Du PSG, de Marianne, et d'être un supporter de gauche d'un club parisien de football.
Le dernier numéro de Marianne, qui apporte à la presse d'information ce que Closer incarne face à Télérama (les deux fournissent des programmes télé non?), nous apprend que la province déteste Paris. Ne déteste pas en fait, mais éprouve du dédain désormais pour la capitale. Ce scoop phénoménal, égrainé au fil des témoignages vécus et transcendants de quelques sociologues et autres élus de terrain amoureux de leur jardin, est naturellement étayé par le cas ô combien symptomatique du PSG. Club de merde, public de merde, ville de merde. La belle trilogie. Et en ce moment, l'hebdo joue sur du velours (comme toujours d'ailleurs).
Alors en guise de témoignage progressiste, voici la défense et illustration de gauche en 3 points du droit à soutenir le pire club de France.
1) Effectivement, le PSG ne cristallise pas l'identité « locale ». Un soir de match, la ville lumière n'arrête pas de respirer. Le foot demeure un choix, pas une signe extérieur obligatoire d'appartenance. A Paname, nul besoin d'un accent pour se sentir d'ici. Le régionalisme, c'est le nationalisme des frustrés. Ce qu'on y perd en ferveur cocardière, on le gagne en subtilité démocratique. Les couleurs de Paris, ce sont le bleu de la république et le rouge de la commune, pas le blanc de la monarchie.
2) Au Parc, depuis toujours, on sait que le foot pro est capitaliste et qu'un club populaire constitue d'abord un slogan marketing. L'OM n'est pas moins emblématique du foot business que son meilleur ennemi jacobin (je parle pour les audiences télés). Quelque part, les mauvais résultats du club représentent presque une forme de résistance sociale à la mondialisation ultra-libérale :)
3) Politiquement, le choses, sans être plaisantes, restent claires. On ne saute pas par inadvertance dans les bras d'un fachos sans savoir préalablement dans quelle tribune on a choisi de mettre les pieds et son écharpe. Les problèmes de sociétés, le racisme, etc.. ne sont pas cachés sous le tapis (sans jeu de mots) de l'amour du même club. A défaut d'être beau à voire, cela évite les fausses joies et la franchise, cela rafraichit toujours un peu la conscience politique.
Enfin, un club dont les plus belles années remontent aux décennies 80 et 90, ou ce sont les plus vieux qui tiennent la baraques et ou le public vient juste pour siffler , mais vient quand même, si cela ne vous rappelle pas la gauche française (vous savez, celle qui va gagner des régionales sans remporter d'élections nationales, à l'instar du PSG brillant en coupe de France tout en se battant contre la relégation en championnat)?