spectacle ». Il faut savoir briller en société pour mieux l'abattre.
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		<title><![CDATA[Supporters, cibles faciles ?  ]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-11-22T20:00:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-supporters-cibles-faciles-1318251953_x100_articles-148649.jpg">Les deux PSG-OM de cette saison se dérouleront sans supporters « visiteurs », du moins officiels. Et pour les téméraires qui tenteraient leur chance, la loi permet désormais de ramasser large dans les fourgons, c'est-à-dire toute personne « <i>se prévalant de la qualité de supporter d'une équipe ou se comportant comme tel sur les lieux d'une manifestation sportive et dont la présence est susceptible d'occasionner des troubles graves pour l'ordre public</i> ». Par contre, on peut toujours payer son abonnement à Canal Plus.
La décision a été prise au ministère de l'Intérieur, en présence des principaux responsables policiers concernés et de Jean-Pierre Hugues, le directeur général de la Ligue de football professionnel (LFP), ainsi que des dirigeants des deux clubs, l'OM et le PSG. Naturellement, ce choix est d'abord justifié par les mauvais souvenirs des Classicos des années précédentes, dont des violents affrontements entre Parisiens et Phocéens suite à l'annulation tardive de la rencontre (la grippe A avait bon d&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->La décision a été prise au ministère de l'Intérieur, en présence des principaux responsables policiers concernés et de Jean-Pierre Hugues, le directeur général de la Ligue de football professionnel (LFP), ainsi que des dirigeants des deux clubs, l'OM et le PSG. Naturellement, ce choix est d'abord justifié par les mauvais souvenirs des Classicos des années précédentes, dont des violents affrontements entre Parisiens et Phocéens suite à l'annulation tardive de la rencontre (la grippe A avait bon dos, n'est-ce pas, madame Bachelot?). <br/><br/>Pourtant, depuis, on ne cesse de vanter le climat désormais apaisé dans les tribunes du Parc et, hormis quelques « débordements », les rencontres à l'extérieur du PSG se sont plutôt bien déroulées. La radicalité d'une telle mesure symbolise de la sorte une tendance de plus en plus prononcée qui fait passer le « problème des supporters » de la légitime gestion de l'ordre public à la prévention sécuritaire (1). De quoi laisser également entrevoir une nouvelle phase dans la lente disparition d'un type de foot populaire qui s'appuyait en grande partie sur la transhumance des ultras. A quand les passeports intérieurs pour les supporters, comme autrefois pour le livret ouvrier sous Napoléon?<br/><br/><b><big>Pas de culture supporter sans déplacement</big></b><br/><br/>Car si l'Ultra vit la passion dans l'antre de sa tribune, au sein du monde que contient son stade, le véritable, l'authentique supporter tient plus d'Ulysse dans <i>L'Odyssée</i> que de l'enfermé dans la Caverne de Platon. Un art de vivre du luppen-voyage (2), car l' Ultra est enfant du béton des stades et du bitume des routes. La mobilité définit en effet les rites d'adhésion à l'esprit de groupe, puisqu'elle demande un vrai sacrifice de temps et d'engagement, au détriment du travail et de la famille parfois, voire un risque physique - RIP Brice Taton - ou judiciaire. Les supporters découvrent ainsi la France, ses bars, ses parkings et ses commissariats, ou l'Europe (merci à l'Europa league), qui au passage les découvre également, certes pas forcément pour le meilleur. <br/><br/>Cette activité de loisir, qui fait le bonheur des compagnies de bus (l'avion reste trop cher, pas assez convivial et trop bourgeois, en gros) et le malheur des stations-service s'avère emblématique de ce que les sociologues appellent, avec le sens du mot simple censé cacher des vérités profondes, « une sociabilité inclusive ». Faire les déplacements, c'est se rapprocher du noyau dur, un acte d'allégeance qui va au-delà du chant d'un soir. Les clubs ne s'y sont pas trompés et ont progressivement renforcé l'encadrement de leurs « fans » à l'extérieur;  ce qui, parfois, coûte cher en pénalités financières ou de points. Les forces de l'ordre ont, pour leur part, toujours observé avec angoisse ces parcages et autres « envahisseurs », considérés comme autant de fauteurs de troubles potentiels; et aussi d'occasions de se défouler, cela dit.<br/><br/><big><b>Une provocation?</b></big><br/><br/>Sans angélisme, le déplacement rime aussi avec violence, et pas seulement pour les hooligans et les indépendants qui le cherchent à dessein. D'ailleurs, au passage, proscrire les cars officiels ne réduira en rien les possibilités d'affrontements ou échauffourées, les franges plus dures ayant depuis longtemps appris à circuler par leurs propres moyens. Et la décision vient peut-être, et surtout, d'accroitre artificiellement la tension en jetant un challenge inutile à la figure des « indeps » et autres amateurs de sensations fortes. Histoire de finir d'un grand coup de balai « pénal » le travail commencé avec la dissolution des associations?<br/><br/><i>(1) : cf. la loi Loppsi II concernant le foot.
<br>
(2) : cf. « Pour une anthropologie de la mobilité » de Marc Augé.</i>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Jubilé Technikart : le PSG, les branchés et même Mélenchon...]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/jubile-technikart-le-psg-les-branches-et-meme-melenchon-148642.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-11-16T20:31:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-jubile-technikart-le-psg-les-branches-et-meme-melenchon-1318247036_x100_articles-148642.jpg">Tecknikart fête ses vingt ans. Parmi tous les médias cultureux qui actuellement soufflent leur bougies (Nova, Les Inrockuptibles, sans oublier le fanzine Chéribibi), le mensuel de la hype et du coupé-décalé social  apparait le plus éloigné du petit monde du ballon rond. Il était donc indispensable  d'aller demander des comptes au rédac chef historique, Mr.  Raphaël Turcat, sur le sujet. Attention, copinage assumé.

La naissance de Technikart correspond à la hypesation (à défaut de sa hipsterisation) du foot, pourtant le sujet est largement absent, pudeur ou manque de temps ?

C'est pas tout à fait vrai. Technikart est né en 1991, c'est-à-dire l'année de la victoire de l'OM en Coupe d'Europe des clubs champions (sic... la victoire, c'était en 1993, ndlr). C'est l'affaire OM-VA et le PSG n'est pas encore le meilleur club d'Europe. Y pas encore eu l'arrêt Bosman et les meilleurs buteurs s'appellent Jean-Pierre&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><b>La naissance de Technikart correspond à la hypesation (à défaut de sa hipsterisation) du foot, pourtant le sujet est largement absent, pudeur ou manque de temps ?</b><br/><br/>C'est pas tout à fait vrai. Technikart est né en 1991, c'est-à-dire l'année de la victoire de l'OM en Coupe d'Europe des clubs champions <i>(sic... la victoire, c'était en 1993, ndlr)</i>. C'est l'affaire OM-VA et le PSG n'est pas encore le meilleur club d'Europe. Y pas encore eu l'arrêt Bosman et les meilleurs buteurs s'appellent Jean-Pierre Papin ou Roger Boli. Pour la hype, tu repasseras… Alors ok, Canal est là et on commence à sentir le vent tourner mais tu vois pas de mecs faire de la pub pour des slips ou faire les malins en boîte ou sur les plateaux télé: non, à l'époque, les footeux sont des footeux et rien d'autre. Ceci dit, pour en revenir à ta question, c'est vrai, on a toujours eu du mal à parler de foot, même si on a fait plusieurs reportages sur les ultras du PSG. C'est en partie dû au fait que je sois un des seuls mecs de Technikart à aimer ça, excepté Léo Haddad qui s'occupe du cinoche au sein du magazine. Avec le recul, je me dis que ce qui est marrant dans le foot, ce sont les super losers. Parce que les winners, sortis du terrain, ce sont des tanches, les bras armés d'une civilisation appelée à disparaître : blindés de thunes, super frime, incultes au dernier degré et incapables de représenter autre chose que leur milieu. Ça a déjà changé quelque chose dans ta vie de lire une interview de Cristiano Ronaldo, par exemple? Les quelques noms qui sont capables de s'extraire de leur sphère et de dire un truc intéressant sur la société, tu les comptes sur les doigts d'une main: Socrates, Canto, Ronaldo, Gascoigne, Luccarelli et dernièrement Javi Poves, le mec qui a préféré arrêter le foot plutôt que de continuer à toucher du blé… Nous, ce qui nous intéresse à Technikart, c'est de parler de choses transversales, de voix qui portent au-delà de leur simple périmètre de compétence. A partir de là, comme dirait Laurent Blanc, je me vois mal donner la parole à un mec comme Benzema qui n'a rien à dire comme il l'a démontré dans le dernier So Foot. Il reste donc comme sujets autour du foot: la tactique, les coupes de cheveux, le losers, les ultras. On a parlé des derniers, on a peut-être raté le coche sur les avants-derniers, je te le concède.<br/><br/><b>Le PSG, c'est pas finalement aussi important que la French touch dans les années 90 ?</b><br/><br/>Le PSG, ça n'a jamais été la French touch. A la limite, la Brasil touch dans les 90's et l'Italian touch pour la prochaine décennie. Entre les deux, on a eu la Pieds carrés touch, ah ah ah ! Bon, là aujourd'hui, les mecs sont beaux, ça joue, on se sent bien, on voit des gestes qu'on croyait oubliés, en ce sens oui c'est frais comme la French touch en 1997. Mais le foot, c'est comme pour la musique, ça se joue à l'international. Donc je ne m'enflamme pas tant qu'on n'est pas au moins en demi-finales de Ligue des Champions. Putain quand tu vois que Chelsea ou Arsenal ne la gagneront jamais, je me dis quand même que je vais encore passer des soirées à chialer ma mère. Et puis comme tu le sais, plus la hype monte vite autour d'un phénomène, plus elle redescend rapidement. Moi je veux que le PSG monte doucement, je veux de l'espoir et surtout du désespoir avant d'arriver tout en haut. D'ailleurs, je trouve que les Qataris la jouent plutôt fine : à un moment j'ai eu peur que le club ressemble à un mouroir à mercenaires. Et puis non. <br/><br/><b>Le foot reste-t-il le dernier rempart infranchissable de la branchitude face au peuple ?</b><br/><br/>Attends, tu peux répéter la question que je la comprenne, ah ah ah. Ah oui ok, je vois ce que tu veux dire. Euh ça dépend pour quel club. Pour le PSG et les grands clubs internationaux, non, à part peut-être un cas particulier comme Manchester City qui est historiquement un club de losers de bouseux et qui n'est pas aidé par sa situation géographique et météorologique : on ne verra jamais les Daft Punk crier leur amour pour Manchester City, par exemple. Après, oui pour des clubs comme Dijon, Boulogne, Auxerre seront toujours les clubs des champs avec le sexagénaire et sa grosse caisse qui n'a pas raté un match depuis 1977, la bourriche à gagner à la mi-temps et la musique de merde quand les équipes entrent sur le terrain. Ceci dit, le foot a une telle puissance que le hipster à moustache, grosses lunettes et chemise à carreaux, quand il vient au Parc, il est obligé de crier « ENCULÉ » parce que son attitude de snob détaché, ça n'a pas de sens dans un endroit comme ça, et c'est plutôt une bonne chose. Le seul truc qui me fait flipper, c'est l'augmentation du prix des places qui a fini par vider de leurs prolos les travées des stades anglais et l'interdiction des fumigènes. Tu regardes des vidéos d'ultras et de tribunes qui explosent au Parc y a trois saisons, putain t'as l'impression d'être en Turquie il y a trente ans !<br/><br/><b>Qu'est-ce qui s'est relevé le plus dur pour vous avec le temps, parler foot ou politique ?</b><br/><br/>Foot, bien sûr, comme je te l'expliquais un peu plus tôt. La politique, c'est plus facile, plus cadré et puis il y a tout un tas de choses à dire sur leur réel pouvoir. Est-ce que ce sont les marchés financiers qui gouvernent ou eux ? Leur com' a-t-elle plus de poids que leur fonds ? Sont-ils en phase avec la société qu'ils sont sensés gouverner ? C'est quoi un mec ou une femme qui est capable d'amener un nouveau souffle ? Ça ce sont des questions intéressantes pour Technikart. Le même problème qu'on rencontre et avec les politiques et avec les footeux, finalement, c'est casser leur langue de bois. Parce que il faut pas croire mais un François Hollande, il t'embrouille aussi facilement qu'un Raymond Domenech. Non, il faudrait un équivalent à Mélenchon dans le foot. Parfois, Aulas joue ce rôle et c'est là où il est intéressant : quand il sort de ses gonds comme une mère louve parce qu'on s'attaque trop franchement à son bébé. Et puis un peu Nicollin aussi, mais là il finit par s'enfermer dans son personnage et par dire n'importe quoi et les journalistes français n'espèrent qu'une chose, c'est qu'il sorte une insulte.<br/><br/><b>En France, surtout à Paris, les supporters ont rarement marqué le monde la musique ou encore moins de la mode (comme à Manchester notamment). Vous aviez compris cela avant les Inrocks et Magic ?</b><br/><br/>Tu veux parler des hools anglais ? Bof, non, je n'ai jamais vraiment eu envie de parler des hools anglais. J'ai par exemple assez peu de fascination pour l'Inter City Firm, enfin je veux dire par là que tout a été dit et que les hools n'existent plus vraiment en Angleterre et moi, ce que j'aime dans Technikart, c'est traquer la modernité. Alors de temps en temps, je m'offre des escapades: l'année dernière, par exemple, j'avais fait sur le site des Voyages en Ballon, toute une série de fiches techniques sur les ultras dans le monde – la Doce de Boca Juniors, les Winners du WAC, les Brigate Rossonere de l'AC Milan, le Frente Atletico à Madrid, les Carsi Fans de Besiktas, etc. Pour en revenir aux ultras français, moi ça me rend fou qu'on copie sans arrêt l'étranger, de m'apercevoir que les fights sont construits sur le même principe qu'en Hollande, de voir utilisés des mots comme «mercato» ou «classico», pffff quelle merde. Et quand je vois que la plupart des ultras français n'ont qu'un chant copié sur le «Allez l'OM» de Marseille, c'est déprimant… Heureusement qu'on a eu les grandes heures du Parc et quelques groupes à Marseille ou à Saint-Etienne, parce que, ailleurs, c'est bien la honte quand même.<br/><br/><b>Quels sont les footeux le plus Technikart dans l'esprit ou du moins dans l'attitude ?</b><br/><br/>Je vais rester dans le PSG. Donc, Safet Susic pour le style, Javier Pastore pour les contrepieds et les angles, David Ginola pour le rapport amour/haine qu'on entretient avec notre lectorat, Bruno Rodriguez pour notre côté parfois bourrin, Ronaldinho pour notre sens de la teuf – mais pas des putes hein – et euh… Geraldao pour la puissance qu'on met dans certains coups qui finissent finalement à quinze mètres de leur cible.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Interview de Jean-Marc Mormeck]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-11-04T13:38:00Z]]></dc:date>
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		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-interview-de-jean-marc-mormeck-1318195733_x100_articles-148617.jpg">
Champion du Monde de boxe des lourds-légers de 2002 à 2006, puis en 2007, Mormeck va remonter sur le ring le 10 décembre prochain, à 39 ans, contre Wladimir Klitschko - détenteur des ceintures WBA-IBF-WBO. Jean-Marc, le petit gars de Bobigny, formait à l'Art et Sport de Drancy, qui jouait au foot, est toujours en mission. Et seul le résultat compte. Interwiew paru dans So Foot, février 2010 – par Brieux Férot et Nicolas Ksiss-Martov / 

