L'Euro : des gestes, des mots

02/07/2012

L'Euro 2012 s'est achevé par un geste : le trophée soulevé par l'équipe victorieuse de la compétition. Si le trophée est la récompense, l'objet qui honore le vainqueur, c'est surtout le geste lui-même qui symbolise la victoire.

4-0. Le score final du match indiquait déjà que l'Espagne était l'équipe gagnante mais c'est en soulevant le trophée que Casillas a véritablement acté la victoire de son équipe. Parce que brandir à bout de bras le trophée est un geste performatif, un mouvement intentionnel du corps qui veut dire nous sommes les vainqueurs, c'est apporter la preuve de sa victoire au monde, comme les guerriers romains apportaient la preuve de leur victoire aux dieux en accrochant les armes des vaincus à un tronc de chêne, préalablement dépouillé de ses branches.

Comparer le sport à la guerre n'est jamais qu'un moyen de rappeler ses origines (le sport comme moyen d'engendrer des corps disciplinés prêts à servir la patrie). Mais il faut aussi toujours, et surtout, se rappeler que le sport, et en l'occurrence, le football, est un jeu, populaire et donc démocratique. Si comme à la guerre, il y a des vaincus et des vainqueurs, il n'y a pas de sang ni de morts parmi les vaincus. C'est une différence fondamentale. Différence qui oblige le vainqueur à s'imposer avec des armes absolument inoffensives. C'était le cas de La Roja hier, qui s'est imposée avec son jeu le plus séduisant avec un esprit d'humilité irréprochable. Quand Iniesta est sorti à la 87ème minute de jeu, il n'a montré ni orgueil ni fierté. Il est plutôt sorti du terrain avec une décontraction déconcertante, celle qui nous rappelle bien que cette finale était aussi un jeu avant d'être un enjeu. Cette humilité, Xavi aussi l'a affichée. Pendant 90 minutes.

En soulevant le trophée le premier, Iker Casillas s'est montré tout aussi humble. Normal, dirait François Hollande. En capitaine normal, Casillas a brandi le trophée en souriant à la victoire collective, pas en méprisant l'adversaire. A le regarder, on s'est alors souvenu de Vicente Del Bosque qui lui avait fait intégrer l'équipe première alors qu'il n'était pas majeur et que, pour cette raison, il venait aux entraînements à vélo qu'il déposait à côté des bagnoles de luxe de ses co-équipiers plus âgés. Et quand Casillas a été en âge de conduire, il s'est acheté une R19. Grise. En se rappelant cela quand il a soulevé le trophée, on s'est demandé si ce n'était pas cela qu'on appelait la beauté du geste.


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  • Message posté par bazkisrie le 04/07/2012 à 15:04
     

    un brin magique, du jeu de la vitesse et de l'intelligence, le "futbol" quoi.


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