Never trust a marxist in football !

31/03/2013

Les footballeurs n’aiment pas franchement la discrétion. Le tatouage semblait idéal pour eux. « Tu peux tout renier, sauf ce que tu as gravés sur ta peau » aimaient se vanter les mauvais garçons d’antan. C’était avant le laser et les photos de mode. Pourtant, il demeure malgré tout une odeur de souffre qui émane de l’aiguille qui teinte l’épiderme. Autant donc aller voire chez les tenants du culte. Rendez-vous au mondial du tatouage qui se tenait les 22-23-24 mars derniers à paris pour savoir ce que pensent les pros de la rose de Jérémine Menez ou du dragon d’Ibra.

Le 104 est un magnifique bâtiment égaré dans un des coins les plus glauques de Paris. C’est là que la fine fleur du tatoo s’était rassemblée, la première fois depuis dix ans dans la capitale. Et ici les stands n’étaient pas de démonstration. Dans les allées on croisait des hommes torses nus enroulés dans du cellophane pendant que les tables accueillaient des jeunes filles en soutien-gorge attendant stoïquement que leur corps reçoivent les douloureuses caresses des artistes. L’ambiance restait à forte dominante rock’n’roll, les looks mettaleux ou fiftos, skins ou bikers (les hells avait un stand). Et pendant que les enceintes crachaient du Madness, les décolletés servaient davantage à susciter l’envie des voisines qu’à exciter les cous viriles ornés d’hirondelles. Pourtant on a eu beau cherché du regard, point de logo de club ni le moindre trace d’ultras. Et encore moins de footeux pourtant nombreux en principe en repos durant cette période de qualification pour le mondial brésilien.


Un phénomène de mode sans mémoire ?


« Mousse » du SNAT, le syndicat national des artisanats tatoueurs, n’avait pas envie de jouer au donneur de leçon. « Il faut l’avouer, beaucoup de tatoueurs mangent grâce aux footballeurs connus comme Beckham, tout comme nous avons tous bouffé avec les petites étoile de Rihanna. Des gars débarquent avec la photo de Cissé qu’ils ont chopé sur google et demande la même chose. Le tatouage s’est considérablement démocratisé, il s’est transformé en phénomène de mode. Avant tu te faisais tatouer sur le torse , les bras au dessus du coude, tu le gardais pour toi. Aujourd’hui c’est l’inverse, il faut se montrer. Les footballeurs s’inscrivent là dedans. Après est-ce qu’il maitrise, les codes, la symbolique de leur tatouage ? Quand il se mettent une toile d’araignée, savent-ils qu’ils s’agit au départ d’un truc de pilier de bar puis de skin ou biker ?Après chacun est libre. On aimerait juste que la dimension artistique de notre métier soit un peu plus respectée. »


Le cadet de leurs soucis


Le cadet de leur souci. Voilà bien ce qui définit le rapport qu’ils entretiennent avec leurs clients tout droit venus du stade. Au fil des stand tout le monde se rappellait d’avoir exercé sur un footeux, un gars d’Amiens, un type du Rc Lens, il paraîtrait même que Viriginie Atomic , célèbre patricienne basée à Rennes, aurait œuvré sur la plupart de l’effectif local. Jamais de nom. Pas de secret professionnel, c’est juste secondaire.

Look de rude boy, docs et chemise à carreau, Ezekiel de Toulouse , d’origine argentine, se définit comme « un fan de foot et de cumbia ». Lui a surtout « décoré » beaucoup d’ultras quand il bossait en Espagne, aussi bien du real que du Barça, sans sectarisme. Dans la ville rose, il vient de réaliser un pitbull sur un supporter local dont on se doute bien ce qu’il essayait de signifier par là, au regard de l’ambiance dans les tribunes du TFC. « Je ne penses pas qu’on puise dire que les tatoos de footeux soient pire que les autres. L’ensemble peut manquer de profondeur artistique. Mais celui de Messi pour son fils, c’est très respectable. Après je t’avoue que j’ai du mal à te citer un tatooo de footeux qui m’ait impressionné. »


Le sexy contre l’uniforme ?


En filagramme, beaucoup pointaient le même problème, surtout chez les adeptes du versant rock et contre-culture. Le footeux constitue à leurs yeux le symptôme d’une démocratisation du tatoo qui se fonde sur l’uniformatisation des modèles, un peu comme ces jeunes filles qui se battent pour ne pas porter le même maillot de bain mais trimballent toutes le même symbole tribale au bas du dos. Ce point de vue n’est pas le seul toutefois. Du coté du classieux Inked Mag en revanche, les filles se pâmaient sans honte quand on évoque Beckham. Emeric Pourcelot, le rédac chef, mettait en avant un parti pris assumé en faveur du « lifestyle » et du sexy : « On assume le coté grand public. Chacun a le droit de se tatouer. Les footeux aussi, avec son gout perso. Ils participent donc de cette popularisation positive du tatoo. L’important désormais, c’est que la dimension artistique puisse se diffuser, que tu puisses chercher et trouver le tatoo qui te correspond, qui te ressemble. » Il faudra peut-être penser à des cours d’éveil artistique dans les centres de formation.

à lire également "Le meilleur du pire des tatouages de footballeur"

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photo avec l'aimable autorisation de Yann Levy


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