Tu racontes dans ta bio, A Poings nommés, que tu as choisi l&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><b>Champion du Monde de boxe des lourds-légers de 2002 à 2006, puis en 2007, Mormeck va remonter sur le ring le 10 décembre prochain, à 39 ans, contre Wladimir Klitschko - détenteur des ceintures WBA-IBF-WBO. Jean-Marc, le petit gars de Bobigny, formait à l'Art et Sport de Drancy, qui jouait au foot, est toujours en mission. Et seul le résultat compte.</b> Interwiew paru dans So Foot, février 2010 – par Brieux Férot et Nicolas Ksiss-Martov / <br/><br/><b>Tu racontes dans ta bio, A Poings nommés, que tu as choisi la boxe après avoir renoncé au foot, notamment après une blessure aux ligaments croisés avec l'Athletic Club de Bobigny face au Matra Racing. Quels souvenirs en gardes-tu? </b>Mon père jouait déjà en Guadeloupe. Moi, j'ai d'abord adoré l'équipe du Brésil de 82, les Zico, Socrates, Falcao, des types qui dansaient après chaque but. De fait, quand je touchais le ballon, je me prenais pour un Brésilien. Versant tricolore: évidemment, la reprise de volée de Marius Trésor, Giresse, Tigana le marathonien, cette grosse équipe. La France, c'est mon pays, mais le Brésil, ils s'amusent. Quand tu es gamin, le roi du foot est brésilien. Ronaldinho, il s'éclate dès qu'il touche le ballon. En boxe, tu ne trouves pas beaucoup d'équivalents: Mohamed Ali, qui se comportait comme un gros flambeur, ou Joe Walcott, un ancien danseur de claquettes qui a pris les gants et qui, sur le ring, mettait un coup puis dansait.<br/><br/><b>En 2004, Virgil Hill te frappe après le gong, tu répliques, et tu décris cela dans ton livre en disant qu'il “cherche à obtenir une disqualification à la façon d'un footballeur en quête d'un penalty foireux…”.</b> Il donne un coup litigieux et moi comme un abruti, je lui rends. Ça fait partie du jeu d'être à la limite. C'est du vice, oui. On est tous les premiers à avoir le vice quand il s'agit de se défendre, de gagner. Peux-tu affirmer qu'il s'agit de triche? Quand tu prends un avocat, n'est-ce pas pour contourner la règle quelque part? Thierry Henry, je ne prétends pas qu'il a été bon, mais il a été efficace. Après tout, certains expliquent que les lois sont faites pour être détournées. Donc, parfois, il faut naviguer à la limite. Rappelle-toi la “géniale” main de Dieu de Maradona: avoir la subtilité de la mettre, dans cette position, c'était magique.<br/><br/><b>Avec le recul, tu repérerais quelle différence fondamentale entre la boxe et le football?</b> En boxe, tu frappes dans un sac, tu n'as besoin de personne. Là où un sport d'équipe réunit, rassemble. La boxe, c'est un sport d'esquive, tu dois développer un sixième sens, être vigilant constamment, à l'écoute de ton corps, de l'entraîneur, de l'environnement. Et puis, tu arrives dans un état de fatigue où prendre un coup peut-être fatal. Pour m'entraîner, je faisais du développé couché pour augmenter mon rythme cardiaque avant de shooter des paniers de basket pour rester concentré. Au foot, si tu rates, ton stoppeur, ton libéro, ton goal assurent tes arrières. Tu as, quelque part, le droit à l'erreur. Dans la boxe, tu mets ta santé en jeu tous les jours.<br/><br/><b>La musique de Rocky passe désormais au Parc des Princes lors de l'entrée des joueurs. Ça te fait marrer? </b>J'en ai aussi écouté, parfois, avant les combats, Tracy Chapman, Charles Aznavour, ou si j'ai besoin que ça monte, de la basse, Led Zeppelin. Pendant le combat, j'ai tendance à beaucoup regarder l'entourage. L'autre jour, je regardais mon père et mon beau-père. J'étais en train de combattre, je fais une esquive et j'en vois un en train de bouffer son chapeau, il vit tellement le truc, on dirait que c'est lui qui prend le coup. Là, je voulais éclater de rire. Moi, parfois, sur le ring, j'ai envie de me taper des barres de rire mon pote, comme un fou…<br/><br/><b>Quand on lit le rapport Monshipour, on a l'impression que la boxe en France a du mal à réaliser sa révolution, à se moderniser… </b>Nous sommes restés sur des réflexes archaïques. Tu rentres dans une salle de boxe, tu as envie de t'imposer sur le ring, ton entraîneur se transforme en ton père, ta mère, ton conseiller, ton agent, il décide de tout. Dans la boxe, il n'y a pas autant de conseillers que dans le foot, juste un promoteur. Tellement de boxeurs ont échoué dans la rue. Joe Louis a fini videur en boîte de nuit. C'est ça, la boxe, souvent une tragédie. Ça va aussi avec les gens qui fabriquent ce sport. On ne t'apprend pas à gérer. Tu gagnes un peu d'argent, tu vois de la lumière, et tu es plus ébloui parce que tu vois que par ce qu'on te donne.<br/><br/><b>Ta carrière s'est aussi jouée hors du ring, souvent au bluff. Pour intéresser le manager Don King, fin stratège, tu lui as même proposé une partie d'échecs alors que tu ne savais pas jouer…</b>
Je ne serai jamais Tyson ou Ali. Je suis Jean-Marc, le petit mec de banlieue, pas un surdoué, juste un mec qui s'adapte… Si d'entrée tu montres que t'es impressionné, t'es au fond du trou. Les autres tremblent face à lui, alors je le surprends, il n'est pas prêt à ça. La question, c'est: “Comment je vais faire pour rester un quart d'heure?” Ce mec n'a pas le temps alors il faut que je l'intéresse. Ça marche, c'est bien, ça ne marche pas, je me casse. Voilà, j'ai bluffé… Le business, c'est sentir les choses que les autres ne sentent pas.<br/><br/><b>Il y a souvent débat sur la surreprésentation des Noirs en équipe de France de foot, mais bizarrement personne n'y réfléchis pour la boxe. Le syndrome raciste du gladiateur?</b> La Guadeloupe est un département français, mais quand l'école te récite “Nos ancêtres les Gaulois”, franchement... Après, l'identité nationale? Chacun doit prendre ses responsabilités. C'est un peu comme une famille qui va adopter un enfant, elle doit lui offrir le même amour qu'aux autres. Si l'Etat français dit “vous êtes français!”, alors il doit l'assumer parce qu'il a accepté cette adoption. Après, pour ce qui est des Noirs dans le foot ou la boxe, c'est très simple: je voulais être avocat mais je ne suis pas sûr que j'aurais été autant reconnu. Regarde les difficultés que tu dois surmonter: tu en affrontes beaucoup moins quand tu utilises un talent disons “visible”, “médiatique”, comme la boxe ou le foot. Quand tu poursuis des études, le résultat s'avère moins flagrant. Tu veux devenir avocat, à part ton entourage, qui le sait quand tu y arrives enfin, qui s'intéresse à ta réussite? Ils vont regarder qui les gamins? “Oh, Zidane? On veut être Zidane parce qu'il a les moyens, t'as vu”. Donc, là, il y a une mission d'éducation qui est déterminante.<br/><br/><b>Il paraît que tu veux monter un centre de formation audiovisuel avec Jacques Séguéla à Bobigny… </b>L'image est importante parce qu'en banlieue, on est en déficit d'image, d'une vraie image. Les mecs habillés comme des sacs et qui parlent forts à l'entrée de boîte, tu leur mets un miroir, ils disent: “Putain, c'est moi ça?”. Je veux leur dire la force de l'image. Tu prends un mec, tu le rends, c'est un prince. Et tu prends un prince, tu le rends, le mec, c'est un chiffon. Aujourd'hui, si un mec arrive, vient me voir et me dit “Ouais, ouais”, mais jamais il vient me parler, forcément. Si tu te lèves à midi et commences à chercher du boulot à deux heures, tu ne peux pas, t'as même pas le droit de le dire à la télé… <br/><br/><i>– propos recueillis par B. Férot et N. Kssis-Martov</i>
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		<item>
		<title><![CDATA[Interview de Manu, un des fondateurs du KOP OF BOULOGNE]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-10-27T13:50:00Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-1318078080_x100_articles-148597.jpg">
Alors que les nouveaux dirigeants du PSG ont enfin daigné recevoir les anciens abonnés,  nous remettons en ligne, pour mémoire,   cette  interview de Manu, ex chanteur des Sherwood Pogo, groupe mythique du punk français, auteur du mémorable titre « Paris-SG », et fondateur du KOB au début des années 1980. Elle venait en complément de l'article « The story of Ko of Boulogne ». Réalisés les deux en 2007, ils ne tiennent évidemment pas compte des dramatiques événements survenus depuis et le Plan Le&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><b><a target="_blank" href="http://www.sofoot.com/psg-les-qataris-rencontrent-les-supporters-149220.html">Alors que les nouveaux dirigeants du PSG ont enfin daigné recevoir les anciens abonnés</a>,  nous remettons en ligne, pour mémoire,   cette  interview de Manu, ex chanteur des Sherwood Pogo, groupe mythique du punk français, auteur du mémorable titre « Paris-SG », et fondateur du KOB au début des années 1980. Elle venait en complément de l'article « <a target="_blank" href="http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html">The story of Ko of Boulogne </a>». Réalisés les deux en 2007, ils ne tiennent évidemment pas compte des dramatiques événements survenus depuis et le Plan Leproux qui a enterré les tribunes parisiennes.</b><br/><br/><br/><br/> 
<b>- D'où est venue ta passion du football ? As-tu joué en amateur ?</b>
<br>
Manu – Je suis un passionné de foot. Je suis d'origine espagnole, catalane plus précisément. Mon père et mon frère ont toujours regardé le foot à la télé. Ensuite, j'ai travaillé en usine et j'ai joué deux ans en club, comme goal, à la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT) (cf. http://www.sofoot.com/blogs/marxist/vous-vous-souvenez-du-foot-corpo-148588.html). Je commençais à être punk. Du coup, j'ai découvert l'alcool et les joints et je ratais parfois des matchs, parce que je ne me réveillais pas le dimanche matin.<br/><br/><b>- Quand as-tu commencé à entendre parler du P.S.G.? Par quel biais as-tu fréquenté le Parc ?</b>
<br>
M. - La première fois que je suis allé au stade, c'était avec mon frère en 1978, pour P.S.G./Valenciennes, 4-2, pour la montée. J'avais même pas 15 ans. C'est comme ça que j'ai découvert l'ambiance du stade qui m'a encore plus impressionné que le match lui-même !<br/><br/><b>- Au début, tu allais au parc en famille ? Avec des potes ? En bande ?</b>
<br>
M. – Tout seul. C'est petit à petit que j'ai rencontré des gens du même coin que moi, Colombes, Asnières, La Garenne-Colombes, qui allaient également au Parc. On se retrouvait là-bas, dans la tribune.<br/><br/><b>- Quel type de public se rendait au parc ? Quelle était la politique du P.S.G. à l'égard des jeunes ?</b>
<br>
M. - A 17 ans, je suis allé à la boutique du P.S.G., où ils proposaient des cartes d'abonnement pour les jeunes supporters de moins de 18 ans. À cette époque, la tribune Boulogne n'existait pas encore. On était à la corde. À la saison d'après, comme nous étions beaucoup, ils nous ont mis à Boulogne. On était tous mineurs et sans style particulier.<br/><br/><b>- Comment le K.O.B. est-il né? De qui était-il composé? Comment s'intégrait-on au K.O.B ? Est-ce que vous suiviez des modèles de supporters étrangers ?</b>
<br>
M. – Je suis parti à Londres. Comme j'avais lu une interview de Jimmy Pursey, chanteur de Sham 69, qui parlait de Westham, je suis allé voir un match des Hammers contre Leeds. Il y avait une telle énergie dans les tribunes, que j'en ai oublié ce qui se passait sur le terrain. A la sortie du stade, je me suis retrouvé au milieu de 500 hooligans qui allaient se taper avec les supporters d'en face, qui chargeaient dans les rues, qui renversaient tout sur leur passage. Je n'avais jamais entendu parler des hooligans auparavant. Punk hooligan, ça avait du sens pour moi, puisque Sham 69 avaient sa bande, la Sham Army, les Cockney Rejects pareil ! Quand je suis rentré en France, j'étais bouleversé. Lors d'un déplacement à Tours, qui était alors en première division, on s'est fait casser la tête par un mélange de supporters, de manouches et de bagarreurs tourangeots. Au stade, les flics nous provoquaient. Cet événement a forgé notre identité parisienne, contre la France entière, et on a décidé de s'organiser. Un jour, on est allé en déplacement affronter les supporters tourangeots pour nous venger. On avait jeté des fumigènes sur les mecs. Pas mal sont repartis en ambulance. C'est mon premier souvenir de violence extrême.<br/><br/><b>- Est-ce qu'on retrouvait les tribus rock dans le K.O.B. (punk, skin, mods, etc.) ? Quels rapports entreteniez-vous avec la scène musicale punk ? Des groupes fréquentaient-ils le K.O.B.? Et inversement ?</b>
<br>
M. - Avec quelques punks, Eric, Chômeur et d'autres, on a fondé le KOP of Boulogne fin 1980. Rapidement, on était une cinquantaine. Deux mecs de mon groupe punk, Sherwood Pogo, venaient. Mais on était un peu une exception parmi les punks quand même. Il y avait aussi des autonomes que j'avais croisé dans des manifs. Il y avait quelques allumés. Chômeur, par exemple, était un électron libre fou. Il était tranquille à côté de moi, tout d'un coup, il partait taper un mec et il revenait s'installer tranquillement. À l'époque, il n'y avait pas de skins. S'il y avait un mec rasé, c'est qu'il était à l'armée. Et il n'y avait pas de groupes, d'associations, de rivalités. On était tous ensemble. On avait graffité les murs de la tribune Boulogne … Sherwood Pogo et Anarchie ! Mais il y avait aussi des supporters qui venaient à la tribune Boulogne, mais qui n'étaient pas d'accord pour autant avec la manière dont nous comportions.<br/><br/><b>- Vous considériez-vous comme des supporters où des hooligans? Les deux ?</b>
<br>
M. – Au début, notre grand truc, c'était juste d'être ensemble. Nous sommes  devenus plus méchants après un match contre Bastia. Les supporters corses sont venus dans notre tribune pour nous bastonner. On n'a rien pu faire parce que les mecs nous ont montré qu'ils avaient des flingues. En plus, ça devait être la quatrième fois que je me faisais piquer mon écharpe. A partir de là, on a décide d'aller systématiquement envahir les autres tribunes et ramener des trophées, c'est-à-dire piquer les écharpes, les drapeaux et les casquettes des supporters adverses. La plupart du temps, les mecs étaient tellement impressionnés qu'ils ne réagissaient pas. Ils se laissaient dépouiller. Je les déchirais devant eux ou je les ramenais chez moi, où j'avais un grand carton rempli de tout ce que j'avais piqué. A cet âge-là, on était en train de forger notre personnalité. On n'avait pas besoin d'idéal pour aller se battre. On venait pour supporter le P.S.G. et pour nous affirmer en tant que mecs. Je buvais plein de Ricard, un alcool qui me rend assez méchant, pour être vraiment chaud. Dans ces conditions-là, la violence arrive vite.<br/><br/><b>- Aviez-vous un code l'honneur ?</b>
<br>
M. – “P.S.G.” est le cinquième morceau que j'ai écrit pour Sherwood Pogo. C'est une sorte de code de l'honneur du hooligan. Ne pas s'attaquer aux femmes, aux enfants, aux gens en famille. Dans le morceau, on avait plus ou moins repris un chant de supporters : “On va tout casser, on va tout niquer / Fallait pas venir, il vaut mieux partir”. Le vrai chant, c'est “Ah, il fallait pas, il fallait pas venir / Ah, il fallait pas, il fallait pas y aller / Ça c'est Paris!” De toute façon, les supporters des équipes adverses étaient surpris et avaient peur de nous. Ils n'offraient pas de résistance quand on les dépouillait.<br/><br/><b>- Suivez vous le P.S.G. en déplacement ? Comment étiez vous reçus?</b>
<br>
M. – J'ai fait pas mal de déplacements. Je me souviens qu'on a cassé une bijouterie à Rennes, foutu en l'air les deux étages d'un grand magasin qui se trouvait sur le chemin entre la gare et le stade à Auxerre, forcé les portes d'entrée du stade à Nancy, parce qu'on ne voulait pas nous laisser pénétrer, défoncé le train du retour.<br/><br/><b>- Quand les autorités du parc, du club et la police ont-ils commencé à s'intéresser au K.O.B.? Quand ont-elles commencé à réagir en conséquence?</b>
<br>
M. – Au bout de quelques exactions, il y a eu quelques flics dans la tribune. Comme on avait moins de 20 ans, ils se la jouaient devant nous. Ça a renforcé notre idée d'aller au stade comme on va à la guerre. Tant que je suis allé au parc, personne n'avait l'air de mesurer l'ampleur du mouvement. Longtemps, on n'était pas fouillés à l'entrée. Il n'y avait pas de cloisonnement des tribunes. A la mi-temps, on se baladait sans problème dans les autres tribunes. Il n'y avait pas de grosse présence policière à l'intérieur. Je n'ai jamais été emmerdé par les flics. C'est plutôt nous qui les avons emmerdé. Ça nous est arrivé de les charger, de leur voler leur képi. Un pote a même volé un flingue à un flic. C'est évident que ça ne pouvait pas durer. Je trouve qu'on bénéficiait d'une impunité assez grave.<br/><br/><b>- Y-a-t-il eu, à un moment, une transformation de la composition du K.O.B. ? Les skins ont-ils réalisé un nettoyage ? Boulogne territoire blanc, cela date de quand ?</b>
<br>
M. – A partir de 1982, quelques skins, comme les mecs du groupe R.A.S., ont commencé à venir. Ils n'étaient pas fachos. Puis, il y a eu des skins de la bande des Halles. Certains ont commencé à lorgner vers l'extrême-droite et à vouloir nous faire la guerre. Mais tant que je suis resté au Parc, il y avait toujours des noirs qui venaient. C'est plus tard que les skins ont voulu que Boulogne soit une tribune blanche. Je me souviens d'une fois, où des skins étaient accompagnés d'un mec plus vieux, pas rasé mais habillé en imperméable noir, avec une mèche de cheveux, qui désignait d'une main gantée les mecs à qui casser la gueule. A cinq, on s'est passé le mot pour aller les éclater. Rapidement, on s'est retrouvés à plein pour monter, mais les flics, qui commençaient à être plus nombreux, se sont interposés. Un jour, des skins ont pissé du haut des tribunes sur un groupe d'une trentaine de noirs. A près le match, sur le quai, ils étaient là, prêts à se venger en tapant des supporters de la tribune Boulogne, sans distinction. On s'est d'abord enfui dans le métro. Et puis, on ne voulait pas se laisser faire, alors après avoir déboulonné des bancs, ramassé des trucs sur les voies, on les a attendu et ça a été le pugilat. Le bassiste de Sherwood Pogo avait ramassé une traverse de béton qu'il a balancé sur la porte d'un wagon pour la défoncer. Il y a eu des millions de dégâts. Je me suis fait arrêter et j'ai passé trois jours dans une cage à la préfecture. C'est la seule baston “raciale” à laquelle j'ai participé, mais pas du tout parce que pour des raisons racistes.<br/><br/><b>- Quand-est-ce que tu as arrêté d'aller au parc? As-tu pris du recul ?</b>
<br>
M. – En 1984, il n'y a pas eu un match où je ne me suis pas battu avec les skins. En plus, j'allais au parc avec un cuir sans manche sur lequel était peint dans le dos un punk en train de massacrer un skin avec un couteau. A la fin, on prenait bien soin de nous regrouper avec tous les supporters de notre coin pour arriver en force au stade. Je ne m'habillais plus en punk pour aller au match pour être plus libre de mes mouvements. Je mettais une écharpe autour de l'avant-bras pour cacher une chaîne pendant la fouille. Ça devenait impossible de suivre les matchs. Je passais mon temps à surveiller si je n'allais pas prendre un siège qui vole sur la tête. Du coup, avec des potes, après les matchs du samedi, j'ai fait deux-trois descentes à la sortie du Rose Bonbon, un club de concerts de l'époque, pour casser du skin. J'ai été repéré et après, ils me faisaient chier tout le temps. Une fois, il y a eu une cinquantaine de skins qui sont venus taper, non pas les supporters de l'équipe adverse, mais du parisien. C'est ce genre de trucs qui a fait que nous, les supporters historiques du P.S.G., on a décide de ne plus se rendre au parc. J'ai été chassé, en quelque sorte. En plus, mon groupe, Sherwood Pogo, faisait souvent des concerts le week-end end. Donc, j'avais de toute façon moins de temps pour aller au match. Mais c'était plus chiant qu'autre chose. Si jamais ça avait été très sérieux, de toute façon, j'avais du répondant dans ma voiture. Chômeur, lui, est resté. Il est devenu skin et a rejoint les autres. Je ne l'ai pas revu depuis 1984.<br/><br/><b>- Quelle impression t'ont fait les événements du match du Heysel ?</b>
<br>
M. – Les blessures graves et les morts, c'est regrettable. C'est un grand gâchis, parce que, finalement, les morts sont dus au fait que beaucoup de gens, pas habitués aux bastons entre hooligans, ont eu peur, ce qui a généré un mouvement de foule. Du coup, des grilles se sont écroulées sous la pression. Moi, je n'ai jamais été plus loin que des coups. On se remet toujours d'un coup de poing ou même d'un bras cassé. Mais on était des fouteurs de merde, sans volonté d'infliger des blessures irréversibles.<br/><br/><b>- Considères-tu qu'il y a eu une dérive du hooliganisme ? Comment vois-tu la situation actuelle ?</b>
<br>
M. – Ça n'a plus rien à voir ! La politique est rentrée dans le stade, alors qu'elle n'a rien à y faire. On était des fouteurs de merde, avec un certain code de l'honneur, et nous n'étions pas racistes. Un raciste, avant d'être un supporter du P.S.G., est avant tout mon ennemi. La situation actuelle, c'est un peu tout ce qu'on voulait éviter.<br/><br/><b>- Les dirigeants du parc et du P.S.G ont-ils une part de responsabilité?</b>
<br>
M. – Bien sûr. Ils ont préféré fermer les yeux. À une époque, les dirigeants du P.S.G. préféraient qu'on parle de leur club, même par la mauvaise publicité du K.O.B. plutôt que le silence.<br/><br/><b>- Aujourd'hui, tu as un fils de 19 ans, qui est en âge d'être hooligan.</b>
<br>
M. – J'ai un fils qui est fan de rugby. Il joue au rugby, il fait de la sécu pour des matchs au stade de France et je pense qu'il ne s'est jamais battu de sa vie … Il est dans un autre état d'esprit.<br/><br/><i>Propos recueillis par Philippe Roizes et Nicolas Kssis-Martov</i>
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	</item>
		<item>
		<title><![CDATA[Vous vous souvenez du foot corpo ? ]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/vous-vous-souvenez-du-foot-corpo-148588.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/vous-vous-souvenez-du-foot-corpo-148588.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-10-24T09:10:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-vous-vous-souvenez-du-foot-corpo-1318066861_x100_articles-148588.jpg">
Parmi les nombreuses inquiétudes qui se sont récemment exprimées concernant l'avenir du foot amateur, plus grand monde ne semble se soucier de l'avenir des « corpos ». Certes la FFF a toujours confiné cette catégorie, une peu dédaignée, dans un petit ghetto. Il n'empêchait que ces compétitions, incrustées au cœur de la France ouvrière et industrielle (avec la fameuse coup de la NVO) représentaient un des symboles de la dimension populaire de ce sport, pas très glamour certes mais fondamentale. C&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --> <br/><br/>Parmi les nombreuses inquiétudes qui se sont récemment exprimées concernant l'avenir du foot amateur, plus grand monde ne semble se soucier de l'avenir des « corpos ». Certes la FFF a toujours confiné cette catégorie, une peu dédaignée, dans un petit ghetto. Il n'empêchait que ces compétitions, incrustées au cœur de la France ouvrière et industrielle (avec la fameuse coup de la NVO) représentaient un des symboles de la dimension populaire de ce sport, pas très glamour certes mais fondamentale. Car si le foot s'est majoritairement appuyé sur une assises locale (logique si forte que même le sport dit travailliste fut d'abord celui des quartiers avant d'être celui des ateliers), ce fut initialement dans les entreprises que le ballon rond vint au peuple (dès le début du vingtième siècle, au Bon Marché ou à la Société Générale, sans oublier le poids du paternalisme patronal entre les deux guerres dans les établissements automobiles) et que le professionnalisme vint à naître tardivement en 1932 ( à Saint-Etienne).<br/><br/>Aujourd'hui, malgré les transformations profondes du monde du travail (le retrait du secondaire, la montée du tertiaire, la fin des grandes structures de productions, la multiplication des PME, chômage structurel, l'archipelisation des horaires, etc.), et ses implications sur les référents culturels (la montée de « <i>l'individualisme négatif </i>» décrit par le sociologue Robert Castel), le « site professionnel » reste encore un puissant vecteur de pratique, que ce soit par une sociabilité qui peut se déguiser derrière de nombreux types d'associations (pas forcément lié à l'employeur) ou encore directement dans les compétitions (comme en foot à 7 FSGT, dont le succès répond par ses championnats de semaine aux nouveaux modes de vie des salariés « seniors »).<br/><br/>A titre d'illustration, la période du front populaire démontre parfaitement quels enjeux idéologiques et sociaux peuvent investir le football et de quelle manière le contexte économique (avec ses répercussions politique comme la montée de l'extrême-droite et des populismes) pèse sur l'existence du sport préféré des français.<br/><br/>L'explosion numérique du sport corporatif FSGT s'inscrit de la sorte dans la poussée générale du sport travailliste national, dopé par la dynamique unitaire du Rassemblement Populaire, dont il fut un des pionniers.<br/><br/>La F.S.G.T., née en décembre 1934 de la fusion de deux organisations sportives ouvrières (l'une socialiste, l'autre communiste), rencontre en effet, jusqu'en juin 1936,  une série de contraintes, essentiellement  politiques (répression patronale), qui l'empêche de s'implanter convenablement dans le monde du travail.  Les grèves et l'avènement du gouvernement de Front Populaire constituent la rupture à partir de laquelle s'enclenche le décollage corporatif.<br/><br/>Cette "ruée corporative" doit être décryptée dans sa dimension sportive stricto sensu. La presse travailliste revendique 23 équipes en juin 1936 (environ un quart des effectifs corpos), la commission football en prévoyait près de 240  pour la saison 1938-1939. En octobre 1938,  190 formations jouent tous les samedi en championnat ou en coupe. On compte alors environ 2 900 footballeurs corpos sur les trois jours, soit près de 27% des sportifs travaillistes en entreprise. Marcel Pernette, responsable parisien du football corporatif,  annonce alors fièrement que "<i>La Vague du mouvement corporatif travailliste est avant tout la vogue du football association</i>" (La Vie Ouvrière, 13/01/1938).<br/><br/>Ce jeu , "<i>[...]réalisateur et attrayant[...]</i>" (La Vie Ouvrière, 13/01/1938), est de même la discipline la plus répandue. Les deux tiers des associations disposent en octobre 1938 d'une section "football". Si l'on excepte celles n'ayant qu'une existence formelle (L'Étoile Sportive Artistes avec ses deux adhérents.), la proportion monte à 75%. Le ballon rond a surtout un rôle central dans le démarrage des activités des clubs ouvriers. En  décembre 1936 plus de 90% d'entre eux possèdent au moins une équipe. Cependant le terrain social était en soi favorable. Une enquête de 1931 commandée en 1931 par la  Confédération Générale de la Production Française (C.G.P.F.), indique que 80 établissements proposent du Football sur les 86 entretenant des œuvres sportives.<br/><br/>Fin 38, les équipes travaillistes en région parisienne, corpos incluses,  réunissent donc 9 300 footballeurs, soit près d'un tiers de l'ensemble des joueurs parisiens, toutes fédérations confondues.  Le football corporatif progresse cependant plus vite que l'ensemble régional. Il comprend 5% des joueurs  en 1935, 13% en 1936, 30% en 1938.  Ce mouvement s'accompagne de la mise en route d'épreuves propres, dont les noms font référence aux figures emblématique du Front Populaire, selon les affinités politiques. L'épreuve du Samedi est dotée par les Amicales Socialistes d'entreprises du challenge Roger Salengro en hommage au ministre socialiste de l'intérieur. Elle devient rapidement le championnat du samedi, le Salengro. De même la coupe des clubs métallurgistes, à qui l'union des syndicats de métaux de la C.G.T. attribue un prix au vainqueur, s'intitule de ce fait Benoît Frachon, dirigeant syndical communiste. Cependant le nom peut aussi servir à entretenir une mémoire syndicale spécifique aux métiers concernés. Le tournoi interdépôts du C.S. Transports s'appelle Yves Maurice, un chauffeur de taxi tué lors d'une grève en février 1934.<br/><br/> L'arrivée constante de nouveaux clubs implique de leur procurer une "<i>[...]nourriture sportive[...]</i>"pour rassasier leur appétit de compétition (création de nouvelles séries, etc...). D'un schéma initial assez simple - au début , cinq séries de huit équipes -, et dans lequel toutes les formations sont considérées en principe de même force technique,  on passe , dans les prévisions du Roger Salengro pour la saison de 1938-1939, à  une épreuve étoffée et complexe composée de  vingt séries (quatre 1er, huit 2ème, huit 3ème),  deux promotions, et deux divisions d'honneur, le tout  soumis à un système  élaboré de montée et de descente d'une poule à l'autre.  Sans compter le championnat du Lundi, qui  commence en  février 1938, ou les coupes et challenges qui apparaissent au fur et à mesure que les clubs se consolident. Le secteur corporatif  se dote également d'une équipe Paris Corpos afin de rencontrer d'autres "teams" travaillistes,  nationales  ou bien étrangères.<br/><br/>Les causes de cette explosion numérique sont essentiellement liées à la conjoncture, politique et sociale, exceptionnelle de l'année 1936. Ce football ouvrier est  d'abord syndicale, ensuite travailliste, et identitairement les deux. Les raisons immédiates sont à rechercher dans un événement social majeur, les grèves de juin 36, "<i>L'explosion sociale du front populaire</i>" (selon la formule de l'historien Georges Lefranc). Les conséquences furent de deux ordres si on adopte le point de vue des corpos.<br/><br/><b>1/</b> Elles sont d'ordre socio-politiques. Le succès des grèves améliora considérablement au sein des établissements industriels les conditions d'existence du mouvement ouvrier, dont la force politique est une assise indispensable à l'enracinement du sport ouvrier. Assise nécessaire mais insuffisante.  Les grèves  mobilisèrent  en outre massivement, autour d'une méthode originale et novatrice de lutte (l'occupation d'usine) des couches de la classe ouvrières qui ne l'avaient  jamais été à ce point.  Surtout dans le secteur secondaire où l'ordre patronal était jusque là implacable envers le "[...]microbe rouge[...]" (titre de l'éditorial de La république du Sud-Ouest, 5/01/1938). Elles renforcèrent la cohésion de la classe ouvrière, lui insufflant un sentiment de puissance et un certain goût pour l'action collective qui se répercuta dans le mouvement corporatif. Ensuite elles étaient associées dans leur déroulement même (la présence dans les bâtiments sur une longue durée s'y prêtait parfaitement)  à une aspiration ouvrière aux loisirs que traduisent les multiples activités  se déroulant dans les halles des usines.  Une vie sportive, d'instigation ouvrière, grandit avec le mouvement revendicatif. Les grévistes s'adonnent à divers sports  ou  organisent des rencontres avec les clubs F.S.G.T. voisins.   Les comités d'occupation établirent des structures (commission "loisirs", etc...) afin d'encadrer ce foisonnement, et qui de fait se révèlent moins éphémères que leurs objectifs premiers le laissaient envisager.<br/><br/>Qui plus est  ces initiatives sont relayées par la C.G.T. (Confédération Générale du Travail), qui affiche une réelle volonté politique de promouvoir le mouvement sportif corporatif. Tous les protagonistes reconnaissent les prérogatives de la C.G.T. . Toujas, dirigeant du M.S.C., le résume de la sorte : "<i>Le mouvement sportif ne pose pas un problème à résoudre dans le domaine exclusif du sport; il déborde ce cadre. [...] Le sport  ne peut être disjoint de l'activité syndicale elle-même qui dispose de moyens uniques pour développer le mouvement sportif dans les entreprises.</i>" (La Vie Ouvrière, 18/02/1937)<br/><br/><b>2/</b>Si le syndicalisme et le sport travailliste constituent les piliers de l'explosion corporative, il ne faut pas négliger le socle législatif sur lequel elle s'appuie: les accords Matignon, concédés par le patronat suite à sa "grande peur" de juin 1936,  et les lois complémentaires.  Si les législations sociales ne suffisent pas pour analyser l'évolution des loisirs des travailleurs, on ne doit pas non plus en minorer les conséquences, qui dans ce contexte historique précis, firent déterminantes. Les conquêtes sociales créaient les conditions indispensables pour que les deux acteurs sociaux (C.G.T. et F.S.G.T.) puissent agir et se rencontrer. La principale avancée réside dans la réduction notable du temps de travail. La loi dite des 40 heures - loi complémentaire avec les congés payés- , en instituant la semaine anglaise ou des "deux dimanche"(qui libère le samedi ou le lundi) offre le support juridique qui permet au sport corporatif d'exister de façon autonome . En outre, en triplant d'une certaine façon le nombre de stades utilisables, puisqu'il est désormais possible"<i>[...]d'échelonner  sur trois jours l'activité sportive[...]</i>" (L'informateur sportif de la Région Parisienne, 13/02/1937)- et en attendant les efforts du sous secrétariat de Léo Lagrange- elle résoud partiellement un problème épineux en région parisienne.
D'autres chapitres, plus indirectement, favorisent la pratique sportive des ouvriers. L'augmentation  de leur rémunération (de 7% à 15 %, parfois, plus avec la poursuite des grèves) facilite assurément leur entrée dans les associations sportives. La baisse du coût réel de la pratique (cotisation, équipement sportif, etc..) est un facteur non négligeable, bien que méconnu, dans le processus de démocratisation du sport. De même l'article premier sur les conventions collectives  (5 620 furent signées entre 1936 et 1939), en fixant la main d'œuvre et de ce fait en fidélisant les membres des clubs,  garantit la pérennité de l'activité sportive. Le club peut former ses propres cadres et renforcer son implantation au sein des usines.<br/><br/>Il faut ensuite aborder un aspect plus délicat à interpréter, car il touche aux mentalités sportives. En effet il semble  que les clubs locaux n'apprécient pas particulièrement  l'émergence d'un mouvement corporatif autonome. Ils auraient  préféré exploiter les  possibilités offertes par la "<i>semaine des deux dimanches</i>" avec leurs propres dispositifs, déjà installés et ayant fait leur preuve. Aux concurrences pour l'utilisation des terrains et dans le recrutement, s'ajoute l'antagonisme traditionnel entre sport corporatif, prolongement la communauté du travail,  et sport communal, élément d'une identité sociale locale. La presse travailliste insiste constamment sur la nécessité d'éviter une rivalité entre le "<i>[...]jeune et vigoureux  sport sur la base  d'entreprise[...]</i>"et le "<i>[...]solide sport sur la base locale[....]</i>" (Sport, 20/05/1937). L'emploi de cet argumentaire, martelé  régulièrement dans les colonnes de Sport ou de L'Informateur sportif,  prouve l'existence et le maintien de ce malaise.<br/><br/>Enfin, il s'agit du décalage nettement perceptible entre le syndicalisme et le sport travailliste, quant à leur projet sportif respectif. Le sport travailliste n'attribue pas un rôle moteur au football dans sa vision du sport populaire. Son succès auprès des masses ne relève pas d'une stratégie définie par la F.S.G.T., comme dans le cas de l'athlétisme -encouragé par le B.S.P.-,  ou du Basket.  La fédération ouvrière n'arrive pas à s'approprier, de manière distincte du courant dominant incarné par la  F.F.F.A.,  les techniques corporelles et les règlements décidant de la configuration culturelle du football. Elle ressent sa force d'attraction parmi ses adhérents - notamment au travers de l'audience du championnat professionnel qui ignore les à priori idéologiques - comme une sanction de l'influence du sport "bourgeois" parmi les classes populaires. C'est pour elle la preuve patente de son échec dans l'un des ses objectifs fondateurs : combattre la mainmise des fédérations "neutres" sur le sport du prolétariat. <br/><br/>Le "soccer" reste un mal aimé, même si sa popularité pousse la direction régionale ou nationale à s'y intéresser et à l'organiser. Il est davantage perçu comme le moyen d'attirer les jeunes hommes ouvriers, une sorte d'aimant sportif, afin d'assurer le lancement des clubs corporatifs. Par la suite, les responsables du C.R. rappellent instamment aux clubs corporatifs l'obligation éthique de préserver la nature "<i>[...]omnisports et mixte[...]</i>"du sport travailliste a l'intérieure de toutes les associations.<br/><br/>Les syndicalistes  n'ont pas à l'esprit une telle alternative. Ils songent d'abord  à "<i>[...]répondre à un besoin de [la] jeunesse[...]</i>" (L'Union des Métaux, 10/1938) afin de l'écarter du sport patronal , qui mène par "<i>[...] des chemins détournés dans la voie du fascisme.</i>" (L'Union des Métaux, 10/1938) Le club sportif constitue "<i>[...]une des bases multiples[...]</i>" (La Vie Ouvrière, 4/02/1937) du syndicat et un de ses rôles sociales. Peu importe les goûts des travailleurs, le principal demeure qu'ils les satisfassent dans un cadre ouvrier. La C.G.T. s'approprie la raison d'être du sport travailliste - sauver les ouvriers des sirènes du sport bourgeois- en employant une nouvelle méthode d'application plus pragmatique. Le sport n'est pas sa sphère habituelle d'intervention, mais une extension de sa compétence.
  
La grève du 30 novembre 1938 sonne le glas de ce football ouvrier d'entreprise. Né d'une grève victorieuse exceptionnelle, il meurt d'une grève perdue et d'un climat qui change alors radicalement. La chute du  deuxième cabinet de Léon Blum  et  l'arrivé au pouvoir d'Édouard Daladier  le 10 avril 1938,  détruisent de fait (avec les décrets du 17 novembre 1938 )  la semaine des quarante heures . Ce retour en arrière affecte surtout les footballeurs qui ne peuvent pas reporter leurs épreuves le dimanche ou les déplacer sur les zones de la vie quotidienne  (comme le vélo).  Les compétitions se trouvent de facto interrompues. Seulement cinq équipes corporatives participent à la coupe nationale de Football.  En 1939, les effectifs du secteur corporatif ont chuté à 6990 licenciés, mais l'activité réelle est  tombée encore plus bas. La saison 1939-1940 commence de la pire manière, par la déclaration de guerre à L'Allemagne....<br/><br/>L'explosion du football corporatif résulte d'un faisceau de causes et de déterminismes multiples qui produisent l'originalité de son fonctionnement  et de son encadrement. La réussite de son implantation dans les usines et parmi les diverses professions repose à la fois sur des fondements propres à l'identité sportive de ce jeu (masculinisation exclusive, "<i>fief de la virilité</i>"[ E. Dunning], etc...) et sur la pluralité culturelle et sociale  de la classe ouvrière et des travailleurs en général. Le football corporatif travailliste se situe par la même au confluent de plusieurs dynamiques sociales. Dans sa réalité ouvrière, il doit sa monté en puissance à des facteurs politiques. Dans sa dimension sportive,  il dépend de l'audience culturelle du football.<br/><br/> ]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Du foot pour se décider lors des primaires socialistes ! ]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-10-09T14:24:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-du-foot-pour-se-decider-lors-des-primaires-socialistes-1318050980_x100_articles-148567.jpg">Aujourd'hui certains d'entre vous –mais je me trompe, qui sait ? – vont se rendre aux urnes des primaires socialistes. Si les nombreux débats, et autant de numéros spéciaux de Libération, ne vous ont pas permis de vous décider, « Never trust a marxist in football »  offre gracieusement ce petit guide footballistique d'une bataille électorale d'un type nouveau (du moins en France). Ou comment les problématiques du ballon rond apportent un éclairage singulier sur le positionnement de chaque candidat.

Le fair-play financier vs Martine Aubry :

La maire de Lille se voit souvent reproché de la jouer « à gauche » face à son principal opposant, et favori des sondages, François Hollande. Mais réduire la dame des « 35 heures » à  ce curseur incertain, c'est oublier qu'elle propose, une fois de plus et à sa façon, de repenser la social-démocratie à l'heure de « l'Europe face à la crise ». Histoire d'éviter un cataclysme qui ferait tomber les Etats, derniers protecteurs chancelants des droits sociaux&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --> 
<b>Le fair-play financier vs Martine Aubry :</b><br/><br/>La maire de Lille se voit souvent reproché de la jouer « à gauche » face à son principal opposant, et favori des sondages, François Hollande. Mais réduire la dame des « 35 heures » à  ce curseur incertain, c'est oublier qu'elle propose, une fois de plus et à sa façon, de repenser la social-démocratie à l'heure de « l'Europe face à la crise ». Histoire d'éviter un cataclysme qui ferait tomber les Etats, derniers protecteurs chancelants des droits sociaux des peuples (d'où l'usage fameux et polémique du concept de « Care » comme référent). Un peu comme Michel Platini tente de sauver le foot « à son insu », en lui imposant juste un peu d'équité et de raison dans son capitalisme sauvage, enfin de protéger les joueurs et même les simples amateurs. Une seule question demeure, peut-on miser sur la logique et l'altruisme dans une époque libérale dominée par la soif de l'or et du profit (et la peur panique des marchés)?
<br>
<i>Club de référence : LOSC</i><br/><br/>
<b>Les quotas vs Manuel Valls :</b><br/><br/>Autoproclamé, enfin surtout par les médias, « iconoclaste » des primaires, le maire d'Evry, grand fan de Barcelone, ne détone pas tant par son alignement économique sur le libéralisme à la mode Blairiste qu'avec sa course vers un patriotisme (sauf pour les capitaux) de reconquête. Celui qui réclamait devant les caméras « «Tu me mets quelques Blancs, quelques white, quelques blancos»  ne vise selon lui qu'à «donner l'amour de la France». Cela dit, avec lui, Laurent Blanc serait surement Ministre des sports.
<br>
<i>Club non assumé : Olympique Lyonnais</i><br/><br/>
<b>Les valeurs vs François Hollande :</b><br/><br/>Noël Le Graët l'a promis, les belles valeurs du foot sont de retour. Celui qu'on attendait pas, ancien maire socialiste de Guingamp, affiche un profil de père tranquille qui renvoie à celui du « président normal » à la sauce Hollande (ok, elle est facile !). Quand on ne veut pas changer grand chose dans le système, on soigne le décor, notamment en assurant de l'urgence de l'interdiction du cumul des mandats
<br>
<i>Club idéal : FC Lorient</i><br/><br/>
<b>Ségolène Royale : aucune idée, comme elle !</b><br/><br/>
<b>Primes des Bleus vs Arnaud Montebourg :</b><br/><br/>Les riches doivent payer ! Un peu tout du moins.  Rien de plus normal en ces temps de crise (même eux le réclament d'ailleurs et la droite s'y est – provisoirement - résolue). Cela ne changera pas les déséquilibres financiers et sociaux, mais au moins la revanche symbolique comblera les indignés. Enfin, courage à celui qui devra expliquer la démondialisation à Nicolas Anelka !
<br>
<i>Club de synthèse : Red Star</i><br/><br/>
<b>Crise du foot amateur vs Jean-Michel Baylet :</b><br/><br/>Le digne héritier du « radicalisme laïc, républicain et de gauche » défend la France rurale, celle qui voit disparaitre ses écoles, ses gares SNCF et bientôt son terrain de foot. Une réalité  qu'ignorent la plupart des autres candidats. Il essaie, comme d'autre voulaient alerter sur la situation du foot amateur lors des dernières élections présidentielles à la FFF, de faire entendre les difficultés des profs et des agriculteurs. C'est surement vrai, mais en gros, il est aussi exact que malheureusement tout le monde s'en fout.
<br>
<i>Club idéal : Dijon Football Côte d'Or</i>
 ]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[L'alter-foot  rattrappé par le  bizzness]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/l-alter-foot-rattrappe-par-le-bizzness-148475.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/l-alter-foot-rattrappe-par-le-bizzness-148475.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-10-05T10:48:08Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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Article paru dans le numéro de Sport et Plein air, revue de la FSGT, d'octobre 2011 

 Il est courant d'opposer les formes dites alternatives de pratiques à la logique du sport qualifié de bizzness. Bref de séparer la vertu du vice. Ce raccourci occulte souvent la capacité des « marchands du temple »  à s'emparer des innovations, voire même de les stimuler, naturellement pour leur plus grand profit. La question se pose particulièrement dans le domaine&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Article paru dans le numéro de <a href="http://www.fsgt.org/spip.php?rubrique18">Sport et Plein air,</a> revue de la FSGT, d'octobre 2011 <br/><br/>
<strong> <i>Il est courant d'opposer les formes dites alternatives de pratiques à la logique du sport qualifié de bizzness. Bref de séparer la vertu du vice. Ce raccourci occulte souvent la capacité des « marchands du temple »  à s'emparer des innovations, voire même de les stimuler, naturellement pour leur plus grand profit. La question se pose particulièrement dans le domaine du football, premier sport en France, récemment questionner dans sa forme dominante et soumis à la concurrence des autres disciplines « plus authentiques » (handball, rugby, etc.).</i> </strong> <br/><br/><br/><br/>Les fédérations dites affinitaires dont la FSGT s'est toujours enorgueillie d'adopter une approche originale du phénomène sportif, pensé comme une matrice culturelle en perpétuelle mutation. Cette démarche s'est traduite dans le domaine du football par l'arbitrage à deux et évidemment le foot à 7.  Une telle volonté de répondre aux besoin de la population et non pas seulement de lui imposer des épreuves pyramidales destinées à produire une élite, s'inscrivait dans une logique de développement de la vie associative au plus près des joueurs, les incitant à prendre eux-mêmes en charge l'organisation de leur activité. Rien ne semble plus éloigné dans l'esprit et dans la lettre, en terme sociaux et même politiques, des objectifs du sport commercial toujours soucieux de dresser des églises autour des stars médiatiques et de refourguer ses chaussures et ses maillots.  Pourtant l'observation de la réalité tend à nuancer, voire à infirmer ce point de vue parfois un tantinet trop naïf, et ignorant l'inextricable entrelacement des filaments économiques, culturels et idéologiques.<br/><br/>
Une illustration extérieure à notre propos permet de mesurer l'imbrication de ces logiques qui dressent un tableau infiniment complexe du sport aujourd'hui, y compris dans les milieux populaires (car  comme  le disait Bob Marley en son temps : « Si je n'avais pas été musicien, j'aurais une star du football ... ou un révolutionnaire »). Récemment la « Gaité lyrique », salle d'exposition parisienne consacré aux cultures dites urbaines, a accueilli une rétrospective consacrée à l'univers du skate. Cette passion née dans la rue, subversive et profondément adolescente, liée à des mouvement musicaux « underground »,  fut aussi très rapidement transformée en emblème de la société de consommation, en tout cas d'une « appropriation critique »  de ses codes . Le football du haut de ses 150 ans d'existence en semble fort éloigné. Mais à bien y regarder, l'influence des nouvelles passions de la jeunesse du béton et la transformations des modes de vie, ont aussi subvertit en profondeur son existence, son modèle dominant,  renouvelant ses  référents et les « utilisations » du ballon rond.<br/><br/>La FFF, longtemps obsédée par l'équipe de France et son rôle dans la formation de l'élite professionnelle, avait laissé le champ libre avec un certain mépris à ces « marges » , qu'elle regroupait sous le chapeau méprisant des « autres football ». Seulement voilà, avec le recul des effectifs, la grogne des clubs d'en bas, la crise de la coupe du monde et l'affaire des quotas, les instances fédérales et  les DTN commencent timidement à se pencher sur le sujet. Des signes inquiétants les ont certes alerté, à l'instar du succès des formes alternatives, du foot de rue au futsal, et évidement du foot à 7 FSGT. La volonté de reconquête qui se manifeste pour l'instant à pas feutrés (piste de réflexions sur des environnements non compétitifs etc..)  s'inscrit dans un contexte général de remise en question de la légitimité des affinitaires par les fédés délégataires. <br/><br/>Mais le symptôme le plus inquiétant, et pour le coup commun, d'une menace sur la forme associative d'organisation du football réside dans  la multiplication des complexes privés vendant des packages clé en main (une centaine d'euros l'heure), flexibles et calé notamment sur les astreintes d'un temps de travail dérégulé. Loin de se limiter à offrir un service sur mesure (un foot dynamique, individualiste, sans formalisme), s'appuyant sur l'envie de jouer « entre soi » sans subir les aléas des championnats classiques ou la difficulté de trouver un terrain, ces sociétés, souvent implantées en périphérie, savent également s'ouvrir à  l'associatif considéré également comme un marché. Ils surfent sur la fusion des genre, par exemple entre la culture commune du football et les apparats modernes du hip-hop.  Il en fonctionne aujourd'hui plus d'une dizaine  autour de la capitale , dont le premier fut lancé par deux anciens deux anciens élèves d'HEC à Puteaux. On en annonce  bientôt dans Paris  intra-muros ou pourtant le cout du terrain devrait rester en principe prohibitif. <br/><br/>Cette réalité interpelle. Promouvoir un foot émancipateur et auto-organisé ne saurait suffire. D'autant plus que les frontière sont poreuses et pas uniquement en négatif. De nombreux adhérents de la FSGT par exemple vont fréquenter ces « locaux », par le biais de leur CE ou de leur réseaux amicaux. Mais ces derniers manquent malgré tout manquent du savoir faire et de l'assise sociale pour mettre en place pleinement un foot pérenne. Ils se révèlent donc aussi des lieux de « promotion » en directe des « compétitions » associatives. Il ne faut donc pas jouer au curé rouge du foot populaire, sans pour autant baisser la garde .]]></content:encoded>
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	</item>
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		<title><![CDATA[David Douillet: moins de Pétard, plus de Qatar!]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/david-douillet-moins-de-petard-plus-de-qatar-148353.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-10-02T20:54:15Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="http://i.sofoot.com/IMG/img-david-douillet-moins-de-petard-plus-de-qatar-1317571670_x100_articles-148353.jpg">
Après une karateka, un judoka ! Et qui plus est un transfert du « secrétariat d'État chargé des Français de l'étranger ». Bref du lourd ! David Douillet devient donc le quatrième membre du gouvernement en charge des sports depuis l'élection de Nicolas Sarkozy (le cinquième en comptant l'intérim de Madame Bachelot).

