Never trust a marxist in football !

09/12/2012

A l'occasion du centenaire du sport ouvrier, impossible de ne pas s'arrêter dans la Loire, département qui illustre à merveille les liens très forts entre le sport travailliste et le monde du ouvrier.

texte parue en avril 2008 dans Sport et Plein Air revue de la FSGT

Saint-Étienne, ville ouvrière et industrieuse par excellence. Le chemin de fer s'y installe dès 1827. La manufacture d'arme royale y est fondée en 1764, la future et célèbre Manufrance, qui emploiera jusqu'à 12 000 personnes. Sans oublier évidemment les houillères de la Loire, deuxième bassin français derrière le Nord, avec sa communauté minière imposante. Un environnement urbain et politique qui restera longtemps marquée par la dureté des rapports sociaux et la combativité ouvrière en retour. Il s'agit donc d'une région laborieuse, en opposition avec la « bourgeoise "Lyon", qui y « délocalisa » au début de la révolution industrielle ses entreprises à forte main d'oeuvre. Et aussi une cité sportive avec ses emblèmes, comme la sarbacane et évidemment son club de foot, l'ASSE (crée par Casino et donc d'inspiration patronale), les mythiques Verts, leur parcours européen emmené par un Dominique Rocheteau, que certains croiseront bien plus tard sur les terrains de foot à 7.

Le sport ouvrier en tant que tel s'y implante aux lendemain de la première guerre mondiale. Les archives départementales regorgent ainsi d'informations sur ses clubs qui s'y multiplient dès le début des années 20, telle l'Union Sportive Ouvrière en novembre 1930, qui propose du cyclisme , du football et de la culture physique. Son siège se situe au café Côte (haut-lieu de la sociabilité ouvrière). Il exista même un sous-comité FST (pourquoi Sous? Peut-être le manque d'effectifs?) avec tampon et son adresse, qui sollicita en 1931 une aide à la Mairie pour envoyer une délégation aux « olympiades ouvrières de Berlin » (en fait des spartakiades, mais il ne fallait pas effrayer les autorités avec cette appellation d'origine "bolchevique"). Les clubs FST s'inscrivent en effet dans l'esprit de l'époque, bref proche du PCF et à ce titre guère en odeur de sainteté. Ils subissent à ce titre la répression et l'ostracisme du pouvoir désireux de contenir le « microbe rouge », y compris dans le sport. Ainsi en 1928, le Sporting Club Ouvrier se voit interdire sa fête annuelle par le Préfet de la Loire.

Le Front Populaire marque la véritable naissance du comité FSGT. Cette dernière manifeste même lors du cortège victorieux de 1936 ( on la voit nettement sur les films de l'époque). Changement d'époque, elle reçoit 200 francs de la municipalité pour organiser un tournoi de football puis un concours de boule. A la libération, la reprise de l'activité est immédiate, dans un contexte de plein essor et d »unité nationale. En Juin 1945, on retrouve la trace d'une demande de soutien financier pour un concours de boule communt UFOLEP et FSGT.

Sauver Manufrance !

En 1961, le comité aligne 7 commissions d'activités pour 21 clubs, mais en outre presqu' une soixantaine sociétés de boules. La Loire participe à tous les grands moments et les grandes batailles qui forge l'originalité de la FSGT dans le sport français. On retrouve d'abord toujours présent ce rapport au monde du travail. La menace qui pèse sur Manufrance, et son club omnisports FSGT, pousse le comité à s'investir dans la randonnée cycliste de l'humanité en 1978 (600 coureurs au départ, 3500 à l'arrivée à La Courneuve). La FSGT, en association avec "Tourisme et Travail", tiendra également un bus bariolé de slogans lors de la manifestation « La loire veut vivre » devant la mairie. Déjà dans les années 20, les challenge de boules portaient le nom de camarades tués lors des grèves, puis par la suite de ceux morts dans la résistance, par exemple Joseph Ramier.

Mais c'est progressivement dans le champ sportif que la FSGT va acquérir la reconnaissance de sa spécificité propre. D'abord au niveau international avec le combat en faveur des sportifs non-raciaux de l'Afrique du Sud. Ou encore à l'occasion du 40 anniversaire de la FSGT, en 1984, avec la venue des gymnastes d'URSS et de Bulgarie, en association avec le club FFG local. Un gala qui remplira le Palais des Sports, événement demeuré présent dans la mémoire sportive de la ville.

Toutefois, devant la transformation de la vie économique, bref la disparation des grandes entreprises (Manufrance, fermeture des mines,e tc.), les bases traditionnelles du comité sont remises en cause. Il faut innover, s'adapter, lutter. De nouveau!En 1973, Claude Faure entre comme permanent au comité. Roger Fidani met en place un dispositif d'accompagnement dégressif sur quatre ans du financement de son poste.

Le comité prend la mesure des nouveaux enjeux. En 1983 un nouveau siège. De nouvelles activités (du foot à 7 au yoga), de nouveaux types de clubs (plus petits). Aujourd'hui avec 8500 adhérents et 220 clubs, le comité de la Loire est toujours aussi bien implanté dans la vie locale (avec des équipes de foot à 7 liées au groupes de supporters du stade Geoffroy Guichard, et toujours aussi fier de sa longue histoire.


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