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Baltazar, baroudeur de talent, aime vous faire découvrir les contrées réculées et méconnues comme le fin fond du Brésil ou les ruelles de Lavau sur Loire

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Parasol, herbe fraîche et Momo pizza

26 avril 2007 à 20:30 Parasol, herbe fraîche et Momo pizza

Le mardi, c’est Momo pizza L’ancienne locataire du logement où je vis m’avait prévenu, d’un clin d’oeil complice : "Eh eh, le mardi à Lavau, c’est pizza". La fantaisie culinaire hebdomadaire à Lavau ne m’a en effet pas échappée, c’est en fin d’après-midi (pas possible de dire exactement à quelle heure, j’oublie dangereusement le temps par ici) que j’entends le groupe électrogène du camion à pizzas ronfler. Comme on irait au bistro ou à la messe, tout villageois qui se respecte passe commande chez Sylvain. J’y vais, autant que possible. S’ensuit le point sur la vie du bourg, le temps qui passe -"le temps, c’est long" dit joliment une dame sans âge- Mais le débat se résume généralement par une analyse d’une extraordinaire mauvaise foi - je suis souvent le premier à mettre le sujet sur la table - de la partie de foot trop souvent perdue le dimanche d’avant par le CS Lavausien, sorte de "on refait le match" de RTL en moins théâtral, de "journal des Canaris" sur France Bleu Loire Océan, mais en mieux, plus enlevé, disons moins dans la retenue, et d’autant plus hilarant. L’ami pizzaiolo (je n’ai pas de tréma sur mon clavier mais le pizzaiolo met des olives dans la "Al Tonne", la pizza au thon facturée 8 euros, c’est bien là l’essentiel, hein ?) est par ailleurs arrière gauche de l’équipe de football locale, où je sévis aussi.

Je l’appelle Liza, depuis un débordement rageur qui amena le-but-de-la-délivrance contre l’UMP Saint-Nazaire, lors d’un des rares succès glané hors de nos bases cette saison. Il trotte, le bougre, des témoins le voient courir très tôt le matin sur la route de Bouée. L’athlète témoigne : "Je garde la forme mais je n’ai pas le temps de m’entraîner le soir à cause des pizzas, je suis tous les soirs dans un patelin différent... Je ne touche pas le cuir comme on dit hein, alors le dimanche je vois bien que les passes de l’extérieur du pied, elles n’arrivent plus comma avant". Il jacte beaucoup, mois aussi, on rigole, c’est bien ; on sent parfois l’inquiétude du client devant ce flot de paroles, une fois la pizza sortie du four et glissée dans une boîte en carton, sourire crispé il s’imagine déjà se l’avaler goulûment dans son canapé devant "La roue de la fortune" - je constate en lisant les programmes de Ouest-France que cette émission existe toujours, c’est dingue, avec ou sans Annie Pujol, au fait ? - mais il s’en fout, Momo, il ne lâche pas le client dont les doigts tremblent de stress, "merde ma pizza va être froide" disent les doigts, et les mots de Momo qui s’abattent, implacables, et cette pizza qui prend froid, et il poursuit sans pitié : "Mon équipe pour le tournoi de sixte de Lavau du 17 juin est prête, le capitaine de Malville joue avec nous, il y aura Gilles de Saint-Etienne-de-Montluc aussi, j’ai commandé sept maillots avec le nom d’une pizza différente dans le dos, au dessus du numéro...". Je m’esquive discrètement, saluant au passage Rémi, notre jeune voisin que je devine assez rieur, et qui pour rien au monde, non rien, ne raterait le rendez-vous hebdomadaire du club lavausien des amateurs de pizza.

Gourmandise Me promenant de bon matin, je me suis senti proche d’une vache. Mentalement, je veux dire. J’assiste à ce spectacle : les forts coefficients de marée, 116, atteints ce mercredi provoquaient en effet une montée de la Loire jusqu’à l’entrée du village. J’observe une vache engluée dans un champ devenu marécage, elle aventure un mouvement, soulève péniblement le pied, donne un élan censé faciliter la levée de la deuxième patte, etc.

Mais voilà, au moment d’élancer cette seconde guibole, puis quasiment instantanément et selon toute logique, la suivante, notre ruminante renifle une touffe d’herbe humide et fraîche. Annihilant l’effort fourni, elle stoppe net son élan, et se goinfre bruyamment. Soupirant, je conclu de ce moment de vie une allégorie assez sombre des choix fondateurs de l’existence, jalousant la capacité naturelle de cette vache à abuser des bonnes choses quand la raison pousse à profiter des vents portants et de l’élan si durement acquis.

Petite annonce Nous recherchons un parasol "Orangina", parce qu’avec madame, nous en causions hier soir, on aime bien le mélange du bleu et du jaune "pulpe d’orange". La livraison a lieu au 4, rue des Roses, à Lavau-sur-Loire. Un verre de cidre au sympathique donateur, évidemment.






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