Juan Pablo Sorin

27/06/2012

Pendant que le Roi David entrait dans l’histoire du football argentin comme l’homme qui redonnait à River “sa Maison”, à savoir l’Elite, la France s’écroulait sans leader, sans pouvoir offensif et de manière soumise et obéissante face à l’Espagne. Une équipe qui, pourtant, n’avait jamais battu les Bleus en compétitions internationales.

La nervosité du Monumental était similaire à la tension palpable en Ukraine. D’un coté, il y avait en jeu un possible retour du géant, River, après la pire année de sa vie; celle de la tragédie footballistique d’être tombée en deuxième division. Un drame, une angoisse et une tristesse qui pouvaient enfin être digérées avec le retour des dimanches de premières divisions.

De l’autre coté de la planète, il y avait l’incertitude de savoir si la France pouvait redevenir grande, après des années de déceptions et de scandales publiques. Savoir si elle pouvait de nouveau se sentir puissante pour battre la favorite de tout, la Furia de Xavi, Iniesta et compagnie. Entre l’époque nostalgique des Platini, Tigana, de la garra de Fernandez ou des montées d’Amoros et les doutes actuels, la France allait-elle pouvoir jouer comme en 2000? Confiante, protagoniste, écrasante? Sûre de son football zidanesque, comme du temps des Henry, Lizarazu et Vieira pour n’en citer que quelques-uns? Ou au contraire, la France allait-elle succomber au toque assommant des espagnols et succomber à la fois à leur verticalité et à leur classe?

La première mi-temps de River fut horrible. Trezeguet manqua une occasion de but qui fleurait bon la malédiction de la B. Nerveux et imprécis, les joueurs de River inquiétèrent leurs supporters. Cavenaghi blessé, laissa sa place à la fraicheur, la puissance et à l’insouciante jeunesse rêveuse de Funes Mori. Lucas Ocampos apporta la même chose que son jeune acolyte, déséquilibrant un coté gauche qui était resté éteint jusqu’alors. La première mi-temps de la France fut timide et jouée sans personnalité. Surprotectrice et peureuse, elle donna l’impression de trop respecter l’Espagne; de rendre les armes sans combattre.

A l’encontre d’un adieu commode au football, David corrigea sa technique en mouvement et avec une précision destructrice, laissant un golazo dans la rétine des supporters Millonarios. Une volée du gauche, qu’il aurait fêtée en faisant le tour du monde s’il avait pu avec un coeur battant de rouge passion. Ainsi commença à se démêler une novela dans laquelle se jouait simultanément un accès direct et le barrage dans quatre stades*.

Pendant ce temps-là en Europe, la France tentait de réagir avec Nasri et Menez. Elle avait besoin de Ribery, besoin de revenir aux origines de sa belle légende d’équipe offensive qu’elle avait récupérée en partie lors de la phase de poule du tournoi. Mais Blanc tenta de protéger les cotés, et ce fut exactement par là qu’une Espagne sans 9, blessa la France mortellement. Juste dans le dos de Debuchy. Juste sur le coté de Reveillère, auteur de la faute provoquant le pénalty. « Je ne regrette rien » ? Mmmmmm...Un Xabi Alonso énorme et un Alba volant furent les hommes clés pour des hispaniques sans gaz mais solides et convaincus de leur style.

River marqua un but qui aurait du être annulé pour hors-jeu et comme si ce n’était pas suffisant, on lui accorda également un pénalty inexistant. Des privilèges réservés uniquement aux grands. Chori Dominguez (il avait déjà raté un pénalty la semaine antérieure, prolongeant ainsi l’attente) et Cavenaghi n’étaient pas là. Trezeguet prît ses responsabilités. Comme Pavone dans cette inconsolable après-midi de la relégation, il rata son tir au but. David frappa mal: dans les mains du gardien Monasterio. C’était inconcevable. Il faut avoir le cœur bien accroché pour être fan de River.

Néanmoins, alors qu’il restait 5 minutes, Funes Mori(le chouchou de Passarella) s’inventa une nouvelle fois une action picaresque pour servir de nouveau le goleador revenu spécialement en Argentine pour la Résurrection Riverplatense. Le Roi David, Trezegol…but crié… but embrassé… but digne d’un film…but qui parcouru l’Argentine toute entière et un Monumental en délire. Une marée humaine soulagea à ce moment-là ses peines après une année interminable. Les larmes des supporters se mélangèrent à celles d’Almeyda, de Ponzio, de Cavenaghi. Les larmes qui un an plutôt étaient celles de la désolation se transformèrent en larmes de soulagement, d’émotion, d’honneur blessé respirant de nouveau. Des larmes synonymes de retour en première division.

Un Français, champion du Monde et d’Europe, pleurait et riait d’émotions à Buenos Aires. Le même jour où sa sélection était éliminée, son cœur explosait de joie et ses cris “d’enfant” riverplatense vibrait. Le seul Français heureux était loin de l’Ukraine mais très proche de la gloire. Comme ce fut le cas pendant presque toute sa carrière.

Félicitations à toute l’équipe de River pour leur retour en première division et notamment à Matias Almeyda pour son premier championnat comme entraineur. J’espère que la France sera plus forte en 2014. Elle a du potentiel à revendre!

Et pour vous: Qui va gagner l’Euro?
Quel est le meilleur joueur de la compétition selon vous?
J’attends vos commentaires ici- même ou sur mon twitter: @jpsorin6

En attendant de vous lire,

Energia positiva
Abs

Ici les buts et la célébration à Nuñez:



*En deuxième division argentine, deux équipes sont promues directement dans l’élite. Les troisième et quatrième du classement jouent un match de barrage contre deux équipes de première division. Lors de la dernière journée le classement était le suivant: River 70 pts. Instituto 70pts. Rosario Central 69 pts. Quilmes 69...Il ne fallait pas être cardiaque!


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2 réactions ;
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  • Message posté par Matt78400 le 27/06/2012 à 06:57
      Note : 1 

    Un 2ème français était heureux, moi, car la remontée de River, signifie que la saison prochaine je vais enfin pouvoir revivre le superclasico !
    Cette saison le championnat n'avait pas la même saveur sans River, heureusement que les joutes en Libertadores était de retour pour la première fois depuis un moment ...

  • Message posté par aleKsson le 28/06/2012 à 00:04
      

    Quel joueur, quelle passion, quel foot !!!


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