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La bonne littérature serait souvent de droite, qu'en est-il du grand football? Peut-on imaginer une rencontre entre l'Inter(nationaliste) Milan d'Antonio Gramsci et le Paris Socialiste de Gauche de Jean Jaurès? Et si le foot rendait presque la politique de nouveau intéressante?

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Le football populiste en dix lieux communs !

Le football populiste en dix lieux communs !
23/06/2010

En dessous de la ceinture du foot populaire, le foot populiste bande dure. La pire façon d'aimer le foot en flattant le populo de TF1 et le bon sens des bistrots. Quand le ballon sert à faire oublier tout le reste, il vire franchement à droite. Et avec les récents événements qui massacrent l'image de l'équipe de France, les néo-réacs et old fachos s'en donnent donc à cœur joie.

1) Les footballeurs sont trop payés.

Les acteurs sont aussi trop payés, et personne n'en parle, ce sont des artistes. Les patrons sont trop payés également et ils sont des décisionnaires, les conducators du libéralisme décomplexé. Les traders sont trop payés et ils possèdent un réel pouvoir de destruction dans l'économie (dédicace à JK). Surtout qui pose la vraie question : trop payé par qui et pourquoi ? En tout cas la plupart des français savent en revanche très bien par qui ils sont mal payés (salaire médian autour de 1500 euros). S'il n' y avait que dans le foot que les rémunérations de nos « élites » avaient débordées toute décence ou sens de la mesure, cela ferait belles lurettes que le problème aurait été régulé

2) Les footballeurs doivent donner l'exemple ?

Sans blague ! On construit un foot business de plus en plus sauvage, sous intraveineuse de droits télé et sponsoring, pendant que les journalistes fusillent la moindre défaillance ou défaite, et les seuls qui devraient porter le poids de ces péchés capitaux se trouveraient sur le terrain? Des petits gars condamnés à servir d'hommes sandwichs des valeurs du foot pour que les gamins continuent d'acheter leur addidas ou leur nike, alors que depuis leur entrée dans le circuit, agents et présidents ne leur promettent que salaires mirobolants et contrats d'images astronomiques. Peut-être confond-t-on exemplarité et meilleur employé du moi ?

3)Le foot, c'était mieux dans les années 50 (comme l'éducation nationale)

Où le syndrome « Petit Nicolas » sauce De Villiers! Car avant 68, les joueurs étaient prisonniers à vie de leur équipe, soumis au bon vouloir de leur « hiérarchie » et les écoles puaient l'encarsenement. Si certains peuvent légitiment regretter l'époque ou les clubs étaient dirigés par des notables de province maurassiens (« Le fascisme éclairé » d'un Besse à Bordeaux) plutôt que des fonds de pensions, d'autres peuvent détester les deux.

4)Les africains sont de grands enfants.

Qui ont besoin d'être « domptés » par des entraîneurs blancs, selon les propos d'un Louis Nicollin, toujours en verve poujadiste ... Mais dans le même temps, on reproche aux footballeurs français ne pas être assez conviviaux et proches de leur public. Rassurez-vous, amis de la Francafrique et fan de Michel Sardou (« le temps des colonies »), Drogba ou Essien ont perdu depuis longtemps leur âme d'enfant. A l'instar des milliers d'ados qui se retrouvent sans papiers et à la rue chez nous après avoir cru au rêve doré des championnats européens. En effet, le vieux continent rend rapidement adulte!

5)L'équipe de France ne représente pas le pays.

Il ne s'agit que de la sélection des meilleurs joueurs (ok, on peut rire là !) de nationalité de française licenciés pro dans le cadre de la FFF ou de l'UEFA (s'ils évoluent à l'étranger). Une équipe fédérale finalement, d'où d'ailleurs parfois le hiatus entre la perception de l'opinion et le comportement des joueurs, mode Ribéry, qui se croit bêtement dans une simple ambiance de foot. Bref, les bleus ne sont pas l'armée ni le corps diplomatique, et encore moins l'Assemblée nationale. Et qui demande aux waterpoleyeurs français d'incarner toute la diversité du pays en une seule team ?

6)Les italiens jouent durs, les allemands sont athlétiques, les brésiliens aiment le beau jeu...

Les styles de jeux nationaux avec des types qui changent de clubs et de pays tous les deux ans minimum, bien sur...

7)Les hooligans ne sont pas des vrais supporters

Malheureusement si. C'est bien là que situe le problème et la difficulté, autant pour les clubs que les pouvoirs publics. Ils sont peut être souvent les derniers prêts à se battre pour leur club... parfois jusqu'à la mort. Ce qui n'est pas vraiment une qualité.

8) La France a besoin de « vrais » stades.

150 millions d'euros de l'Etat, sans compter les contributions des collectivités locales, voilà le joli cadeau en pleine phase de retraite à 62 ans, montée du chômage, et de gel des salaires des fonctionnaires, que Rama Yade vient d'offrir aux club français pour qu'ils disposent d'un peu plus de tribunes VIP. L'hôtel des bleus ressemble à un grain de sable à coté, choquant bien qu'aussi peu déterminant que coût de Versailles devant les famines et la banqueroute du Royaume. Chacun son ancien Régime! Au passage, ce n'est certainement pas à cause des stades que la L1 est désertée par le public, sinon Louis II serait plein.

9) Les femmes ne comprennent rien au foot (sauf les présentatrices mignonnes)

C'est le dernier rempart. Si les femmes se mettent a comprendre quelque chose au foot, bientôt elles vont devenir députés voire présidente de la République. Il faut vite empêcher cela.

10) Les « racailles » ont pris le pouvoir dans l'équipe de France.

Comment être vraiment étonné de tels propos dans la bouche d'un Alain Finkelkraut qui ressemble de plus en plus à un porte-parole du Kop of Boulogne (si la place n'était pas déjà prise par Zemmour). On s'en trouve un peu plus attristé quand de tels délires verbaux sur les "caïds immatures" sortent de la bouche, que l'on a connu plus aimable au moment du PACS, de Mme Bachelot, d'une indigence fort peu républicaine devant la représentation nationale. L'occasion est certes trop belle. Souvenez-vous de l'acharnement de l'extrême droite contre Zidane après son coup de boule, preuve selon eux « qu'un bon arabe », cela n'existe pas et que le « naturel » revient au galop. Donc imaginez, ces « blacks » arrogants qui ne savent pas se tenir ! Qui se rappelle que ces petits gars gravitent pour la plupart depuis déjà une décennie au moins, voire plus, dans le circuit du foot pro (quasiment toute leur adolescence et leur petite vie d'adulte), bien loin du quotidien et des réflexes de leurs copains de cités (les cigares de Mr. Blanc s'y apparentent déjà davantage dans le registre de la filouterie). Des attitudes semblables existent chez d'autres joueurs plus « pales », mais dès lors un tel comportement bizarrement s'avère un cas individuel, rarement un « reflet sociétal ». Ils ne sont pas plus autistes ni coupés du monde que les Traders et l'élite de la nouvelle bourgeoisie financière. Mais ces derniers sont pour la plupart Blancs. Cependant quand ils nous insultent dans leur argot bousier, de parfaits inconnus y perdent leur emploi, leur maison, leur retraite...

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