Never trust a marxist in football !

15/01/2013

Lance Amstrong aurait avoué. Mais franchement comment lui en vouloir? L'ensemble du système sportif pousse à la faute, ou plutôt à l'excellence, qui en la matière se rejoignent. On demande finalement aux athlètes de se doper dans l'intérêt de tout le monde (sponsors, fédérations, etc...), mais seuls les moins doués ou les plus obstinés payent finalement (un peu) le spots cassés. Le coureur américain en a juste un peu plus profité que les autres. Et même la lutte anti-dopage fait désormais partie de ce grand cirque, au même titre que le clown triste doit se recevoir des tartes à la crèmes pour faire rire l'assistance. Il n'y a que le football qui continue de tenter de vendre l'absence de scandale comme la preuve de son innocence : Qui y croit?

Le dopage : c'est les dopés qui en parlent le mieux !

Une telle « virginité » laisse surtout planer une terrible doute sur la sincérité des instances sportives internationales quant il s’agit de s’attaquer véritablement au problème. La Roja doit ainsi vivre avec un soupçon permanent (cf. les propos assez amers de Yannick Noah) , dont elle ne pourra finalement se débarrasser qu'en sacrifiant quelques victimes expiatoires. La FIFA avait mis des années à signer un protocole avec la pourtant très accommodante AMA et seule une menace de retrait du programme des JO l’y poussa en 2006 (mais toujours aucun test sanguins et aucun dopé lors du dernier Mondial). Elle ne cesse en retour et très cyniquement de se lamenter du coût financier des contrôles inopinés pour « des résultats positifs heureusement très bas » (dixit Sepp Blatter). La récente croisade de l'UNFP contre la géolocalisation n'est donc que l'énième avatar de cette guerre de tranchées que mène le foot, réfugié derrière sa toute puissance financière et populaire, contre le politiquement correcte olympique, et sa volonté de se donner bonne conscience en empiétant sur les droits et les libertés des sportifs.

De fait, personne ne désire tuer la poule aux œufs d’or. L’économie du sport ne pèse-t-elle pas dans son ensemble 33 milliards d’euros en France (en 2007) ? Le mythe sportif rapporte beaucoup. Il reste encore à savoir quel est l’enjeu politique de la croisade éthique de l'antidopage. S’agit-il de garantir au public (ou du moins de lui faire croire) que son spectacle sportif est bel et bien réalisé sans « trucage » ? Ou sommes-nous aussi confrontés à un véritable problème de santé publique, vue la pénétration de certaines pratiques dans les plus petits niveaux amateurs ? Avec les nocives et pérennes conséquences que l’on sait pour les principaux concernés : les joueurs de football américains affichent une espérance de vie de vingt ans inférieure à la moyenne et, toujours aux Etats-Unis, 11 % des garçons prendraient régulièrement des stéroïdes. Il suffit, chez nous, de compter le nombre d’anciens sportifs qui hantent des centres de désintoxication, dont certains leur sont parfois réservés.

Car au-delà du sport lui même, c'est progressivement l'ensemble de la société qui commence à se médicaliser, et pas uniquement afin d’améliorer sa condition physique, mais aussi dans l’espoir de mieux supporter le poids des contraintes des temps modernes (à la mode Chaplin). Durant les deux guerres mondiales, les soldats se virent en masse prescrire, si l’on veut, des drogues et autres amphétamines (chez les troupes britanniques par exemple) pour tenir le « choc ». Comme l'explique fort bien la sociologue Isabelle Quéval, « on ne peut évoquer le dopage sportif sans évoquer le dopage social massif qui se généralise, depuis les consommations les plus anodines (mais néanmoins addictives) de produits vitaminés, d'aliments enrichis, d'alicaments ou de compléments alimentaires de toutes sortes, jusqu'aux véritables toxicomanies médicamenteuses, en particulier quant aux psychotropes ».

Se tiendra-t-il un jour un véritable et authentique débat de fond ? Non seulement sur la manière de combattre efficacement des pratiques qui détruisent la santé des sportifs et contaminent l’ensemble des compétitions amateurs. Mais aussi un débat sans tabou sur la fonction que remplit le dopage dans la configuration actuelle du monde sportif. Faut-il l’encadrer médicalement comme le préconisent certains ? Faut-il le supprimer à tout prix par des transformations radicales des règlements qui le rendraient inutilement coûteux, quitte à ramener les chronos trente ans en arrière (en interdisant les entraînements intensifs ou instaurant un nombre limités de match par an) ? Un débat fort éloigné de la foire d’empoigne pour savoir si un méchant Américain nous a volé le Tour de France ou si les espagnols ne sont finalement que des imposteurs mieux « chargés » que nous ?


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  • Message posté par jeansebback le 18/01/2013 à 12:09
      

    Merde, y'a que moi qui prends rien ?? C'est pour ça que je rame, rien à voir avec l'age en fait !


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