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Rédacteur sur sofoot.com depuis au moins trente articles, les équipes de football préférées de Jean-Francois BORNE sont celles par qui les scandales arrivent. Pour lui les supporters sont essentiels au football et l’abandon d’un sport aux droits télévisés relève de l’hérésie. Rien que ça.

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Et si c’était vrai

23 février 2009 à 17:15 Et si c’était vrai

Il est parfois des histoires extraordinaires, à la véracité toujours incertaine, au sérieux plus qu’aléatoire, à la croyance chez ceux à qui elles sont destinées comme liée à de la folie, à un fort taux d’alcoolémie. Bref, il est des histoires dont la crédibilité est proche de zéro comme celles dont on découvre les révélations dans les scoops de la presse « pipole ». Celle qui va suivre n’échappera pas à la règle. Elle met en scène un ancien gardien de but né le 4 décembre 1953 à Lebbeke, soulier d’or belge en 1978, héros de la coupe du monde 1986 avec la sélection nationale, doublure lumière de Robert-Louis Dreyfus. Elle convoque une humoriste française née le 8 juillet 1957 à Lyon, ex pensionnaire du théâtre de Bouvard dans les années quatre-vingt, et surtout connue pour avoir joué d’un nanisme décomplexé (Mimie Mathy). Elle croise la route d’un autre gardien de but né le 20 septembre 1983 à Marseille, vainqueur avec Sochaux de la Coupe de France en 2007. Elle naît dans l’imagination fertile d’un groupuscule belge chargé de libérer comme dans d’autres pays d’Europe les nains de jardin.

Tout débute lors du réveillon de la Saint Sylvestre du 31 décembre 1982. Jean-Marie Pfaff a vingt-neuf ans. Il ne sait pas encore que sa carrière professionnelle se terminera en mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix. Ce soir là, Mimie Mathy a vingt-cinq ans, et est tout à son bonheur de la découverte d’un talent qu’elle croit universel : faire rire. La Coupe du Monde 1982 s’est achevée par des bonheurs mitigés pour Jean-Marie. Son équipe a terminé première de son groupe qualificatif avec cinq points devant l’Argentine (quatre points), la Hongrie (trois points) et le Salvador (zéro point).

Le tour suivant sera catastrophique. Battue par la Pologne le 28 juin 1982 qui s’offre le luxe de marquer trois buts, défaite le 1er juillet suivant au Nou Camp par l’Union Soviétique par le plus petit écart (un but à zéro), la Belgique quitte la compétition avec un goût d’inachevé. C’est ce que ce dit Jean-Marie alors qu’il termine sa huitième coupe de champagne. Il ne sait pas encore qu’il sera désigné meilleur gardien au monde en 1987 devant Rinat Dasaev et Walter Zenga par l’« International Federation of Football History & Statitics ».

Au milieu de cette nuit qui marquerait le passage à l’an mille-neuf-cent-quatre-vingt-trois, Jean-Marie Pfaff rêvait de devenir le Saladin des cages de l’équipe nationale de Belgique afin de reconquérir, par ses parades, l’honneur du peuple belge. C’est dire s’il avait bu ce fameux soir. Les rêves de gloire flottaient dans l’air trop lourd des couloirs embrumés du siège français d’une station de radio périphérique luxembourgeoise.

La soirée était somptueuse. Nul ne se doutait qu’une réconciliation franco-belge interviendrait au cœur de la nuit sur le tapis du football et de l’humour. Alors que la foule s’apprêtait à faire le décompte des douze coups de minuit, dans la transe des promesses de l’aube, hurlant à l’approche du zéro, signe du passage à la nouvelle année, un picotement vint atteindre le fessier du portier belge. Jean-Marie Pfaff se retourna, ne vit rien, puis constata en baissant la tête que ce qu’il croyait être une pique dans sa fesse n’était que le geste de désespoir d’une femme ballotée par une foule en liesse. Tel un King-Kong cinématographique, un personnage démesurément grand dans un James Bond des seventies, Jean-Marie Pfaff se pencha pour sortir de la forêt compacte de jambes cette femme si seule, tellement perdue. Jean-Marie Pfaff prit dans ses bras celle qu’on surnommait alors comme l’égérie du salon des refusées. Sauvée d’une inévitable compression, elle s’offrit sans retenue pour le remercier, et cachant ensuite sa grossesse aux yeux du monde donna la vie à un petit Jérémy le 20 septembre 1983. Ce dernier fut ensuite confié à une famille d’accueil à Marseille pour ne pas troubler le destin de nos héros du sport et de l’humour.

Depuis, chaque année, résonnent encore les tremblements de cette terrible union jusque dans les tréfonds de la cannebière à Marseille. Les abominables combattants du front de libération des nains de jardins, section belge, répètent alors leurs goûts douteux pour leur quête de tragiques ressemblances entre Jean-Marie Pfaff et Jérémy Gavanon, la prétendue reproduction du modèle paternel. Parfois même, dans les travées du stade Bonnal, les claquettes de Jérémy sont perçues comme des « pfafferies » même si l’on regrette souvent que, malgré son mètre-quatre-vingt, Jérémy soit le seul gardien à ne pas toucher la barre transversale en sautant.

Jean-François BORNE






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