Une telle instabilité souligne un sens certain, voire désinvolte, du Mercato chez le plus sportif des Président de la cinquième république. Cela dit, dans les colonnes du Parisien, le&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Après une karateka, un judoka ! Et qui plus est un transfert du « secrétariat d'État chargé des Français de l'étranger ». Bref du lourd ! David Douillet devient donc le quatrième membre du gouvernement en charge des sports depuis l'élection de Nicolas Sarkozy (le cinquième en comptant l'intérim de Madame Bachelot).<br/><br/>Une telle instabilité souligne un sens certain, voire désinvolte, du Mercato chez le plus sportif des Président de la cinquième république. Cela dit, dans les colonnes du Parisien, le nouveau venu a su trouver les mots justes pour soulager nos inquiétudes républicaines : «  <i>La continuité de l'action ministérielle est préservée avec la direction des sports. Il n'y a donc aucun problème.</i> » Bientôt, grâce à un bon Dir Cab, épargnons-nous la présidentielle !<br/><br/>Chantal Jouanno, quitte ainsi de son coté son poste, comme elle l'avait déjà laissé entendre avant l'élection, pour se « consacrer à 100 % au Sénat et à Paris » (la droite parisienne a en effet grand besoin de réconfort), et aussi un peu sous la pression du groupe UMP qui caressait encore le doux et vain espoir de garder la présidence de la haute chambre (c'est beau la démocratie vue d'un perchoir).<br/><br/>Elle y était arrivée afin de faire oublier la trublionne Rama Yade et ramener un peu le sport dans les roues de l'élection de 2012. Elle aura du gérer l'inattendue crise des « quotas » (en subissant l'insatisfaction présidentielle après une position jugée trop dure envers la FFF et trop « molle » sur la binationalité), tout en rassurant un mouvement sportif inquiet devant certaines mesures, telle que la réforme territoriale (largement rabotée au passage sur son volet sportif par le précédent sénat). Certains dossiers « sérieux » (comprenez quand on parle gros sous), à l'instar du financement des grands stades de l'Euro 2016, lui échappant. Elle abandonne le bateau alors que la FFF s'apprête de nouveau à vivre une saison de doute existentiel entre la chute dramatique des effectifs et frayeurs légitimes concernant la qualification des Bleus.<br/><br/>David Douillet va prendre le relais et continuer ainsi sa mission de VRP pré-électoral en trimballant sur les inaugurations de stades sa stature d'homme aux pièces jaunes qui a gagné plein de médailles olympiques. Il va aussi devoir décider de l'avenir de l'« assemblée du sport », gigantesque machinerie de « démocratie participative », patronat y compris et syndicats en moins, mise en place cette année à grand renfort de publicité. Une institution que la nouvelle sénatrice parisienne voulait rendre pérenne pour marquer son passage aux commandes, et dont on se demande désormais à quoi elle va bien servir.<br/><br/>Cela dit le plus costaud des chiraquiens touche enfin au Graal d'un ministère auquel il n'a jamais cessé de prétendre et pour lequel il avait nourri quelques grandes idées (son rapport sur « l'attractivité de la France pour l'organisation de grand événements sportifs », ressemblait à s'y méprendre à une feuille de route ministérielle). <br/><br/>Sa première grande interview dans les colonnes du Parisien se révéla de ce point de vue un bon indicateur de la « vision » qu'il nourrit pour sport français. Contraint d'abord de se justifier au sujet de quelques déclarations « autobiographiques » (il avait alors 20 ans, la valeur n'attend pas le nombre des années), ou il assumait un machisme sans honte et une homophobie pénarde (alors que la lutte contre les discriminations constituait un axe fort des deux « bonnes femmes » qui lui avait précédemment piqué son du) , il a simplement résumé l'affaire à une banale bêtise de jeunesse et botté en touche  par une ritournelle bouddhiste « <i>Elle</i> (la citation) <i>n'est pas ce que je suis</i> ».  Les footballeuses peuvent souffler, il a changé. Pour le reste, il n'a pas encore signé l'interdiction de la <a href="http://www.fsgl.org/">FSGL</a>.<br/><br/>Au-delà, le grand pote de Luc Ferry (autre cador de la déclaration choc), enfile les évidences sur la droite (les gentils) et la gauche (les méchants). On y découvre toutefois de très fines analyses sur le monde du sport et sur le foot en particulier. Interrogé notamment sur le cas de Yannick Noah en délicatesse avec le fisc, il ne peut s'empêcher de tacler l'autre personnalité préférée des français « sur le flanc gauche » « <i>Car c'est tout de même assez bizarre de dire qu'il aime la France, tout en habitant une bonne partie de l'année à l'étranger</i> (NDLR du Parisien : Yannick Noah réside dans les Yvelines depuis 2004, paie ses impôts en France, mais possède un appartement à New York). <i>Apparemment, il y a beaucoup d'ambiguïté dans ce qu'il dit et ce qu'il fait...</i> » <br/><br/>Des propos étonnant de la part de d'un ancien secrétaire d'État dont le principal job consistait à flatter les évadés fiscaux et atténuer auprès des expatriés les dégâts nés du débat sur la double nationalité. Autant de rigueur patriotique devrait dés lors inquiéter toutes nos stars du ballon qui égrènent leurs exploits dans la premier league ou en Liga. Les prémisses d'une campagne, dans le style du « serment aux armes de la France » ? Surtout, l'année ou s'annonce une baisse des contrôles antidopage faute de moyens (surtout en L1), ses belles envolées de père fouettard sur les risques des drogues douces ressemblent, à s'y méprendre, à cette bonne morale réac qui ne s'applique jamais qu'aux autres.<br/><br/>Pour conclure, loin des inquiétudes souverainistes exprimées par Chantal Jouanno, notre ceinture noire plaque les mauvais esprits au sol, en entonnant un joli medley sur la joie du capitalisme made in Qatar et des tribunes toutes propres : «<i> Au PSG, Robin Leproux avait quand même effectué un bon travail préparatoire. Aujourd'hui, on retrouve des familles au Parc des Princes. Ensuite, avoir de nouveaux investisseurs me réjouit. Tout le football français en profite.</i>» Où le bonheur du Petit Nicolas quand il va en loge vip !<br/><br/>PS : Son premier objectif  pour son entrée en fonction  mérite quand même le détour :«  <i>Je vais moi-même essayer de faire le déplacement en Nouvelle-Zélande, pour le match des quarts, afin de les encourager.</i> » Surement un  élan de solidarité envers Marc Liévremont et son désormais célèbre  « « <i>Dès qu'on écorche un peu le rugby féminin, on passe pour un gros macho, ce que je ne suis pas. Mais je considère qu'il y a des sports plus féminins.</i> » Espérons que le repas d'après match soit filmé, ce sera grand à coup sûr!]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Le Titanic du foot amateur?]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-09-22T08:44:10Z]]></dc:date>
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		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Pendant que la Fédération bataillait sec pour son contrat avec TF1 (beaucoup moins avantageux que par le passé) et Nike (qui lui fait payer cher la moindre entorse, notamment chez les féminines qui iront aux JO avec Addidas), tout en négociant d'autre part les indemnités de départ de Domenech, à la base, dans les clubs locaux ou d'entreprise, la chute des effectifs se poursuit inéluctablement. Et cela depuis 6 ans maintenant. Au point que désormais le ballon rond est tombé en-dessous des deux mi&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Pendant que la Fédération bataillait sec pour son contrat avec TF1 (beaucoup moins avantageux que par le passé) et Nike (qui lui fait payer cher la moindre entorse, notamment chez les féminines qui iront aux JO avec Addidas), tout en négociant d'autre part les indemnités de départ de Domenech, à la base, dans les clubs locaux ou d'entreprise, la chute des effectifs se poursuit inéluctablement. Et cela depuis 6 ans maintenant. Au point que désormais le ballon rond est tombé en-dessous des deux millions d'encartés. La bonne tenue du futsal constitue en retour un trop petit réconfort, comme si les ventes de vinyles pouvaient sauver aujourd'hui l'industrie du disque. Dans un communiqué de reprise de saison l'AFFA, dénonce donc de nouveau «  le gouffre qui sépare la FFF de ses licenciés ».<br/><br/>Cette rentrée s'annonce d'ailleurs encore plus catastrophique (-14,5 %), et le départ massif des dirigeants et autres bénévoles risque certainement d'empirer les stats à venir. Les chiffres les plus inquiétants se retrouvent au passage chez les jeunes (-18%) et chez les filles (-17%), sensées pourtant remonter le moral des troupes après le beau parcours « éthique » des bleues. Les causes sont nombreuses, et beaucoup, avec raison, pointent l'image détériorée et vérolée de l'EDF, qui effrayerait les parents désireux de faire pratiquer un sport à leur gamins ou gamines. <br/><br/>N'oublions toutefois pas que l'inversion de la courbe a débuté bien avant les crises de nerf et de gouvernance du mondial sud-africain. Les questions de fond (réforme territoriale qui épuise les ressources publiques, politiques fédérales et des districts pantouflardes, pensant probablement que la position dominante face aux autres disciplines relevait d'une rente automatique, etc.) demeurent toujours trop souvent abordées de manière pour le moins évasive. La DTN, sur la sellette et en pleine aggiornamento, devra peut-être aussi se pencher , à un moment quelconque, sur le moyen de reconstruire un foot éducatif et de plaisir.<br/><br/>A la suite de son élection, Noël Le Graët avait promis « de mettre l'économie au service du football amateur ». Effectivement , il serait temps avant d'être dépassé par le hand.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Rentrée littéraire foot (et augmentée)]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/rentree-litteraire-foot-et-augmentee-147443.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/rentree-litteraire-foot-et-augmentee-147443.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-09-13T13:20:31Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
 Pendant que tous les chroniqueurs vous gavent avec le dernier Jonathan Franzen, le portrait  du russe maudit Limonov ou les plagiats de Macé-Scaron (comme pour Thierry Henry, honteux celui qui se fait prendre), les amateurs de foot peuvent malgré tout dénicher, au milieu du déluge de parutions de la rentrée.  

Commençons par une infidélité, en hommage à l'autre Coupe du monde, celle du football-rugby, et conseillons la lecture de l'ouvrage collectif (sous la direction de Patrick Clastres&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong> <i>Pendant que tous les chroniqueurs vous gavent avec le dernier Jonathan Franzen, le portrait  du russe maudit Limonov ou les plagiats de Macé-Scaron (comme pour Thierry Henry, honteux celui qui se fait prendre), les amateurs de foot peuvent malgré tout dénicher, au milieu du déluge de parutions de la rentrée.</i> </strong> <br/><br/>Commençons par une infidélité, en hommage à l'autre Coupe du monde, celle du football-rugby, et conseillons la lecture de l'ouvrage collectif (sous la direction de Patrick Clastres et Paul Dietschy) <a href="http://www.nouveau-monde.net/livre/?GCOI=84736100929480">"Le rugby, une histoire entre village et monde"</a> (Nouveau Monde éditions). Ne serait-ce que pour le papier du journaliste Elvis ( !) Lucchese, abordant avec érudition les liens incestueux entre l'ovalie et le fascisme en Italie (et par exemple l'implication de certains joueurs dans les années de plomb et du terrorisme "noir").<br/><br/>Revenons à nos moutons et commençons par rattraper un oubli, en rendant un petit hommage appuyé au <a href="http://www.donquichotte-editions.com/documents/donqui/donqui-foot/">"Donqui Foot"</a> (Don Quichotte) d'Hubert Artus (malgré la préface d'Abd Al Malik), « dictionnaire rock, historique et politique » à vocation d'éducation populaire. Les amateurs de contre-culture devraient également d'ailleurs trouver leur bonheur dans l'excellent premier numéro de la revue <a href="http://larevueschnock.com/">"Schnock"</a> (éditions Le Tengo), cultivant la nostalgie de la France des années 70 avec des faux-airs de feu "Antijour". Le tout servi avec dandysme accompagné  en plat principal d'un copieux dossier sur Jean-Pierre Marielle, l'homme des répliques classées au patrimoine national. Illustration : « Ce mec dans son bled il mangeait des racines, ici c'est champagne et compagnie : alors comment veux-tu qu'il joue au foot ? » (1975). A noter aussi la politique fiction de Tristan Garcia, avec de l'Ajax d'Amsterdam dedans...<br/><br/>Pour les fan d'histoire "sérieuse", sans être forcément trop universitaire, il reste encore sûrement en circulation deux ou trois exemplaires de la<a href="http://www.lepasdoiseau.com/data/domaine%20cycliste.html#presse"> "La presse et le sport sous l'occupation"</a> (Pas de l'oiseau) par Jacques Seray, panorama assez complet d'où ressort parfaitement l'aversion de Vichy face à ce football trop urbain et "métèque". La prestigieuse revue <i><a href="http://www.pressesdesciencespo.fr/fr/livre/?GCOI=27246100281490">Vingtième siècle</a></i> (Presses de Science po) remet de son côté le couvert sur le ballon rond, après son fondamentale n° de juin 1990, avec une livraison « "Le foot, du local au mondial",  ou l'on notera le contribution de Marion Fontaine sur « le football et mobilisations politiques dans les Mines ».<br/><br/>Dans  la veine patrimoniale, parmi les ouvrages à la gloire d'un club, petit avantage au recueil sur l'"["USVA VAFC - Histoire du football professionnel à Valenciennes"->http://boutique.editions-sutton.com/Article/USVA---VAFC---Histoire-du-foot-pro-a-Valenciennes.aspx] (Allan Sutton) de Gilbert Hocq, rien que pour goûter cette merveilleuse citation de Peter O'Dowd, star chèrement recrutée en 1935 à l'occasion de la montée en première division et qui expliqua ensuite : « Déjà désabusé la saison dernière à Chelsea, j'ai atteint le sommet du dégoût en France et ma carrière de footballeur est terminée. J'ai un commerce à Londres que gère actuellement mon épouse. Je vais remiser les souliers à crampons pour vendre des cigarettes ». T'en penses quoi Joe Cole ?<br/><br/> Enfin toujours pour nos amis expulsés des tribunes parisiennes, nul doute que la lecture De <a href="http://www.lesinrocks.com/livres-arts-scenes/livres-arts-scenes-article/t/66453/date/2011-06-19/article/fantasme-decortique-sublime-paris-inspire-toujours/">"Paris sous tension"</a> (La Fabrique) d'Eric Hazan, splendide odyssée élégiaque dans le Paname révolutionnaire et gavroche, leur fera verser une petite larme sur la fin d'une époque.<br/><br/>Et aussi...<br/><br/>"<a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33984">Les grands stades. Au c&#339;ur des enjeux économiques et sociaux entre collectivités publiques et clubs professionnels"</a> (éd. L'harmattan), très intéressant, instructif et presque indispensable,  pas franchement le plus accessible, mais précieux quand on sait à quel point les entrepreneurs du BTP se réjouisssent de la manne que va constituer l'euro 2016 (http://www.sudouest.fr/2011/09/05/euro-2016-les-nouveaux-stades-une-bonne-affaire-pour-le-btp-490964-4812.php) en cette période de vache maïgres.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Rugby is a fake !]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/rugby-is-a-fake-147382.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/rugby-is-a-fake-147382.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-09-12T09:58:25Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
 Rugby, l'imposture ?

 En France, le rugby ne cesse jamais d'entonner le couplet d'opérette du sport plus authentique, le plus éthique, le plus correct, le plus progressiste. La Coupe du monde qui s'ouvre en Nouvelle-Zélande, dans cet Hémisphère sud qui règne en maître avec des All Blacks en guise de Barça à XV, offre une nouvelle fois l'occasion à la presse et aux beaux esprits des plateaux télé de venir élever un veau d'or à l'Ovalie. En dépit de la réalité et de l'histo ire.

Aujourd&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>
Rugby, l'imposture ?</strong><br/><br/>
<strong> <i>En France, le rugby ne cesse jamais d'entonner le couplet d'opérette du sport plus authentique, le plus éthique, le plus correct, le plus progressiste. La Coupe du monde qui s'ouvre en Nouvelle-Zélande, dans cet Hémisphère sud qui règne en maître avec des All Blacks en guise de Barça à XV, offre une nouvelle fois l'occasion à la presse et aux beaux esprits des plateaux télé de venir élever un veau d'or à l'Ovalie. En dépit de la réalité et de l'histo</i> </strong>ire.<br/><br/>Aujourd'hui, c'est un petit article dans le gratuit 20minutes qui annonce la « bonne nouvelle », sondage à l'appui : désormais les Français préféreraient le rugby au foot, à près de 60%. Hormis les inévitables doutes que soulève ce genre d'enquête (effet d'aubaine, formulation ambiguë, etc.), on ne peut donc que légitimement se demander les raisons du fossé qui demeure encore à ce point béant (écart du nombre de pratiquants, audimat, etc..) entre les deux ballons. Une des raisons quantifiées par BVA se situerait au niveau social, les ouvriers résistant davantage à l'attrait du jeu à la main que les cadres sup'. Bref, la passion des "pauvres" du café du commerce contre le penchant des CSP+ tendance bistrot du sud-ouest.<br/><br/>Naturellement le contexte - de Knysna aux quotas sans oublier l'épuisement du foot amateur qui perd depuis quatre ans des licenciés -, fonde en partie ce retournement symbolique, amplifié par la Coupe du Monde et sa surexposition médiatique. Mais surtout, il n'y a rien de neuf. Depuis toujours ce type de gadgets reflète avant tout la façon dont le panel sollicité enregistre et restitue l'idéologique dominante. Et depuis plus d'un siècle, les élites et la presse entretiennent cette illusion que le vrai "sport" se compte à coups d'essais, et qu'il porte seul et fièrement les valeurs "pures" d'amateurisme, de convivialité entre gens de bonne compagnie, et de masculinité conquérante. En face, le foot transporterait ad vitam les scories des milieux populairesb : vulgarité, triche, maintenant racisme et violence etc. 1998 avait certes converti certains intellos et politiques aux "Bleus", 2010 marque donc un logique retour à l'ordre "naturel" des choses. Pourtant, l'étude un peu sérieuse de l'histoire "matérialiste" casse brique par brique ces belles constructions conceptuelles. La réalité du rugby ne se résume pas à quelques envolées lyriques humanistes (Daniel Herrero) ou gaullistes (Tillinac).<br/><br/>Par exemple, rappelons aux mémoires sélectives que ce fut justement au nom du savoir-vivre et du fair-play cher au Baron de Coubertin que le rugby fut évincé dès les années 20 de la famille olympique. En 1931, les Britons virèrent de même le coq du Tournoi des Cinq Nations sous les accusations de professionnalisme masqué et de violence mal contrôlée. Plus tard, enfant chéri de Vichy car "viril et enraciné" (cela dit encore aujourd'hui la FNSEA explique dans un communiqué de soutien "Inscrite dans la ruralité, l'ovalie partage avec le monde agricole les valeurs de solidarité, de résistance et d'esprit d'équipe."), le rugby à XV en profita pour tordre le cou à son rival professionnel et populaire "à XIII", seule fédération interdite pendant l'occupation. Bien des années plus tard, la FFR se distingua par ses relations excessivement amicales avec son homologue sud-africaine au temps de l'Apartheid et son président Albert Ferrasse ne se résigna au boycott que sous la pression politique de l'alternance en 1981. Continuant le survol chronologique, le rugby imita de plus en plus sans oser le dire son "frère ennemi", bien qu'il ne fit sauter le verrou de l'amateurisme qu'en 1995. Il rattrapa cependant avec diligence le temps perdu dans la course au professionnalisme et au sport spectacle, notamment grâce à la caricature d'un Stade Français (pourtant modèle de l'élitisme social) de Max Guazzini et de ses inoubliables pom-pom girls, le tout associé à la figure ô combien emblématique de Bernard Laporte.<br/><br/>La création de la Coupe du monde en 1987, invitant avec largesse des nations mineures (Russie, Canada,...) à venir démontrer la mondialisation enfin complétée de l'ovalie, prouva que le rugby ne sait s'y prendre autrement qu'en copiant (syndrome du doublon) les méthodes, pourtant dénoncées au fil des interviews, du premier des sports. Toutefois, on ne renverse pas une hiérarchie économique et culturelle déjà bien installée aussi facilement. En 1998, l'IRFB - International Football Rugby Board, reflet de la FIFA - avait ainsi finalement renoncé au "F" dans son sigle, entérinant sa défaite sémantique. Heureusement, entre les dix ans du 11 septembre et les mêlées matinales en Nouvelle-Zélande, on pouvait mater PSG-Brest sur Canal Plus.<br/><br/>Nicolas Kssis-Martov]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[2012 en 5 questions footballistiques]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/2012-en-5-questions-footballistiques-147125.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/2012-en-5-questions-footballistiques-147125.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-09-04T21:34:11Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
L'élection présidentielle s'annonce corsée, sur fond de montée des populismes conservateurs et de gentrification de la gauche, pendant que les centres se cherchent encore une identité et que les verts découvrent les joies de la démagogie. Longtemps favori d'office, à l'instar de l'OL, Sarko doit quasiment se résigner au rôle de challenger, en attendant que les primaires socialistes (comme celles entre l'OM et le PSG) décident de son "moins pire" opposant. Mais au-delà des choix tactiques et d'un&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->L'élection présidentielle s'annonce corsée, sur fond de montée des populismes conservateurs et de gentrification de la gauche, pendant que les centres se cherchent encore une identité et que les verts découvrent les joies de la démagogie. Longtemps favori d'office, à l'instar de l'OL, Sarko doit quasiment se résigner au rôle de challenger, en attendant que les primaires socialistes (comme celles entre l'OM et le PSG) décident de son "moins pire" opposant. Mais au-delà des choix tactiques et d'un mercato tardif, le foot français et la L1 ont déjà balisé à leur façon les prochaines thématiques de la campagne. Voici les 5 points qui vont diviser la France en 2012.<br/><br/><strong>1- Mondialisation / Démondialisation</strong><br/><br/>Après l'oeil de Moscou, la chéquier de Doha ? La France a pu aimer son empire mais elle a du mal à se résigner à ce monde du capitalisme multipolaire ou les nouvelles puissances "obscures" parlent autant arabe ou russe qu'anglais. Le rachat du PSG par les qataris, avec la bénédiction présidentielle, pendant que Chantal Jouanno risquait son poste pour une envolée gaullo-zemouriennes, appose la marque de "l'infamie" mondialiste, nouvelle vaseline prolétarienne des gars de la Marine, sur le front footballistique de la nation de Jaurès et Zidane. La conversion de Martine Aubry à la révolution numérique et à l'interprétation amércaine/anglo-saxonne de la sociale-démocratie (le "care") permettront-ils à la gauche de relever le gant sans basculer dans le passéisme ni perdre son goût du peuple? Bref, le LOSC peut-il garder son titre sans perdre son âme ?<br/><br/><strong>2- Les milieux populaires</strong><br/><br/>De la droite populaire qui veut suspendre le droit de grève au nom des vacances de Dupont-Lajoie au NPA qui présente un bon ouvrier de chez nous ex de LO, tout le monde court après ceux qui prennent la crise en pleine tronche. Mais attention, on fait le tri, de la France qui travaille aux "seuls gaulois" du FN en passant par les petites gens du Front de Gauche, chacun fantasme et formate son noble peuple. Le foot français a montré la voie en commençant à épurer  le petit monde des supporters (avec le cas emblématique et complexe du PSG), qui va sûrement connaître en 2012 sa grande leçon de réalisme : pas besoin du peuple pour avoir un foot populaire. Une fois de plus, dans le droit fil du think tank Terra Nova, la gauche, à l'exception notable et surprenante du PCF, passe la main et préfère parler de défilé militaire et de la dernière provoque de papa Le Pen.<br/><br/><strong>3- L'Europe absente</strong><br/><br/>Alors que Govou fuit la Grèce pour trouver refuge dans la mère-patrie du côté d'Evian, il semblerait que l'ensemble de la classe politique n'ait guère envie de casser les pieds de nos concitoyens avec une question pourtant aussi cruciale que le rôle de l'Europe (hormis les habituelles embardées anti-Euro du FN). Le peuple français n'a plus son mot à dire sur l'avenir de l'UE ? Tout ne se jouerait déjà plus qu'entre Berlin, Londres et Rome ? Après tout, qui doute encore que la Champion's League se disputera entre la perfide Albion et l'Espagne ? Et la désignation de Rudi Garcia comme meilleur entraineur français n'y changera pas grand chose.<br/><br/><strong>4- Régulation financière et économique</strong><br/><br/>La crise financière, devenue économique au fur et à mesure que les dettes des banques se muaient en taux de chômage des nations, va surement s'imposer comme le ghostwriter de cette campagne présidentielle. Et le fétiche de la régulation, agité par l'ensemble de la classe politique, va de nouveau s'élever en totem protecteur censé garantir le retour de la toute puissance des Etats. On se demande toutefois ce qui pourrait effrayer le CAC 40. En effet, l'exemple du foot, de la DNCG au futur fair-play de l'UEFA, démontre qu'il s'agit surtout de jouer plus à l'urgentiste qu'au gendarme. En d'autres termes, davantage de déclarer la mort clinique des petits perdants du système que de corriger un tant soit peu les excès du G20 du ballon rond. On est loin de la révolution d'octobre et même du New Deal de Roosevelt.<br/><br/><strong>5- Islam et Immigration</strong><br/><br/>La présidentielle a peut-être débuté dans un bus en Afrique du Sud. Et pris sa tonalité finale entre une droite qui se lâche, une gauche qui bafouille et un FN ramasse sans mot dire. Une affaire des quotas plus tard - ou reconnaissons-le l'attitude de Jouanno fit oublier avantageusement les délires de Bachelot - et d'apéro-saucisson en polémique sur l'Islam, le débat "républicain" s'est dramatiquement abaissé à chasser "le mauvais français" binational. La peur de la femme en niqab cumulée à celle du joueur black qui mange hallal dépeignent désormais la figure emblématique de l'échec de l'intégration de ces troisièmes générations si "ingrates". Constat d'autant plus prégnant que le beau parcours des Bleues a renvoyé, à leur corps défendant, le souvenir très "années 80" d'un foot "sain" ou les minorités restaient avec le sourire à leur place. Marine Le Pen ne s'est-elle pas présentée à Hénin-Beaumont, doté d'une belle équipe féminine ?<br/><br/>Nicolas Kssis-Martov]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Le footeux, un riche comme un autre ?]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/le-footeux-un-riche-comme-un-autre-146984.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-08-31T09:24:15Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
 L'état français va donc devoir se serrer la ceinture pour conserver la précieuse note AAA et de ce fait mettre à contribution le pays dans son ensemble. Or les plus malins des patrons ont devancé la course démagogique style « haro sur les riches » pour proposer de leur propre chef une contribution exceptionnelle afin de réduire les déficits publics. Les footballeurs ne seraient-ils pas inspirés d'en faire autant avant qu'un député UMP « droite populaire » n'en dégaine l'idée pour court-circu&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><i> <strong>L'état français va donc devoir se serrer la ceinture pour conserver la précieuse note AAA et de ce fait mettre à contribution le pays dans son ensemble. Or les plus malins des patrons ont devancé la course démagogique style « haro sur les riches » pour proposer de leur propre chef une contribution exceptionnelle afin de réduire les déficits publics. Les footballeurs ne seraient-ils pas inspirés d'en faire autant avant qu'un député UMP « droite populaire » n'en dégaine l'idée pour court-circuiter le FN ?</strong> </i><br/><br/>Le Premier Ministre a finalement annoncé, mercredi, une série de mesures destinées à réduire le train de vie de l'Etat et surtout sa dette qui menace dangereusement sa position face aux marchés financiers. Si, en apparence, le gouvernement s'est engagé à ne pas toucher aux impôts directs, de fait l'ensemble des ménages, en creux par les coupes budgétaires ou directement avec les rabotages sur les niches fiscales, va en subir les conséquences. C'est dans ce contexte - et alors que la cagnotte des foyers les plus favorisés suit une courbe exponentielle depuis 2002 (+24 % en moyenne en 2010 pour les boss du CAC 40) -, que 16 patrons français et non des moindres, dont la « généreuse » Liliane Bettencourt, ont lancé un appel sur le site du Nouvel Obs et publié dans l'édition papier, réclamant « l'instauration d'une "contribution exceptionnelle" qui toucherait les contribuables français les plus favorisés » (imitant en cela la précédente saillie du milliardaire américain Warren Buffet, ndlr). Tactiquement bien joué dans un excellent timing, ce provisoire « sacrifice volontaire », s'inscrivant dans une « réforme générale », accompagne finement une mesure inévitable pour la droite qui désire, à quelques mois de la Présidentielle, éviter de répéter l'erreur du bouclier fiscal.
Pastore, Lisandro, Valbuena...<br/><br/>Au final cette décision « symbolique » devrait toucher ceux et celles émargeant à plus de 500 000 d'euros l'année. Parmi eux se compteront évidemment quelques footballeurs français ou étrangers comme Yoann Gourcuff, Matthieu Valbuena, Lisandro Lopez ou encore la nouvelle recrue du PSG Javier Pastore (qui ne doit nourrir aucun regret, vu que même Berlusconi y songe désormais). Les expatriés en Angleterre pourront pour leur part continuer à sourire à la face de la patrie du prélèvement obligatoire et des tranches progressives. Les stars à crampons devraient cependant adopter un profil bas et profiter de l'occasion en guise de repentance post-Knysna, démontrant ainsi qu'ils ont compris la leçon ou, tout du moins, qu'ils savent encore préserver les apparences. Les « gentils patrons » ont su en tout cas trouver de leur coté des mots surprenants pour séduire le citoyen lambda, qu'ils soupçonnent sûrement de croire toujours aux vertus de la protection sociale : « Nous sommes conscients d'avoir pleinement bénéficié d'un modèle français et d'un environnement européen auxquels nous sommes attachés et que nous souhaitons contribuer à préserver ». Dépourvus de toute « conscience de classe », y compris en tant que privilégiés devant ruser avec la démocratie d'opinion, les footballeurs sont-ils simplement capables de s'emparer de ce type d'opportunité démagogique peu coûteuse ?<br/><br/>Car l'ensemble de ce petit monde cultive, avec un aplomb déconcertant d'inculture politique, un délire antifiscal qui s'était exprimé à plein lors de la suppression, pourtant planifié dés sa création, du droit à l'image collectif. Que le propos se résume au «  on est au bord de la faillite » des présidents clubs, ou encore dans le « pourquoi me confisque-t-on l'argent si durement gagné avec mon talent ? » à la sauce Anelka, tous les acteurs convergent pour juger l'impôt inutile voire dangereux pour le foot pro. Ils finissent surtout par concevoir leur place dans la société comme une espèce de bulle qu'aucune considération sociale ne devrait pénétrer. La crise, enfin la dernière en date, celle du mois d'août, va pourtant frapper rapidement à la porte de l'économie du pays et, à moins de jouer les autistes, il faudra bien que le foot français se penche sur autre chose que les droits télés. Les braves gars qui le font vivre de leur abonnement à Canal Plus ou en achetant le maillot pour le fiston, apprécieront peu]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Supporters ou consommateurs ?]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-08-22T21:57:20Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
 La L1 est à peine lancée, et déjà les commentateurs et autres experts de France 3 déplorent l'impatience bruyante du public, notamment au Parc des Princes. Pourtant, on ne peut pas virer la composante ultra des tribunes au profit de simples clients du club et s'étonner ensuite que ces nouveaux consommateurs du spectacle sportif réclament le respect du devis d'une équipe engrossée de transferts entre 20 et 40 millions d'euros chacun. Attention, bientôt le magazine "Que Choisir" risque de se p&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><i> <strong>La L1 est à peine lancée, et déjà les commentateurs et autres experts de France 3 déplorent l'impatience bruyante du public, notamment au Parc des Princes. Pourtant, on ne peut pas virer la composante ultra des tribunes au profit de simples clients du club et s'étonner ensuite que ces nouveaux consommateurs du spectacle sportif réclament le respect du devis d'une équipe engrossée de transferts entre 20 et 40 millions d'euros chacun. Attention, bientôt le magazine "Que Choisir" risque de se pencher sur la question...</strong> </i><br/><br/>
Le paradoxe qui attend un foot pro en quête perpétuelle d'un modèle stable et rentable n'est pas des moindres : comment intégrer les "fans" (pour rependre un vocable allemand de plus en plus en vogue chez les présidents français depuis le plan Leproux) dans l'équation vertueuse d'un investissement financier dont l'accroissement réduirait au minimum les aléas sportifs des résultats ? Bonne question.<br/><br/>Car à couper le lien affectif, parfois certes compliqué et coûteux à gérer, entre le supporter et son club, reste juste le contrat de vente (d'une place ou d'un abonnement) entre l'acheteur et le propriétaire de l'effectif de la saison en cours. Si le public parisien, venu de nouveau en nombre voir la prestation du PSG contre Lorient (0-1), avait non seulement de bonnes raisons footballistiques de manifester son mécontentement, il était surtout parfaitement dans son droit de consommateur réclamant le respect des conditions générales de vente, comme n'importe quel usager d'une offre internet dont la Box Wifi tomberait en rade... En effet, les broncas qui vont résonner à l'avenir dans les stades rénovés ou construits pour l'Euro 2016 n'auront pas grand chose à voir avec les actions, banderoles ou "grèves" d'autrefois, comme celles qu'appelle par exemple de ses v&#339;ux le collectif "Liberté pour les abonnés" à l'occasion du prochain Paris-Brest. Le changement de vocabulaire sous-tend un passage de relais d'un public populaire à un autre.
Des hotlines "Tous PSG" ?<br/><br/>Aux angoisses suscitées par des minorités turbulentes vont ainsi succéder l'obsession du taux de remplissage comme dans n'importe quel Club Med. Difficile alors, en pleine crise économique, de compter sur les sacrifices - et encore moins les encouragements - des passionnés, surtout quand la prestation promise sur le terrain n'est pas au rendez-vous. Le PSG va peut-être expérimenter cette année la transformation des associations de supporters en lobby de consommateurs version 2.0, un peu à l'instar d'un mouvement social surclassé par la masse informe des indignés. Gueuler est un défouloir légitime, et représente presque le service minimum devant l'indigence du jeu des stars du ballon qui se goinfrent de l'amour foot du citoyen lambda nostalgique de ces matchs en minime au Mée-Sur-Seine, qui par ailleurs ne dérange ni ne change rien. Alors, bientôt des hotlines "Tous PSG" délocalisées au Maroc ?<br/><br/>Quoi qu'il en soit, l'individualisation de l'attachement au maillot, avec le rêve de le mondialiser pour le vendre en imitant Manchester United ou le Real Madrid, va sûrement priver encore un peu plus le PSG de son fragile lien avec les diverses fractions, souvent antagonistes, du peuple de Paris et de sa banlieue. Cela dit, les Qataris ont acquis le club de la ville lumière. Pas celui de Paname, fut-il United ! Dé là à imaginer que le PSG se mue en une méga-production bientôt au Stade de France... Au fait, le club francilien remboursera-t-il le prix des places si l'on porte l'affaire au tribunal ?]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Opium du peuple ou prozac des lads : foot, émeutes et contrôle social in UK]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-08-21T23:00:21Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
 La perfide Albion a donc subit à son tour, et malgré son heureuse mixité urbaine proclamée, quelques jours d'émeutes et de pillage des magasins high tech. Heureusement le championnat a débuté, Rooney a dit son dégoût, et tout est rentré dans l'ordre pour le plus grand bonheur des tories, qui ne savaient plus comment faire oublier leur incapacité à gérer la crise économique. Le football, de l'opium du peuple au prozac des lads, Karl Marx doit se retourner dans sa tombe londonienne! 

