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Rédacteur sur sofoot.com depuis au moins trente articles, les équipes de football préférées de Jean-Francois BORNE sont celles par qui les scandales arrivent. Pour lui les supporters sont essentiels au football et l’abandon d’un sport aux droits télévisés relève de l’hérésie. Rien que ça.

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Le crépuscule des droits télévisuels ou comment vendre la Ligue 1 à coups de marteau

3 décembre 2007 à 14:50 Le crépuscule des droits télévisuels ou comment vendre la Ligue 1 à coups de marteau

Le récent lancement de l’appel d’offres des droits audiovisuels de la Ligue 1 pour l’attribution de la retransmission des rencontres de l’élite professionnelle française aura eu le mérite, outre l’enjeu économique qu’il annonce, de nous renvoyer aux relations entre le football et la télévision, et de démontrer que la télévision n’est pas morte.

On le sait, la LFP a décidé de mettre aux enchères le 30 novembre 2007 plusieurs lots audiovisuels pour les prochaines saisons : 2008/2009 à 2011/2012. Ainsi, l’appel à la concurrence pour retransmettre la Ligue 1 concerne désormais douze lots au lieu de quatre lots comme lors du précédent appel d’offres (pour mémoire la formule actuelle comprend le lot 1 : match décalé du dimanche soit ; lot 2 : les rencontres décalées du samedi à 17 heures et du dimanche à 18 heures ; lot 3 : magazine du samedi jour de foot ; lot 4 : le pay per view).

Désormais, il y aura donc douze lots distincts et une réorganisation de la journée de Ligue 1 comprenant six matchs, ou cinq dans certains cas, le samedi à 19 heures. Un prime time le samedi à 21 heures. Deux matchs le dimanche, ou trois dans certains cas, à 15 heures, et un prime time le soir à 21 heures. Les meilleurs lots étant les lots dits premium relatifs aux grands matchs du samedi soir, du dimanche soir ainsi que les dix plus belles affiches de la Ligue 1.

A côté de la traditionnelle diffusion télévisée payante détenue par Canal Plus se confirme l’émergence de la diffusion du football par le biais de la téléphonie mobile ou les réseaux téléphoniques à haut débit. Le phénomène n’est pas nouveau. L’Allemagne ou l’Angleterre n’ignorent pas la question.

Concrétisation de la révolution numérique engagée ces dernières années, cette nouvelle donne technologique nous force à réfléchir sur l’avenir de la diffusion du football.

Le progrès technologique avait fait exploser le monde de la radio au début des années quatre-vingt. La révolution numérique audiovisuelle entraînera un nouveau séisme qui mérite que l’on se pose la question du : comment regarder le football, et du : pourquoi investir autant d’argent dans les droits de retransmission ?

Les années qui s’annoncent seront celles de la généralisation des moyens de diffusions multiples d’un même évènement (chaînes à péages type Canal Plus, téléphonie mobile, réseaux filaires ADSL, réseaux constitués à base de fibre optique).

La simplicité n’est pas la règle en matière de diffusion sportive. Si la LFP a indiqué qu’elle produira par principe, directement ou indirectement, les images de la Ligue 1 pour les quatre années à venir, puis commercialisera son produit aux opérateurs exploitant les différents canaux de diffusion, c’est un système plus complexe qui s’offre à notre regard. A ce principe de production directe par la LFP, s’offre à notre regard une dérogation majeure que sont les lots dits premium relatifs aux grands matchs du samedi soir, du dimanche soir ainsi que les dix plus belles affiches de la Ligue 1. On pourrait même qualifier ces lots de lots Canal Plus outre le magazine des résumés des matchs du samedi soir.

Par ailleurs, la règle de production exclusive par la LFP n’empêchera pas le chacun pour soi. La multiplication des box des opérateurs de téléphonie fixe nous le confirme.

Il est d’ailleurs presque certain que le diffuseur historique des matchs de la Ligue 1 française continuera à produire les images des rencontres premium, comme l’y autorise la LFP, concrétisant la maîtrise éditoriale du contenu à laquelle peut désormais légitimement s’opposer le monde de la téléphonie mobile, également éditeur de contenus, mais plus proche de son public, car en rapport direct et immédiat avec son client.

Bien que marginal, le fameux quatrième médium qu’est la téléphonie mobile, après la presse, la radio et la télévision, nous place comme spectateur privilégié à l’intérieur d’un espace virtuel.

La nouvelle pensée des opérateurs de téléphonie, que celle-ci soit fixe ou mobile, est frappante et anglo-saxonne : « content everywhere » ; « entertainment everywhere » (formule utilisée par un représentant de France Telecom lors du 17ème symposium international – sport et télévision : la fin du face à face – Sportel 2006).

Le leitmotiv ? Individualiser le plus possible l’offre, permettre à un supporter, à un passionné, de s’offrir une consommation du football selon son désir, où il veut, quand il le veut et comme il le veut. Bref, faire du consommateur, on dépasse ici la notion de téléspectateur, un supporter qui est partout à la fois et au moment où cela lui convient. Et il est évident que seule la téléphonie mobile le peut car son caractère nomade la rend adaptable à cette nouvelle forme de consommation à la demande.

L’éclatement des moyens de diffusion d’un même évènement ne fait que renforcer les détenteurs des droits sur un évènement sportif. La bataille juridique, financière, médiatique autour des droits de la Ligue 1 française est caractéristique de ce nouvel élan qui donne le vertige. Vertige amplifié par le principe des meilleures enchères. Notre coup de marteau.

