Le Bonheur, par JP Sorin

Le Bonheur, par JP Sorin
27/11/2011

A l'occasion du classique OM/PSG, Juan Pablo Sorin inaugure son blog sur le dotcom de SoFoot. Au menu aujourd'hui, son départ forcé du PSG. En cause: ses relations avec Vahid.

Après plusieurs années d’absence c’est avec un grand plaisir que je retrouve amis, supporters et amoureux du football français. Depuis la chaleur du Brésil, avec le céleste et blanc de l’Argentine agrafé au cœur et après avoir passé 15 années à parcourir le monde pour vivre et respirer le football de 6 championnats différents, je profite de l’occasion pour vous remercier de l’affection que vous m’avez toujours manifestée durant mon passage en France. Ensemble, nous allons désormais partager émotions, anecdotes, confessions... Bref, des moments de bonheur intense mais aussi de profondes tristesses. Je vous raconterai ce qu’il se passe, ici, en Amérique du Sud en espérant avec impatience vos commentaires.

Durant la saison 2003/2004 j’ai été prêté au PSG. Ce fut pour moi 10 mois de vie parisienne, de bohème, d’amitiés sincères et de bon temps. Ce furent aussi 30 matchs disputés avec le maillot parisien sans connaître une seule fois le goût amer de la défaite. Et puis, ce fut un titre : une coupe de France. Un trophée remporté après avoir éliminé l’Olympique de Marseille lors du Clasico… Grâce à un but marqué par mes soins, de la tête, lors du temps réglementaire au Stade Vélodrome. Un moment inoubliable ! Cette saison nous avions fini vice-champion de France, juste derrière l’heptacampeon Lyon.

A Paris on m’a donné le surnom de « Bonheur » parce que j’étais une sorte de talisman pour l’équipe. J’ai été invaincu. Le fait de ne pas connaître la défaite avec un maillot de football sur le dos c’est une sensation unique que je n’ai pu expérimenter qu’une seule fois dans ma vie. A l’époque les supporters du PSG avaient même inventé une jolie chanson pour me rendre hommage et à ma grande surprise j’ai aussi été élu comme l’un des 40 joueurs les plus importants de l’histoire du club... Alors que je n’y ai passé que 10 mois! Néanmoins, -et malgré le fait que le prix de mon transfert n’était pas excessif-, j’ai dû quitter le PSG. Contre ma volonté. Mais aussi contre la volonté des supporters du club qui m’avaient montré leur soutien en manifestant leur colère. J’ai fait mes valises, en laissant derrière moi une ville merveilleuse et l’une de mes maisons préférées: le Parc Des Princes. Sept ans après, je vous raconte aujourd’hui pourquoi…

Personalidad, liderazgo...au revoir!

Monaco est une ville aristocratique et son stade est plutôt glacial. C’est là que j’ai eu une discussion importante avec mon entraîneur (Vahid Halilhodžić, ndlr) de l’époque. Une conversation, qui, entre autres choses, m’a coûté “l’exil” forcé. Comme on dit en Argentine...”tasa, tasa, cada uno en su casa”. Je suis parti de Paris à contre coeur. C’est le prix que j’ai payé pour ma liberté de penser, pour ne pas trahir mes valeurs et pour avoir refusé d’abandonner la sélection argentine. On jouait contre Monaco et comme d’habitude avant chaque match, le coach a pris la parole pour donner ses dernières instructions: - Ici, personne ne peut se permettre de rentrer sur le terrain pour gagner. Même le Real Madrid....

C’est là que je l’ai interrompu:

- Pardon Coach, mais le Real dispute toujours ses matchs pour les gagner. Peu importe le stade. (Je suis bien placé pour le savoir, grâce à mon passé Blaugrana) Nous sommes le PSG et nous pouvons gagner le match mais...certainement pas en jouant la défense!

La tension a flotté dans l’air pendant encore quelques minutes. Puis nous sommes finalement rentrés sur la pelouse… Pour y suivre les directives du coach: jouer en spéculant. Au final, match nul. 1-1. Nous avons fini deuxièmes du championnat après avoir gagné contre Lyon lors de la dernière journée. La qualification directe pour la Ligue des Champions était ainsi assurée. Le coach fêtait et triomphant il bougeait ses bras partout comme un moulin alors que de mon coté j’essayais de retenir les larmes de mes yeux injectés de sang…

Dans le vestiaire:

- Qu’est-ce qui se passe? Tu n’es pas content?

- Vous savez très bien ce qui se passe, je lui ai répondu. Vous vous rappelez du match de Monaco? Si on avait gagné ce jour là nous serions aujourd’hui en train de fêter un titre de champion...Vous comprenez ce que c’est? Champions...

