Never trust a marxist in football !

02/01/2013

Flemme du début d'année, un petit papier sans prétention mais pas sans pertinence, paru dans So Foot en 2006... Le Tatouage RIP !

L'image d'un Materrazi torse nu, bardé de tatouages, triomphant après le but égalisateur des Italiens en finale de la coupe du monde incarne en soi une sorte de retournement de conjoncture. Finie l'époque où les rares footeux avec gribouillage corporel cachaient pudiquement leurs stigmates populaires, un peu comme ces représentants de commerce ex-taulards qui ne travaillaient qu’en manches longues, y compris en été, pour ne pas effrayer la clientèle respectable. Désormais, en pleine révolution gay-friendly, ôter son maillot n'est plus suffisant désormais, il faut montrer quelque chose en dessous. Un véritable “outing général”, comme le souligne Jérome Pierrat, rédac chef de Tatouage magazine: “Après les people et les chanteurs, les sportifs s'y sont mis, d'autant plus que leur rapport au corps les y prédisposait. D'ailleurs, la tendance aux desseins tribaux, purement esthétiques, sans message, permet de jouer sur le délire guerrier à peu de frais”.

Finie aussi l'époque où un tatouage s'assumait dans la rue ou devant maman. “Au mieux un truc de beauf, au pire de mauvais garçons, poursuit Jérome Pierrat, maintenant cela fait joli sur une campagne du pub et offre de se distinguer de ses collègues sur le terrain”. Une logique propulsée dans l'absurde quand Djribril Cissé déclara dans le JDD qu'il allait probablement arrêter et qu'il ne comptait “certainement pas les garder tous”. On lui souhaite bon courage pour le détatouage au laser. Mais le summum fut atteint sans difficulté par Beckham, qui après s'être inscrit le prénom de sa douce (l'officielle) sur la peau en lettres indiennes, découvrit que la traduction n'était pas bonne. Comme le conclut Jérome Pierrat, un rien blasé, “ce sont les risques quand on confond effet de mode et une empreinte à vie sur sa peau”. La solution pour nos amis en quête de sensations picturales sans risque à long terme : le tatouage au henné ! À conseiller aux petits bras réalistes ou bien, autant associer l’utile à l’agréable, aux publicitaires toujours en recherche de nouveaux supports : ici un coup de savon et l’on change de sponsors.

Les nouveaux supporters du PSG peuvent pour leur part se replier sur des sites comme henna-tatoo afin de décalquer le logo de leur club au bas des reins de leur copine. À chacun son phantasme.


Votre compte sur SOFOOT.com

0 réaction ;
Poster un commentaire


0 réaction :
Poster un commentaire