Détenir les droits c’est garder le pouvoir. La LFP le sait puisqu’elle annonce que si Canal Plus perdait les droits de la Ligue 1, ce sont un million cinq cents mille abonnés qui quitteraient la chaîne (Footpro magazine n°32 – novembre 2007). Bien évidemment, on est moins pessimiste du côté de Canal Plus qui estimerait la perte de l’exclusivité au retrait de moins de cinq cent mille abonnés.

Pour autant, l’éclatement du public à travers les moyens multiples de diffusion n’est pas une fatalité pour les chaînes de télévision, et encore moins pour le public le plus modeste, qui n’a pas les moyens de suivre l’explosion de l’offre. Les chaînes de télévision démultiplient depuis plusieurs années leur offre grâce à des réseaux de chaînes afin de répondre à la règle selon laquelle c’est l’offre qui crée la demande.

France Télévision, le groupe M6 (M6, W9, Paris Première, Téva), la société Canal Plus (Canal Plus, Canal Plus sport, Sport +, info sport) détiennent à elles seules plusieurs chaînes. Ces mêmes sociétés ont également investi le monde de l’internet et proposent des services de vidéo à la demande. M6, pour ne citer qu’elle, est par exemple très fière de son entrée dans le monde du football, rendue possible grâce à la diffusion de certains matchs de la coupe UEFA, ou de certains matchs de la coupe du monde de la FIFA 2006, sans parler du prochain Euro 2008 (avec TF1 bien entendu).

A l’éclatement de l’audience consécutive à la multiplication des canaux de diffusion répond une multiplication de chaînes thématiques censées être regardées par un public spécifique.

Mais surtout, l’avantage concurrentiel des chaînes de télévision repose sur leur force financière, qui se concrétise par les partenariats avec les diffuseurs mineurs, et le traitement de l’information.

Les nouveaux opérateurs (nous pensons aux sociétés de téléphonie mobile) ne sont pas, en l’état, assez puissants pour exploiter des droits audiovisuels coûteux. Les lots dits de vidéo à la demande ou de « pay-per-view » (paiement à la séance), auxquels un opérateur (France Telecom-Orange) avait postulé en 2004, avaient fait l’objet d’un accord de partenariat avec Canal Plus pour la diffusion aux abonnés du réseau télécom ADSL de la chaîne Foot +.

Par ailleurs, les chaînes de télévision garderont la main mise sur la production des plus belles rencontres afin d’y imprimer leur marque.

La capacité financière des chaînes de télévision risque donc de demeurer leur atout pour encore quelque temps face aux réseaux utilisant la technologie ADSL, la fibre optique ou le mobile. Toutefois, les chaînes de télévision privées sont dans le même temps soumises à la pression de leurs actionnaires, qui exigent désormais des impératifs de rentabilité. Une coupe sombre dans les budgets des droits sportifs pourrait leur permettre d’atteindre une meilleure rentabilité.

Enfin, c’est la bataille du direct qui tranchera peut-être le débat.

La compétition pour l’obtention des droits de la Ligue 1 s’annonce passionnante. Elle pourrait satisfaire beaucoup d’opérateurs et voir apparaître des retransmissions à deux vitesses. Les lots dits premium d’un côté, relatifs aux grands matchs du samedi soir, du dimanche soir ainsi que les dix plus belles affiches de la Ligue 1, le magazine du samedi soir, et d’autre part, le tout venant de la Ligue 1, les matchs du samedi à 19 heures ou ceux du dimanche à 15 heures. Du sur mesure pour les chaînes ? Il est trop tôt pour le dire mais on distingue déjà les lots que l’on qualifierait Canal Plus et les autres lots. La LFP a déjà anticipé la question en scindant son appel d’offres en une remise d’offres qualitatives (le 22 janvier 2008), puis les offres financières le 31 janvier 2008.

Le téléphone était inventé en 1876 par Graham Bell. En 1881, Clément Ader proposait le théâtrophone qui permettait de diffuser des concerts ou des pièces de théâtre, captés à l’Opéra, à l’Opéra-Comique ou au Théâtre-Français. En 1889 Jules Verne évoquait dans sa nouvelle : La Journée d’un journaliste américain en 2889 un appareil désigné sous le nom de téléphote (ancêtre fantasmé du système de visioconférence).

Dans quelques semaines, les opérateurs de téléphonie remporteront peut-être quelques lots audiovisuels pour commercialiser la Ligue 1 sur des réseaux de téléphonie mobile ou ADSL. Cent trente années après son invention, le téléphone, devenu mobile, aura enfin réussi à rejoindre la télévision en matière de diffusion sportive. Le meilleur lui échappera certainement…

Jean-François BORNE






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» Le crépuscule des droits télévisuels ou comment vendre la Ligue 1 à coups de marteau · 16 février 2008 09:29

Bien sûr qu’ils ont une chaîne, Orange TV...

 Franck ANNESE   

» Le crépuscule des droits télévisuels ou comment vendre la Ligue 1 à coups de marteau · 24 janvier 2008 09:39

Bonjour, Cherchant désespéramment des informations (pas celles de L’Equipe...) sur l’appel d’offres des droits de la L1, je suis tombé sur votre site internet. C’est très intéressant, mais je n’ai toujours pas trouvé ce que je cherche : Sur quelle chaîne Orange pourrait elle diffuser le Lot 1 (c’est un opérateur ADSL mais sans chaine ?). Je suis certain que vous devez savoir. Merci Richard

 Richard