Le foot, premier parti de France?
L'élection approche, se rapproche, et les candidats commencent à tirer à vue. Ils dégainent même leur programme sportif. On pourrait croire que le football, qui aime ou que les journalistes aiment à qualifier de premier parti de France serait l'objet de toutes les attentions, entre les doutes du foot pro et les souffrance du foot amateur. Bref que le principal acteur économique du sport français et le réseau associatif le plus dense ( 17 000 clubs et 16 000 emplois) soient particulièrement choyés, critiqués certes, promis à la réforme peut-être, mais toujours cœur de cible.
Au contraire, à part quelques pics sur son hégémonie dans les écrans (surtout à gauche), des larmes sur les féminines et autres allusions FN-compatibles sur la perte des valeurs (surtout à droite), il reste noyé anonymement dans des discours généralistes sur des mesures d'ensemble concernant le bénévolat ou les grands stades. Il est certes difficile pour la majorité sortante UMP d'expliquer, en pleine période de crise, et quand on veut faire oublier les échecs économique a coup de référendum sur les vilains immigrés et chômeurs malhonnêtes, que votre seule obsession consiste à offrir de belles arènes à la L1 et sauvegarder la rente des droits télés (Thiriez, a reçu ce jeudi des mains du président de la République les insignes d'Officier de l'Ordre national du Mérite). Le foot n'est même plus l'opium du peuple, et Sarkozy ayant épuisé tous les autres disciplines (rugby, karaté, judo), ou va-t-il trouver son prochain ministre?
Bref, il ne constitue pas un marché électoral (le contraire eut été étonnant et même au niveau local, il n'existe aucune étude sérieuse le prouvant, y compris à Marseille), voir plutôt aujourd'hui un repoussoir. Éric Thomas résume le problème d'un trait singulier sur le désamour entre les français et le ballon rond : « les parents expriment envers le football les même réticences que celles rencontrées par les gens du vélo quand les affaires du dopage ont éclatées à partir de 1998. » Comme avant 98, quand le jeu préféré du «bas-peuple» se révélait guère gouté des élites, sauf à s'offrir un petit moment (ridicule) de démagogie à la Giscard en short.
Pourtant il y aurait matière à se pencher sérieusement, et és qualité, sur le malade, tant son cas reste exceptionnel dans le paysage hexagonal. Une perte sur quatre ans de 290 000 licenciés, soit la ville de Nantes ou bien la fédération entière de Natation, pour redescendre en dessous de la barre symbolique des 2 000 000 de membres. Charles Biétry dans le Parisien, en futur gestionnaire de bien pour propriétaire qataris, avait plutôt bien résumé l'ampleur, un brin désabusé, du malaise « L’équipe de France concourt à la baisse des licenciés car elle n’a pas donné un élan d’enthousiasme fort, mais il y a d’autres raisons. C’est plutôt le sport français qui approche d’une crise forte. Il n’y a pas d’efforts sur les installations sportives, pas de progrès dans le rapport du sport à l’école. Les gens ne sont pas très heureux, la crise est là. Cette crise touche le bénévolat, les arbitres. Le problème est profond. »
Ajoutez à cela les cohortes d'AS et FC implantés dans le vaste réseau des sous-préfecture et autres charmante bourgade, et qui se cognent aux nouveaux choix sportifs distinctifs de leur municipalité, PS ou UMP. «De nombreuses petites villes , détaille Boris Helleu, professeur assistant à l'université de Caen, ont commencé à infléchir leur stratégie de marketing territoriale par le sport, en gros elles ne misent plus sur le foot, dont le ticket d'entrée est cher et très aléatoire. Elles se sont petit à petit positionnées sur des sport collectifs mineurs- Tarbes avec le basket féminin-, ou même des événements exceptionnels davantage faciles à gérer en Régie directe comme le Triathlon à Embrun. » Ce qui conduit inévitablement à réorienter les subventions pour favoriser auprès des jeunes ces disciplines sensées être emblématiques de l'image de la ville.
Peut-être également, plus simplement, les politiques partage-t-il, à l'instar de Noël Le Graêt (l'un des leurs, ancien maire socialiste de Guinguamp ) cette intime conviction que jusqu'ici tout va bien: « Depuis que je suis dans le football , j’entends parler de la mort du football et de ses valeurs. Déjà à l’époque du « Miroir du football », pour les anciens, avec déjà Christian Gourcuff en embuscade, la même histoire nous était conté de manière quasi-apocalyptique. Je suis convaincu que le foot est éternel. » En gros le foot sera toujours dominant, et qui plus est il n'y a rien à y gagner en terme électoral. Il causera suffisamment de soucis quand on sera au pouvoir.
Les partis de gauche pourraient trouver du coté du « foot plaisir », nouveau totem éthique de ce sport « populaire » -avec le succès, même marginal, des formes alternatives, comme le futsal, le foot à 7 « auto-arbitré » à la FSGT, dans le registre classique associatif, ou encore les complexe privés de foot en salle (plus d'une dizaine autour de Paris)-, de quoi composer une petite musique dissonante. Cependant là encore les chiffres restent marginaux. S'il faut aller cherche le sportif électeur, ce ne sera donc pas auprésdes footeux des pelouses ni du supporter devant les programmes d'Al-Jazeera.
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Phallus Majestueux le Franc-Maçon17/02 à 15:44+ -Il y a un entre-soi très fort dans le sport, et le football ne déroge pas à la règle. Ne regarde-t-on pas un match entre potes autant que possible ? Un politique ne peut tirer sur ce levier: il passerait pour "intéressé", "électoraliste", voire "démagogique". Il est l'hors-soi, il est l'autre et il voudrait devenir nôtre. Et un politique tire plus facilement les leviers de l'altérité ou du clivage en période électorale.
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psykoi23/02 à 13:32+ -ah ! l'"en avant de guingamp" ,cher à le graet, créé par des instits anarko-syndicalistes et passé depuis à la moulinette soc-dèm !