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06/02

La FSGT bénéficie, au sein d’un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France (BNF), d’un procès de numérisation de sa presse, qui participe de la sauvegarde et du partage du patrimoine du sport populaire. Désormais Sport et plein air 1980-2006 et la revue D.i.r.e en APS (*) sont consultables sur le site gallica.bnf.fr. Nous avons demandé à une responsable de la BNF et à deux chercheurs, un historien et une spé Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) de nous détailler pour quelles raisons ce projet est important à leurs yeux.

3 questions sur la numérisation de la presse FSGT

paru dans "Sport et Plein Air", février 2018

Sur le site de Gallica
Sport et Plein Air de 1980 à 2006
Dire en Aps de 1981 à 2005


Pour quelle raison la BNF a-t-elle procédé à la numérisation de nos revues Sport et plein air et D.i.r.e en APS ?

Sophie Bertrand, chef du service de coopération numérique et Gallica : La BNF a construit le site Gallica depuis vingt ans avec la volonté d’en faire un centre de ressources patrimoniales qui touche tous les domaines. Nous avons en conséquence instauré des programmes thématiques en coopération avec d’autres institutions, par exemple dans la gastronomie ou l’équitation. Nous avons ainsi mis en place une dimension spécifique sur l’histoire du sport et toutes ses implications dans la culture et la société en général. Des fédérations sportives sont venues nous voir d’elles-mêmes pour que nous procédions à la numérisation de leur fonds et nous avons établi un partenariat avec le ministère des Sports pour étendre cette logique à toutes les fédérations, quelle que soit leur nature. Nous somme très heureux que, dans le cadre du service public que nous assurons, la FSGT ait contribué à alimenter cette facette de Gallica avec désormais la consultation possible de Sport et plein air (1980 à 2006) et D.i.r.e en APS. Ce site attire près de 50 000 visites par jour, il constitue donc un bel outil pour mettre en valeur ce patrimoine.

Les recherches en histoire et sociologie sur la FSGT sont nombreuses, de quelle manière la numérisation des ses revues peut-elle en faciliter la connaissance ?

Jean-Paul Callède, chercheur au CNRS, spécialiste de l’histoire du sport : La numérisation des deux revues par une institution prestigieuse comme la Bibliothèque nationale de France est le signe objectif d'une reconnaissance de la FSGT pour son action qui s'étend sur plusieurs décennies. Ce témoignage historique numérisé est à vocation patrimoniale : contribution à l'histoire du sport et des Activités physiques et sportives (APS), actualités sociales et politiques, formes de mobilisation et de militantisme, diffusion des connaissances scientifiques, santé, aspects juridiques, médiations pédagogiques, formation, etc. À cela viennent s'ajouter des analyses critiques et des perspectives d'avenir argumentées en faveur d'un sport pour tous. À l'heure où la direction du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), grisé par le succès à moindre frais des JO de Paris 2024, tient pour composante négligeable l'action des fédérations affinitaires et multisports. Voilà un juste retour au principe de réalité sociale. En complément de ce niveau national de légitimation, la numérisation de Sport et plein air et de D.i.r.e en APS permet une accessibilité immédiate. Cette numérisation doit pouvoir faciliter des analyses comparatives sur les mouvements sportifs ouvriers et le sport travailliste international, leurs innovations au sein des entreprises, leurs luttes et revendications, leurs relations de solidarité d'hier à aujourd'hui, des formes de coopération instaurées et pérennisées, etc. Il n'est pas inutile que soit rétablie, par la fenêtre numérique, une plus juste réalité d'un sport populaire vecteur de qualité de vie et d’émancipation dans le cadre des lieux d'habitation, du travail et des vacances. Les deux revues de la FSGT y contribuent activement.

Quel est l'intérêt pour les étudiant·es et chercheur·es en Staps que Sport et plein air et D.i.r.e en APS soient accessibles sur Gallica ?

Anne Roger, maitresse de conférences enseignante-chercheure en Staps à l'Université Lyon 1 : L’avantage le plus évident est qu’une fois numérisées, les sources deviennent accessibles à toutes et tous et pas seulement à celles et ceux qui auraient des contacts avec la FSGT ici ou là, ou qui auraient la chance d’avoir les collections entières à disposition. J’y vois de ce point de vue une démocratisation possible de la recherche et donc une voie ouverte à davantage de travaux centrés sur la FSGT. Même si du coup, la FSGT aura peut-être moins de visites au siège de la part des chercheurs… Par ailleurs, la numérisation représente un gain de temps considérable car une consultation à distance sera désormais possible, assortie d’une recherche par mot-clé (car la numérisation est en général faite avec reconnaissance de caractères), ce qui est un outil extrêmement utile et puissant dans le cadre des recherches. Et, fait non négligeable, la consultation est gratuite. Pas de déplacements onéreux et là encore la possibilité pour les collègues avec de petits budgets de pouvoir mener à bien les recherches envisagées sans se soucier du financement. Enfin, la numérisation évite la dégradation des archives lors de la manipulation. Cet élément est non négligeable quand un grand nombre de consultations même avec grande précaution aboutit à une usure inévitable. C’est en quelque sorte une sauvegarde du patrimoine et une forme de reconnaissance de la FSGT. #

(*) La revue D.i.r.e en APS (Démocratiser Innover Rechercher Éduquer en Activité physique et sportive) a été édité de 1981 à 2004 (80 numéros) par le Conseil pédagogique et scientifique de la FSGT, se voulant «l'expression d'un mouvement d'idées et l'émanation de luttes pour l'avancement de pratiques corporelles dans les milieux populaires et les couches sociales en friche», en se tenant «au courant du progrès des connaissances, des techniques, des pratiques sociales, non seulement dans le secteur de la haute performance, mais encore dans les champs des sciences de l'éducation, des sciences sociales, des sciences de l'homme» (extraits édito D.i.r.e n°1, décembre 1981).


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