Os pistoleiros do Caruaru
27 juin 2006 à 16:31
Précision linguistique : Ici, le Ghana s’écrit Gana, cela n’a rien à voir, mais le Caruaruense s’en fout, il se demande qui va bien pouvoir jouer contre le Brésil en finale. J’ai tenté de lui faire comprendre qu’il y a des matchs entre temps, que ce n’est pas la coupe de l’America... Mais la coupe de l’America, ici... Reste que pour désigner le Ghana au Brésil, la télévision s’en charge de manière aussi folklorique que quand elle parle des Indiens d’Amazonie.
En parlant d’Indiens, je n’en dénombre pas autant que des cow-boys dans les parrages - je n’ai pas cherché comment on dit cow-boy, mon voisin me dit vaqueiros, boiadeiros... -, sûr que l’ambiance western ressentie à l’arrivée se confirme. Les saloons du coin regorgent de boissons à base de bestioles méconnues, les chapeaux de cuir surpassent en nombre les casquettes. En marchant dans la rue, madame se fait bousculer, je me retourne pour gronder, je me retrouve nez à trogne avec un cheval, surmonté d’un sherif local. Ici les tongs Ipanema sont troquées contre une espèce de bottes de cuir à étoiles, cirées contre un demi real par les gosses des quartiers pop’ de Caruaru. Ici on fait chanter les voix graves et les mots tristes lors de "repentistas" accompagnées de violão - un faux frère, c’est la guitare -, ici on regarde les vaches boire et le linge sécher. Ici les pétards sautent, ça remplace les flingues, quoique qu’il arrive aux flingues de faire leur sortie lors des règlements de compte, on les trouve aussi au tir à la carabine de la foire du coin. Et ici, dans le souffle des rues vidées de ses habitants, le match va commencé, et le western ferme la parenthèse, parce que c’est quand même un peu le Brésil.