F.A.P la rage !
5 juillet 2008 à 16:07Aussi vrai que les enfants nés sans avoir vécu peuvent être déclarés à l’officier d’état civil, l’association Football Avenir Professionnel a été déclarée le 26 novembre 2007 à la préfecture de la région île de France (n° d’annonce 1703, Journal Officiel Associations portant mention du 29 décembre 2007) sans que l’on sache si elle vivra. Car c’est bien une association morte née qui s’offre au monde du football.
Si l’on s’en tient aux termes de la déclaration effectuée à la préfecture de police de Paris, l’objet de la F.A.P (notons ici que l’acronyme a pour but d’adoucir les buts ultimes) est de : « défendre les droits ainsi que les intérêts matériels et moraux de clubs membres, clubs de football professionnel dont l’équipe première participe au championnat de France de football de Ligue 1, représenter ses clubs membres au sein de tout organisme, national ou international, ayant pour objet notamment l’organisation, la promotion et le développement du sport professionnel et du football en particulier ».
Constituée dans la tourmente de la négociation des droits audiovisuels relatifs aux matchs de Ligue 1 pour la période 2008/2012, la F.A.P est l’œuvre de Jean-Michel AULAS, président désigné, qui estimait que cette association devait valoriser les clubs de Ligue 1. Constituée de huit membres : OL, ASM, Girondins de Bordeaux, LOSC, O.M, P.S.G, Racing Club de Lens, Toulouse FC, la FAP naissait sur les fonds baptismaux de la discorde, Pape Diouf indiquant que l’OM n’en faisait pas partie, dénonçant dans la presse écrite l’« usurpation » et autres « manœuvres » du patron de l’OL.
L’affaire pouvait en rester là.
Le 15 janvier 2008 la F.I.F.A, l’U.E.F.A et certains grands clubs européens (Real Madrid FC, FC Barcelone, AC Milan, Juventus FC, Olympique Lyonnais, Rangers FC, Manchester United FC, Chelsea FC, FC Bayern Munich, FC Porto, AFC Ajax, Olympiacos FC, RSC Anderlecht, Birkirkara FC, NK Dinamo Zagreb, FC K) signaient une déclaration d’intention afin de gérer les relations entre les clubs et les instances internationales. Concrètement, il s’agissait de gérer la fin du groupe de pression dit G-14 ou encore « the voice of the clubs », et de constituer l’Association Européenne des Clubs afin de régler avec les clubs la question de la rémunération des joueurs qui participent aux Championnats d’Europe et à la Coupe du Monde dans le cadre de leurs sélections nationales, et qui le reste de l’année sont des salariés.
Le 21 janvier 2008 l’U.E.F.A signait un protocole d’entente avec une nouvelle instance à mettre en place : l’« association européenne des clubs » (ECA).
Désormais l’E.C.A (encore un acronyme) serait la seule instance représentant les clubs au niveau européen. Prévue pour accueillir cent trois membres selon une liste à établir et une mise à jour tous les deux ans, chaque pays membre de l’U.E.F.A se voyant attribuer un nombre de clubs représentatifs en fonction de l’indice U.E.F.A (par exemple : les associations nationales les mieux classées ayant droit de présenter cinq club, les trois suivantes quatre clubs, etc…).
D’ores et déjà, l’U.E.F.A annonçait qu’elle redistribuerait aux clubs ayant des joueurs dans les sélections nationales la somme de 43,5 millions d’Euros dans le cadre de l’Euro 2008, soit des rétributions par joueur de club disputant l’EURO et par jour d’environ 4 000 Euros.
Si l’on revient à la situation française, les droits audiovisuels ont été attribués pour quatre ans par la L.F.P aux sociétés Canal Plus et Orange.
Les clubs européens seront à l’avenir défendus dans le cadre du groupe de pression baptisé E.C.A.
On attend donc avec impatience de savoir ce que deviendra la F.A.P. Nul doute qu’il sera glorieux.
Dernier détail : l’association a été déclarée à l’adresse du 24, rue du Commandant Guilbaud dans le 16ème arrondissement de Paris, adresse du siège du PSG (source wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris_Saint-Germain_Football_Club). On souhaite d’autant plus bonne chance à la F.A.P… Elle a la rage…
Jean-François BORNE