Quando Paulo vai falar
11 juillet 2006 à 08:54
L’évènement qui marqua le dimanche de la contrée caruaruense ne fut bien sûr pas le France-Italie, mais la fin de la novela "Bellissima". Pas de foot donc, à part pour quelques fous, des parieurs bien souvent : un cousin de Delei a perdu 2000 reals pour avoir trop crû en Zizou, une cousine aurait parié et elle aussi perdu sa maison, mais ça, je n’y crois pas trop.
J’ai donc tourné le dos à cette finale, dans ce bistrot quasiment déserté du quartier São Roque que seul mon pote Paulo avait décidé de squatter, pour me soutenir. Sympa, Paulo. J’avais décidé de regarder le match sur son visage, car chaque trait y dit quelque chose, des trucs pour lesquels les mots n’existent pas. Et ça, Paulo l’a compris, c’est pour cela qu’il parle si peu.
Dans sa moustache grise et ses petits yeux qui causent à la place de sa voix, je lisais chaque action. La Panenka de Zizou se traduit ainsi par un léger écarquillement des paupíères, un demi haussement d’épaules célébrait l’égalisation italienne, une lèvre de travers genre "c’est malin, tiens" punissait le coup de boule de Zidane, ce Brésilien. L’ouverture du second paquet de cigarettes Hollywood de la journée annonça le début des prolongations, et simultanément la commande d’une quatrième Skol.
Le pénalty de la victoire italienne fut même entonné, fait incroyable pour ce silencieux de Paulo, par un mot prononcé de sa bouche, hop comme ça, sans prévenir, tellement étonnant que je n’ai même pas eu le temps de comprendre ce qu’il avait dit. Mais avec le recul je pense qu’il a dit quelque chose du genre, "et merde !". Comme quoi Paulo, il ne parle jamais pour ne rien dire.
» Quand Paolo rappele Mermoz a notre bon souvenir · 17 août 2007 08:01 | |
Bob dit l’âne |
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