24 juin 2007 à 22:34
Aujourd’hui c’est jour de fête à Lavau, c’est la kermesse des gamins, ils se déguisent et les grands aussi, parce que parfois les grands sont des gamins, voilà qui fait du bien. L’amicale des parents d’élèves a installé la structure gonflable, où les gosses se fendent la poire en sautant, parfois un peu trop, du coup certains sortent en chialant, le maquillage du déguisement coule sur les joues rougies par l’effort, mais voilà c’est la vie mon p’tit gars, pas grave. La musique est à fond, on l’entend dans tout le village, on danse en attendant de connaître le vainqueur du panier garni.
Et puis il y a les immanquables scènes de kermesse de fin d’après-midi : Monsieur au comptoir avec les collègues, madame est un peu agacée parce qu’il faut quand même s’occuper des minots hein, mais voilà que voulez-vous, ce n’est pas tous les jours kermesse. On cause de la vie, c’est fête oui aujourd’hui, mais les autres jours ce n’est pas toujours drôle la vie, me dit-on au comptoir, on aimerait des choses plus simples, moins fatigantes. Alors la kermesse, on dirait bien oui tous les jours, tiens.
A l’autre bout du village, c’est aussi jour de fête, à la maison du port. C’est assez différent, des gens qui écrivent des bouquins viennent causer, un autre registre que la kermesse, on y raconte des histoires de psychanalyse et de littérature autour de Robert Walser et Antonin Artaud. Cela peut paraître un peu raide à première vue mais c’est finalement bien raconté, assez drôle par moment. L’assemblée venue suivre les discussions est jolie à observer, des hochements de tête sérieux et affirmatifs accompagnent les paroles des spécialistes de la question, genre : « Oui, bien sûr nous savons tout cela »... Au fond de la salle, mon voisin Eric me rejoint et demande : « Qu’est ce qu’il se passe ici ? ». « C’est une conférence sur Antonin Artaud », il me relance, « ah oui, c’est lequel Antonin Artaud ? ». Je lui réponds : « Antonin Artaud, c’est un peu tout le monde ».
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