  La d&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong> <i>La perfide Albion a donc subit à son tour, et malgré son heureuse mixité urbaine proclamée, quelques jours d'émeutes et de pillage des magasins high tech. Heureusement le championnat a débuté, Rooney a dit son dégoût, et tout est rentré dans l'ordre pour le plus grand bonheur des tories, qui ne savaient plus comment faire oublier leur incapacité à gérer la crise économique. Le football, de l'opium du peuple au prozac des lads, Karl Marx doit se retourner dans sa tombe londonienne!</i> </strong><br/><br/> 
La dimension soudaine, brutale et nihiliste de ces émeutes, qui n'en ont en effet pas grand chose à  voire avec une  quelconque  forme de révolte « consciente », ont laissé sans voie gouvernants, policiers et experts. Tout juste quelques timides observateurs ont osé susurrer à l'oreille des médias les inévitables ondes sismiques de vingt années de politique ultra-libérale et anti « welfare state ». Mais au-delà  des analyses de fond, c'est aussi oublier un peu vite (sans en passer par la lecture des classiques de Norbert Elias à Eric J. Hobsbawm) la vieille histoire anglaise d'une violence sociale autiste et quasi auto-suffisante au sein des milieux populaires, en tout cas découplé en apparence de tout substrat revendicatif ou idéologique. <br/><br/>Au sein de cette tradition de l'aggro authentiquement made in england, le football, emblème communautaire de la working class d'outre-manche, classiquement rétive à toute tentation révolutionnaire, occupe une place de choix, notamment avec l'un de ses rares produits d'exportation, le hooliganisme. Or même en ce domaine la métamorphose de la société britannique et parallèlement de la premier league se sont particulièrement fait ressentir lors de ces « troubles à l'ordre public ».<br/><br/>Certes entre l'assainissement des tribunes suite au Heysel et l' écrasement du syndicalisme après les grandes graves des mineurs, Thatcher avait bien préparé le terrain en éradiquant tout ce qu'elle considérait comme des scories insupportables de la « fierté ouvrière », y compris dans ses expressions les moins recommandables. Aujourd'hui des supporters proprets donnent la réplique à une gauche responsable post-blairiste, qui entonne l'air de l'indignation sans chercher d'autres remèdes que la caméra de surveillance. Du moment que les hools ne sévissaient plus désormais que dans les divisions inférieures et que le désespoir des laissés pour compte du « miracle britannique » ne s'exprimait que dans la délinquance de proximité des gangs, tout semblait fonctionnait parfaitement. <br/><br/>Or l'activisme de l'English Defense League, qui piochent quelques uns de ses bataillons nationalistes chez les dés&#339;uvrés de la violence des stades (cf. le site casuals united), ou le défouloir éphémère de ces récentes émeutes, prouvent, sans les comparer ni les assimiler,  qu'il n'est pas toujours et éternellement possible de planquer sous le tapis de l'individualisme moral les frustrations collectives. Hooliganisme et voyous donnaient aux convulsions populaires une résonance vile et sale, qui convergeaient à réduire le malaise social en une « perte de repère » (même si des sociologues comme Eric Dunning avait précocement démontré les ressorts profonds de la guerre des  tribunes - y compris dans le rapport « en négatif » aux valeurs dominantes de la société anglaise). Les émeutes permettent aujourd'hui de diaboliser - ce qui est autre chose que de punir les coupables- les franges les moins présentables des « pauvres », qui, bien que principales victimes matérielles ou physiques de ces désordres et de ceux qui les ont causés (d'où l'absence par ailleurs notable de dimension « raciale », à la différence des précédents explosions dans les années 80), vont être, à en croire David Cameron, les seuls à en payer le prix. <br/><br/>Pendant ce temps-là il paraîtrait que les grandes institutions  que sont dorénavant les clubs pros restent le dernier rempart contre le chaos social et que seul l'extase positive pour ces noms au passé glorieux et aux dettes abyssales garantirait d'endiguer les bas instincts des « rats à capuche ».]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Le Red Star brille encore...]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/le-red-star-brille-encore-145387.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-07-24T22:18:42Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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 Aveuglés par les lumière du Qatar, vous pensiez peut-être naïvement que le foot parisien était définitivement passé du coté obscur, entre abonnés avides de titres (bref, l'exemple contraire d'un supporter) et futurs Ballons d'Or ? Or, dans l'ombre, un foot de soudards du professionnalisme et d'apprentis stars passées à coté de leur carrière continue de faire vivre le vieil idéal francilien en matière de ballon rond : seul contre tous, et pas trop nombreux si possible. Il faut savoir choisir&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong> <i>Aveuglés par les lumière du Qatar, vous pensiez peut-être naïvement que le foot parisien était définitivement passé du coté obscur, entre abonnés avides de titres (bref, l'exemple contraire d'un supporter) et futurs Ballons d'Or ? Or, dans l'ombre, un foot de soudards du professionnalisme et d'apprentis stars passées à coté de leur carrière continue de faire vivre le vieil idéal francilien en matière de ballon rond : seul contre tous, et pas trop nombreux si possible. Il faut savoir choisir entre la fidélité et la renommée. Voici l'histoire cachée dont personne ne veut parler ni entendre parler.</i> </strong><br/><br/>La relégation des uns fait le repêchage des autres. Deux grands et vénérables clubs sont en train de voir leur destin se croiser. C'est en tout cas ce que doivent secrètement souhaiter les dirigeants du Red Star, qui par la grâce, entre autres, de la descente aux enfers du Racing de Strasbourg (placé en redressement judiciaire) ont enfin réussi à toucher au but : une montée en National, vaguement synonyme d'un purgatoire vers le paradis de l'élite. Il faut dire qu'au sein d'une division renouvelée de moitié, tous les espoirs sont dorénavant permis, bien que l'expérience des dernières années, avec la DNCG en embuscade moralisatrice, pousse plutôt à considérer ce cadeau comme empoisonné de tous les risques de rechute immédiate en CFA.<br/><br/><strong>Lettres de noblesse</strong><br/><br/>L'instance de régulation de la Ligue a toujours en effet eu la main plus lourde pour les petits clubs (le Red Star a vu sa masse salariale encadrée), tout simplement parce que ces derniers peinent à trouver des investisseurs prêts à combler des déficits qui ne font que se creuser et s'amplifier au fur et à mesure des ascensions successives. Et d'ailleurs, une fois de plus, le pensionnaire du 9-3 a du se tourner vers la mairie communiste de Saint-Ouen afin que le mythique stade Bauer puisse accueillir au plus vite les matchs contre Colmar ou Beauvais. Au passage, Madame le maire d'un des derniers bastions de banlieue rouge s'est fendue d'une très instructive lettre de félicitation :« Avec ce retour tant attendu au plus haut niveau, la Municipalité de Saint-Ouen renforcera encore son soutien et son accompagnement à ce club emblématique qui a fait vibrer plusieurs générations de supporters. Je sais que les Audoniens auront à c&#339;ur d'encourager cette équipe qui leur est chère. Au delà de notre ville, le Red Star porte une image positive de nos territoires, de notre jeunesse, avec la promotion de valeurs fondatrices de notre identité : solidarité, respect, citoyenneté ».<br/><br/>Finalement tout est dit. Car au grand jeu du second club parisien, que tous appellent de leurs voeux en sachant très bien qu'il n'arrivera pas de sitôt, le Red Star possède de sérieux atouts symboliques. Du moins de ceux que les journalistes, politiques et sociologues aiment mettre en avant dès qu'il s'agit de redonner ses lettres de noblesse au foot dit populaire. Il représente, en outre, un pan entier à lui tout seul de l'histoire du foot hexagonal. Fondé en 1897 par Jules Rimet, catho de gauche (l'exacte inverse de Coubertin), anglophile et futur inventeur de la coupe du monde, il aura brillé entre les deux guerres, offert un héros la résistance à la nation (Rino Della Negra de la FTP-MOI), plongé en seconde division en 1955 cause de « malversation » avant de quitter définitivement l'élite en 1974 (il était remonté l'année précédente en devançant le PSG !). Mais même en deuxième division, les rares spectateurs et supporters ( Partisans 33, Perry boys, etc.) pouvaient encore voir Safet Su&#353;i&#263; y clôturer sa carrière parisienne en 1992 , le temps d'une petite aventure en coupe de France.<br/><br/><strong>Un nouveau souffle ?</strong><br/><br/>En gros, le genre d'objet footballistique qui fait le régal du Parisien -édition séquano-dynosienne- et de Politis. Seulement, malgré toute la bonne volonté de son président Patrice Haddad, il reste à trouver l'infrastructure économique qui, dans la France de 2011, garantit d'emmener en L1 sans en devenir le triste successeur d'Arles-Avignon ou de Grenoble. Et surtout un public, car l'enracinement dans le réseau associatif attire peu les mécènes et remplit rarement les tribunes (d'autant plus que, même si ce fut long, le PSG a réussi à s'implanter dans l'imaginaire mental et culturel de la banlieue, les rappeurs portant plus souvent le maillot rouge et bleu que vert). Finalement une difficulté identique se pose au Paris FC, sensé être le phare footballistique de l'est parisien, tout comme le Red Star est supposé régner sur le nord, et qui attend toujours, après avoir incarné l'abcès de la droite sur le visage de la mairie Delanöé (il squattent désormais le stade Charlety, bien loin de sa base), de vrais investisseurs capables de financer ses rêves de grandeurs (Luc Besson ?) - de son coté, Créteil ne semblant guère à raison pressé de passer à l'étage supérieur -.<br/><br/>Peut-être que le maintien du plan Leproux apportera de ce point de vue un nouveau souffle (et des derby un tantinet agités), tant il est vrai que certains ex-abonnés VAG ou Boulogne se sont tournés vers le Red Star et le PFC, avec des affinités assez claires (au passage et sans aucun rapport directe, les plus anciens se souviendront d'un Red Star-OM en 1994 embrumé de fumigènes et parsemé de bagarres d'un autre temps, pendant que le KOB présent en nombre entonnait « Merci Red-Star »). Et comme le chantait "La souris déglinguée" : «  ils ne veulent pas de toi dans leur surprise party car ton père est communiste et ton frère garagiste ». Vous voilà prévenus à Fréjus-Saint-Rapahël, les rouges reviennent !]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Le "Plan Leproux" et l'avenir des supporters parisiens]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-07-20T10:32:27Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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Plan Leproux : un bilan vraiment positif ?

 Robin Leproux à peine révoqué, la mairie de Paris s'est empressée de saluer son action de lutte contre la violence. Car ce qui aurait pu maintenir Leproux comme président et ce qui restera à n'en pas douter de son action de président, c'est bien son plan « Tous PSG », salué de toutes parts pour avoir ramené le calme au Parc. A y regarder de plus près, le bilan est-il si positif ? Si la réaction volontaire de Leproux à une situation de crise into&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Plan Leproux : un bilan vraiment positif ?</strong><br/><br/><i>
<strong>Robin Leproux à peine révoqué, la mairie de Paris s'est empressée de saluer son action de lutte contre la violence. Car ce qui aurait pu maintenir Leproux comme président et ce qui restera à n'en pas douter de son action de président, c'est bien son plan « Tous PSG », salué de toutes parts pour avoir ramené le calme au Parc. A y regarder de plus près, le bilan est-il si positif ? Si la réaction volontaire de Leproux à une situation de crise intolérable mérite d'être saluée, les résultats apparaissent en trompe l'&#339;il.</strong> </i><br/><br/>
Robin Leproux a pris la présidence du PSG pour diriger la destinée d'un club prestigieux qu'il espérait sortir de la zone de relégation et amener parmi l'élite européenne. Seulement le PSG n'est pas n'importe quel club et son public non plus. En débarquant au Parc, Leproux est confronté à une situation explosive. D'une part, des associations de supporters puissantes, essentiellement basées à Auteuil, qui nourrissent une franche hostilité envers l'actionnaire majoritaire, Colony Capital. De l'autre, du coté du Kop of Boulogne, un fort noyau d'indépendants et de hooligans, vaguement laissé en autogestion après la dissolution des Boulogne Boys. Surtout, Leproux prend les commandes au début d'une saison où les tensions entre les deux tribunes, mises de côté depuis quelques temps suite au conflit Boulogne-Tigris et à la mort de Julien Quemener, se remettent à monter en puissance sur fond de rivalités et de radicalisation politique, jusqu'au tragique PSG-OM du 28 février 2010 et la mort de Yann Lorence. Pendant cette première saison, Leproux donne l'impression de naviguer à vue. Déboussolé et sincèrement atterré, il multiplie les déclarations maladroites et ne contribue en rien à clarifier l'action du département supporters qui est loin d'être sans responsabilités dans la recrudescence du conflit entre les deux tribunes. Il laisse de bonnes raisons de penser que ce qui le dérange, c'est beaucoup plus la posture contestataire d'Auteuil que le racisme de Boulogne.<br/><br/>Pourtant, sous la pression des actionnaires et des autorités (la France est alors en pleine candidature pour obtenir l'Euro 2016), y compris au plus haut sommet de l'Etat (qui suit de très près, comme on l'a vu récemment avec les Qataris, l'actualité du club de la capitale), Leproux annonce, en vue de sa seconde saison à la présidence, une série de mesures radicales et inédites pour lutter contre la violence. Rendu public le 18 mai 2010, le plan « Tous PSG » s'attaque frontalement à l'antagonisme Boulogne-Auteuil en supprimant les abonnements en tribunes Auteuil, Boulogne, G et K et en instaurant un placement aléatoire lors des achats de places dans ces tribunes. En revanche, contre toute attente, il n'adopte pas vraiment la stratégie dite « anglaise » de la hausse des tarifs, peut-être par conviction, peut-être aussi par réalisme économique.
Un volontarisme louable<br/><br/>Cette réponse énergique est indiscutablement à porter au crédit de Robin Leproux, après trois décennies d'accommodements et de négociations plus ou moins douteuses avec les franges les plus dures des gradins. Cependant, son action est rendue possible par la vigoureuse réaction des pouvoirs publics qui prononcent dès le printemps la dissolution des principales associations de supporters du PSG et qui, dès la reprise, se lancent dans une politique aussi répressive que liberticide envers tous ceux qui contestent le plan Leproux. Ainsi, à l'occasion du premier match de la saison 2010-2011, une véritable rafle est organisée parmi les supporters manifestant devant le stade contre le plan Leproux. 250 interdictions de stade (IDS) sont alors prononcées. Il y a quelques jours, le tribunal administratif de Versailles a annulé une de ces IDS. D'autres risquent de l'être bientôt. Mais entre temps, la préfecture de police de Paris a réussi son coup, d'autant que les interdictions de déplacement se sont multipliées toute l'année et que la loi LOPPSI 2 a encore renforcé les possibilités d'action à l'encontre des supporters.<br/><br/>Désorganisés par la dissolution des principales associations de supporters et par la rude réaction des pouvoirs publics, de nombreux anciens abonnés des virages, qui s'estiment injustement victimes d'un plan annoncé sans concertation avec les supporters, s'opposent à Robin Leproux mais de manière désorganisée, malgré les efforts de l'association Liberté pour les Abonnés. Dénonçant l'impossibilité de se rassembler en tribune et un projet de Disneylandisation du Parc des Princes, LPA et les anciens responsables des virages appellent au boycott du Parc des Princes pour l'ensemble de la saison. Une décision qui a sans doute sauvé le plan Leproux. Car si l'absence d'une grande partie des supporters historiques engendre une baisse significative de l'ambiance et une hausse symétrique des insultes envers les visiteurs et les Marseillais, elle assure également une certaine paix au Parc et à ses alentours. Il ne faut pas oublier que c'est aussi parce que de nombreux supporters ont déserté le Parc que les problèmes s'en sont éloignés. Qu'aurait donné, sans cela, le placement aléatoire ? Est-il viable d'affirmer que les anciens abonnés des deux virages doivent être capables de se côtoyer sur les gradins, sans jamais dire que pour un jeune Maghrébin ou Noir, ce sera délicat d'accepter d'être aux côtés de certains durs de Boulogne qui lui auront été hostiles pendant des années ?
Un bilan mitigé<br/><br/>De plus, le désir de Leproux de faire table rase du passé n'est pas allé suffisamment loin. Comment justifier le maintien au sein du club des responsables de la sécurité et des relations avec les supporters dont le bilan était pour le moins négatif ? Pourquoi ne pas avoir tendu la main aux supporters historiques non violents ? Finalement, entre une bonne partie de la mouvance LPA et Leproux, c'est un peu l'histoire d'un rendez-vous manqué. Ils voulaient peu ou prou la même chose, de l'ambiance sans violence, mais ils n'ont jamais su s'entendre. C'est de la responsabilité des supporters, qui ne sont pas parvenus à proposer une formule alternative crédible et à prendre leurs distances avec les franges les plus dures. Mais c'est aussi de la responsabilité de Robin Leproux de n'avoir pas su créer les conditions d'un dialogue fructueux et de ne pas avoir compris qu'une bonne partie des supporters historiques méritait un autre traitement. La tentative de renouer les discussions à l'automne, via la nomination de médiateurs appréciés des supporters comme Alain Cayzac, n'a d'ailleurs été qu'un leurre.<br/><br/>La deuxième version du plan, appliquée pour les matches retour, assouplit la formule initiale en permettant de nouveau aux supporters de s'abonner en virage, de manière toujours aléatoire. En revanche, elle s'avère résolument hostile aux associations de supporters dont l'action est très (trop) rigoureusement encadrée. La « charte 12 » marque clairement la volonté de concevoir les abonnés comme des clients individuels. Le Parc s'est certes de nouveau rempli au fur et à mesure que le classement laissait augurer d'une qualification en Champions League. Les aspects les plus caricaturaux d'animation à l'« américaine » ont été abandonnés. Les appels au retour des anciens abonnés se sont multipliés. Malgré tout, cette année, ce ne fut plus le Parc des Princes d'avant, pour le meilleur, avec la disparition des tensions, et pour le pire, avec la disparition de l'ambiance.
La fin de la culture ultra au Parc<br/><br/>La résolution des problèmes de violence et de racisme permettrait de justifier beaucoup de dommages collatéraux. Mais si les deux tribunes accueillent désormais des supporters de toutes origines, on ne peut être que troublé par la poursuite des discussions entre la direction du PSG et la frange de Boulogne qui a contribué à en faire une tribune blanche. Quant aux incidents, s'ils ont largement disparu du Parc et de ses alentours, c'est aussi à cause du boycott de nombreux supporters. De plus, entre les franges les plus radicales, les violences se sont déplacées dans des zones éloignées du stade voire dans d'autres lieux (comme les manifestations politiques). Avant de tirer un bilan définitif du plan Leproux, il convient donc d'attendre de voir si cet apaisement des tensions va s'avérer durable.<br/><br/>En revanche, une conséquence évidente du plan Leproux est d'avoir brisé les faibles (relativement à la taille de l'agglomération) passions populaires qui avaient fini par se cristalliser autour du club, l'imposant petit à petit dans le décor social et culturel de Paris et de sa banlieue. Il est vraisemblable que le Parc aura de nouveau son public, des « fans », mais guère plus de supporters. Finalement, Leproux a proposé, à l'ensemble du foot français, un nouveau modèle de relation entre un club et ses « clients » des tribunes. Signant ainsi la fin d'une certaine culture ultra à Paris, peut-être demain dans tout l'hexagone. Car Leproux a montré la voie à suivre à ses collègues dirigeants de clubs. Comme le président du LOSC, Michel Seydoux, le clamait en juin dernier dans l'Equipe, « Les patrons, c'est nous. Pas les supporters ». Cet héritage risque d'être le seul qu'aucun de ses successeurs n'aura envie de retoucher.<br/><br/><i>(Nicolas Kssis-Martov avec Quentin Blandin)</i><br/><br/><strong>Des états-généraux au PSG ?</strong><br/><br/>
Il n'aura pas fallu longtemps pour que les ex-abonnés du Parc se fasse entendre après le départ de Robin Leproux, leur bête noire.<br/><br/>Dans un communiqué rendu publique hier, les « Paris-SG Fans » (étrange choix pour se désigner au passage), qui se réclament de toutes les factions et emplacements (Auteuil, Boulogne, K), dressent toujours un bilan sans concession de la présidence qui vient de s'achever : « Au lieu d'agir tant qu'il était encore temps sur le fond du problème, son action s'est faite en retard et uniquement sur la forme en stigmatisant la supposée violence des tribunes populaires ».<br/><br/>Ils interpellent désormais ses successeurs afin qu'ils convoquent « dans les meilleurs délais des états généraux du supporter parisien afin que de réelles mesures soient prises pour que plus jamais, nous n'ayons à choisir entre la sécurité et la ferveur. Le Parc des Princes doit être sain et bouillant, c'est comme cela qu'il redeviendra magique ».<br/><br/>Un v&#339;u pieux surement tant la seule unanimité, y compris du coté de la mairie, semble se réaliser justement autour de « Tous PSG », qui fut même un argument d'achat auprès des nouveaux propriétaire, qui ne doivent guère se soucier en outre de la culture ultra. À cela s'ajoute un autre argument de poids, officiellement les abonnements en tribunes pour la nouvelle saison ont déjà fait le plein. Le PSG a profité d'un drame pour troquer un public populaire contre des consommateurs tout autant populaires eux aussi. En attendant d'être suivi ailleurs ?]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Nouveaux stades, nouveaux supporters ?- une tribune de Nicolas Hourcade]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-07-11T09:42:29Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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Nouveaux stades, nouveaux supporters ?

Quels publics garniront les stades de demain ? Des consommateurs de spectacle ou des supporters engagés ? C'est l'une des questions qui a été abordée fin juin à Lyon lors d'un débat sur l'avenir du football en France, rassemblant Danielle Lebail secrétaire fédérale PCF du Rhône, Nicolas Bonnet responsable de la commission sport du PCF, Jérôme Latta rédacteur en chef des Cahiers du football, Stéphane Merle géographe à l'université de Saint-Etienne et Nic&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Nouveaux stades, nouveaux supporters ?</strong><br/><br/>Quels publics garniront les stades de demain ? Des consommateurs de spectacle ou des supporters engagés ? C'est l'une des questions qui a été abordée fin juin à Lyon lors d'un débat sur l'avenir du football en France, rassemblant Danielle Lebail secrétaire fédérale PCF du Rhône, Nicolas Bonnet responsable de la commission sport du PCF, Jérôme Latta rédacteur en chef des Cahiers du football, Stéphane Merle géographe à l'université de Saint-Etienne et Nicolas Hourcade, sociologue à l'Ecole Centrale de Lyon et collaborateur à So Foot.<br/><br/>Suite à ce débat, <i>L'Humanité</i> a publié vendredi 8 juillet, dans sa rubrique débats, une double page sobrement intitulée « <a href="http://humanite.fr/07_07_2011-euro-2016-le-fric-stade-supr%C3%AAme-du-foot%E2%80%89-475965">Euro 2016 : le fric, stade suprême du foot ? </a>». Ce dossier comportait trois articles. <a href="http://humanite.fr/07_07_2011-les-stades-fran%C3%A7ais-sont-amen%C3%A9s-%C3%A0-devenir-m%C3%AAme-timidement-des-centres-de-profits-475966">Le premier, de Stéphane Merle, analysait les transformations récentes des stades.</a> Le deuxième, cosigné par Danielle Lebail et Nicolas Bonnet, appelait à <a href="http://humanite.fr/07_07_2011-citoyens-sportifs-supporters-%C3%A9lus-il-est-urgent-de-d%C3%A9battre-d%E2%80%99une-nouvelle-conception-du-">un débat politique sur les nouveaux stades</a>. Le dernier, de Nicolas Hourcade, était consacré aux <a href="http://humanite.fr/07_07_2011-les-supporters-de-demain-seront-ils-trait%C3%A9s-comme-des-clients-ou-des-acteurs-%C3%A0-part-enti%C3%A8">supporters</a>. Il est reproduit ci-dessous moyennant quelques très légères adaptations.<br/><br/><strong>Quels supporters pour demain ?</strong><br/><br/>L'organisation de l'Euro 2016 par la France est présentée par les autorités sportives et publiques comme l'occasion de rénover les stades et, au-delà, le spectacle du football. Associée à la lutte contre le hooliganisme, la construction de nouvelles enceintes est censée offrir un meilleur accueil et attirer un public familial. Il s'agit ainsi de rompre avec l'ordre actuel des stades et d'en forger un nouveau. Par ordre des stades, j'entends les formes de comportement et de contrôle social qui s'y expriment ainsi que les normes qui y sont dominantes. En retraçant à grands traits l'histoire du football français, trois périodes peuvent être distinguées.<br/><br/>1) Des débuts du professionnalisme, en 1932, aux années 1970, l'ordre des stades est consensuel. Le public se comporte plus en spectateur qu'en supporter. Les associations de supporters ne cherchent pas à mettre de l'ambiance, mais à créer des relations de sociabilité entre fans, joueurs et dirigeants, en se positionnant comme partenaires du club. Les dirigeants du football adoptent une attitude souvent paternaliste à l'égard de leur public. Les incidents sont rares et, quand ils surviennent, ils ne sont pas perçus comme un problème grave.<br/><br/>2) Les années 1970-1980 connaissent des évolutions concomitantes qui bouleversent cet ordre. C'est d'abord la transformation du football en activité médiatique et économique. C'est ensuite l'apparition de nouveaux groupes de supporters qui, eux, prennent en charge l'ambiance dans les stades et s'approprient les tribunes. C'est enfin le développement des incidents et la découverte, avec le drame du Heysel, du hooliganisme comme problème social.<br/><br/>3) Depuis les années 1990, l'ordre des stades est conflictuel. Parce qu'il existe de la violence verbale et physique dans les stades et à leurs alentours. Aussi parce que les associations de supporters les plus actives affirment leur « indépendance » par rapport aux dirigeants, ne ménagent pas leurs critiques envers le « foot-business », défendent leurs « droits » et n'hésitent pas à faire la « grève » des encouragements en cas de mécontentement.
Le statut des supporters s'avère dès lors ambigu. Les associations qui prônent la proximité entre tous les acteurs doivent repenser leur rôle quand la distance ne cesse de croître entre fans, joueurs et dirigeants. Et celles qui s'approprient les tribunes pour y mettre de l'ambiance suscitent un regard ambivalent. Les dirigeants du football jugent indispensable leur ferveur tout en goûtant peu leurs débordements mais aussi leur esprit critique et leur revendication d'un rôle actif dans le football.<br/><br/><i> <strong>Les supporters : clients ou acteurs ?</strong> </i><br/><br/>Pour résoudre ces tensions, les autorités sportives et publiques prônent un nouvel ordre des stades en communiquant sur la nécessaire lutte contre le hooliganisme et sur le confort du public. Mais, derrière ces mots d'ordre consensuels, se cachent une volonté de reprise en main des supporters contestataires et/ou turbulents et une mise en avant de la figure du supporter-client qui consomme docilement le spectacle et ses produits dérivés, à une époque où la commercialisation du football franchit un nouveau palier. Cette offre de spectacle, qui accroît le nombre des places « business » et transforme le stade en centre commercial, rencontrera sans doute un public. A condition cependant que la hausse des prix ne soit pas exagérée dans un pays qui n'a ni le même réservoir d'amateurs ni la même qualité de jeu que l'Angleterre ou l'Allemagne.<br/><br/>Quoi qu'il en soit, ce nouvel ordre pose questions. Faut-il tendre vers un spectacle sportif à l'américaine où le prix des billets est élevé et le show formaté par les organisateurs ou convient-il de préserver un spectacle populaire et des espaces d'expression autonome pour les supporters ? Comment lutter contre le hooliganisme, sans s'attaquer par la même occasion à l'ambiance festive, aux libertés publiques (les méthodes actuelles posent des problèmes trop souvent occultés - voir ma précédente tribune <a href="http://humanite.fr/07_04_2011-ni-d%C3%A9fouloirs-ni-lieux-de-contr%C3%B4le-469519">« Ni défouloirs ni lieux de contrôle »</a> ) et aux supporters revendicatifs, dont certains s'opposent à la violence et aux discriminations et tentent de s'intégrer positivement dans le football ? Ce sport n'est-il qu'une activité économique, dirigée par les patrons des clubs et des fédérations, et les supporters seulement des clients ? Ou est-il une activité sportive et sociale qui pourrait être organisée de manière plus démocratique et au sein de laquelle les supporters pourraient constituer un acteur à part entière ?<br/><br/>Nicolas Hourcade]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Aux héros anonymes des bleus et du foot français, la patrie...]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/aux-heros-anonymes-des-bleus-et-du-foot-francais-la-patrie-144670.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-07-10T13:24:41Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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Paru dans le supplément «Le dico des joueurs à une sélection » du n°77 de So Foot , juin 2010

