Never trust a marxist in football !

22/11/2012

Aujourd’hui, le foot est devenu le sujet préféré des politiques quand ils veulent se faire mousser à peu de frais. Et il est rare que cela produise autre chose que banals souvenirs d’enfance au stade de la route de Lorient ou un déluge de lieux communs sur les belles valeurs du sport. Sauf qu’à trop jouer du ballon rond comme faire-valoir, on en oublierait presqu’aujourd’hui que l’élève a dépassé le maître et que ce qui se passe sur pelouse en dit plus bien plus long sur la France d’aujourd’hui que les débats à l’Assemblée nationale. Et d'une certaine manière il nous aide à comprendre la crise actuelle que traverse l'UMP.

Aujourd’hui, le foot est devenu le sujet préféré des politiques quand ils veulent se faire mousser à peu de frais. Et il est rare que cela produise autre chose que banals souvenirs d’enfance au stade de la route de Lorient ou un déluge de lieux communs sur les belles valeurs du sport. Sauf qu’à trop jouer du ballon rond comme faire-valoir, on en oublierait presqu’aujourd’hui que l’élève a dépassé le maître et que ce qui se passe sur pelouse en dit plus bien plus long sur la France d’aujourd’hui que les débats à l’Assemblée nationale.

Non seulement il permet de décrypter les drames contemporains sans reformulation ni arrière-pensée, mais il permet en plus de la vivre. Avec passion. À côté du militant prosélyte qui moralise, le supporter vit ses problèmes seul, pour lui-même. S'il en discute, c'est juste par plaisir de s'embrouiller, par plaisir de la contradiction, il sait qu'il ne fera jamais changer son interlocuteur de camp, mais il s'en fout. Un militant soulève des drapeaux en meeting en attendant une malheureuse promo dans sa section de troisième zone. Un supporter donne tout ce qu'il a et n'attend rien en retour. Juste un vieux but, une vieille frappe, une émotion, un frisson. Un souvenir. Aux premières places pour observer le monde qui l'entoure. Oui, le football a quelque chose en plus.

Car le football peut énerver en jouant sur le velours des pires instincts sociaux, idéologiques ou culturels. D’aucuns l’accusent même de les produire, de les amplifier voire de les fabriquer. Mais quand le footballeur veut faire de la politique ou en parler, aussi ridiculement qu’il peut lui arriver de s’y adonner, il faut plutôt y voir une volonté d'ascension sociale. Alors que l’homme ou la femme politique qui s’essaie à gloser sur le ballon rond sombre généralement corps et âme dans les abysses de la beaufitude, persuadé qu’il faut en passer par cet exercice de style démagogique pour faire vibrer la corde sensible des électeurs. Puisque le foot est censé causer au peuple, l'homo politicus s’abaisse à son supposé niveau pour lui toucher deux mots. Le faux semblant de l’apolitisme qu’on dépose comme un baiser de la mort sur le front du sport le plus populaire de France... Une tentative de récupération oui ! Des récupérations qui souvent aboutissent en tragi-comédie : des vestiaires de la finale en 98 au parcours marseillais de Tapie. Le foot ne demande cependant pas à la politique de filer éternellement les métaphores sportives. Le drame, c’est que l’inverse est trop souvent hoqueté sur les plateaux télés. Exemple : dès qu’un ministre chante son amour du Barça plutôt que de répondre de la gestion sécuritaire des supporters. Et il suffit de contempler les affaires de Knysna ou la bataille sur la taxe des 75% pour mesurer que les grandes références à l’histoire des civilisations de «l’amicale des copains d’avant » de Sarkozy - animée par Christophe Barbier - n'est qu'une version érudite de certains forums. Pour ensuite balancer quelques banalités affligeantes sur le foot et ce qu’il devrait être ou rester.

Le foot élève - il faut certes une certaine dose d’inconscience pour oser l’affirmer ainsi - le débat politique, tout simplement parce qu’il soulève beaucoup plus de questions qu’il ne le pense lui-même. Il l’élève au sens premier, gravitationnel, c’est-à-dire qu’il fait monter à la lumière les petites particules qui posent problème dans le pays. La politique s’est depuis un bout de temps fait un art de les camoufler derrière le politiquement correct. Le foot balance tout sans faire le tri. Le supporter peut clamer son apolitisme, il est bien contraint de se coltiner la loppsi II. Le joueur peut se la jouer rebelle avec un discours consensuel et quelques œuvres de charité, de Shanghai à la zone mixte du PSG, il tient le même discours que le Medef. La LFP peut gueuler sur le fisc, elle doit bien tendre la main vers des fonds publics plus faciles à obtenir que ceux des actionnaires pour construire ses stades. Penser le foot, c’est concevoir la politique comme du Game Rap, dix mille ordures et une vérité lumineuse sur 4 minutes. La politique cherche le consensus. Le foot ose l’opposition, même de parfaite mauvaise foi. Fillon et Copé se haïssent, ils se font la bise sur le plateau de télé. Leur actuel combat reste feutré et marqué par le besoin de sauvegarder les apparences. Imagine-t-on OL et ASSE organiser pareil outrage à l’intelligence du peuple un soir de derby à Gerland ou Geoffroy-Guichard. Avec le foot, la pute n’est plus maquillée.


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