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La bonne littérature serait souvent de droite, qu'en est-il du grand football? Peut-on imaginer une rencontre entre l'Inter(nationaliste) Milan d'Antonio Gramsci et le Paris Socialiste de Gauche de Jean Jaurès? Et si le foot rendait presque la politique de nouveau intéressante?

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Le chantage au patriotisme

Le chantage au patriotisme
03/09/2010

... ou comment faire oublier qui aime vraiment son pays !

C'est l'un des avantages des vacances. On découvre des perles en rattrapant ses lectures en retard. Le Figaro du 25 aout par exemple nous réserve un bon morceau d'anthologie sous la plume de David Reyrat, chef du service des sports de la pravda de l'UMP, qui nous délivre quelques réflexions édifiantes sur l'état de l'équipe de France sous le jeune règne de Laurent Blanc. Le néophyte (il en reste encore ?) y apprend que « les nouveaux bleus ont joué la carte de la proximité avec les supporters. Mais leur sincérité est douteuse. Tout comme leur patriotisme, Laurent Blanc avouant avoir distribué les paroles de la Marseillaise à ses jeunes joueurs qui ne la connaissaient pas. »

En ce beau jour de retour de l'EDF devant son public du finalement bien nommé Stade de France et le reste de l'hexagone devant sa télé, une telle réflexion ressemble à un vol de charters plein de roms : bon peuple dormez tranquille, la droite s'occupe de vous protéger et de vous venger des mauvais français. Et surtout ne votez pas FN, on est aussi fort qu'eux.

L'attachement à la France se mesurerait donc à l'aune de sa capacité à entonner « le chant de marche des volontaires de l'Armée du Rhin ». De nombreuses personnes doivent pourtant en connaître tous les refrains sans pour autant songer une demi-seconde au bien-être du pays de Molière et Jaurès, encore moins de sa population d'en bas ou des étages intermédiaires, mais ils sont abonnés au Figaro et auront bientôt l'appli pages saumons sur leur iphone. L'internationalisme négatif de la bourgeoisie a toujours su se parer du masque de l'amour de la patrie pour imposer ses vues et diviser pour mieux régner.

Si l'on peut effectivement douter -; reste à savoir comment sonder le cœur des hommes, même en crampons- que les joueurs de foot soient désormais transcendés par le maillot tricolore, si ce n'est que pour sa valeur ajoutée sur le marché des transferts, il resterait à expliquer pour quelle raison, en la matière, les sportifs, même millionnaires, seraient astreint à une exemplarité démonstrative quand le reste de la société s'en passe fort bien (surtout dans les sphère économiques les plus proches du pouvoir en place), hors période de crise évidemment (d'ailleurs les soldats qui meurent en afghanistan viennent rarement de Neuilly) .

A moins évidemment que l'origine des joueurs de foot pose problème et demande une attestation manifeste, au risque de passer pour ingrats? On finirait presque par croire que le climat délétère de ses dernières semaine a effectivement pris racine avec l'affaire de Knysna. Aux « basanés » et aux « pauvres » le patriotisme obligatoire, pour les autres, ceux qui dinent avec le président les soirs de victoire, le bouclier fiscale en guise de reconnaissance du vote réac des expats.

Certes les footballeurs pro n'en ont surement plus grand chose à secouer de la fierté du coq. Mais plutôt que d'inculper la culture des cités, il faudrait rendre à césar ce qui appartient à Adam Smith : le footballeur pro est un libéral en pilotage automatique. Il profite d'un système dont il ne comprend pas les règles du jeu. Le véritable hiatus patriotique d'un Anelka se situe davantage dans son étonnement de « devoir payer des impôts », en gros de rendre -un peu- à son « peuple » l'enrichissement qu'il lui doit, que lorsqu'il pète un plomb dans un vestiaire après un mauvais match.

Mais quoi de mieux, et de moins dangereux (ils sont riches mais peu puissants) que d' accabler des footballeurs pros, en usant la corde hypocrite d'un sentimentalisme national de fait relégué consciemment aux bas instinct du peuple (il suffit de lire Alain Minc, proche conseiller de Sarkozy, dans les colonnes de Marianne). A quand la déchéance de la nationalité pour un but raté ou une faute de main?

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