Emmanuel Aznar

Il fut un peu le Pauleta de l'OM pendant l'occupation. Cet attaquant pied-noir inscrit de la sorte 45 des 100 buts de son club durant le championnat 1943 de la zone sud. Seulement, plus personne ne voulait se rappeler les années noires, et encore moins les exploits des sportifs planqués. Ceci explique peut-être pourquoi, malgré une très longue et fidèle carrière dans le club phocéen&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><i>Paru dans le supplément «Le dico des joueurs à une sélection » du n°77 de So Foot , juin 2010</i><br/><br/><strong>Emmanuel Aznar</strong><br/><br/>Il fut un peu le Pauleta de l'OM pendant l'occupation. Cet attaquant pied-noir inscrit de la sorte 45 des 100 buts de son club durant le championnat 1943 de la zone sud. Seulement, plus personne ne voulait se rappeler les années noires, et encore moins les exploits des sportifs planqués. Ceci explique peut-être pourquoi, malgré une très longue et fidèle carrière dans le club phocéen (de 1931 à 1951, un record que plus personne ne semble vouloir d'égaler), il faut remonter au 24 mars 1938 pour retrouver la trace de son unique sélection chez les bleus. Cet apparent buteur-né y planta donc au Parc des Princes le cinquième des six concrétisations des bleus (à la 79ème minutes, rien de décisif malgré tout) contre une Bulgarie qui servait alors de paillasson à l'Europe du foot. Étrangement, une telle performance ne suffit pas pour lui assurer une seconde cape. Maigre consolation, l'OM remporta le 8 mai 1938, au même endroit, la finale de la coupe de France contre le FC Metz, qui par ailleurs comptait dans ses rangs un certain Marcel Marchal, titulaire lui aussi d'une seule et dernière sélection cette saison-là, le 30 janvier 1938, contre la Belgique. <br/><br/><strong>Alfred Dambach</strong><br/><br/>Le gardien de but alsacien de Rouen, ancien du FC Neuhof et du RC Strasbourg, a du sentir un vent patriotique l'emporter quand il joua le premier match de la France libérée, en ce soir de noël 1944. Et ce avant même la fin du conflit - le foot est une priorité nationale ou non ?-  contre une formation Belge, dont une partie du pays demeure encore sous le joug du troisième Reich (l'offensive de la Wehrmacht dans les Ardennes vient à peine d'être stoppée). Comme Beaucoup de joueurs des années 44-45, davantage sollicités en raison de leur disponibilité que de leur prééminence à leur poste, Alfred Dambach va ensuite retourner dans l'anonymat de son club normand. Mais le bougre ne le regretta sûrement pas, à sa façon il avait tenue le serment de Koufra. L'histoire ne frappe pas tous les jours à votre porte !<br/><br/><strong>Emile Fiévet</strong><br/><br/>Qui se souvient aujourd'hui que Pantin, petite commune de la banlieue ouvrière parisienne, s'avéra une des grandes villes du foot français. Un ogre que l'on redoutait de rencontrer, y compris Lyon (le FC, pas l'OL). Emile Fiévet y gagna même sa petite notoriété dans l'histoire du football hexagonal, en marquant le premier but de la première finale de coupe de France, le 5 mai 1918, remportée donc par l'Olympique Pantin contre les Gones. Avant cela, alors que le foot français cherche le chemin de son unité entre catholiques, laïques et « autonomistes » (qui rafleront la mise sous la houlette de Jules Rimet), il avait participé au troisième France-Italie, à Turin (l'occasion d'un beau voyage), le 17 mars 1912. Il ne s'agissait pas encore d'un classico international, gagné malgré tout 4 à 2 par des bleus rétablissant ainsi l'équilibre après une défaite 6-2 en 1910. A lire la presse, personne ne semblait guère s'en soucier. Et le sieur Fiévet ne rempila plus jamais. Nul doute que ce pur amateur ne le vécut même pas comme une injustice.<br/><br/><strong>Joseph Gonzales</strong><br/><br/>Parfait exemple de la filière pied noir qui alimente l'OM avant la seconde guerre mondiale, le défenseur originaire de Beni Saf, en sera même l'entraineur en 1944. Certes pas franchement le meilleur moment pour s'imposer ! Pré sélectionné (la liste des 30 ne date pas d'aujourd'hui) pour la coupe du monde de 1934, le précoce échec des Bleus face à l'Autriche le laisse sur le banc de l'histoire. Il devra ensuite attendre le 8 mars 1936 son unique sélection officielle (en match amical), contre la Belgique au stade Yves du manoir à Colombes, alors qu'il évolue encore sous les couleurs du SC Fives. Les 26 et 3 mai, les partis du Front Populaire remportent les élections législatives. A chacun ses grands moments !<br/><br/><strong>Hervé Marc</strong><br/><br/>Joueur fidèle du Stade Rennais, le jeune attaquant perdit sa seule finale de coupe de France en 1922 contre le Red Star, l'apothéose d'une humble carrière, juste singularisé par son titre de champion de Bretagne de saut en longueur. Qui a dit que les footballeurs ne savent pas sauter ? Néanmoins, le 7 décembre 1930, alors que son club ne dispute plus que des matchs amicaux suite à des désaccords obscurs avec les instances régionales de la FFFA, il rentre en jeu contre la Belgique au stade Buffalo à Montrouge. La raclée encaissée (6 à 1) n'a pas du conforter l'entraîneur, Raoul Caudron, dans sa mansuétude anti-compétitive. Aucun breton ne part au moi de juillet en Uruguay pour la première coupe du monde. Trois ans plus tard, bien qu'il vienne juste de passer pro l'année précédente, il clôt sa carrière à 31 ans. Steve Savidan avait trouvé son modèle ?<br/><br/><strong>Henri Salvano</strong><br/><br/>Les matchs amicaux, surtout en province, ont toujours servit à tester les formules les plus originales et en général sans grand avenir... Ainsi l'équipe de France qui pénètre le 18 avril 1926 sur le terrain de Toulouse, devant 16000 spectateurs, est composée en grande partie de  joueurs issus d'Afrique du nord (enfin des européens, les « indigènes » n'ont pas encore droit aux honneurs de la mère patrie). Après tout, la réalité et la puissance de l'empire colonial devaient aussi s'observer sur les terrains de football. Ce qui permet alors à Henri Salvano, modeste attaquant du FC Blida (néanmoins un des meilleurs clubs de l'Algérie française et au passage ville ou Frantz Fanon sera médecin chef de l'hôpital psychiatrique) d'enregistrer une surprenante sélection en bleu. Sait-il qu'il vient d'inscrire son nom dans la longue litanie des pieds-noirs capé une unique fois ? <br/><br/><strong>Adolphe Touffait</strong><br/><br/>Combien de Juriste peuvent se vanter d'avoir disputer un France-Italie ? Adolphe Touffait, milieu de terrain du Stade Rennais durant les années trente, appartient à la rare tribu des robes noires du football français. Ce dernier peinait à accepter le professionnalisme et les joueurs devaient donc penser aussi à s'assurer le pain quotidien. Une fois juge, il dut cependant adopter un pseudonyme pour continuer à taper dans la balle - Delourme, le nom de sa mère,-,  une entorse auquel le règlement de la fédération consentit à titre exceptionnelle, car le monde de la magistrature n'avait déjà guère d'estime pour celui des pelouses. L'époque avait ses pudeurs bourgeoises, pour le dire autrement. Mais ce fut bien sous son vrai nom qu'il entama  un premier et unique match international, le 10 avril 1932, à Colombes (rencontre perdue 2 à 1). Blessé dès la quinzième minute, il rallongea la longue liste des nombreuses victimes innocentes d'azzuris aux semelles trainantes et aux bras tendus. Pour la petite histoire, cette année-là, il évoluait aux coté d'un joueur allemand Walter Wollweiler, qui préféra s'exiler aux USA en 1939 à l'approche du conflit, et finit par y confectionner des lunettes.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Fiche de lecture : « Histoire du football féminin en Europe »]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/fiche-de-lecture-histoire-du-football-feminin-en-europe-144232.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/fiche-de-lecture-histoire-du-football-feminin-en-europe-144232.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-06-30T10:37:20Z]]></dc:date>
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Xavier Breuil : « Histoire du football féminin en Europe » (Nouveau Monde édition)

Alors que débute l' « autre » coupe du monde de football, sur laquelle, pour une fois, presse et télé se jettent avec un intérêt tout opportuniste - l'occasion certes de redorer le blason sportif et éthique d'un sport pour le moins discrédité grâce à des « filles » qui gagnent-, l'ouvrage de l'historien Xavier Breuil permet de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de l'énigmatique dimension féminine&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Xavier Breuil : « Histoire du football féminin en Europe » (Nouveau Monde édition)</strong><br/><br/>Alors que débute l' « autre » coupe du monde de football, sur laquelle, pour une fois, presse et télé se jettent avec un intérêt tout opportuniste - l'occasion certes de redorer le blason sportif et éthique d'un sport pour le moins discrédité grâce à des « filles » qui gagnent-, l'ouvrage de l'historien Xavier Breuil permet de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de l'énigmatique dimension féminine du football (à consulter également « <i>Histoire du football féminin au XXème siècle</i> » de Laurence Prudhomme-Poncet chez L'Harmattan).<br/><br/>De fait la comparaison entre les divers pays européens (surtout nordiques) éclaire cruellement le retard « sexiste » accumulé sur le vieux continent par le football, dont la sur-identité masculine (qui rappelons-le n'a rien de systématique cf. le cas américain) et la fonction représentative de la nation qui fut attribué au plus populaire des sports, a systématiquement poussé le « deuxième sexe » vers le banc de touche (cela dit comme dans le champ politique, domaine toujours réservé de la masculinité au pouvoir).<br/><br/>La lente émergence des filles en crampons se heurta donc à de fortes résistances culturelles, du blocage interne des fédérations à la logique profonde des dispositions sociales des disciplines qui conduisent les gamines vers d'autres pratiques dès l'enfance. Néanmoins à partir des années 90 se réalisa la progressive construction d'une élite, avec des compétitions jumelles - coupe du monde, d'Europe, Champion's League -, considérées, parfois de manière quelque peu illusoire, comme le passage obligée pour obtenir une démocratisation de la pratique de masse et une meilleure visibilité télévisuelle.<br/><br/>De nombreux autres paramètres, financiers (la guerre des installations, le subventionnement des équipes) ou politiques (le féminisme), finirent de caractériser un foot féminin dont les progrès indéniables s'imposent aujourd'hui malgré tout dans un contexte de crise de valeurs et économiques de son « tuteur » masculin, qui par ailleurs phagocyte toujours l'ensemble du champ médiatique sportif. L'auteur démontre surtout que l'accès des femmes aux joies du ballon rond suivit les hoquets de leur émancipation dans la société, par exemple sous la première guerre mondiale quand elles entrèrent dans le monde du travail industriel pour remplacer les hommes au front ou durant les années 60 avec la première révolution féministe à l'heure de la société de consommation.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Al-Jazira er les droits télé de la L1 : interwiew de Frédéric Martel]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/al-jazira-er-les-droits-tele-de-la-l1-interwiew-de-frederic-martel-144096.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/al-jazira-er-les-droits-tele-de-la-l1-interwiew-de-frederic-martel-144096.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-06-28T09:40:49Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Frédéric Martel, qui anime l'émission « Masse critique » sur France Culture, avait déjà décrypté, dans son livre « Mainstream », les mobiles footballistiques peu discrets du groupe qatari.

L'arrivée en force d'Al-Jazira sur le marché des droits télé de la L1 a surpris beaucoup d'observateurs et les journalistes habitués à focaliser leur attention sur les rivalités franco-françaises (Canal versus Orange). Intervenant juste après le rachat du PSG, cet intérêt du Golfe pour notre championnat a&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Frédéric Martel, qui anime l'émission « Masse critique » sur France Culture, avait déjà décrypté, dans son livre « Mainstream », les mobiles footballistiques peu discrets du groupe qatari.</strong><br/><br/>L'arrivée en force d'Al-Jazira sur le marché des droits télé de la L1 a surpris beaucoup d'observateurs et les journalistes habitués à focaliser leur attention sur les rivalités franco-françaises (Canal versus Orange). Intervenant juste après le rachat du PSG, cet intérêt du Golfe pour notre championnat a suscité quelques belles saillies gaulliennes (le capitalisme c'est mieux quand c'est français !) à droite comme à gauche. Pourtant, en 2010, Frédéric Martel - qui anime l'émission « Masse critique » sur France Culture -, avait déjà décrypté, dans son livre « Mainstream », les mobiles footballistiques peu discrets du groupe qatari. L'occasion de se rappeler que, désormais, la bataille des médias ne se livre plus seulement en Occident et que le foot en sera un des théâtres d'opération les plus féroces au sein de cette nouvelle guerre globale pour la domination des contenus culturels.<br/><br/><i>Comment doit-on analyser le choix d'Al-Jazira de se positionner sur les droits télé de la L1 ?</i><br/><br/>Al-Jazira n'est pas seulement une chaîne : c'est un groupe média global et transversal. Il fonctionne à la fois dans le registre de l'information et de l'entertainment. Beaucoup l'ont oublié, car c'était une chaîne dont l'image internationale fut fortement dominée par la dimension politique de son canal d'information en langue arabe. Mais il y avait déjà une chaîne en anglais et un groupe parallèle en direction des enfants, Al-Jazira Children. Aujourd'hui on assiste pour Al-Jazira, comme pour d'autres groupes du Golfe comme MBC ou Rotana, à la constitution de groupes médias transversaux, à la fois news et divertissement. C'était d'ailleurs le choix initial du Prince qatari, mais il avait remisé ses ambitions initiales en se limitant à l'information. Puis les news shows et les talk shows sont venus. La suite c'est, un peu naturellement, le sport qui s'inscrit dans une stratégie de divertissement globale. Le cinéma et la musique pourront venir ensuite pour diversifier les thématiques, et des chaînes en farsi ou en français sont déjà à l'étude, pour diversifier les zones géographiques. On est loin de l'image d'une chaîne terroriste véhiculée par Georges Bush : c'est groupe média global qui est en train d'émerger.<br/><br/><i>On a surtout l'impression, à entendre certaines réactions, que la France découvre que, désormais, les grands groupes médias ne sont plus seulement américains ou européens ?</i><br/><br/>En effet, pendant très longtemps, on imaginait que la concurrence n'était qu'américaine. Or les pays dits émergents - cela dit le Qatar n'est plus simplement un pays émergent mais l'un des plus riches au monde du fait de ses réserves de gaz - émergent aussi avec leur culture et leur médias et donc en se lançant à l'assaut des droits du sport. Nous sommes désormais confrontés à un rapport de force pluriel. L'autre singularité de la situation actuelle tient dans le fait assez atypique d'une situation de « non-marché ». L'achat de droits télé suppose des coûts faramineux. Avec des acteurs comme Al-Jazira, la concurrence s'avère, entre guillemets, « déloyale », car nous ne nous sommes pas devant des sociétés privées stricto sensu. C'est l'Etat du Qatar qui finance. La chaîne est totalement subventionnée par le gouvernement.<br/><br/><i>L'achat des droits du foot français s'inscrit donc dans une stratégie de soft power du régime qatarien ?</i><br/><br/>Absolument : dans une stratégie d'influence. Il ne faut pas oublier qu'Al-Jazira a déjà racheté les droits des championnats marocain, algérien, égyptien, tunisien et jordanien, avec une volonté de rayonnement dans le monde arabe. Comme d'autres groupes arabes, tels Rotana, ART, MBC etc.. il désire en premier lieu conquérir le marché domestique arabe pour affirmer des valeurs arabes. Les Qatariens ont de la sorte commencé par ces premières ligues arabes avant de s'intéresser à la Premier League anglaise, dont les droits sont parmi les plus chers et les plus déterminants pour le développement d'une offre de télévision payante. A ce round-là, Al Jazira s'est fait doubler par Abou Dhabi TV qui a raflé les droits pour 330 millions de dollars au nez d'Al Jazira. Mais le Qatar n'a pas baissé les bras face aux Emirats : il est reparti à l'assaut, cette fois sur la Ligue 1 et cette année, au round 2, il rafle la mise. Canal + a du souci à se faire pour les années à venir, car on est qu'au début d'une bataille mondiale pour les droits du sport.<br/><br/><i>Il est vrai que le foot est un bon moyen de s'étendre sans rentrer dans des considérations trop politiques ?</i><br/><br/>Les trois plus grands groupes arabes (qatari, saoudien et émirati) n'ont pas véritablement de problème d'argent. Ce qui se joue est en dehors du marché classique : c'est une lutte d'influence dans la zone arabe, une diplomatie qui a besoin d'un soft power et une concurrence symbolique entre familles royales et pays arabes. Je pense que la dimension de « valeur » et de « commerce » sont faibles par rapport à la dimension d' « influence ». On est davantage sur des relations publiques. Contrairement à Canal Plus qui, comme toutes les chaînes à péage, se trouve menacé par le satellites et le net, et qui acquiert les droits TV pour assurer son activité économique et ses profits immédiats, chez Al-Jazira, bien qu'il existe aussi une composante financière, l'essentiel tient avant tout dans une perspective de rayonnement par le soft power.<br/><br/><i>Le Qatar cherche en gros à expliquer qu'il peut désormais jouer désormais dans la cours des grands ?</i><br/><br/>Absolument, le Qatar joue désormais dans la cour des grands : c'était déjà vrai en matière diplomatique lorsqu'il a contribué à la paix au Liban, ou lorsqu'il participe à l'émergence d'un nouvel axe syro-iranien. Surtout, le Qatar entend « coller » à la rue arabe : on l'a vu lors des révolutions tunisienne, égyptienne ou libyenne. Le sport est, sous une autre forme, un moyen aussi de toucher les peuples arabes, par leurs attentes, par leurs divertissements, par leurs espoirs. Compte tenu de la démographie de ces pays, il s'agit surtout des jeunes. Pour autant, il ne faut pas être naïf : le Qatar joue un jeu diplomatique complexe et Al Jazira est, de fait, son ministère des affaires étrangères. Sur la révolution iranienne de 2009 ou sur les évènements en Syrie, Al Jazira a beaucoup moins « collé » à la rue. La chaîne suit la ligne de son ministère des affaires étrangères. Elle n'est certes pas seulement islamiste car il y a des formes de pluralisme et des contradictions, sinon des tensions, fréquentes : mais elle n'est pas neutre non plus.<br/><br/>
Frédéric Martel - « <i>Mainstream</i> » (Flammarion, réédition en poche en collection Champ actuel)]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[La culture du chiffre dans la lutte anti-hooligan]]></title>
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		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/la-culture-du-chiffre-dans-la-lutte-anti-hooligan-143993.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-06-26T14:10:14Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Sonnez trompettes, le commissaire Antoine Boutonnet, chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme et coordinateur national football au sein de la police nationale, vient d'annoncer les résultats de son action en 2010-2011.

Fidèle à la culture du chiffre, que dénonce tant de syndicats de policiers, le nombre de personnes interpellées s'élève à 946 (hausse de plus d'un tiers par rapport au précédent exercice), dont quasiment toutes ont été frappées d'interdiction de stade (elles l&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Sonnez trompettes, le commissaire Antoine Boutonnet, chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme et coordinateur national football au sein de la police nationale, vient d'annoncer les résultats de son action en 2010-2011.<br/><br/>Fidèle à la culture du chiffre, que dénonce tant de syndicats de policiers, le nombre de personnes interpellées s'élève à 946 (hausse de plus d'un tiers par rapport au précédent exercice), dont quasiment toutes ont été frappées d'interdiction de stade (elles les auront néanmoins pour la plupart purgées pour la reprise).<br/><br/>Seul petit hic, c'est que dans le lot sont indistinctement rassemblées des catégories d'incidents et de violences diverses, autant dans leur nature que dans leur gravité. Ainsi, 160 « coupables » le furent pour « <i>pour usage de moyens pyrotechniques</i> ». Ce qui revient un peu à mettre dans le même panier et au même niveau les fights entre indeps, les débordements racistes et le craquage de fumi, qui constitue, qu'on le veuille ou non, une part de la culture ultra.<br/><br/>A moins de deux mois du coup d'envoi de la saison 2011-2012, on compte « <i>389 personnes (toujours) interdites de stade, dont 226 sur mesure administrative (sic), les 163 autres à caractère judiciaire</i> ». La lutte contre la violence dans le football, légitime et trop longtemps gonflée d'effets d'annonce inefficaces, ne gagnera pas en crédibilité dans l'amalgame et le maintien d'un certain arbitraire, largement amplifié par la Loppsi 2.<br/><br/>Cela dit, ce processus accompagne parfaitement la volonté de plus en plus en affirmée des présidents de clubs de se débarrasser d'un mouvement ultra que la peur de la répression fera bien plus facilement disparaître et refluer que les véritables passionnés de la violence qui ont déjà intégré le paramètre « répressif » dans leur « activité ».<br/><br/>NKM]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Ici c'est Paris! (Stade Suffren style)]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-06-16T22:33:01Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Un édito aimablement demandé en 2005 (on pardonnera si certaines infos sont périmées) par Angela qui s'occupe de la newzletter Mailmovment. De circonstance puisque l'on réédite ces jours-ci l'ouvrage d'Hemingway. Et une spéciale dédicace au FC Paris 7.

Paris est une fête !

Qu'est-ce qui peut rendre aujourd'hui la vie supportable à Paris, entre le purgatoire de la hype au Baron et les fumeurs de crack de la rue d'Aubervilliers. Qu'est-ce&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><i>Un édito aimablement demandé en 2005 (on pardonnera si certaines infos sont périmées) par Angela qui s'occupe de la <a href="http://www.mailmovement.com">newzletter Mailmovment</a>. De circonstance puisque l'on réédite ces jours-ci l'ouvrage d'Hemingway. Et une spéciale dédicace au <a href="http://fcparis7.fr/">FC Paris 7</a>.</i><br/><br/><strong>Paris est une fête !</strong><br/><br/>Qu'est-ce qui peut rendre aujourd'hui la vie supportable à Paris, entre le purgatoire de la hype au Baron et les fumeurs de crack de la rue d'Aubervilliers. Qu'est-ce qui explique qu'on aime une ville, cette ville, en dépit des touristes anglais, de leurs insupportables sacs à dos dans le métro, et de la énième soirée où il fallait absolument être et ou, comme vous, tout le monde semble avoir choisi de zapper (faute d'invits, faute de temps, faute d'envie). <br/><br/>Même le parisien, un mélange improbable de tenanciers kabyles moustachus et d'étudiante suédoise à la mèche blonde androgyne, n'aime pas sa ville. Mais Il ne peut faire sans. Il ne croit pas à l'instar du marseillais que l'accent le rend supérieur. Il n'imagine pas comme le provincial que la vie s'arrête à une maison avec jardin. C'est un prototype en perpétuelle élaboration, pour le pire comme le meilleur.<br/><br/>Vivre à paris, c'est discuter de l'histoire des bandes à 3 h du mat devant le bar où l'on vient de mixer. Ce sont les cortèges militants du 1er mai, et le fan-club altermondialiste de Besancenot. Ce sont les dix milles plans qui arrivent sur le mail. C'est le neuf billards on l'on donne rendez-vous et l'on ne va jamais (pardon Guido). C'est pizza et bière au comité de rédac de So foot. Ce sont les matchs sous la tour Eiffel au stade Suffren, face au Hilton. Ce sont les concerts punks rue Voltaire et la cave, dégoulinante de sueur, d'un bar africain rue Amelot. <br/><br/>C'est une ville où peut se balader toute la journée sans croiser quelqu'un de sa connaissance, et ce n'est pas si désagréable de se dire qu'il faut chercher les gens pour les trouver.]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title><![CDATA[Ouverture de la page facebook du blog]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/ouverture-de-la-page-facebook-du-blog-143384.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/ouverture-de-la-page-facebook-du-blog-143384.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-06-12T13:23:34Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Allez on "like" la page facebook de "Never trust a marxist in football" et on fait tourner car on a le sens du collectif!]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Allez on "like" <a href="https://www.facebook.com/pages/Never-trust-a-marxist-in-football/233430653340022">la page facebook de "Never trust a marxist in football"</a> et on fait tourner car on a le sens du collectif!]]></content:encoded>
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		<item>
		<title><![CDATA[Retour sur les quotas : interwiew Pascal Blanchard]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/retour-sur-les-quotas-interwiew-pascal-blanchard-143383.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/retour-sur-les-quotas-interwiew-pascal-blanchard-143383.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-06-12T11:44:07Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
3 questions à Pascal Blanchard, historien

paru dans le n° de juin de Sport et Plein Air, la revue de la FSGT

L'affaire des « quotas » a déstabilisé le foot hexagonal durant le moi de mai. Enterrée provisoirement par deux rapports d'enquête (un du ministère, l'autre de la FFF) qui concluait par un « circulez, c'est finis! », il n'en demeure pas moins qu'elle a révélé au grand des jours d'inquiétantes façons d'aborder la citoye&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>3 questions à Pascal Blanchard, historien</strong><br/><br/>paru dans le n° de juin de <a href="http://www.fsgt.org/spip.php?rubrique18">Sport et Plein Air,</a> la revue de la <a href="http://www.fsgt.org/">FSGT</a><br/><br/>
L'affaire des « quotas » a déstabilisé le foot hexagonal durant le moi de mai. Enterrée provisoirement par deux rapports d'enquête (un du ministère, l'autre de la FFF) qui concluait par un « circulez, c'est finis! », il n'en demeure pas moins qu'elle a révélé au grand des jours d'inquiétantes façons d'aborder la citoyenneté française, dès lors que l'on est « d'origine ». Il serait erroné de réduire cette crise à un épiphénomène ou de vagues bavardages entre personnes pas très attentives à ce qu'elles racontent. Au contraire, il faut inscrire ce « psychodrame » dans le théâtre plus vaste de l'histoire de l'immigration en France et des récentes crispations politiques autour de ce sujet. Nous avons demandé à Pascal Blanchard, historien du colonialisme et co-auteur du documentaire « des Noirs en couleurs - » (Universal vidéo) de nous apporter son précieux éclairage.<br/><br/><strong> <i>1) L'affaire des quotas a défrayé la chronique, comment en analysez-vous la profondeur historique au-delà du cas de la fameuse réunion du 8 novembre ?</i> </strong><br/><br/>
Tout d'abord, la notion de quotas n'est pas nouvelle dans le foot. Par exemple à l'époque de l'Algérie coloniale, il existait des quotas de joueurs arabes ou pieds-noirs dans les équipes locales. Uniquement par peur d'être complétement envahi et débordé par les footballeurs « indigènes », dans un championnat alors rattaché à celui de la metropole. Pendant longtemps le foot français a été l'un des seul foot européens à compter des quotas de joueurs étrangers dans ses clubs. Mais effectivement avec ce cas particulier qui concernait des jeunes français, nous sommes en train de vivre dans le football la machine en arrière qui s'opère dans l'ensemble de la société. Nous sommes en train de régresser. Avec cet alibi des « bi-nationaux », on voit bien que ceux qui ont défendu ce principe des quotas appréhendent surtout, dans deux ou trois ans, une équipe composées que de noirs et de maghrébins.<br/><br/>
<strong> <i>2) Beaucoup de personnes, notamment à la FFF, pour défendre les personnes incriminées, ont justement avancés qu'il n' y avait rien de « racistes » dans le débat sur la bi-nationalité?</i> </strong><br/><br/>
Même si les discussions ont toujours oscillé autour de la frontière entre la nationalité et le « racial », elles ont quand même finit par basculer dans l'ethno-racial (et qui a cette fois-ci un peu moins concernés les maghrébins). Mais c'est une problématique qui traverse la fédération depuis au moins 4 ou 5 ans. C'est à dire de répondre par des représentations « racialisées » et un imaginaire « ethnique » à une réalité qui relève de l'ordre du social. Ce sont en effet les milieux populaires et les minorités discriminées qui sont le plus enclins à pousser leur enfants dans une carrière footballistique perçue comme une des rares trajectoires possibles d'ascension sociale, alors que les classes moyennes ou supérieurs projettent d'autres aspirations sur l'avenir de leurs enfants . Certains finalement continuent de penser que notre pays ne peut être représenté par une équipe uniquement constituée de noirs, fussent-ils des français comme les autres, qu'ils soient antillais ou de la seconde génération de l'immigration africaine. Cela fait 15 ans que Le Pen a mis la question sur le tapis. Apparemment certains cadres de la FFF, qui étaient autour de la table - quelque part en parfait accord avec une partie de l'opinion- n'ont pas intégré simplement que l'on pouvait être noir et français.<br/><br/>
<strong> <i>3) Alors que l'on ne cesse d'affirmer que le foot a toujours jouer un rôle de creuset, il semblerait donc que la FFF, en tant qu'institution, ne l'a jamais véritablement valorisé ?</i> </strong><br/><br/>
La composition de l'équipe de France actuelle s'explique par 80 ans d'histoire de l'immigration et de la colonisation. Les dirigeants de la FFF ignorent tout et font tout pour ignorer les tenants et les aboutissants ce processus. Ils n'ont jamais su mettre en valeur, notamment auprès des jeunes, ces cinq générations d'histoire partagée en bleu. Car la France fut, il est vrai, la première nation européenne à posséder un noir dans sa sélection nationale (en 1931), à accorder un capitanat à un africain et à un antillais, à aligner, dès 1980, une formation majoritairement composée de noirs a Moscou... En revanche, par exemple, la fédération a systématiquement refusé de nous soutenir ou de promouvoir de telles actions,  quand nous travaillions -en tant qu'historiens- sur le sujet ou sur des expositions décrivant la place des immigrés chez les bleus. Il s'agit de la seule structure impliquée dans le foot qui ne nous a pas soutenus, au point de ne même pas signaler ces travaux et productions sur leur site. Sans oublier le rôle de Franck Tapiro (ancien conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007) qui insistait sur le besoin de gommer toute aspérité, toute diversité, toute profondeur historique de l'identité des bleus. On récolte avec le « scandale » des Quotas le fruit de ces blocages et de ces choix.]]></content:encoded>
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		<item>
		<title><![CDATA[Les supporters sont-ils "l'âme" d'un club?]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/les-supporters-sont-ils-l-ame-d-un-club-143317.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/les-supporters-sont-ils-l-ame-d-un-club-143317.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-06-10T08:23:37Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
La saison se termine et elle fut plutôt sage côté tribunes. De fait, insidieusement, entre la nouvelle attitude des pouvoirs publics, la loi Loppsi II, le « succès » du plan Leproux et la perspective « sécurisé » des futurs grands stades de l'Euro 2016, les supporters « à l'ancienne » (quel que soit leur age) sont peut-être en train de vivre la fin d'un cycle. Et de basculer du sacré au profane. Explication de texte.

