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Le Caïman

27/03/2014

Ce dimanche, à 21h au stade de Gerland, l’Olympique Lyonnais et l’Association Sportive de Saint Etienne s’affronteront dans ce qui est devenu le dernier vrai derby du championnat de France. Ce soir-là l’enjeu sera beaucoup plus grand que les 3 points ou la domination régionale. Car ce match pourrait bien décider de la troisième place, synonyme de Ligue des Champions.

Non, Paris contre Marseille n’est pas un derby. Et non il n’existe pas de rencontres plus excitantes que le Derby de la région Rhône Alpes dans notre championnat de France. Ce derby c’est avant tout une haine commune que chérissent les deux camps depuis toujours. Trop habitués à voir l’ennemi gagner pendant que leur équipe plonge, les supporters Stéphanois et Lyonnais découvrent désormais une rivalité qu’ils ne connaissaient pas. Celle de deux équipes qui luttent pour un même objectif : atteindre la plus belle des compétitions européennes. Alors, plus que jamais ce derby sera déterminant et pourrait permettre à l’un des deux ennemis de continuera à rêver. Un rêve qui vaut des millions. Cette saison, décrocher un ticket pour la phase de poule de la Champions League assurait un pactole de 8 millions d’euros. Assez pour payer le salaire de Lisandro. Assez pour espérer ne pas vendre ses cadres comme Guilavogui.

Retrouver sa dimension

Atteindre la Coupe d’Europe serait aussi synonyme d’une dimension retrouvée pour chacune de ces deux équipes. Le Lyon des années 2000 ou le Saint Etienne des années 70 ? Qu’importe le passé, car c’est avant tout vers l’avenir que sont tournés les deux clubs. Une nouvelle qualification manquée en Coupe d’Europe pour Lyon signifierait d’importants dégâts financiers. C’est un secret de polichinelle il est temps de réduire les dépenses sur les bords du Rhône et de la Saône. L’arrivée du Grand Stade, prévu pour 2015, ne permet aucune dépense. Côté Loire, atteindre la Champions League, dans un Geoffroy Guichard ayant quasiment terminé sa mue, permettrait peut-être au club d’entrer dans une nouvelle ère. Dans un Chaudron où les supporters se sont battus pour que le quatrième virage soit fermé, quant à Lyon on s’est battu contre la construction du Grand Stade. Deux mentalités.

Pourtant, les modèles économiques de ces deux clubs ne sont plus si différents. Car le Lyon de la belle époque tirait la majeure partie de ses revenus en réalisant de belles plus-values sur ces achats et ses jeunes pousses. Aujourd’hui Lyonnais et Stéphanois s’inspirent de la même base : un centre de formation solide, des achats malins. Néanmoins, force est de constater que les joyaux du roi Lyon scintillent moins qu’avant. Bien sûr de beaux joueurs continuent d’éclore, mais leurs valeurs marchandes ne sont pas à la hauteur d’un Karim Benzema. Il sera d’ailleurs difficile de retenir Lacazette cet été, lui qui est l’un des meilleurs lyonnais cette saison n’est évalué qu’à 10 millions d’euros. Bien loin des montants des années 2000. Surtout Aulas ne semble plus en mesure de négocier comme il savait le faire.

Pendant ce temps, quelques diamants, encore bruts, commencent à ressortir des mines Stéphanoises. On peut penser à Zouma vendu pour 14 millions à Chelsea, à Goulham parti à Naples, Guilavogui vers Madrid, sans oublier Aubameyang, certes non formé au club mais vendu au vice-champion d’Europe. Tant de clubs au standing européen qui correspondaient aux acheteurs du grand Olympique Lyonnais.

Du côté des achats, on semble aussi apercevoir de meilleurs investissements côté Stéphanois. Le retour dans le Forez de Guilavogui sous forme de prêt, et l’arrivée de Trémoulinas, ancien international, avec une option d’achat à 1 million sont des bels exemples. Pendant ce temps, c’est Miguel Lopes qui est arrivé pour la même somme à Lyon. Voilà d’ailleurs une autre constatation intéressante qui pourrait confirmer l’inversion des tendances. Saint Etienne a plus dépensé que Lyon sur le mercato d’été 2013-2014 et a aussi bien vendu, voire mieux. Quand Lyon vend 4 joueurs pour atteindre 24,5 millions de revenus, l’ASSE en vend deux pour obtenir un gain de 23 millions d’euros. Le classement au soir de la 38ème journée donnera tort ou raison à ces statistiques, car si les chiffres sont intéressants à interpréter ils ne valent pas la valeur culturelle d’une telle rencontre.

Un choc authentique

Lyon-Saint Etienne c’est aussi, et surtout, un match authentique, une rivalité pure. Le genre de match avec une Histoire. Et l’Histoire ne s’achète pas. Aulas l’avait compris. L’Histoire de Lyon n’est pas aussi grande que celle de Saint Etienne, alors il a construit une marque. C’est ce qu’est en train de faire Paris. Qu’importe les millions Russes ou Qataris. Jamais ils ne pourront recréer un tel choc. Justement, le soi-disant « Clasico » français perd lentement de sa valeur. L’écart est devenu trop grand entre Paris et Marseille. Contrairement à la relation entre Lyon et Saint Etienne.

Une relation qui nous offre une véritable confrontation entre deux cultures footballistique. La froide raison des Gones et la chaude passion Verte. Aulas et son introduction du football business en France, sa quête d’actionnaires pour bâtir un empire. Et des dirigeants Stéphanois qui parlent de rendre le club à ceux qui ont toujours été là. Deux concepts du football. Presque tout les oppose, sauf leur objectif. Ce dimanche passion et raison s’affronteront une fois encore, pour continuer à espérer. Un dernier combat pour la postérité.

Voilà pourquoi, cette rencontre appartient au patrimoine Français.
Voilà pourquoi ce match est sans doute l’un des plus grands que pourra nous proposer la Ligue 1.
Voilà pourquoi Dimanche il faudra admirer ce duel, apprécier ses excès.
Voilà pourquoi il faut se dire que le football français a toujours eu de belles choses à nous offrir.
Voilà pourquoi on se doit d’exporter le football français.

Flavien Meneghello (depuis le Forez)

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