Les objets du football

20/05/2013
Dans une société où la démocratie repose sur un vote, où l'école évalue le savoir, où les entreprises récompensent les travailleurs les plus dévoués, il n'est pas très étonnant que l'UNFP ait eu cette idée de distinguer des joueurs plutôt que des équipes de foot - il est même plutôt surprenant que cette cérémonie ait été créée si tard, à la fin des années 80. Ce qui étrange c'est que les votants soient les footballeurs eux-mêmes – à l'exception du plus beau but soumis à l'appréciation du peuple. Etrange que les joueurs acceptent de distinguer le meilleur d'entre tous alors qu'ils s'entraînent, se déplacent, mangent en collectif. D'autant plus étrange que tous les lauréats, sans exception, sa ...
Le bus de Knysna
22/03/2013
Universe Express Noble est l'autobus de luxe fabriqué par Hyundai pour la coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Pour la grande occasion, la marque coréenne avait équipé les 32 véhicules destinés aux équipes du tournoi de mille et un concepts de luxe innovants- pare-brise panoromique, lampes fluorescentes qui illuminent l'allée comme un dancefloor. Manque de bol, les Coréens se font doubler par les Bleus en grève et voient leur bus VIP se faire renommer « le bus de Knysna », pour l'éternité. Le mec du service marketing de Hyundai a d'ailleurs failli se pendre. Exposé au musée des objets du football, le bus de Knysna tiendrait une place encombrante. Moins parce qu'il mesure 12 mètres de lon ...
L'écharpe du supporter
10/03/2013
Il arrive qu'un match se déroule sans supporters et en général, ça pue l'ennui. Le temps n'est plus le même : la durée du match est affectée par le silence, par des vides sonores impossibles à combler par les commentateurs qui eux-mêmes ne jouissent plus vraiment parce qu'ils savent bien que leur voix n'a pas la même texture quand elle ne survole pas l'ambiance bruyante des supporters. Dans ce cas, il n'y a pas que les oreilles qui s'ennuient, les yeux aussi. Sans supporters, rien ne déborde du terrain, l'arrière-plan est vierge, on a l'impression que le match pourtant de Ligue 1 est une rencontre de district. Des milliers de supporters vêtus d'écharpes, ça t'anime un match autrement. Qu'i ...
Le traceur de lignes
22/11/2012
Un traceur de lignes pour quoi faire ? Pour respecter les dimensions des lignes qui délimitent l'aire de terrain de jeu, il vaut mieux être équipé d'un bon traceur de lignes. D'une part parce que ces dimensions sont réglementées par la FIFA (Loi 1-Terrain de jeu) , d'autre part parce que des lignes tracées de façon nette, claire et précise favorisent la vision du jeu des joueurs et facilitent la tache des arbitres sur le terrain. Sur les pelouses de compétitions internationales, on utilise des traceurs à rouleaux ou à pulvérisation contenant de la peinture acrylique blanche, non toxique et biodégradable si possible (c'est une manière de traiter soigneusement le terrain et de respecter la T ...
Le banc de touche
15/11/2012
Les règles du banc de touche Pour le définir simplement, le banc de touche est un siège situé en dehors du terrain, sur lequel sont assis certains joueurs et des membres du staff qui ne participent pas au jeu. Pour le définir plus précisément, le banc de touche n'est pas qu'un siège posé, là, quelque part le long de la ligne de touche. Sa place dans le stade obéit à des règles strictes définies par la FIFA : il doit être recouvert afin que les personnes qui y siègent soient abritées, doit être placé à au moins 3,50 mètres de la ligne de touche, côté vestiaires, sa longueur doit permettre d'y asseoir 12 personnes par équipes (soit 6 mètres environ), les bancs qui séparent les deux équipes do ...
La civière
11/11/2012
La civière de Diderot « Imaginez deux forts morceaux de bois larges, droits, et équarris dans le milieu, recourbés un peu en S vers les extrémités, arrondis par les bouts, et assemblés par quatre, cinq, six, ou même davantage, bâtons ronds ou carrés, et reçus d’un bout dans des trous percés à égale distance à la partie équarrie et large d’un des forts morceaux de bois qu’on appelle un des bras, et de l’autre bout dans d’autres trous percés de la même manière à l’autre bras, en sorte que ces bâtons et les bras soient parallèles entre eux, et que les bras soient éloignés de manière qu’un homme puisse se placer entre eux, soit à un des bouts, soit à l’autre. (…) Un ouvrier se met avec les bras ...
Les gants du gardien de but
02/11/2012
Mains bioniques Cracher dans vos gants puis les frotter paume contre paume est le geste qui vous fera passer pour un amateur. Tous les pros le savent, l'acide présent dans la salive altère la matière grippante des gants. Les pros n'ignorent pas non plus qu'on ne lave pas des gants de gardien en machine. Ou alors on les glisse préalablement dans des chaussettes pour que l'acier du tambour ne les abîme. Les pros les vrais procèdent à un lavage à la main ou à sec, grâce une mousse nettoyante. Ils possèdent aussi plusieurs paires car ils savent qu'on n'utilise pas les mêmes gants à l'entraînement et lors des matchs, quand le soleil brille ou quand il pleut, selon que le terrain est sec ou humid ...
Le sifflet
26/10/2012
Un langage C'est à la fin du XIXème siècle qu'un arbitre s'invite sur un terrain anglais avec un nouveau langage, celui du sifflet. Très vite, son usage se généralise et c'est ainsi que les différents sons produits par le sifflet s'imposent sur les terrains du monde entier, comme un langage universel, comme un retour au premier langage humain (parce qu'avant de comprendre et savoir prononcer des mots, nous émettons et comprenons des sons). Il est d'ailleurs fascinant de constater que des hommes puissent se comprendre si bien grâce à de simples « tutut » pendant 90 minutes. On pourrait même en pleurer, si l'on est émotif comme moi, quand on sait combien il est difficile de se faire comprendr ...
Le protège-tibia
15/10/2012
Des jambières, des ciseaux et du scotch C'est parce qu'il a été un joueur de cricket avant d'être un footballeur que Sam Weller Widdowson a eu l'idée de porter des protège-tibias lors d'un match de foot à la fin du XIXe siècle. En découpant ses lourdes et longues pads de cricket afin de recouvrir ses tibias, il créa les shin-pads. Evidemment, en voyant Widdowson se pointer avec ses gros et lourds bouts de jambières rafistolés avec du scotch sur les tibias, ses co-équipiers du Nottingham Forest pointent du doigt sa dégaine et se marrent. Peut-être se marrent-ils aussi de le voir se protéger des coups et des chocs. Chochotte. En 1874, quand Widdowson obtient un brevet pour cette invention et ...