l'Équipe a publié  le 9 juin le point de vue croisé de quatre présidents, e&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>La saison se termine et elle fut plutôt sage côté tribunes. De fait, insidieusement, entre la nouvelle attitude des pouvoirs publics, la loi Loppsi II, le « succès » du plan Leproux et la perspective « sécurisé » des futurs grands stades de l'Euro 2016, les supporters « à l'ancienne » (quel que soit leur age) sont peut-être en train de vivre la fin d'un cycle. Et de basculer du sacré au profane. Explication de texte.</strong><br/><br/>l'Équipe a publié  le 9 juin le point de vue croisé de quatre présidents, et non des moindres, en l'occurrence Robin Leproux (PSG), Jean-Michel Aulas (OL), Jean-Claude Dassier (OM) et Michel Seydoux (LOSC). Si des divergences peuvent apparaître, minimes en fait, il existe néanmoins un point précis sur lequel ils s'avèrent en plein accord : sois supporter et tais-toi. Au-delà de l'habituelle, et compréhensible, distinction entre les "violents" et les "pacifiques", les quatre fantastiques du foot français, qui s'imaginent déjà apparemment en Big Four tricolore, n'ont pas de mots assez durs pour remettre leurs "clients" à leur place, leur expliquant par ailleurs que «<i> la politique gouvernementale avait changé et qu'on ne rigolait plus</i> » (Dassier). Et à l'audacieuse question d'un journaliste qui soulignait que les supporters pensent souvent "qu'ils incarnent le club", Michel Seydoux - qui préfère le terme de « fan » - balance très énervé : « <i>Mais non, mais non, c'est vous (les médias) qui le considérez à leur place ! Les patrons, c'est nous. Pas les supporters</i> ». Pour abrupte que soit la réponse, socialement blasphématoire mais pécuniairement fondée, le problème mérite d'être posé.<br/><br/>Les ultras ne cessent en général de répéter qu'ils incarnent "l'âme du club". Un ambition spirituelle qui les épuise et les ruine. Ce discours possède désormais d'autant plus de portée que ces dernières années, la valse des présidents, des propriétaires et des joueurs s'est accélérée, transférant quasi-exclusivement la charge émotionnelle (le fameux amour du maillot) vers les tribunes. D'où la tentation d'affirmer au bout du compte d'en être les seuls dépositaires. En face, les nouveaux présidents (comme il y eut un New labour) se concentrent de plus en plus sur leur rôle de gestionnaires d'entreprises dont la clientèle se dégote d'abord devant le petit écran (les droits télé sont leur source première de revenus). Ils s'occupent ensuite des supporters comme un patron de bar doit gérer les mecs bourrés de fin de soirée, indispensables pour foutre l'ambiance, tenir le zinc et remplir le tiroir-caisse la journée, puis juste infernaux quand ils finissent par se croire chez eux dans le lieu qu'il squattent certes à longueur de temps*.<br/><br/>Dans leur comptabilité, "l'âme" se réduit à un produit marketing, l'histoire à un palmarès et l'ambiance à un fond sonore pour la retransmission sur Canal Plus. Les supporters réclament du rêve et le droit de s'identifier à un club (qu'ils continuent encore d'imaginer en variation PME de l'association des débuts) dont la dimension financière ne prend jamais l'ascendant, dans leur esprit, sur son enracinement - souvent le stade appartient encore par ailleurs à la ville - et leur ferveur. Pour nos quatre mousquetaires tricolores, on a déjà changé d'époque et il serait temps de s'en rendre compte. Ce n'est même pas syndicat contre patronat. Les supporters signent juste pour un abonnement, comme chez SFR ou Orange. Il faut respecter les conditions de vente, point barre.<br/><br/>En face, le malentendu en est conforté. Les supporters s'accrochent à une vision romantique du foot français tout en lui demandant d'exploser les scores comme sur Playstation 3. Le supporter défend un club (et dans le cas du PSG, il fut longtemps le seul), le président doit rendre une équipe performante. Et le drame réside surtout dans le fait que les dirigeants, qui ne cessent d'affirmer qu'ils fournissent d'abord un spectacle, n'ont toujours pas compris le B-A-BA du succès de la culture <a href="http://www.sofoot.com/blogs/marxist/football-et-mainstream-interwiew-de-frederic-martel-125549.html">"mainstream</a>" de divertissement pour le rendre crédible. Au risque sinon de se suicider économiquement et de tuer le ballon aux &#339;ufs d'or.<br/><br/>Nicolas Kssis-Martov<br/><br/>* Au passage relire les très belles pages sur ce paradoxe du « droit à la propriété vs. le droit à l'ébriété » sous la plume d'Alexis Violet, ex-compagnon trotskiste des Lettristes et autres Situationnistes, notamment dans « Le temps gage ».]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Peut-on laisser le foot aux footballeurs?]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/peut-on-laisser-le-foot-aux-footballeurs-143172.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/peut-on-laisser-le-foot-aux-footballeurs-143172.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-06-06T21:50:55Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
D'un scandale à l'autre, le foot français navigue à vue depuis knyssa. Les derniers rebondissements s'appellent affaire des quotas, la montre scintillante de Boghossian ou encore les élections tronquées du président de la FFF. En langage politique tous ces soubresauts s'intitulent simplement racisme ou discrimination, corruption et problème de pluralisme démocratique.  Rajoutez-y dans le pot pourri la vieille histoire de Zahia vs DSK, et vous aurez compris que le sport numéro 1 dans notre beau p&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->D'un scandale à l'autre, le foot français navigue à vue depuis knyssa. Les derniers rebondissements s'appellent affaire des quotas, la montre scintillante de Boghossian ou encore les élections tronquées du président de la FFF. En langage politique tous ces soubresauts s'intitulent simplement racisme ou discrimination, corruption et problème de pluralisme démocratique.  Rajoutez-y dans le pot pourri la vieille histoire de Zahia vs DSK, et vous aurez compris que le sport numéro 1 dans notre beau pays a su occuper une place centrale, sinon pionnière, dans les grandes problématiques qui agitent notre société. <br/><br/>Face à cette footbalisation du champ politique, les instances fédérales, voire madame la ministre, se sont contenté d'agiter les habituels gris-gris vaudous des valeurs du sport contre la malveillante presse "toute puissante". Un étrange raisonnement finalement fort similaire à la ligne de défense d'un Nicolas Anelka, pourtant répudié de la famille tricolore, attaquant le quotidien <i>L'Équipe</i> au nom du secret inviolable du vestiaire. Comme si le petit monde du ballon rond pouvait constamment réclamer son du honorifique à la nation (cadeaux fiscaux, droits télés avec interventions élyséennes,  subventions publiques pour les stades de l'euro 2016) sans devoir en retour se soumettre aux lois, légales ou éthiques,  de la république (transparence, responsabilité, sens civique, etc). <br/><br/>Le triste épisode des quotas  a beau avoir été étouffé sous deux commissions d'enquête, dans le seul but de sauver le soldat blanc, qui pense encore sérieusement que les causes profondes de ce délire collectif se réduisent à l'incompétence d'un DTN trop bavard? Les journalistes ont déjà sauvé une fois le foot français de lui-même,  il serait temps que ses dirigeants cessent de croire que leurs obligations s'arrêtent à trouver le meilleur sponsor maillot pour l'EDF. Mais après tout le foot est-il peut-être un sujet trop complexe pour le laisser aux footballeurs?]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title><![CDATA[Conseils de Lecture III : économie du foot!]]></title>
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Bastien Drut  Économie du football professionnel  - coll. Repères (La découverte) 

Ce petit ouvrage de la collection « repères », idéale béquille pour les étudiants bachoteurs en staps et les journalistes en manque de statistiques, tombe à point nommé pour éclairer un peu l'obscure nébuleuse des finances du foot pro. La FFF vient en effet de se réformer, accordant à la bande de Thiriez une minorité de blocage. En outre jamais le débat autour de la propriété et le coût des stades n'a été au&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Bastien Drut <i> Économie du football professionnel </i> - coll. Repères (La découverte)</strong> <br/><br/>Ce petit ouvrage de la collection « repères », idéale béquille pour les étudiants bachoteurs en staps et les journalistes en manque de statistiques, tombe à point nommé pour éclairer un peu l'obscure nébuleuse des finances du foot pro. La FFF vient en effet de se réformer, accordant à la bande de Thiriez une minorité de blocage. En outre jamais le débat autour de la propriété et le coût des stades n'a été aussi vifs, à voire la paradoxale déclaration de Chantal Jouanno en ouverture de l'assemblée du sport - « l'argent public doit aller au sport amateur et pas au sport professionnel, sauf pour impulser des infrastructures qui participent à l'aménagement du territoire » - à laquelle répond finalement assez précisément l'adresse d'une association de supporters du PSG - le Collectif 07/08- aux élus de Parisiens et à Colony Capital, actionnaire majoritaire, concernant le bail emphytéotique administratif du Parc des Princes. Car en la matière la France a gardé longtemps sur le sujet un pudibonderie mi-couberticienne (l'argent dans le sport doit rester une affaire de famille) mi-catho (s'enrichir certes, sans le dire bien sur).<br/><br/>Nous sommes désormais fort éloigné de ce point de départ du « péché originel » qui explique le retard au démarrage du foot pro hexagonal (1932) et son adaptation tardive aux lois du marché (le statut des clubs, la professionnalisation des dirigeants, l'arrivé des « investisseurs », la circulation de joueurs, etc.). Pourtant l'auteur offre aussi de mesurer à quel point le foot professionnel épouse toujours paradoxalement davantage l'esprit (culte de la performance, le bling-bling des de ces stars, l'internationalisation des capitaux, etc..) que la lettre du capitalisme (quel autre secteur économique consacre 80% de son chiffre d'affaire aux salaires ?). En effet la « maximalisation des profits » ne constitue pas la première motivation (sans parler des considérations politiques ou égocentriques) de ceux (fonds de pension américain, milliardaires russes, etc.) qui insufflent des milliards d'euros chaque saison dans les « danseuses » des championnats européens (malgré l'existence d'actifs importants comme les stades, ce qui renvoie de nouveau à l'exception française et à la volonté affichée de certains d'en faire céder la propriété au privé pour en assurer la solidité ou la survie). Le système économique du foot vit ainsi très bien avec les déficits abyssaux des clubs, car ces derniers entrainent une immense accumulation de revenus adjacents qui soutiennent l'activité de nombreux acteurs « parasites » (médias, équipementiers, etc.).<br/><br/>L'existence de ce hiatus illustre de la sorte cette irrationalité fréquente d'un capitalisme qui sait oublier ses propres règles quand il doit composer avec des paramètres spécifiques, ici par exemple l'aléa sportif, indispensable gris-gris culturel pour maintenir l'attractivité populaire du spectacle (et qui fait tant souffrir Aulas). Dès lors les tentatives de « régulations » comme le fair-play financier de Michel Platini ou la DNCG tricolore s'apparente à des outils sociaux-démocrates schizophrènes, tentant d'inculquer, ironie de l'histoire, les bonnes manières du savoir vivre libéral aux meilleurs élèves de la classe capitalistes. Au final, malgré une dette colossal et des cris d'alarme constant, l'économie du foot constitue au sens strict du terme un « miracle économique » en lequel tout le monde veut continuer de croire.<br/><br/>
<strong>Michel Desbordes &amp; André Richelieu (dir.) <i>Néo-marketing du sport : regards croisés entre Europe et Amérique du nord</i> (De Boeck)</strong><br/><br/>Avant de penser la critique du capitalisme, Karl Marx l'a d'abord étudié. Ceux qui partent en guerre contre le "foot moderne" feraient bien d'abord de consulter ce type d'ouvrage pour comprendre exactement à qui (ou quoi) ils ont à faire. Ou pour parler le langage du "prussien rouge de Trèves", de maitriser les tenants et les aboutissants de la logique d'accumulation du capital dans le football à l'heure de la mondialisation médiatique et du web hégémonique. Le tout à saupoudrer d'une bonne dose de Gramsci pour ce qui relève de la superstructure culturelle de l'édifice.<br/><br/>Pour revenir à cet ouvrage collectif directement issu de la très dynamique branche universitaire du "marketing et management" du sport (avec de jeunes chercheurs comme Michel Desbordes ou Boris Helleu), il aborde de front et en profondeur un certain nombre de lieux communs qu'assènent les journalistes sans généralement s'interroger sur la pertinence de ce qu'ils racontent (cela dit, les tableaux synthétiques sur les droits télé et autres schémas sur les relations client/marque devraient faire leur bonheur un soir de bouclage). L'immense intérêt de départ étant de renvoyer la balle entre le Vieux Continent, encore épicentre pour le ballon rond, et les USA, c&#339;ur de l'empire de la NBA ou du catch.<br/><br/>Certains chapitres raisonnent particulièrement dans le contexte actuel. Par exemple quand il s'agit de réfléchir sur les processus et procédures de régulation dans le sport professionnel (on songe au fair-play financier défendu par Michel Platini vs les systèmes des Ligues américaines avec notamment le salary cap). De même le traitement du rôle des stades, comme outils de valorisation du produit "club", ainsi que des publics comme clientèle, avec le passage du supporter au "fan", concerne au premier chef un football européen où une partie des tribunes continue de fonctionner sur des de modes de représentation identitaire qui peuvent entrer en contradiction avec les projets d'entrepreneurs, et de leur sponsors, qui vivent eux au rythme des bilans comptables et de la globalisation du "prestige" du maillot.<br/><br/>Le club de foot est de toute façon désormais inscrit dans un vaste système dont il se révèle évidemment le centre névralgique indispensable, mais d'un poids économique minoritaire face aux masses économiques secrétées par les médias ou les équipementiers. L'inscription du football dans une culture "mainstream" s'étendant sur tous les continents (jusqu'en Asie, avec la question des paris sportifs et des risques de corruption) composent alors un rapport au marketing où les plus-values culturelles dessinent un ensemble de réseaux et de signes stimulant une économie nébuleuse, qui ne peut se résumer au niveau des actions en bourse. En oubliant ce que le "foot-fric" doit au "foot populaire", même du simple point de vue des bénéfices, le dirigeant de club s'avère certes d'abord un capitaliste, mais un bien mauvais.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[L'affaire des "quotas" : une opportunité politique?]]></title>
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		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/l-affaire-des-quotas-une-opportunite-politique-142182.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-05-17T14:08:12Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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La pitoyable affaire des « quotas de Noirs et d'Arabes » dans le football français, révélée par Mediapart, semble toucher à sa fin. Le moment de tirer les premières conclusions de cette séquence qui a au moins eu le mérite de contraindre les uns et les autres à argumenter leur positions respectives.

la suite ici]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->La pitoyable affaire des « quotas de Noirs et d'Arabes » dans le football français, révélée par Mediapart, semble toucher à sa fin. Le moment de tirer les premières conclusions de cette séquence qui a au moins eu le mérite de contraindre les uns et les autres à argumenter leur positions respectives.<br/><br/>la suite <a href="http://www.regards.fr/societe/affaire-des-quotas-dans-le-foot">ici</a>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title><![CDATA[Ahmed Ben Bella : Un seul but et puis l'indépendance !]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-05-10T19:46:50Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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paru dans So Foot, avril 2011

 Aujourd'hui, il n'existe guère de sujet qui fasse consensus en Algérie, hormis peut-être la « lutte héroïque » pour l'indépendance (dont on va célébrer le cinquantième anniversaire) et le foot. Ahmed Ben Bella, premier président de la  « République algérienne démocratique et populaire », et surtout ancien joueur de l'olympique de Marseille, a le mérite, ou la chance, de cumuler les deux.  

7 juillet  1981. Ahmed Ben Bella est l'invité de l'émission « Gr&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>paru dans <i>So Foot</i>, avril 2011</strong><br/><br/><strong> <i>Aujourd'hui, il n'existe guère de sujet qui fasse consensus en Algérie, hormis peut-être la « lutte héroïque » pour l'indépendance (dont on va célébrer le cinquantième anniversaire) et le foot. Ahmed Ben Bella, premier président de la  « République algérienne démocratique et populaire », et surtout ancien joueur de l'olympique de Marseille, a le mérite, ou la chance, de cumuler les deux.</i> </strong> <br/><br/>
7 juillet  1981. Ahmed Ben Bella est l'invité de l'émission « Grand débat » sur TF1. Jean Cau, journaliste de L'express (et pas encore écrivain « païen » de la nouvelle droite), essaie de comprendre comment cet enfant de la méritocratie scolaire coloniale, ce militaire héroïque (médaille militaire)  de la campagne d'Italie, a pu basculer contre la France. Bref qu'a-t-on bien pu lui faire pour qu'il se montre si ingrat ? L'homme qui sort tout juste de quinze ans d'internement après avoir été déboulonné par le colonel Boumediene, balaie d'une étrange manière la question piège: « <i>On m'a absolument rien refusé. (..) si je voulais un poste , je l'avais à l'Olympique de Marseille, j'étais très bien payé, j'avais un avenir, croyais moi, certain. (...) je jouais bien au football. (...) j'étais demi-centre de l'olympique de Marseille, on m'avais proposé un contrat. Alors vous savez, demander quel poste ? Celui de garde champêtre ? J'avais un poste tout trouvé à Marseille.</i> »  <br/><br/>Vue de la Casbah, une telle révélation s'apparente à découvrir chez nous que De Gaulle à renoncer à un poste de n°10 au Losc pour rallier Londres. Car Ahmed Ben Bella représente bien davantage qu'un des fondateurs du FLN. Il est un des derniers survivants  (il a près de 95 ans) de la grande aventure décolonisatrice du vingtième siècle, coincé entre Fidel Castro et Nelson Mandela. François Hollande qui s'est rendu en pèlerinage auprès de lui à Alger en décembre dernier l'a fort béatement résumé « <i>C'est toujours émouvant de voir l'Histoire, et Ben Bella c'est l'histoire.</i> » Et l'occasion de parler ballon et nostalgie, plutôt que du Tribunal Russell sur la Palestine ou de son prix Kadhafi des droits de l'homme. Le foot peut s'avérer tellement pratique pour se faire de nouveau copain sans aborder les sujets qui fâchent !<br/><br/>Donc, petit retour en arrière. Ahmed Ben Bella est un jeune appelé de 23 ans, devenu sous-officier au 141e régiment  d'infanterie alpine. Il s'ennuie ferme devant sa batterie DCA à Marseille, au cap Janet.  Il aurait du être démobilisé mais la « drôle de guerre » l'a planté devant la méditerranée à guetter la Lutwaffe. En gros, comme tout le pays, il attend à l'abri de la ligne Maginot. Pour tuer  le temps, il joue beaucoup au foot, sa première grande passion. Celle qui ne l'a jamais quitté depuis les premiers terrains  poussiéreux  de sa ville natale de Maghnia, à la frontière marocaine, jusqu'au club de Tlemcen, ou il était parti étudié. Le foot constitue alors un peu sa planche de salut. Il en parle en des termes presque camusiens, une sorte de refuge face à l'injustice de la société coloniale, mais que lui vit d'en bas. Dans le livre que lui consacre Robert Merle (l'auteur de Week-end à Zuydcoote.) en 1965, il l'explique assez simplement «  <i>Quand je poussais le ballon devant moi en dévalant  à pleine vitesse vers les buts adverses, personne ne me demandait si j'étais « arabe » ou « européen »</i> . <br/><br/>Débarqué à Marseille, et bien qu'ayant déjà tâté du nationalisme balbutiant auprès du PPA (Parti du Peuple Algérien), il retrouve alors naturellement les chemins du stade, à son poste de demi-centre, qu'il affectionne avec une vision très football total avant l'heure . : « <i>Je jouais demi-centre, et le demi-centre, à l'abattait un travail extraordinaire, défensif et offensif. Il était toujours sur la brèche. Les méthodes aujourd'hui ont changé ; les équipes sur le terrain, se déploient autrement.</i> » (cit. in. Robert Merle, ibid..)
Il rejoint d'abord l'équipe de Château Gombert, un quartier au nord-est de la ville . Le conflit lui offre  alors une opportunité inespérée. Car malgré la mobilisation générale qui a confisqué les meilleurs joueurs, la fédération décide de maintenir ses compétitions tant que se prolonge cette guerre sans escarmouche. Le championnat est divisé en trois zones: un groupe nord à 9 clubs, le sud-est avec 5 clubs  et  un groupe sud-ouest qui en aligne 6 (l'OM, Saint-Etienne, Nice, Antibes et Cannes).  Le club phocéen accepte de s'inscrire, surement encore râgeux de ses deux titres de vice-champions successifs.  S'il peut compter sur quelques pros étrangers non concernés (le grec Dimitri Contopanos , le suisse Ferdinand Bruhin , ...),  et d'autres pas encore appelés ( le gardien Jacque Delachet affiche à peine 18 ans au compteur), il doit remplumer ses rangs. On va chercher au plus près, parmi le militaires en caserne et les amateurs de bon niveau. Ahmed Ben Bella endosse ainsi le maillot ciel et blanc, succédant dans le filon nord-africain, à la "perle noire" Ben Barek qui avait entre temps rejoint Casablanca et l'US Marocaine.  Il y retrouve Camille Malvy, pied-noir oranais et Emmanuel Aznar de Sidi Bel Abbès. Parmi les stars, reste  l'autrichien Frédéric Donnenfield, qui entrainera la Colombie et la Hollande dans les années cinquante. Enfin cette troupe bricolée est coachée par un  Hongrois de 34 ans, Joseph Eisenhoffer, qui chausse aussi parfois les crampons. <br/><br/>Entre contraintes de la vie sous l'uniforme et collègues deja en place, Ahmed Ben Bella ne rentre pas  dès le départ dans  l'équipe type qui matche à l'Huveaune (le vélodrome, inauguré en 37, n'a pas encore détrôné son prédécesseur et il est souvent réquisitionné par l'Armée). Pourtant, c'est comme titulaire qu'il foule la pelouse du FC Antibes ce 21 avril 1940. L'OM écroule son petit voisin sous un déluge de 9 but, dont une concrétisation par le jeune algérien. Malheureusement, ce dernier n'aura pas beaucoup d'autre occasion de prouver sa valeur contre des adversaires plus coriaces. Le 10 mai les panzers percent à Sedan. L'armée Française s'effondre. L'armistice est signée. Ahmed Ben Bella est démobilisé et c'est donc à ce moment qu'il affirme avoir refusé une offre alléchante de son déjà ancien club. Ce n'est pas impossible au vue des besoins en joueurs qui n'ont fait que s'accentuer avec l'occupation et la coupure en deux du pays.  Quoiqu'il en soit, il retourne en Algérie. Dans le club qu'il remonte aussitôt, il découvre rapidement les méthodes du pétainisme triomphant "<i>Dans l'équipe que j'avais formé à Maghnia, mon ailier gauche était un juif, Roger Benamou. On imagine pas les pressions qui furent faites sur moi par les autorités locales, de 1940 à 1943,  pour que je le chasse de mon équipe. On alla jusqu'à me menacer de prison si je n'obéissais pas aux « suggestions ». Mais je refusais jusqu'au bout à pratiquer à l'égard d'un excellent camarade  l'odieuse ségrégation raciale dont j'avais été moi même si souvent victime</i>. »(cit. in. Robert Merle, ibid..) <br/><br/>La suite est connue. La guerre au sein du 5e régiment de tirailleurs marocains. Le combat pour l'indépendance. Arrêté avec une Délégation des principaux dirigeants du FLN après le détournement par l'armée française de leur avion le 22 octobre 1956, il ne sera donc pas de la constitution de l'équipe du FLN, à laquelle il ne cessera de rendre hommage néanmoins par la suite. Car, devenu chef de l'état, le football demeura malgré tout une manie. L'historien Youcef Fates se souvient de la sorte  l'avoir vu débarquer en hélicoptère en 1963 "Nous étions en train de jouer au football sur un terrain d'aviation que l'armée française a abandonné au moment de l'indépendance quand deux hélicoptères russes atterrissent pas très loin de nous. Ben Bella en tenue « col Mao » descendit. Bien sûr, comme à l'accoutumée il nous a fait un discours improvisé sur « la Bourgeoisie et la réaction ». Et il s'associa à nous en échangeant quelques passes de football. » Néanmoins son sport préféré lui fut parait-il fatal. Obsédé par la venue de la sélection brésilienne à Oran le 17 juin 1965 (il posa longuement en compagnie Pelé et Garrincha), certains affirment qu'il en ignora les signes avant coureurs du coup d'état qui se tramait et éclata  deux jours plus tard, le 19 juin. <br/><br/>Pour ainsi dire,  à en croire la légende, il préféra L'Algérie à l'OM, et la sélecao à son poste de président !]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[La guerre de sécession du foot français?]]></title>
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		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/la-guerre-de-secession-du-foot-francais-141642.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-05-07T20:31:15Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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La fin des faux-semblants. Comme dans toute bonne famille française qui se respecte, dans le foot français on s'engueule désormais à table sur la politique, et en particulier entre « frères » de 98. Qui va jouer le rôle de la « mère réconciliatrice » ? Chantal Jouanno ?

Les familiers de l'&#339;uvre du grand écrivain américain William Faulkner connaissent ses paradoxes face à la question noire. Lui non plus n'était pas raciste et évoquait souvent dans ses romans, généralement avec pour cadre&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>La fin des faux-semblants. Comme dans toute bonne famille française qui se respecte, dans le foot français on s'engueule désormais à table sur la politique, et en particulier entre « frères » de 98. Qui va jouer le rôle de la « mère réconciliatrice » ? Chantal Jouanno ?</strong><br/><br/>Les familiers de l'&#339;uvre du grand écrivain américain William Faulkner connaissent ses paradoxes face à la question noire. Lui non plus n'était pas raciste et évoquait souvent dans ses romans, généralement avec pour cadre les anciens états confédérés, «  une malédiction du racisme ». Il dénonçait l'esclavage et la ségrégation, mais refusait que le « nord » impose «  son changement » contre la « culture » du sud et, surtout, ne cessait de clamer que les vraies victimes de la défaite de « Gettysburg » restaient les « petits blancs ». L'historien Benjamin Stora qualifie d'ailleurs cette posture de « sudisme » et repère des attitudes similaires ailleurs, notamment chez les pieds-noirs. La ligne défendue par Christophe Dugarry s'y apparente, finalement. Le talent littéraire et la gravité historique en moins évidemment.<br/><br/>Alors que tout l'édifice de la FFF vacille, et que même un proche de Fernand Duchaussoy comme Éric Borghini, président du district Côte d'Azur, peut désormais affirmer dans les colonnes du Figaro que «  c'est beaucoup plus grave que Knysna », l'ex-international part de son coté, et sur Infosport, en croisade contre la campagne déstabilisation menée selon lui envers son ami Laurent Blanc. Il s'emporte surtout contre les leçons de moralisme de son ex-coéquipier Lilian Thuram et sa « <i>volonté de passer pour le juge de la Cour Suprême</i> », sonnant ainsi un peu le glas de la belle unité de façade « black blanc beur » de la génération bénie du foot français. Au passage, il n'hésite pas à lui retourner le compliment, par le biais d'une anecdote de vestiaire du 12 juillet 98, le taxant à demi-mot de communautarisme.<br/><br/>Pour l'ancien Bordelais, le plus inquiétant ne provient absolument pas du fait principal, c'est-à-dire que la DTN et les sélectionneurs nationaux se soient tranquillement assis autour d'une table pour réfléchir, le plus sérieusement du monde, à la possibilité d'une politique discriminatoire envers des jeunes « binationaux » de 12 à 13 ans. Cela ressort à la rigueur, d'après lui, et au pire, de maladresses verbales. Car, au-delà de ces considérations « secondaires », le véritable drame de cette affaire se situe plutôt à ses yeux dans l'attaque supplémentaire et inutile que subit cette cause supérieure de la nation : l'équipe de France. Il confie ainsi qu'il est « <i>inquiet pour le football français, pour Laurent Blanc, peur de retrouver le chaos des dernières années. Il faut se rendre compte de tout ce qu'il a réussi à faire, à remobiliser le foot français... J'ai peur qu'il s'en aille</i> ».<br/><br/>Quand on se souvient de ses envolées critiques et acerbes contre Raymond Domenech, qui lui donnait « envie de pleurer » pour tel ou tel choix tactique, comment ne pas être surpris de le voir maintenant ramener les révélations de Médiapart à une banale question de susceptibilité mal placée. William Faulkner pensait que la mort de quelques enfants noirs, aussi dramatique soit-elle, ne valait pas qu'on détruise la belle civilisation du sud. On risque de se qualifier pour l'Euro, et vous nous parlez de « discrimination » et de « racisme » ? Chacun ses priorités...]]></content:encoded>
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		<item>
		<title><![CDATA[Polémique Médiapart sur les quotas : la décharge des arguments !]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-05-02T14:56:42Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Depuis la divulgation par Mediapart des  propos tenus lors d'une réunion entre DTN et sélectionneurs nationaux, les commentaires vont bon train et certains se font les champions de la défense, dans l'ordre, du foot, de la FFF et de l'honneur de Laurent Blanc. Voici les trois arguments massues généralement employés dans le but de nous expliquer que cette histoire se résume à  la méchanceté de quelques journalistes. Car le plus important, ce n'est pas de savoir si on va trier sur le volet, par des&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Depuis la divulgation par Mediapart des  propos tenus lors d'une réunion entre DTN et sélectionneurs nationaux, les commentaires vont bon train et certains se font les champions de la défense, dans l'ordre, du foot, de la FFF et de l'honneur de Laurent Blanc. Voici les trois arguments massues généralement employés dans le but de nous expliquer que cette histoire se résume à  la méchanceté de quelques journalistes. Car le plus important, ce n'est pas de savoir si on va trier sur le volet, par des quotas, des gamins -séparant le bon grain « pure souche » de « l'ivraie  des« bi-nationaux » d'Afrique et du Maghreb-, mais  plutôt de se qualifier pour l'Euro. <br/><br/><strong> <i>1)Médiapart cherche juste  le scoop.</i> </strong><br/><br/>Tout d'abord mettons de coté les exigences de preuves. Le verbatim a été reconnu par tout le monde et les déclarations contradictoires , voire glissantes (style: avez vous vraiment des traces écrites?) ainsi que la gène de la FFF suffisaient dès les premières heures  à entretenir un doute légitime. Mais bref. Cela peut sembler surréaliste à quelques uns, les journalistes, parfois, révèlent des scoops, cela fait un peu parti du boulot. Que le journal pousse son avantage et tente de gagner des lecteurs en distillant homéopathiquement ses sources est aussi évident. Cela n'invalide en rien le droit de sortir ce genre d'affaire. <br/><br/><i> <strong>2)Poser la question des bi-nationaux est légitime</strong> </i><br/><br/>Et pourquoi donc ? Ou est le véritable problème ? Que des jeunes joueurs qui rentrent désormais dans les circuits à 12 ans finissent par concevoir que, faute de pouvoir endosser le maillot tricolore, il n'a rien de honteux à se « rabattre » sur d'autres expériences internationales? N'est-il pas légèrement plus pervers de laisser entendre  à ces mêmes gamins  - et personnes ne parlent des franco-portuguais ou autres évidemment- que de par leur origine, ils ne seront jamais traiter à égalité, ce qui est juste, pour info, contraire à la constitution  (et le foot est aussi dans la république). Rappelons que depuis toujours  cc type de raisonnements , notamment sur la « douteuse » bi-nationalité - se situe au c&#339;ur de la rhétorique FN d'ethnicisation essentialiste du peuple français. <br/><br/>Ensuite ? Nous formons pour les autres! La dette footballistique de la France envers l'Afrique ne me semble pas si déficitaire que cela, non ? Et par ailleurs dans ce cas pourquoi ne pas interdire aussi aux entraineurs d'aller coacher les sélections d'autres pays qui peuvent finir par battre la France, qui sait ? Pour conclure, on peut garder sa nationalité française et se casser en Angleterre pour payer moins d'impôts, une façon très « droitement » correcte de se sentir fiscalement  bi-national.<br/><br/><i> <strong>3)Le foot n'est pas raciste et les personnes incriminées non plus</strong> </i><br/><br/>En effet et voilà bien le drame. Dans un des univers culturel qui s'avéra le plus ouvert à la diversité  - sauf pour les instances dirigeante et les DTN, d'où peut-être ce lâchage en règle dans les propos-, l'émergence de cette manière d'aborder ces affaires fait froid dans le dos. Elle est surtout révélatrice du contexte politique que nous traversons depuis quelques années et qui a fini par s'immiscer au plus profond du corps social. Et donc aussi, j'en conviens, dans un espace ou l'on attendait pas entendre que le noirs sont costauds et bêtes et que l'on doit se méfier des enfants d'immigrés, fussent-ils citoyens français de plein droits.<br/><br/>Suite au prochain numéro.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Que reste-t-il au PC? le sport !]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/que-reste-t-il-au-pc-le-sport-141236.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/que-reste-t-il-au-pc-le-sport-141236.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-04-29T19:52:47Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Paru dans Technikart, février 2011

PCF est magique !

Dur à croire, mais la question sportive demeure le dernier domaine ou les communiste gardent à gauche une certaine prééminence (de Francis Parny au Conseil Régional d'Ile de France, à Azzdine Taibi , au coté de Bartolonne dans le 93 ). Même la mairie de Montfermeil, pourtant dirigée par un Xavier Lemoine se voyant en croisé de l'occident, va se servir chez eux pour sa direction des sports. Et qui sait que le PCF s'avère pour l'instant le&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Paru dans <i>Technikart</i>, février 2011<br/><br/><strong>PCF est magique !</strong><br/><br/>Dur à croire, mais la question sportive demeure le dernier domaine ou les communiste gardent à gauche une certaine prééminence (de Francis Parny au Conseil Régional d'Ile de France, à Azzdine Taibi , au coté de Bartolonne dans le 93 ). Même la mairie de Montfermeil, pourtant dirigée par un Xavier Lemoine se voyant en croisé de l'occident, va se servir chez eux pour sa direction des sports. Et qui sait que le PCF s'avère pour l'instant le seul parti de gauche à avoir nouer le dialogue avec les supporters de foot lors d'un débat place colonel Fabien, sous l'égide d'une <a href="http://pourlesport.pcf.fr/">commission sport</a> dirigée par un jeune élu parisien du XII arr , Nicolas Bonnet ? <br/><br/>Le dernier communiste portera un short. Et un maillot de Paris ?<br/><br/>en complément de l'article ci-dessous<br/><br/>This is Parti !<br/><br/>Le PCF souffle ses 90 bougies et cela faisait longtemps que la presse n'avait pas autant parlé de lui. Mais ce cadeau de noël médiatique sent terriblement le sapin. Car aujourd'hui que reste-t-il de ce grand parti de la classe ouvrière, rassemblant autrefois un quart des électeurs et un demi million d'adhérents omniprésents dans les usines et les quartiers ? Si peu (une fête de l'huma toujours remplie) et de moins en moins (malgré les soubresauts du Front de gauche). L'histoire, au sens universitaire, s'avère d'ailleurs au passage l'une des derniers endroit ou l'on cause à ce point du marxisme-léninisme franchouillard (même la revue grand public « L'histoire » lui a consacré sa une). <br/><br/>L'historien Romain Ducoulombier, heureux bénéficiaire d'un petit buzz critique autour de son livre, un tantinet indigeste, sur la naissance du PCF («<i>Camarades</i>» chez Perrin), ne se trompe finalement pas trop lorsque qu'il en parle comme d'un « <i>astre mort</i> », dont nous regardons finalement la lumière fanée sans craindre de nous brûler les yeux. Fini la cinquième colonne de Moscou plus « à l'est qu'à gauche » (dixit De Gaulle), voici l'avènement de la nostalgie des coups de gueules de Marchais devant Elkabbach façon « Enfants de la télé ». Désuet et dépassé. L'extrême-droite est de son coté passée à la lutte contre l'islam, son nouvel « empire du mal », et l'on peinerait à trouver chez Marine Lepen de déclarations enflammées contre les bolchos, sinon pour tenter de leur piquer leur derniers électeurs dans le Nord en surfant sur la « fibre sociale ».<br/><br/>« <i>Si on regarde les dernières élections, nous faisons autant dans le III arrondissement qu'à Sarcelles. C'est le problème, il faut reconquérir les couches populaires rapidement</i> », soupire Ian Brossat, président du groupe communiste au conseil de paris, un des rares jeunes qui assurent encore la relève. Bref le PC ressemble de plus en plus à un musée voire un monument à visiter de l'histoire de France, avec en embuscade tous les vautours à la mode Sarkozy, pas si idiot que cela lorsque qu'il assaisonna son zapping mémoriel du piment rouge Guy Mocquet. Mais finalement la direction communiste ne réclame-t-elle pas finalement, notamment de son allié socialiste, au nom de ce passé prestigieux, un respect voire une déférence éternelle pour « service rendus » (résistance, programme du CNR, etc..) à la gauche. L'ultime combat des derniers mohicans du PC se révèle à ce propos en lui-même un terrible constat d'échec : conjurer l'inévitable ralliement à la candidature de Mélenchon. <br/><br/>Arnaud Spire, philosophe phare du parti, ânonnait de la sorte au fil d'une tribune dans l'humanité du 5 janvier sa litanie ancestrale comme gage d'un droit d'aînesse : « <i>Son poids social, marqué par tous les épisodes révolutionnaires précédents (1789, 1793, 1830, 1848, la Commune puis le Front populaire, la Résistance et la reconstruction de la France), a plus de portée en cette période de crise très grave du système capitaliste que l'unicité d'un candidat du Front de gauche</i>. » Cela cache mal un sentiment de « tout fout le camp », qui raisonne au rythme des désertions et des transfuges. Dernier en date, le 20 décembre, Dominique Touraine, secrétaire général du groupe parlementaire de la « gauche démocrate et républicaine », ou siègent les députés PCF, annonçait qu'il rejoignait, comme un vulgaire « social-traitre » style Eric Besson, le cabinet du ministre de la Ville Maurice Leroy, lui même ancien rouge passé chez les centristes. Pire que tout, l'info n'a même pas défrayé la chronique! Tout comme ces maires passés chez les verts, ces écolos bobos et anti-productivistes , à l'instar de Stéphane Gatignon, descendant d'une dynastie (troisième génération) communiste d'Argenteuil, ayant reconqui de haute lutte la ville (très pauvre pour le coup) de Sevran.<br/><br/>Vidé de ses élites et de ses bastions, le PC se retrouve juste à la tête d'un fond de commerce (bâtiments, mairie, presse, etc.) surdimensionné par rapport a son poids électoral, un peu comme le clergé catholique pliant sous les contraintes de ses églises à demi-vide d'ancienne fille ainée du Vatican. Même la sacro-sainte place du colonel-Fabien n'est plus préservée (on se souvient des défilés de modes et des soirées techno) et depuis 2008 le deuxième étage est loué à la société privée Autochenille production , spécialisée dans le dessin animé. Ces derniers doivent surement avoir l'impression de fréquenter un haut lieu de la mémoire du pays, et de croiser les survivants d'un monde engloutis que les plus jeunes n'ont même pas connus.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[L'esprit de 81 souffle-t-il sur le foot français?]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/l-esprit-de-81-souffle-t-il-sur-le-foot-francais-141113.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-04-28T08:49:05Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
A défaut de la révolution, soutenons le vrai réformisme dans le football, alors que la gauche s'aprête à sécher une larme nostalgique, entre deux primaires, sur l'alternance de mai 81, quand elle osait encore un peu appliquer ses idées et ses valeurs.