Finalement, je suis parti de Paris, où je reviens souvent pour sa magie, et où j’ai laissé de grandes relations affectives. A l’époque, je n’avais même pas pu négocier la moindre ligne d’un contrat. La dernière fois que j’ai parlé au coach, je me rappelle qu’il m’avait “suggéré” de jouer la moitié des matchs de la sélection argentine si je voulais rester. Logiquement, j’ai refusé… Résultat: je suis retourné deux mois au Cruzeiro en 2004, avant d’être transféré à Villarreal. Là-bas, moi et mes compagnons avons réalisé une saison fantastique en nous qualifiant notamment pour une demi-finale de Ligue des Champions…

On se retrouve la prochaine fois pour parler du Clasico.

A très vite. D’ici là je vous souhaite d’avoir plein d’énergie positive.

Abrazo,

JP

Seuls les 10 derniers commentaires sont affichés  Voir tous les commentaires (15)
 
  • Superpoy
    27/11/2011 à 16:09
    + -
     
    Cette mentalité défensive de -----. Dire que Vahid était un buteur qui plantait plus de 30 buts par saison. Jamais été convaincu par son approche du "jeu". Un terme inapproprié pour lui.

    Juampi, tu as été grand. River, Paris, merci.
  • Superpoy
    27/11/2011 à 16:11
    + -
     
    Ah oui ce match de 2006. Je l'ai toujours dans mon ordinateur il me semble. L'action du but de Crespo était magnifique. Dans le système il y avait plusieurs joueurs au travail tactique et au sacrifice incroyables: Sorin, Cambiasso, Mascherano, Saviola, Maxi. Et bon Pekerman je suis un vrai fan.
  • esteban84
    27/11/2011 à 18:45
    + -
     
    Sorin, tu es un grand! Merci d'avoir joue a Paris! Sos grande y nunca te olvidaremos! On attend plus d'articles de Juanpi!
  • alex59300
    27/11/2011 à 23:42
    + -
     
    @ Bukowski 75 C'était contre la Serbie. Au mondial 2006 si mes souvenirs sont bons L'Argentine était dans ce qui avait été désigné "groupe de la mort" avec les Pays-Bas, la Côte d'Ivoire et la Serbie. La République Tchèque était avec l'Italie, les Etats-Unis et le Ghana je crois.
  • gastongaudio
    28/11/2011 à 19:05
    + -
     
    au lendemain d'un match triste à mourir que l'on nous vend encore comme un "classico" quel plaisir de te lire, Juanpi. Plaisir aussi de t'avoir vu évoluer sous le maillot parisien, avec cette tête plongeante victorieuse du vélodrome toujours gravée dans ma mémoire. ta Grinta et ta technique auront fait de toi un latéral hors pair. un seul regret, celui de ne t'avoir pas vu remporter cette coupe de monde 2006 avec une des plus belles équipe Albiceleste que l'on ait connu.
  • gastongaudio
    28/11/2011 à 19:07
    + -
     
    au lendemain d'un match triste à mourir que l'on nous vend encore comme un "classico" quel plaisir de te lire, Juanpi. Plaisir aussi de t'avoir vu évoluer sous le maillot parisien, avec cette tête plongeante victorieuse du vélodrome toujours gravée dans ma mémoire. ta Grinta et ta technique auront fait de toi un latéral hors pair. un seul regret, celui de ne t'avoir pas vu remporter cette coupe de monde 2006 avec une des plus belles équipe Albiceleste que l'on ait connu.
  • invicto
    28/11/2011 à 23:28
    + -
     
    Che, que bueno poder charlar --- uno que sabe de futbol!!
    Fan del Paris, no estuve residiendo en la capital donde naci durante tu periodo allà pero en España donde vivia pude seguir lo del Villareal y esa aventura fue buenisima, que paso? Perdieron por el famoso penal de Roman verdad?

    Ahora estaria bueno saber que piensa de los 3 "argentos" que estan en la ligue1 ?

    un saludo.
  • rudao
    29/11/2011 à 19:02
    + -
     
    Juan Pablo "Juampi" Sorin,ou le meilleur joueurs argentin du PSG depuis bien longtemps...oui oui,en comptant Pastore dans le lot...
  • Multicharette
    04/12/2011 à 19:26
    + -
     
    Juampi, mille merci.
    Avoir te tes nouvelles me touche vraiment.
    Comme toi cette saison etait ma premiere dans les gradins du parc.
    Comme toi les hasards de la vie m'ont rapidement entraines ailleurs.
    Comme toi le psg reste dans mo coeur (et pas specialement Vahid)
    Ta rage de vaincre m'habite encore et probablement pour toujours.
    Hasta pronto amigo!
  • HISTOPSG
    01/02 à 15:12
    + -
     
    Juanpi, tu as mouillé le maillot comme peu de joueurs savent le faire, tu as été l'un des meilleurs et tu resteras parmi les meilleurs que du PSG.
    Avec toi, c'était " HASTA LA VICTORIA, SIEMPRE" car ne pas perdre, c'est gagner.
    Respecto y Amor Sr. Sorin