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Rédacteur sur sofoot.com depuis au moins trente articles, les équipes de football préférées de Jean-Francois BORNE sont celles par qui les scandales arrivent. Pour lui les supporters sont essentiels au football et l’abandon d’un sport aux droits télévisés relève de l’hérésie. Rien que ça.

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On va t’expulser m’a dit Kafka !

6 avril 2009 à 12:43 On va t’expulser m’a dit Kafka !

Après avoir uriné sur la tête de la statue funéraire de l’ancien président du Mexique Benito Juarez (1806 – 1872), un écrivain se trouve arrêté par la police de la ville de Moctezuma. Contraint à disputer un match de football en compagnie de ceux qui l’ont arrêté, le héros va devoir lutter en compagnie de partenaires jouant avec des maillots floqués de noms d’écrivains comme Tolstoï, Kafka, Tchekhov, Ben Okri, Kawabata... Le salut viendra d’une soirée littéraire au cours de laquelle l’organisateur (un écrivain désormais capable de n’écrire que des résumés de rencontres de football) rendra au héros sa liberté contre l’histoire de sa cruelle mésaventure.

C’est le cadre de la dernière nouvelle de Juan Villoro présentée lors du dernier salon du livre à Paris dans l’ouvrage collectif : « nouvelles du Mexique ». Connu et reconnu dans son pays pour ses écrits touchant au rock, au football et au cinéma, Juan Villoro creuse à sa façon le sillon de la culpabilité pour évoquer son pays. En l’occurrence, c’est celle d’un mauvais mari qui ne tient plus qu’avec sa dose quotidienne de cigarettes et de coke et qui va devoir affronter une partie de football au cours de laquelle il jouera arrière droit parce qu’il fume trop, et que « le dribble est une habileté prolétarienne qu’il ignore ». Arrière droit de circonstance pour ce joueur de derrière la télévision dont le football lui aura procuré la seule blessure de vie : un mauvais coup de pied sous le coup de la colère dans le frigo un soir de défaite. Il se fera expulser pour une faute grossière, marquera contre son camp d’un tir exceptionnel. Avant cela, il aura affronté la bêtise d’un Tchekhov, milieu d’opérette, plus au centre du terrain pour prodiguer ses conseils que les appliquer, donnant des ordres comme s’il était Johan Cruyff en personne. On aura ri du dérisoire de cette partie de football censée attirer l’attention de policiers à la littérature par le simple port de maillots marqués de noms d’écrivains. On aura repris le thème de la nouvelle sans en trouver la voix de l’auteur, rien que pour inciter à la lire.

Comme le rappelle Juan Villoro : « le football est un état d’âme ». On a envie de le croire.

Jean-François BORNE

Juan Villoro – Je suis Fontanarrosa in : nouvelles du Mexique, Magellan et Cie courrier international.

Site consacré à l’auteur (en espagnol uniquement) :

http://www.sololiteratura.com/vill/villoroobras.htm






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