Signez le manifeste Tatane

"Parce qu'on joue au football

Parce que le football est un jeu qui doit rester populaire

Parce que les stades devraient être pleins à craquer de dragueurs, de femmes et d'enfants

Parce que Garrinc&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->A défaut de la révolution, soutenons le vrai réformisme dans le football, alors que la gauche s'aprête à sécher une larme nostalgique, entre deux primaires, sur l'alternance de mai 81, quand elle osait encore un peu appliquer ses idées et ses valeurs.<br/><br/>Signez le manifeste <a href="http://www.tatane.fr/">Tatane</a><br/><br/>"Parce qu'on joue au football<br/><br/>Parce que le football est un jeu qui doit rester populaire<br/><br/>Parce que les stades devraient être pleins à craquer de dragueurs, de femmes et d'enfants<br/><br/>Parce que Garrincha pouvait reculer pour faire durer le plaisir avant de marquer<br/><br/>Parce que jouer au foot n'est pas un métier sérieux<br/><br/>Parce qu'on peut jouer très sérieusement<br/><br/>Parce qu'on peut jouer au foot en se levant tard<br/><br/>Parce que jouer n'a jamais empêché personne de penser<br/><br/>
Parce que le football est un jeu avant d'être un marché<br/><br/>Parce que le football actuel s'appuie sur un modèle économique malsain
Parce qu'il est possible de jouer au foot sans penser à son prochain transfert<br/><br/>Parce que le football n'est que le reflet d'un modèle de développement qui est tout sauf durable<br/><br/>Parce que la peur de perdre empêche de jouer<br/><br/>Parce que les sports comme les sociétés se jugent à la manière dont on traite les perdants<br/><br/>Parce qu'on est toujours le perdant de quelqu'un<br/><br/>Parce que former un joueur de foot, c'est aussi former un citoyen<br/><br/>Parce qu'un footballeur n'a jamais choisi d'être un exemple<br/><br/>Parce que « tu ne peux pas planter de la banane et espérer de l'ananas » (Cheikh Lô)<br/><br/>Parce que le Dr Socrates avait inventé la démocratie Corinthiane et le club de football autogéré<br/><br/>Parce qu'à Manchester les supporters ont monté leur propre équipe alternative et qu'elle cartonne<br/><br/>Parce qu'il devient urgent de se pencher sur les choses inutiles<br/><br/>Parce que la médiatisation du football est trop univoque pour être représentative<br/><br/>Parce que « l'endogamie conduit à l'asphyxie » (C.Magris)<br/><br/>Parce qu'on peut à la fois s'intéresser au foot et à la musique, la politique, l'écologie ou même au handball<br/><br/>Parce qu'on peut aimer les temps morts au football<br/><br/>Parce qu'on est toujours le temps mort de quelqu'un<br/><br/>Parce que « les commentateurs ont comblé le vide sans en comprendre le sens politique » (M.Amalric)<br/><br/>Parce que voir un crachat en super ralenti c'est quand même un crachat<br/><br/>Parce que voir quelqu'un tomber en super ralenti permet juste de voir la chute plus lentement<br/><br/>Parce que le jeu sauvera peut être le monde<br/><br/>Parce rien n'est jamais foutu<br/><br/>Parce que le football se joue<br/><br/>Tatane, non le football n'est pas mort<br/><br/>Tatane, oui le football est un beau sport<br/><br/>Tatane, non les footballeurs ne sont pas des héros<br/><br/>Tatane, oui les corps ont un cerveau<br/><br/>Tatane, non aimer le foot n'est pas grossier<br/><br/>Tatane, oui on peut penser avec ses pieds"]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Passage en revue(s)]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/passage-en-revue-s-140099.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-04-10T09:45:13Z]]></dc:date>
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		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Apparemment le sport et le foot restent de parfaites béquilles occasionnelles pour réaliser un bon numéro spécial avec dossier d'experts à l'appui. Longtemps absentes, les revues « progressistes » rattrapent désormais le temps perdu. De nombreuses publications sont ainsi venues affermir l'intérêt constant pour un sujet ou finalement la gauche se sent  de plus en plus à son aise (à défaut de l'autre sujet d'actualité comme la laïcité).

 [« Les frontières du sport », Hommes &amp; migrations,  n° 12&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Apparemment le sport et le foot restent de parfaites béquilles occasionnelles pour réaliser un bon numéro spécial avec dossier d'experts à l'appui. Longtemps absentes, les revues « progressistes » rattrapent désormais le temps perdu. De nombreuses publications sont ainsi venues affermir l'intérêt constant pour un sujet ou finalement la gauche se sent  de plus en plus à son aise (à défaut de l'autre sujet d'actualité comme la laïcité).<br/><br/><i> <strong>[« Les frontières du sport », Hommes &amp; migrations,  n° 1289, janvier-février 2011->http://www.hommes-et-migrations.fr]</strong> </i> <br/><br/>Avec ce dossier coordonné par Fabien Sabatier, maître de conférences à l'université de Bordeaux-2, l'excellente revue consacrée aux phénomènes migratoires offre en moins d'un an sa deuxième obole aux dieux du stade  (le précédent opus intitulé « l'appel du pied » portait inévitablement au moment du mondial spécifiquement sur le ballon rond http://www.hommes-et-migrations.fr/index.php?/numeros/5812-foot-et-immigration). On retiendra néanmoins ici des articles assez intéressants sur des phénomènes  méconnues ou peu traités par les universitaires, comme le papier explorant le cas des associations sportives portugaises en région bordelaise.<br/><br/><a href="http://www.savoir-agir.org/spip.php?article82"><strong> <i>« la double réalité du monde sportif », Savoir/agir, n° 15, mars 2011</i> </strong></a> <br/><br/>Dans un registre très pédagogique, la revue trimestrielle « critique » de l'association du même nom  (qui se présente comme « Un intellectuel collectif autonome ») balaie le spectre assez  large du sport et de ses valeurs, avec bien sur quelques inévitables digressions sur le foot, dont le texte d'Hassen Sliman « Le football professionnel en dit moins sur la société qu'il n'en dit sur lui-même! ». Sans blague !<br/><br/><a href="http://pourlesport.pcf.fr"><i> <strong>« Ou va le football? », Pour le sport, mars 2011</strong> </i></a><br/><br/>La commission « sport » du Parti Communiste vient de sortir  un grosse livraison de son dernier bulletin traitant rien que moins que de l'avenir du foot.  Un riche contenu, souvent polémique, ou se croise les points de vue d'historiens (Marion Fontaine sur les rapports entre le foot et les classes populaires), de sociologue (Nicolas Hourcade sur les supporters), et évidemment de politiques. En libre téléchargement sur le site, c'est beau les « partageux »!]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[L'extrême-droite et le sport.]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/l-extreme-droite-et-le-sport-140031.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2011-04-08T10:33:29Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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L'extrême-droite et le sport.

Article paru dans « Sport et Plein Air », avril 2011, la revue de la FSGT

A force de jouer avec le feu, l'extrême-droite est de retour en France. 10 ans après 2002, un sondage annonce même Marine Lepen en tête au premier tour. Au-delà du seul niveau strict de la montée du FN, c'est l'ensemble de son système idéologique qui contamine le corps social. Et le sport n'est pas épargné. 

L'extrême-droite française  (ses o&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>L'extrême-droite et le sport.</strong><br/><br/>Article paru dans <a href="http://www.fsgt.org/spip.php?article1227">« <i>Sport et Plein Air</i> », avril 2011, la revue de la FSGT</a><br/><br/><i>A force de jouer avec le feu, l'extrême-droite est de retour en France. 10 ans après 2002, un sondage annonce même Marine Lepen en tête au premier tour. Au-delà du seul niveau strict de la montée du FN, c'est l'ensemble de son système idéologique qui contamine le corps social. Et le sport n'est pas épargné.</i> <br/><br/>L'extrême-droite française  (ses organisations et ses penseurs) n'entretient que des relations lointaines avec le sport. Cette distance s'observe en France tout au long de l'histoire. Mais il serait erronée de croire que le mouvement sportif puisse être immunisé car le nouveau discours « relooké » d' « une fille à papa » a de quoi toucher des secteurs jusque là hostiles, comme la CGT en a fait récemment la douloureuse expérience.<br/><br/>Les initiateur du sport en France ne s'avèrent pas particulièrement des progressistes. Toutefois il  demeurent globalement  assez éloignés des courants dominants de l'extrême-droite d'alors. Pierre de Coubertin a rallié du bout des lèvres la république, conscient que le « parti de l'ordre » avait besoin d'autres outils idéologique que la nostalgie de « l'ancien régime» et la religion pour contrôler la classe ouvrière. Toutefois  vitalisme, apologie de la guerre, et culte de l'élite fascineront souvent les tenants du nationalisme, qui bascule à l'extrême -droite à partir de l'affaire Dreyfuss, et qui forment des pôles de convergence évidents. Ainsi en 1913 l'enquête d'Agathon («  Les jeunes gens d'aujourd'hui », particulièrement l'annexe « la jeunesse et le sport » par Georges Rozet. ), sorte de petit guide réactionnaire à l'usage des jeunes générations,  préconisait un culte du muscle comparable à celui de l'esprit. 
Néanmoins le mouvement associatif dans son ensemble, y compris chez les catholiques, reste assez hermétique aux faibles voies des sirènes du « nationalisme intégral » cher à Charles  Maurras.  <br/><br/>Même durant l'entre deux guerre, les ligues qui tentent  de renverser la « gueuse », ne portent qu'une attention très limitée au champ sportif ( à la différence de l'Italie fasciste ou l'Allemagne nazie). L'Action Française par exemple qualifiera  de  « ministère de la paresse » le sous-secrétariat de Léo Lagrange. Il arrive certes que l'on retrouve des éléments factieux dans les stades, comme en témoigne par exemple la bataille de la FSGT contre l'attribution de créneaux dans les piscines parisiennes aux Croix de Feu. Notons aussi qu'une plumes renommées  telle Maurice Pefferkorn , auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le football chez Flammarion, écrivait régulièrement dans l'Action Française, puis dans Candide .<br/><br/>Lors de l'occupation,  durant laquelle l'extrême droite applique son programme politique avec avec « la révolution nationale », le sport est surtout capté par des enjeux périphériques du régime de vichy, qui essaie d'y récupérer ce qui peut l'être du front populaire, en y introduisant tous ses travers  ( antisémitisme d'état, dirigisme, répression, etc..), et ses phantasmes ( sa haine du football des « métèques » des banlieues ouvrières contre  son amour du rugby, discipline  de « la terre qui ne ment pas ».). Les cas de basculement dans l'ultra-collaboration restent rares, mais, détail à retenir pour l'avenir, l'ensemble du mouvement sportif  (à l'exception évidemment du réseau de résistance  « Sport libre »)-, s'accommode très bien de la situation (voire « l'abandon » du nageur français juif Alfred Nakkasch , déporté en 1944).<br/><br/>Après la guerre, l'extrême droite connait une traversée du désert, que seuls les soubresauts de l'Algérie française, donnent l'illusion de repeupler.  L'essor et la démocratisation du sport s'effectuent au sein d' un mouvement associatif qui lui est étranger ou qu'elle déteste. Obsédée par l'anticommunisme et toujours ouvertement racialiste (cf. « Génération Occident », seuil),  elle ne réapparait qu'avec la crise économique qui lui permet de trouver enfin, grâce au « mauvais génie » démagogique de Jean-Marie Lepen et de quelques penseurs , un point d'appui électoral assignant à l'immigration le rôle d'ultime bouc émissaire. <br/><br/>Le sport n'apparaît toutefois toujours que fort peu dans les discours, sinon au travers de l'actualité  et toujours pour ressasser les lubies cachée (l'inégalité des races), notamment le registre de « l'éternel arabe félon » avec un Zidane déchu de son statut de «bon français » pour son coup de tête.  Même l'apparition en France d'un hooliganisme ouvertement « nationaliste » (au PSG, mais également à Nice, Lyon et aujourd'hui Brest) ne suscite qu'un haussement d'épaule amusé quand les tribunes chantent le fameux « bleu-blanc-rouge , la France aux français » ( en Angleterre,  le succès de l'EDL, violemment  islamopphobe, s'appuie en revanche essentiellement au départ sur les supporters de foot). Plus habitué à la bar de fer qu'au barres parallèles, les groupuscules marginaux et violents se contentent de monter des associations, comme le GUD avec « Le marteau de Thor », pour servir de paravent à leur activité extra-légales.  <br/><br/>Toutefois les récents débats nauséabonds autour des bleus  prouve que les idées de l'extrême-droite peuvent désormais trouver des relais bien au-delà de ses cercles traditionnels (Eric Zemmour,  etc..). Marine Lepen a clairement lancé une opa « révisionniste », avec un discours social et laïc, qui visent clairement une « public » de gauche. Et nul doute qu'à un moment ou un autre, elle ne pourra continuer à faire l'impasse sur « le premier parti de France », celui des sportifs.<br/><br/><i> <strong>À lire :</strong> </i><br/><br/> Jean-Paul Gautier « <i>Les extrêmes droites en France</i> » (syllepse)<br/><br/>Nicolas Lebourg « <i>Le monde vu de la plus extrême droite : Du fascisme au nationalisme-révolutionnaire</i> » (Presse Universitaire de Perpignan)]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Fraction Foot Amateur]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/fraction-foot-amateur-139839.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/fraction-foot-amateur-139839.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-04-05T14:02:27Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
3 questions à Eric Thomas - président de  l' AFFA

paru dans le numéro d'avril de Sport et Plein air, revue de la FSGT 

«  Aujourd'hui, le football amateur est livré à lui-même, écrasé de charges de plus en plus lourdes, négligé par ses représentants, confronté aux mêmes maux que la société, affligé de nombreux comportements irrespectueux, dépourvu des moyens nécessaires à l'accomplissement de ses missions au service de l'intérêt général ». Ces pro&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>3 questions à Eric Thomas - président de  l' AFFA</strong><br/><br/><i>paru dans le numéro d'avril de <a href="http://www.fsgt.org/spip.php?rubrique18">Sport et Plein air</a>, revue de la FSGT
</i><br/><br/>«  Aujourd'hui, le football amateur est livré à lui-même, écrasé de charges de plus en plus lourdes, négligé par ses représentants, confronté aux mêmes maux que la société, affligé de nombreux comportements irrespectueux, dépourvu des moyens nécessaires à l'accomplissement de ses missions au service de l'intérêt général ». Ces propos assez radicaux sont ceux du président d'une toute nouvelle association :<a href="http://www.footenbas.com"> l' AFFA (Association Française du Foot Amateur)</a>.  La naissance de cette structure ainsi que  la lettre qu'elle a adressé au président de la FFF, avec onze propositions pour changer le foot - dont certaines se révèlent étrangement proche ce qui se pratique déjà en FSGT, comme l'exclusion temporaire ou le souci démocratique-, nous interpelle directement. <br/><br/>Elle constitue la preuve que le malaise s'est profondément installé dans le sport français et qu'il touche désormais des fédérations aussi « sacralisées » que la FFF.  Nous avons donc demandé à son président Éric Thomas, par ailleurs vice-président du club de Montlouis-sur-Loire et licencié FSGT, de bien vouloir nous expliquer sa démarche et les raisons de sa colère. L'occasion de mesurer les convergences d'analyse mais aussi les divergence ( foot amateur contre foot associatif ? Quelles valeurs à promouvoir dans l'activité?). Une manière d'aider le foot FSGT à se positionner face au contexte et aux convulsions de la pratique la plus populaire.<br/><br/><strong> <i>1)Pouvez-vous présenter votre démarche et votre association ?</i> </strong><br/><br/>Notre initiative part d'un constat assez simple : le football français va droit dans le mur ! L'échec de la coupe du monde ne constitue que le révélateur de ces difficultés, ce que le foot amateur perçoit par ailleurs au quotidien (course aux équipements, aux joueurs, aux familles,  aux bénévoles, aux subventions, aux sponsors,...). Les états généraux du football était une bonne idée à l'origine, mais ils devaient s'adresser à toutes les familles du foot dans tous les Districts de France. Or il n'en est rien sorti, à part apaiser la colère des politiques.  <br/><br/>L'équipe de France va mieux aujourd'hui, grâce au travail déterminé de Laurent Blanc, c'est indispensable, mais ce n'est pas suffisant ! Tout le foot français souffre comme l'illustre la perte de 8 % des licenciés et 12 % des dirigeants. Nous avons donc décidé de créer une association (Association Française du Foot Amateur), avec un site internet comme vitrine, qui sert de relais à nos propositions, de lieu d'échange et de conseil. Ce qui nous intéresse, c'est le débat d'idée, mais pour débattre, il faut être au moins deux...<br/><br/>Preuve que nos idées portent : on est rejoint tous les jours par des joueurs, des éducateurs, des dirigeants, des arbitres et des clubs qui adhèrent à l'AFFA. On veut organiser une dynamique positive du foot amateur, avec la volonté de débattre avec nos représentants. Mais pour l'instant nous nous sentons un peu seuls et méprisés, par exemple nous restons toujours sans réponse pour notre demande de rendez-vous avec le président Duchaussoy, d'où cette lettre ouverte (publique) avec nos propositions.<br/><br/><strong> <i>2)Quelles sont vos propositions ?</i> </strong><br/><br/>Il faut repenser le football. On aurait pu écrire trente ou quarante propositions (Ce n'est pas définitif,) tant le chantier est immense. Toutefois les onze premières idées avancées touchent tous les domaines : équipements,  arbitrage, formation, transparence et vie démocratique...<br/><br/>On demande de vrais états généraux, l'élection du président au suffrage des licenciés majeurs et pourquoi pas, demain, l'ouverture du scrutin aux 16-17 ans, comme forme d'apprentissage citoyen.  Nous réclamons un vaste plan pour la formation de tous les acteurs du football, en le finançant avec les primes des internationaux. Cela représente 4 millions d'euros par an, soit 8000 journée de formation, quel puissant outil de transformation en profondeur de notre football ! Nous avons en outre la chance d'organiser l'euro 2016 en France, nous voudrions qu'un plan de dotation en terrains synthétiques équivalent à celui adopté pour les grands stades (1,8 milliards d'euros pour 11 grands stades, avec 180 millions d'euros de l'Etat et combien des autres collectivités ?),  soit offert aux clubs amateurs : mille terrains sur 4 exercices budgétaires. <br/><br/>Nos idées sont très précises et réalistes. Il ne manque qu'une volonté pour les porter (Supprimer politique que l'on ne ressent pas à la tête de la fédération). Comme l'abandon des pénalités financière des clubs pour les cartons (qui représente 3 à 6% des budgets , un poids très lourds en ce moment) et la suggestion d'adopter l'exclusion temporaire avec le carton bleu.<br/><br/>
<strong> <i>3)Pouvez nous expliquer quelles sont les valeurs qui définissent le mieux la pratique du football ?</i> </strong> <br/><br/>Nous voulons d'abord travailler sur des valeurs de respect, de fraternité, de dépassement de soi...
Ce fameux « Waterloo » du foot français à Knyssa est révélateur d'une chaîne de problèmes et de défaillances qui ne sont toujours pas solutionnés. On souhaite que ce sport qui est le plus populaire au monde reste un sport accessible, fondé sur des valeurs de respect de l'arbitre, de l'adversaire, du jeu. On en est loin.<br/><br/>Et que le plaisir revienne au c&#339;ur du jeu. Alors la question centrale demeure la formation. Si on continue comme cela c'est le communautarisme, l'irrespect et l'égoïsme qui s'installeront définitivement. Pourquoi n'aurait-on le choix qu'entre le foot-fric et le foot-naphtaline ? Il n'est pas trop tard pour agir. On propose par exemple d'encourager l'accès des femmes aux responsabilités.]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title><![CDATA[Et Pendant que Ribéry embrasse Gourcuff, l'Assemblée du sport se réunit!]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/et-pendant-que-ribery-embrasse-gourcuff-l-assemblee-du-sport-se-reunit-139479.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/et-pendant-que-ribery-embrasse-gourcuff-l-assemblee-du-sport-se-reunit-139479.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-03-29T12:19:03Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
En cette belle journée, l'ensemble du  petit monde sportif ( soit 5 grandes composantes invitées es-qualité : le ministère, le CNOSF, le patronat , les collectivités territoriales et une vaporeuse « société civile ») se trouve convoqué en « assemblée » par madame la Ministre. L'occasion pour cette dernière d'occuper de nouveau, vaguement, le champs médiatique (ce qui est devenu un peu la marque de fabrique du poste au fur et à mesure que le budget fondait comme neige au soleil d'Annecy) et de so&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->En cette belle journée, l'ensemble du  petit monde sportif ( soit 5 grandes composantes invitées es-qualité : le ministère, le CNOSF, le patronat , les collectivités territoriales et une vaporeuse « société civile ») se trouve convoqué en « assemblée » par madame la Ministre. L'occasion pour cette dernière d'occuper de nouveau, vaguement, le champs médiatique (ce qui est devenu un peu la marque de fabrique du poste au fur et à mesure que le budget fondait comme neige au soleil d'Annecy) et de sortir des bêtisiers sur l'équipe de France. <br/><br/>C'est donc à deux pas du jardin du Luxembourg, dans l'improbable cadre de l' Institut Océanographique  (peut-être une métaphore sur les abysses des Bleus ou les eaux troubles de la lutte contre la corruption?) que l'ambitieux projet de celle qui se rêve déjà sénatrice et maire de Paris va s'attaquer aux grands enjeux du moment ( soit : Développement des pratiques sportives / Sport sain et éthique / Sport de haut niveau / Emploi et formation dans le sport /Economie du sport / Gouvernance du sport ).<br/><br/>Le vrai débat (toutes ces thématiques occupe déjà à temps plein les fédérations, comme l'a démontré récemment la FFF avec sa « grande réforme » de son mode de fonctionnement démocratique -sic!) étant en fait plutôt  de savoir qui va  sortir le carnet de chèque, devant le retrait constant de l'état et le très timide soutien du privé (qui pèse moins de 10% de l'économie générale du sport, le reste demeurant majoritairement redevable aux  ménages et aux collectivités territoriales).   <br/><br/>Dans une <a href="http://www.acteursdusport.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/56480/TPL_CODE/TPL_ACTURES_FICHE/PAG_TITLE/L%27Assembl%E9e+du+sport+n%27est+pas+l%27avenir+du+sport+%21/562-actualite.htm">tribune commune</a>, les représentants syndicaux spécialisés dans le sport , soit la CGT, SNEP-FSU et Sgen-CFDT (une sorte d'aile gauche du mouvement sportif s'estimant exclue des débats) s'inquiète d'ailleurs du décalage entre la dimension très m'as-tu-vu de ce « truc » et ce qui risque d'en ressortir au final : « <i>Qui pourrait croire que cette instance pourrait émettre des propositions crédibles en seulement trois réunions ? Cette opération, qu'elle soit à usage médiatique d'une ministre, ou au service des seuls intérêts du CNOSF à la recherche de partenaires consensuels sur ses objectifs, est loin des exigences de l'heure.</i> » <br/><br/>Mais comme l'a très bien expliqué Chantal Jouanno  dans la revue « Sport et Citoyenneté » , <i>il faut surtout et d'abord «  remettre le sport au service du "vivre ensemble".</i> » . Nul doute que le message a été entendu 5 sur 5 par les joueurs de Laurent Blanc dans leur nouveau maillot Nike et leur nouveau sens du collectif à usage télévisuel.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Stéphane Beaud, le sociologue qui  joue en contre ..]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-03-25T08:20:09Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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Knyssa le retour. Après le choc,  voici -peut-être- venu le temps de la réflexion et de relativiser ce qui s'est produit. Ou tout du moins de comprendre comment le banal crash d'une équipe moyenne, peu motivée et sans inspiration, dont seul l'entraîneur abandonné au milieu du naufrage a suscité un vague intérêt, a pu traumatiser un pays et surtout sa classe politique, dans une sorte de prémisse footballistique à l'actuelle vague Marine qui submerge la France.  Stéphane Beaud, sociologue, enseign&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->Knyssa le retour. Après le choc,  voici -peut-être- venu le temps de la réflexion et de relativiser ce qui s'est produit. Ou tout du moins de comprendre comment le banal crash d'une équipe moyenne, peu motivée et sans inspiration, dont seul l'entraîneur abandonné au milieu du naufrage a suscité un vague intérêt, a pu traumatiser un pays et surtout sa classe politique, dans une sorte de prémisse footballistique à l'actuelle vague Marine qui submerge la France.  Stéphane Beaud, sociologue, enseignant à l'Ecole normale supérieure (ENS), auteur de nombreux ouvrages sur la classe ouvrière, a donc saisi la plume pour relever le gant. Car nous sommes plus prêt de « La sociologie est un sport de combat » de Pierre Carles que de «Les yeux dans les bleus ». Et sans surprise, c'est l'ensemble du corps social qu'il ausculte, notamment une certaine représentation de la jeunesse issue des quartiers populaires et/ou de l'immigration qui s'est cristallisé à ce moment précis  et de manières particulièrement violente. Extension du domaine de la discrimination?<br/><br/>Stéphane Beaud (en collaboration avec Philippe Guimard) « <i>Traîtres à la nation ? Un autre regard sur la grève des bleus en Afrique du sud</i>» (La Découverte) <br/><br/><strong>Les universitaires travaillent désormais beaucoup sur le football, pourtant il est rare qu'ils s'emparent d'un événement aussi médiatique pour aborder le sujet, qu'est qui vous a conduit à vous lancer dans la polémique?</strong><br/><br/>J'avais déjà réagi dans un premier temps, deux jours après la grève du bus, par une tribune publiée le 22 juin dans Libération (« Les Bleus sont les enfants de la ségrégation urbaine ») contre ce retentissant procès à charge, médias comme « politiques » confondus, contre les joueurs grévistes. Cela participait entièrement, selon moi, d'un discours dominant qui contribuait une nouvelle fois à stigmatiser les « jeunes de banlieue », à savoir les « Noirs » et les « Arabes » (même s'il n'y avait pas de « Beurs » dans cette sélection). Cette convergence m'interpellait. J'ai toujours cultivé le football comme une sorte de jardin secret, considérant, en tant que sociologue/ancien pratiquant « intensif » (entre 6 et 20 ans) de ce sport, qu'il constituait un très bel objet sociologique. J'ai aussi beaucoup étudié le monde ouvrier ; or la plupart des « footeux » continue d'en être issus. Mais l'impulsion de ce livre, c'est d'abord une réaction qu'on pourrait dire « citoyenne » face à l'exploitation politique de cette grève qui se fait dans la foulée du calamiteux et honteux débat sur l' « identité nationale ». Comment ne pas être atterré quand on observe à quel point a resurgi alors un discours « néo-nationaliste » qui  visait ces enfants d'immigrés, en l'occurrence ici les « Noirs » ? Comment ne pas s'inquiéter face à la parole qui a alors été systématiquement donnée dans les médias aux intellectuels néoconservateurs ou à des pseudo « experts » franchement réactionnaires ? 
En fait, dans ce livre, j'ai j'essayé de convertir scientifiquement mon indignation face à cette forme de lynchage médiatique qui s'est opéré durant des semaines contre ces joueurs et, plus généralement, contre les jeunes de banlieue. Dans le peu de temps que j'avais pour écrire, je me suis efforcé, avec l'aide de mon camarade de travail Philippe Guimard (amateur de foot comme moi) de me doter de quelques armes empiriques pour essayer de penser ce « problème » autrement.  D'où un travail de fourmi pour aller voir, derrière la façade, ce qui constitue le terreau social de ces destins de footballeurs : lecture de biographies de joueurs, dépouillement de très nombreux articles de presse et étude des moindres aspects de la biographie des joueurs (même si c'est quelque chose qui n'est pas au c&#339;ur du travail des journalistes sportifs qui doivent avant tout « sortir de l'info » sur les matches et sur les joueurs, sans trop s'attarder sur ces aspects périphériques au terrain et à la tactique. Je dois aussi dire que je suis loin d'être fasciné par ces joueurs, encore par ce milieu du « foot-business » qui est aux antipodes des valeurs du monde universitaire qui sont les miennes. Car ce qui est paradoxal avec ces joueurs, issus majoritairement des classes populaires, c'est qu'ils symbolisent aujourd'hui la figure des « gagnants » du néolibéralisme, que certains d'entre eux sont convertis au culte d'un individualisme exacerbé (par exemple, chez Anelka, son refus maintes fois affirmé de payer des impôts, trop élevés à ses yeux, en France). Mais en même temps, ce qui me semble intéressant, si l'on songe aux travaux de l'historien Hobsbwam sur les « bandits », c'est qu'avec cette rébellion, une partie d'entre eux ont, à leur manière, porté et exprimé des valeurs de résistance populaire face à un système étouffant (les médias, le staff, l'attente démesurée à leur égard, etc.)  sur le thème du « on défend notre copain Nico », injustement mise en cause et désigné à la vindicte publique. Et on le fait, malgré tout ce qu'on en pense à l'extérieur. <br/><br/><strong>A vous lire, ces « riches » semblent étrangement  « sans pouvoir », contrairement aux vedettes de cinéma ou aux grands patrons. Leur origine sociale serait encore le seul facteur explicatif ?</strong><br/><br/>Je serais plus prudent. D'un côté, les grands joueurs professionnels sont des « salariés » qui ont  aujourd'hui un énorme pouvoir, inhabituel dans le régime du capitalisme actionarial, celui d'inverser le rapport salarial et de pouvoir dicter, comme les traders dans les salles de marché des  grandes banques, à leurs employeurs des rémunérations indécentes (600 000 euros par mois pour Ribery au Bayern de Munich), par l'intermédiaire de nombreux « bras de fer (cf. Ben Arfa, Niang et bien d'autres passés maîtres en la matière avec l'aide de leurs agents). De l'autre côté, au plan symbolique, ces mêmes joueurs sont le plus souvent sans défense, ils sont « plus parlés » qu'ils ne parlent, toujours à la merci de commentaires peu amènes ou franchement méprisants de la part de certains journalistes. Dans le livre, on insiste sur une dimension importante de la question, à savoir la transformation  des trajectoires professionnelles des joueurs professionnels. Entre l'équipe de France 1998 et 2010, l'évolution est saisissante. Les joueurs professionnels sont désormais sélectionnés et « fabriqués » très tôt : ils deviennent précocement des footballeurs, hyper-entraînés (les charges d'entraînement se sont beaucoup alourdis en centre de formation) et spécialisés, obligés en montant dans la hiérarchie de délaisser les autres aspects (scolaires) de leur formation. Ils sont isolés par le fonctionnement du système dont ils reçoivent par ailleurs d'énormes dividendes. Très peu bénéficient  d'un héritage culturel (Lloris, Gourcuff, Planus), pas mal d'entre eux ont du mal à « bien » s'exprimer en public, sont gênés devant un micro dès que les questions sortent du cadre sportif. Ils constituent donc une proie facile pour les experts de tous les médias sans compter que, par le mode de vie clinquant qu'ils affichent souvent, ils apparaissent à la fraction des classes dominantes riche en capital culturel (enseignants, journalistes et bien sûr « intellos ») comme incarnant la quintessence de la vulgarité sociale ainsi que la figure du « parvenu ». Il faut beaucoup de compréhension sociologique pour arriver à leur redonner la parole - parole qu'ils ont essayé eux-mêmes de reconquérir (maladroitement...) avec l'épisode du bus et de cette grève. <br/><br/><strong>Dans votre approche n'y-t-il pas le risque de participer d'une vision « excusatrice », un défaut que l'on reproche de plus en plus  aux sciences sociales, surtout des personnalités  médiatiques très marquées droite « dure » comme Eric Zemmour ou le « criminologue » Xavier Raufer?</strong> <br/><br/>Je refuse, bien sûr, ce procès a priori fait à la sociologie par des journalistes pressés ou des pseudo experts qui mènent sur tout ce qui touche à la banlieue un travail idéologique à leur manière, avec l'appui de certains médias complices (y compris, et c'est navrant, au sein du service public). Quand le sociologue tente de comprendre et d'expliquer, par la découverte de mécanismes sociaux, d'enchaînements logiques, on lui oppose, tout particulièrement quand il s'agit de la jeunesse de banlieue, l'argument de l' « excuse sociologique » : comme pour ne pas avoir à entendre ses arguments scientifiques, fruits d'enquêtes rigoureuses, souvent de longue durée. Cet argument de l'excuse, avancé par ceux qui  ne veulent surtout pas voir les racines proprement sociales de la délinquance juvénile (chômage, pauvreté, désaffiliation sociale, échec scolaire...), a beaucoup servi lors des émeutes de 2005 ; à sa manière, il est assez « misérable ».  Car le diagnostic des sociologues, connaissant ces terrains de la banlieue, était alors juste et continue d'éclairer la situation des cités aujourd'hui. Le travail d'un sociologue, comme l'ont indiqué les fondateurs de la discipline (Durkheim et Weber), consiste à  « comprendre », à lutter contre les préjugés, à refuser les explications simplistes, à se doter d'hypothèses et à aller les vérifier à l'aide de moyens d'enquête adaptés. En même temps, le savoir des sociologues, comme celui des historiens, a des côtés fragiles - par exemple, je n'étais bien évidemment pas là avec les joueurs de l'équipe de France lors de ce fameux samedi soir à l'hôtel Petzula de Knysna et, obstacle supplémentaire, ceux qui y étaient ne « veulent » pas et ne « peuvent » pas parler ... - mais il s'appuie, depuis maintenant plus d'un siècle, sur un solide socle de connaissances et de raisonnements qui nous permet, dans le cas de cette grève, de retracer la configuration des rapports dans un groupe social (comme l'est une équipe de foot), d'identifier et de comprendre la nature des oppositions internes qui la traversent,  et donc de construire des scenarii adaptés pour, in fine, proposer des schémas interprétatifs de cette grève. Bien armé, le savoir sociologique a un caractère assez fortement prédictif. Je dois vous avouer que la déclaration dans Sud-Ouest du 14 mars de Robert Duverne, préparateur physique de l'équipe de France - l'homme qui a jeté de colère son sifflet après avoir appris le refus de s'entraîner des joueurs le dimanche 20 juin, scène immortelle  qui a circulé sur Internent dans le monde entier - sur ces événements de Knysna  (l'incident Anelka/Domenech, c'était du « pipi de chat » par rapport  à ce qu'il a vu dans sa carrière) - m'a comblé d'aise. Elle est venue en quelque sorte valider le schéma interprétatif proposé dans le premier chapitre de notre livre, à savoir que la grève est une réaction collective contre la « une » de l'Equipe et la totale fabrication par ce journal de l'Anelkagate, la transformation par le biais de cette une du quotidien sportif d'un simple « propos de vestiaire » en une affaire nationale, une affaire d'Etat... Ainsi notre propos dans ce livre invalide la piste « racialisante » qui a été obstinément poursuivie par la majorité de la presse, sportive ou non.  Le livre essaie de démonter ce préjugé en montrant que la grève renvoie à une série de facteurs qui, pour l'essentiel, ont fort peu à voir avec cette fameuse culture banlieusarde. D'une part on vient de le voir, le rapport avec la presse et, d'autre part, la désunion structurelle de cette équipe, l'absence de « tauliers » pour éclairer et guider le gros de la troupe, tout cela sur fond de profonde « délégitimation » du coach, Raymond Domenech. <br/><br/><strong>Contrairement à ce que  l'on a l'habitude de lire depuis cet été, vous reliez donc d'abord le jugement porté sur le comportement des joueurs à leurs origines sociales ?</strong> <br/><br/>Je suis convaincu qu'avec cette « affaire », il s'est manifesté une forme de mépris social, qui parfois confine au « racisme social », vis-à-vis de ces joueurs, « grévistes ». Il faudrait faire l'inventaire systématique des qualificatifs qui leur ont été alors adressés. On s'est permis beaucoup de choses avec eux et à leur détriment (n'oublions pas que des joueurs comme Toulalan ou Gourcuff en ont été profondément et durablement affectés comme le prouve leur saison actuelle en demi-teinte). On a beaucoup dit que les Bleus avaient, par leur comportement, « sali l'image de la France » (d'où tous les noms d'oiseaux dont ils ont été affublés). Mais on peut quand même se demander, avec du recul, si ce n'est pas un ministre comme Hortefeux, condamné par la justice pour « insultes raciales » et promoteur de la campagne d'expulsions contre les Roms en juillet 2010, qui a le plus sûrement et durablement terni l'image de notre pays à l'étranger. En fait, la condamnation unanime des Bleus par le tribunal médiatique doit être mise en rapport avec les caractéristiques sociales « hybrides » de ces internationaux. S'ils sont extraordinairement bien payés, ils appartiennent pour la majorité d'entre eux aux classes populaires : la plupart viennent de banlieue,  ont grandi dans des familles pauvres (souvent d'immigration africaine), ont accompli un modeste parcours scolaire (ils sont souvent peu diplômés, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont inintelligents). Ils cumulent  donc, aux yeux des faiseurs d'opinion, richesse économique et (apparente) pauvreté culturelle. Ils sont donc des proies faciles pour ceux qui veulent ironiser sur les diverses frasques de la fraction la plus discréditable d'entre eux : conduite sans permis ou avec excès de vitesse record, argent gaspillé dans l'achat de Ferrari et autres Lamborghini,  tuning comme dépense somputaire. Si l'UNFP organise syndicalement les joueurs, ils sont dans l'espace public symboliquement sans défense. Il est frappant de voir, par exemple, comment personne parmi eux n'a cherché, une fois les choses décantées, à défendre leur point de vue en disant des choses simples du type : « oui, on avait des vraies raisons de protester, de faire grève, même si on  a peut-être été maladroit ou velléitaire dans notre action». Rien de tout ça mais une entreprise de grand pardon...<br/><br/><strong>Pourtant, le débat a surtout  rapidement embrayé sur  l'immigration, la place de l'islam, etc.. Les bleus de modèle d'intégration passèrent au prototype de son échec, un contre-exemple qui a libéré une partie de la droite?</strong><br/><br/> L'équipe de France était partie au Mondial avec la mission, tracée par Sarkozy,  de  ramener un trophée, ou du moins un parcours honorable, à la nation qui traversait une crise sociale profonde. Au final, il s'est produit une forte coïncidence entre les deux « crises ». Les leaders populistes de droite se sont engouffrés dans cette brèche. Sans oublier ce processus de culpabilisation à l'égard de ces enfants issus de l'immigration post-coloniale, cette machine de guerre idéologique que constitue la fixation sur la « Marseillaise » qu'il faut à tout prix chanter à pleins poumons (davantage encore plus quand vous êtes « coloré » de peau). Platini, petit-fils d'immigrés italiens et actuel président de l'UEFA, a bien mis les choses au point sur cette question  - de son temps (1978-86), personne ne s'en préoccupait et lui-même, capitaine exemplaire de l'équipe de France, ne la chantait pas - et il a demandé fermement aux « politiques » qu'ils cessent d'instrumentaliser à leur profit cette question. <br/><br/><strong>Vous décrivez  aussi longuement la question complexe des bi-nationaux?</strong><br/><br/>Ce dont personne ne veut tenir compte, c'est que les bi-nationaux ont tous une histoire derrière eux, avec en outre la pression familiale, de l'environnement professionnel, les enjeux des fédérations des pays africains qui envoient leurs émissaires en France pour recruter des joueurs possédant la double nationalité. Cette problématique des bi-nationaux s'avère sociologiquement passionnante car elle révèle et fait « travailler » toutes les contradictions de l'immigration et des rapports Nord-Sud dans le football contemporain. Par exemple, les spectateurs/supporters tunisiens qui sifflent Hatem Ben Arfa parce qu'il ne joue pas pour la Tunisie, opèrent une sorte d'action par procuration, exigeant du joueur  d'expier, en désirant qu'il évolue sous les couleurs de la Tunisie, le fait que l'immense majorité d'entre eux ne retourneront jamais « au pays ». On peut aussi dire qu'au « pillage » des jeunes talents du Sud par les grands clubs européens, devenus des « centres de profit », répond depuis les décrets FIFA de 2003 et 2009 (assouplissement des conditions de la nationalité sportive) le retour au bercail (dans le pays d'origine) des enfants d'immigrés qu'on peut interpréter aussi comme une sorte de retour sur investissement de l'immigration des parents via leurs fils, virtuoses footballeurs grandis dans les cités françaises et formés par les meilleurs centres de formation de l'hexagone. Il existe aussi de la part des clubs une responsabilité en la matière. En ce qui concerne les jeunes formés en France, même s'il ne s'agit pas donner dans un étroit « chauvinisme », il ne paraît pas aberrant qu'un club pro fasse pression, comme Guy Roux l'a fait en son temps pour Basile Boli, sur ces joueurs bi-nationaux pour qu'ils optent pour le maillot tricolore. Je trouve surtout qu'on est dorénavant dans la plus grande hypocrisie collective quand on voit des anciens entraineurs de Ligue 1 (comme Gerets et Cuperly, aujourd'hui sélectionneurs du Maroc) débaucher pour « leur » équipe nationale les jeunes pousses issus des centres  de formation français. Plus fondamentalement, on peut se demander si les grandes compétitions internationales de type coupe du monde ne vont pas avoir du mal à se maintenir face au rouleau compresseur de la champions league, de la privatisation des clubs, de la mondialisation du marché des joueurs... Le rapport à la nation dans une catégorie professionnelle aussi internationalisée se révèle forcément décalée par rapport à la  demande sociale - encore teintée de patriotisme - de la coupe du monde.]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[La cadeau de l'assemblée nationale pour l'euro 2016]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2011-03-24T09:37:16Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
L'assemblée nationale a adopté en première lecture, selon la procédure accélérée et par 24 voix contre 23, mardi 22 mars,[ la proposition de loi (à la différence d'un projet de loi, qui émane lui du gouvernement et est ensuite voté -ou non- par le Parlement) relative à l'organisation du championnat d'Europe de football de l'UEFA en 2016 en France.->http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0625.asp]

