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Abdou est né au Mans, ville connue pour ses 24 heures, ses rillettes et son club de foot formateur de talents. Il est le petit dernier d’une famille de 7 enfants. Passionné de sport expatrié en Indonésie, il vous relate la passion du foot du coté de Jakarta.

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Le 22 mars 2008 à 14:49 par ComingOnStrong dans Impossible n’est pas Irakien
Le 11 octobre 2007 à 12:42 par donadomi dans Changer d’air en Indonésie

 

Impossible n’est pas Irakien

3 août 2007 à 15:00 Impossible n’est pas Irakien

"It is at the bottom of life that we must begin, not at the top." Cette phrase prononcée par ce cher Booker T Washington, penseur noir américain du début du siècle dernier, illustre à merveille l’épopée magique de l’Irak lors de feu la coupe d’Asie 2007. Rappelons que Washington (pas le premier président des Etats-Unis) est né esclave d’un père blanc et d’une mère noire au crépuscule du 19eme siècle, puis s’est fait émanciper grâce au fameux trentième amendement, avant de devenir l’un des plus grands leaders noirs de l’Histoire avec un grand H, bref encore une histoire de résilience chère à notre Marcel Ruffo national.

Le rapport avec l’Irak ? C’est aux heures les plus sombres de son histoire, que ce pays, berceau de l’humanité, a écrit une des plus belles pages du football...mondial, allez on se lâche.

L’Irak c’est des milliers de morts par mois depuis trop longtemps, l’Irak c’est des attentats suicides tout les jours, c’est une guerre qui n’en finit pas pour des raisons que l’on ne connaît pas, entre des adversaires qui...ne savent pas pourquoi ils en sont là. L’Irak, c’est ce jeune Irakien rencontré dans le RER en sortant de l’aéroport de Roissy qui craintivement m’avait demandé s’il y avait des contrôles d’identité dans les wagons.

Il était plus jeune que moi mais il avait le visage déjà chargé d’histoire, un visage qui en disait long sur le chemin parcouru, il venait de passer clandestinement en France après un périple de plusieurs semaines, il n’avait plus de papiers, plus de passeport, plus rien, juste un t-shirt en plein hiver, un jean et quelques euros. Avec ma mère et ma sœur ils nous a raconté lentement, en douceur, avec une voix calme, la mort de tous les membres de sa famille...

Quelques heures plus tard, gare du nord, il prenait le train pour Berlin où vivait un oncle. Priant pour ne pas se faire contrôler par les douaniers, ils nous a regardés une dernière fois les yeux mouillés...On a prié nous aussi. Vive l’Europe et ses frontières gruyère, aujourd’hui notre ami est demandeur d’asile sur le sol allemand et le sol allemand c’est du solide. Séquence émotion.

Donc, on peut légitimement se demander comment dans ces conditions l’équipe nationale d’un pays au fond du gouffre a réussi à accomplir cet exploit...je sais pas, peut-être qu’ils avaient lu "Up from slavery" de Booker le tueur, mais j’y crois pas...je crois plutôt qu’il n’y a que le foot pour raconter ce genre d’histoires. Une histoire où le football redevient populaire.

Parce que l’Irak c’est ça qui les a rendu inarrêtables, c’est la souffrance de leur peuple, et du haut des tribunes à Jakarta dimanche dernier, je peux vous dire que ça se ressentait...ça sentait le souffre, ça sentait la mort, ça sentait le sang et les pleurs pour les pauvres Saoudiens qu’on rien compris au match....L’Irak sur un terrain de foot’ c’est une défense de fer, des milieux à trois poumons, des attaquants réalistes comme Pippo Inzaghi, cette petite frappe.

Bref, aucune chance pour l’Arabie Saoudite, ce pays sans âme trop habitué aux victoires, et trop habitué à humilier tout ce qui est musulman mais pas arabe, au sens aryen.

Entre pays en souffrance, on se comprend et l’Indonésie fut un hôte formidable pour cette finale et pour l’Irak. 60 000 spectateurs, 50 000 entièrement acquis à la cause des Irakiens. Les Indonésiens sont venus fièrement, avec la banane, habillés en rouge, en orange et même en jaune...aucune des couleurs des deux équipes sur le terrain mais il s’en foutent les Indos... La vie c’est les couleurs.

Et puis ils ont chanté....et puis après ils ont crié : "Arap, arap" avec cette petite voix stridente pour soutenir l’Arabie Saoudite et "Irrrak, Irrak" en roulant bien les rrrr. Et quand le coup de sifflet final a retenti, on a chanté, dansé, pleuré pas trop quand même, on a ri surtout.

Booker il avait bien raison, au fond du trou, c’est là que tout est possible et que tout commence. Ce match, dimanche soir, il avait du sens pour mon petit cœur et le football y était beau...






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» Impossible n’est pas Irakien · 22 mars 2008 14:49

Putain Bob dit l’âne,

J’t’ai retrouvé c’est beau ca !

 ComingOnStrong   

» Impossible n’est pas Irakien · 13 septembre 2007 05:44

Super blog qui risque d’être intéressant à l’avenir (quelques posts de plus ne seraient pas de refus)...

Je suis un français.. Enfin, un marocain.. Enfin, on se comprend, mais j’adore l’Indonésie, le Gamelan, la vieille pop traditionnelle Sundanaise, la langue, le pays quoi... !

Si tu connais une boîte française qui cherche du monde, fais signe !

 Yaz   

» impossible n’est pas belge non plus · 6 septembre 2007 15:53

Hola Abdou, message de Baltazar, je suis désormais installé à Bruxelles, j’ai bien eu ton message sur mon blog gol do brasil, ce qui m’a évidemment fait plaisir. Allez, raconte nous donc comment on vit France Italie de Djakarta... Je me souvient d’un France Grèce en 2004 vu d’une télé au Laos au milieu de la nuit, les mecs se tordaient de rire en buvant des Laobeer en voyant les "Falanghsets" se gaufrer sur le ballon ; c’était bien. Bien à toi Baltazar

 baltazar   

» Impossible n’est pas Irakien · 12 août 2007 17:40

Abdou, t’as eu une sacré chance d’être à cette finale. Le quart était chouette aussi, mais les Thailandais, au contrairez des indos, ont rien à foutre de rien quand ça ne les concerne pas.Le stade était vide... C’est pas méchant hein, mais c’est leur culture. Si ça touche leur communauté c’est terrible, sinon alors ça les indiffèrent.

C’est un petit morceau d’histoire que tu nous ramène là, je te souhaite bonne route et j’espère que t’en auras d’autres à nous communiquer. Saya harap kamu suka Indonesia banyap.

l’Irak méritait bien ce p’tit coup de pouce quand même...

 Bob dit l’âne