Le député UMP Bernard Depierre, un des spécialistes du sport dans son groupe parlementaire et con&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->L'assemblée nationale a adopté en première lecture, selon la procédure accélérée et par 24 voix contre 23, mardi 22 mars,[ la proposition de loi (à la différence d'un projet de loi, qui émane lui du gouvernement et est ensuite voté -ou non- par le Parlement) relative à l'organisation du championnat d'Europe de football de l'UEFA en 2016 en France.->http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0625.asp]<br/><br/>Le député UMP Bernard Depierre, un des spécialistes du sport dans son groupe parlementaire et connu pour son combat en faveur du maintien du DIC, l'avait déposé à l'assemblée nationale, le 4 février dernier. Loin de se révéler anecdotiques ou ponctuels, les quatre articles qui la composaient originellement, assez obscurs pour le quidam, s'inscrivent dans la lignée des grandes man&#339;uvres qui s'opèrent depuis deux ans (Rapport Douillet, Rapport "Constantini" sur "Grandes Salles Arenas 2015", etc.) pour améliorer la "compétitivité française" en matière d'accueil des événements sportifs internationaux.<br/><br/>En gros, le texte législatif délimite un espace de dérogation généralisée pour le financement de la construction ou de la rénovation des stades sélectionnés pour 2016, qui pourront, contrairement aux dispositions habituelles du droit des collectivités territoriales, être largement subventionnées par ces dernières, y compris dans le cadre des baux emphytéotiques (qui accorde un statut de quasi-propriété au locataire -souvent les clubs en l'occurrence- sur une très longue durée -jusqu'à 99 ans en France).<br/><br/>Cela dit, au moment où le Conseil Constitutionnel vient de retoquer les passe-droits accordés au Stade de France (en annulant le 11 février une loi de décembre 1996, rendant inattaquable en justice la concession du Stade de France, accordée pour 30 ans en avril 1995, au Consortium Bouygues-Dumez-SGE), les petits arrangements et généreux cadeaux camouflés dans le texte risquaient de subir de nombreux amendements. Ce fut surement pour l'anticiper que  le quatrième article a été supprimé, alors qu'il prévoyait que les coûts publics soient en partie (l'État s'engageant en outre à augmenter la dotation de fonctionnement des collectivités) amortis par une taxe additionnelle sur les tabacs (article 575 et 575 A du code des impôts). <br/><br/>Espérer que nos concitoyens vont continuer, voire intensifier, leur consommation de clopes et de cigares pour pouvoir combler le gouffre des stades de l'euro 2016, cela faisait un peu désordre. Le sport, c'est la santé, ne l'oublions pas ! Et par la même, l'Etat se trouve libéré de toute obligation de compensation pour les charges qui vont atterrir sur les frêles épaules de collectivités territoriales, déjà asphyxiées,  et ne sachant plus comment soutenir le sport associatif. Mais en matière de BTP, les bons comptes font les bons amis.]]></content:encoded>
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		<item>
		<title><![CDATA[Conseils de lecture II]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/conseils-de-lecture-ii-139237.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/conseils-de-lecture-ii-139237.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2011-03-23T10:42:32Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Ludovic Lestrelin, L'autre public des matchs de football. Sociologie des supporters à distance de l'Olympique de Marseille, (éditions de l'École des hautes études en sciences sociales)

La question des supporters s'avère désormais un sujet d'étude reconnu en sociologie, presque tendance (cf. les travaux de Patrick Mignon puis de Nicolas Hourcade). Notamment depuis que de jeunes ultras ont décidé de se pencher sur leur mouvement, un peu comme les militants&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong><a href="http://lestrelin.canalblog.com/">Ludovic Lestrelin</a>, <i>L'autre public des matchs de football. Sociologie des supporters à distance de l'Olympique de Marseille</i>, (éditions de l'École des hautes études en sciences sociales)</strong><br/><br/>La question des supporters s'avère désormais un sujet d'étude reconnu en sociologie, presque tendance (cf. les travaux de Patrick Mignon puis de Nicolas Hourcade). Notamment depuis que de jeunes ultras ont décidé de se pencher sur leur mouvement, un peu comme les militants politiques des années 50-60 se penchèrent sur l'histoire du mouvement ouvrier. Le livre de Ludovic Lestrellin, prolongement de sa thèse, s'attache néanmoins sur une facette peu étudiée et pourtant cruciale de la passion populaire du football : les supporters hors-les-murs, désignés ici « à distance ».<br/><br/>En effet, il est courant que les journalistes aiment citer, afin de souligner la popularité d'un club (et donc sa puissance footballistique et économique), le nombre de sections de "fans" situées en dehors de la ville d'implantation, y compris parfois à l'étranger. Ce signe indubitable de l'aura d'un club reste peu connu et souvent uniquement abordé sous l'aspect du ratio résultat/popularité (par exemple pour Chelsea et le succès de la Premier League, la plus retransmise et suivie dans le monde). En se focalisant sur Marseille, un des rares clubs français s'approchant, de ce point de vue, vaguement des modèles anglais ou espagnol, le sociologue décrypte en profondeur les ressorts de cet engouement, qui ne repose pas, surtout en la matière, sur un réflexe identitaire local ou régional (à l'exception des expatriés).<br/><br/>Les plus anciens d'entre nous se souviennent ainsi dans les années 80 de ces match PSG-OM où le Parc des Princes se retrouvait envahis d'« ennemis de l'intérieur ». En décrivant des rituels initiateurs (comme le déplacement au Vélodrome et l'insertion difficile dans la communauté du stade) ou des processus identificateurs (fondés ou non, comme la question du racisme), se manifeste comment en France l'OM incarne, avec une sédimentation historique d'événements marquants, au-delà de son image indissociable d'emblème de la cité phocéenne, une certaine manière de se fondre dans la culture foot. Une analyse qui dans le contexte actuel de perpétuel débat sur l'intégration et l'identité nationale, apporte de quoi nourrir le débat. En attendant l'équivalent pour Paris.<br/><br/>
<strong>Michel Desbordes &amp; André Richelieu (dir.) <i>Néo-marketing du sport : regards croisés entre Europe et Amérique du nord</i> (De Boeck)</strong><br/><br/>Avant de penser la critique du capitalisme, Karl Marx l'a d'abord étudié. Ceux qui partent en guerre contre le "foot moderne" feraient bien d'abord de consulter ce type d'ouvrage pour comprendre exactement à qui (ou quoi) ils ont à faire. Ou pour parler le langage du "prussien rouge de Trèves", de maitriser les tenants et les aboutissants de la logique d'accumulation du capital dans le football à l'heure de la mondialisation médiatique et du web hégémonique. Le tout à saupoudrer d'une bonne dose de Gramsci pour ce qui relève de la superstructure culturelle de l'édifice.<br/><br/>Pour revenir à cet ouvrage collectif directement issu de la très dynamique branche universitaire du "marketing et management" du sport (avec de jeunes chercheurs comme Michel Desbordes ou Boris Helleu), il aborde de front et en profondeur un certain nombre de lieux communs qu'assènent les journalistes sans généralement s'interroger sur la pertinence de ce qu'ils racontent (cela dit, les tableaux synthétiques sur les droits télé et autres schémas sur les relations client/marque devraient faire leur bonheur un soir de bouclage). L'immense intérêt de départ étant de renvoyer la balle entre le Vieux Continent, encore épicentre pour le ballon rond, et les USA, c&#339;ur de l'empire de la NBA ou du catch.<br/><br/>Certains chapitres raisonnent particulièrement dans le contexte actuel. Par exemple quand il s'agit de réfléchir sur les processus et procédures de régulation dans le sport professionnel (on songe au fair-play financier défendu par Michel Platini vs les systèmes des Ligues américaines avec notamment le salary cap). De même le traitement du rôle des stades, comme outils de valorisation du produit "club", ainsi que des publics comme clientèle, avec le passage du supporter au "fan", concerne au premier chef un football européen où une partie des tribunes continue de fonctionner sur des de modes de représentation identitaire qui peuvent entrer en contradiction avec les projets d'entrepreneurs, et de leur sponsors, qui vivent eux au rythme des bilans comptables et de la globalisation du "prestige" du maillot.<br/><br/>Le club de foot est de toute façon désormais inscrit dans un vaste système dont il se révèle évidemment le centre névralgique indispensable, mais d'un poids économique minoritaire face aux masses économiques secrétées par les médias ou les équipementiers. L'inscription du football dans une culture "mainstream" s'étendant sur tous les continents (jusqu'en Asie, avec la question des paris sportifs et des risques de corruption) composent alors un rapport au marketing où les plus-values culturelles dessinent un ensemble de réseaux et de signes stimulant une économie nébuleuse, qui ne peut se résumer au niveau des actions en bourse. En oubliant ce que le "foot-fric" doit au "foot populaire", même du simple point de vue des bénéfices, le dirigeant de club s'avère certes d'abord un capitaliste, mais un bien mauvais.<br/><br/><strong>Michael Attali (dir.), <i>Sports et médias du XIXe siècle à nos jours</i>, (Atlantica)</strong><br/><br/>Impossible aujourd'hui de penser le sport, a fortiori le football, sans l'intégrer dans le système médiatique, qui en semble désormais l'un des principaux piliers économiques, voire idéologiques. Au point que la LFP projette de lancer sa propre chaine de télé, saisie d'une peur quasi-théologique après l'annonce du retrait probable d'Orange TV. Cette profonde osmose ne date pourtant pas de l'ère Canal Plus. Elle remonte aux origines de l'essor de la pratique sportive moderne et pose les bases de sa démocratisation.<br/><br/>Cet ouvrage collectif, d'esprit universitaire (autant vous prévenir), caresse donc l'ambition de démontrer à quel point médias et sport se révèlent, depuis la fin du dix-neuvième siècle, les deux phénomènes majeurs, presque normatifs, de la culture populaire et de quelles façons, multiples et variées, leur interdépendance en constitua l'un des signes distinctifs. Le cas du foot étant souvent abordé, es-qualité ou de biais, comme exemplaire cette logique quasi-incestueuse. La presse écrite concentre le gros des travaux. Elle a été certes d'abord au c&#339;ur de la diffusion et de la promotion du sport et en particulier de ses formes de « loisirs » ou « ludiques », dont le ballon rond s'avérera vite en France, surtout à partir des années 30, arche-typique.<br/><br/>Que les journaux suivent plus ou moins intensément la vie sportive (quotidiens régionaux, d'actualité etc.) ou deviennent eux-mêmes créateurs d'événements comme L'Humanité et son fameux cross ou L'Auto, ancêtre de l'Équipe (dont la (re)naissance en 1945, après l'interdiction de son prédécesseur trop compromis pendant l'occupation, est disséquée dans un article expliquant par exemple comment furent neutralisés ses concurrents d'inspiration socialiste ou communiste), la montée en puissance du « fait social total » sportif ne s'explique pas sans ces puissants relais éditoriaux.
Le sport y devient aussi un enjeu ou s'expriment les batailles politiques (cf. le texte traitant du cas de la presse collaborationniste d'ultra-droite et de son regard plein de mépris pour le football) et d'expression des rivalités diplomatiques « euphémisées » après la seconde guerre mondiale. En retour l'hégémonie de l'empire des sports, et du ballon rond en particulier, suscite de nouveaux « problèmes de société » que les journalistes tentent d'appréhender avec plus ou moins de bonheur (cf. Didier Rey au sujet du foot corse ou Nicolas Hourcade sur la perception des ultras).<br/><br/>La Télévision (cf. la partie III) et surtout l'Internet (peu abordé) sont les deux facteurs qui transforment radicalement la donne à partir des années 80. Difficile de résumer la soixantaine de communications ramassée dans ce gros pavé, mais dont la lecture conforte au final le sentiment d'une lente, mais irrésistible, construction de la spécificité du foot au sein du monde sportif.<br/><br/><strong>Antoine Grynbaum &amp; Romain Schneider, <i> Football et Politique</i>, (JC Gawsewitch)</strong><br/><br/>Le sujet est ambitieux. Et d'actualité. C'est presque devenu un lieu commun, un marronnier éditorial. De fait, dorénavant la matière (enquêtes journalistiques, travaux universitaires, documentaires, etc.) ne manque pas ou plus. Les auteurs (deux journalistes, dont un du Figaro, dont l'heureuse surprise de lire des tonalités étonnamment critiques face à certaines prises de position des ténors de la droite) ont donc pris à bras le corps ce vaste sujet en essayant de ratisser le plus large possible. Bref de réaliser un synthèse sous forme d'instantanés, en surfant évidemment sur le fiasco du Mondial sud-africain, qui incarne désormais dans l'opinion une sorte de "négatif" de 1998, révélant la profonde imbrication entre le football pro (pourtant toujours adepte du paravent apolitique) et le monde politique (avec en toile de fond les débats de société autour de l'immigration, l'islam, la fiscalité, etc.). Comme souvent dans ce genre de démarche compilatrice, le résultat s'avère assez inégal selon les thèmes abordés d'un chapitre à l'autre, d'autant plus que le choix de s'appuyer essentiellement sur des entretiens avec des acteurs (joueurs, élus, etc..) et des spécialistes (journalistes, chercheurs) poussent inévitablement en retour à aseptiser les oppositions, en équilibrant les points de vue contradictoires à coups de citations.<br/><br/>Au titre des apports de l'enquête, signalons d'abord le focus, trop fréquemment occulté, sur les relations entre les mairies et les clubs. En rappelant qu'en France le football professionnel, comme l'ensemble du sport, s'est beaucoup appuyé sur l'aide des municipalités (notamment pour les équipements), et que malgré leur retrait dans le financement direct aux budgets (hormis pour les centres de formation), ces dernières demeurent des acteurs incontournables de la vie des clubs (souvent propriétaires des stades, un des enjeux à venir avec l'Euro 2016), ne serait-ce que par la la gestion de la sécurité ou le poids de la notabilité des édiles (la belle analyse de l'innovante complicité Collomb/Aulas).<br/><br/>Les auteurs tordent au passage le cou au mythe d'un OM objet électoral capital dans la conquête de la mairie phocéenne. Autre question plutôt bien abordée, le problème des supporters et des dramatiques événements autour du Parc des Princes. Le pire était à craindre, mais le récit et les analyses proposées (rivalités Boulogne/Auteuil, gestion sécuritaire, interventions politiques, etc..) offre un tableau assez précis de ce qui s'est déroulé et des enjeux actuels autour du PSG, et plus largement des tribunes.
En retour, d'autres problématiques déçoivent, trop survolées ou uniquement évoquées par le biais d'anecdotes individuelles (par exemple les reconversions des joueurs dans la politique). Notamment les relations ancillaires et perverses entretenues entre le débat, très orienté, de l'identité nationale et le football. On aurait aimé dépasser les déclarations, certes légitimes, de certains intervenants, notamment politiques, et s'interroger davantage sur la place que le football peut occuper désormais dans la composition de références nationales communes, ce qui fut longtemps son rôle, aussi bien dans un registre transversal socialement et intégrateur culturellement. Le foot amateur demeure trop peu convoqué dans les pages et les démagogies nombreuses sur le sujet fréquemment balancées sans guère de retour critique.
Malgré cela, l'ouvrage s'avère une bonne porte d'entrée, à vous de visiter de la maison.<br/><br/><strong>Olivier Richard, <i>La Souris Déglinguée. Histoire d'un groupe de rock'n'roll</i>,  (Camion Blanc)</strong><br/><br/>Certains livres vous donnent l'impression d'avoir été écrit pour vous et quelques uns sur vous. C'est d'autant plus surprenant quand il s'agit d'un bouquin consacré à l'histoire d'un groupe de punk rock'a billy ska funky du pavé parisien qui n'a jamais connu la gloire médiatique ni l'honneur des disques d'or. Mais l'aventure de la Souris Déglinguée tient autant à son public, à ses « fans », sa « rahia » qu'à l'indiscutable (aucun débat autorisée, car aimer LSD c'est parfois marier le paradoxe de l'intelligence et de la mauvaise foie) qualité musicale et du propos ( ils furent nos Jams, nos Ramones et nos Madness, tout en un, faute de véritable concurrence). De la bande des halles (dont le survivant Pierpoljak, ancien skinhead sans foi ni loi de Colombes, raconte la proximité avec ceux qu'ils voyaient comme leur Sham 69 mode gavroche) à cette fameuse première partie accordée à un autre groupe de jeune gens agités de banlieue , les NTM, rien n'est oublié, ni caché. Rarement complaisant, en donnant même la parole aux sceptiques (Marsu, ex manager des Béruriers Noirs), le livre tient la plupart de ses promesses. Un deuxième lecture s'impose non ?]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[PSG-OM : un classico inventé par le foot capitaliste?]]></title>
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La thèse est bien connue, la rivalité entre le PSG et l'Olympique de Marseille, n'a rien d'un « classico », cet affrontement ritualisé qui pimente tous les championnats européens, au-delà de l'habituel derby (qui s'avère plutôt rare chez nous faute de vraie concurrence entre deux clubs de la même ville ou de la même région).  Il s'agirait au final d'une pure convergence d'intérêt médiatico-politico-économique entre un Bernard Tapie soucieux d'utiliser l'OM pour son destin national, et un Canal P&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->La thèse est bien connue, la rivalité entre le PSG et l'Olympique de Marseille, n'a rien d'un « classico », cet affrontement ritualisé qui pimente tous les championnats européens, au-delà de l'habituel derby (qui s'avère plutôt rare chez nous faute de vraie concurrence entre deux clubs de la même ville ou de la même région).  Il s'agirait au final d'une pure convergence d'intérêt médiatico-politico-économique entre un Bernard Tapie soucieux d'utiliser l'OM pour son destin national, et un Canal Plus rêvant de rentabiliser l'offre déjà vacillante de la première division française. Tout finalement de relèverait que d'un astucieuse manipulation des masses et des tribunes. <br/><br/>D'un coté un public marseillais qui cherchait à remplacer les Girondins dans le rôle du rival et de l'autre un PSG qui avait besoin d'une mystique de l'adversité à l'anglaise pour fidéliser des supporters, denrée assez rare dans une ville ou le ballon rond reste une question de seconde importance (suffit de regarder les 10 ans de Mairie de Delanoë). L'artifice permit de garder une France en haleine quand rien n'en fondait la réalité culturelle - pour preuve, argument souvent présenté, le nombre de joueur qui passe d'un maillot à l'autre sans en perdre le sommeil. C'est cette thèse qui parcours le récent livre de Karl Olive (« Psg-Om, on remet ça ! » , Hugo &amp; cie)  qui donne la parole à de nombreux acteurs de ces « grands chocs », qui en général regardent au mieux ces rencontres au sommet surtout comme un show peu ragoutant (ce qui rend presque la crânerie parisienne d'un Rothen très sympathique lorsqu'il défie le « kop marseillais » après un but au vélodrome avec un tee-shirt « ici c'est paris »).   Un peu court et surtout c'est accordé  au public une naïveté qu'il ne traîne pas toujours et une innocence d'intention qu'il est loin de posséder.<br/><br/>Si tous les historiens du foot aiment à rappeler que par le passé les matchs entre le Red Star ou le Racing et l'OM ne drainait jamais l'enjeu actuel, ils oublient simplement que l'histoire commence hier. Que cela plaise ou non, la rivalité est désormais bien trop établie et depuis vingt ans pour  en réduire l'explication à une vision complotiste , comme ces communistes accusant Mitterrand de les avoir plumer ou la droite rendant toujours l'ancien président socialiste responsable de la montée du FN. <br/><br/>Même si aimer le PSG à Paris s'apparente un peu à collectionner des 45t de northern soul en France, le club a depuis  trois décennies réussi malgré tout à cristalliser une identité parisienne, chose plutôt difficile quand on sait à quel point le prix à payer par la cité lumière pour son rôle essentiel dans le centralisme jacobin fut le sacrifice de son irrédentisme, en établissant une frontière autant sociale que physique avec la banlieue (quand les « quartiers nord » se disent marseillais en dépit des kilomètres) . <br/><br/>Le public parisien, souvent réduit par ses adversaires au KOP de Boulogne (en oubliant que Marseille offre toujours au FN ses plus beaux scores et que sauter dans les bras d'un électeur du FN lors d'un but ne constitue pas un véritable facteur de lutte antifasciste), affiche depuis longtemps une diversité qui prouve l'enracinement de cet spécificité qui amener dans les bras du parc la nouvelle jeunesse (ou plus âgée) des faubourgs (et c'est peut-être ce qu'il y a de plus problématique dans l'actuel plan Leproux), un dynamisme certes minoritaire, presque élitiste au sens populaire du mots, mais indiscutable. En Face Marseille se dresse depuis trop longtemps contre la capitale  pour que l'hostilité, y compris dans ce qu'elle peut afficher de plus risible, n'amplifie au final quelque chose de plus profond que le suivisme de quelques déclarations d'un entraîneurs énervé avant un match par les embouteillages du périphérique. Marx disait que la religion était l'opium du peuple. Il n'a jamais affirmé que le peuple n'aimait pas en prendre. A suivre...]]></content:encoded>
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