Du grillo au penalti, c’est toute une vie

26 septembre 2006 à 08:35 Du grillo au penalti, c’est toute une vie

le mot du jour, en portugais parce que c’est là-bas que le montage du film "gol do Brasil" a lieu, titre provisoire qui deviendra "quando Paolo vai falar", version documentaire de ce blog. Un mot du jour en quatre, chacun désigne une dose de vin Tinto dans les tavernes locales : le "grillo" pour la rasade de fillette, "meio" copo désigne une bolée de jeune homme, le "cop de tres" est versé à un adulte confirmé ; enfin réclamer "o penalti" revient à se voir servir un grand verre de rouge, le truc du chef, sans faux-col por favor.

Bienvenu chez les Alcantara, ma famille d’acceuil portugaise, ici on soutient le Sporting Lisbonne parce que dans le coin, c’est inimaginable de ne pas soutenir une équipe de "Bola". Ici, c’est à Mafra, à trente bornes de la capitale, on croise Adriano, le paternel, il offre une seconde jeunesse à la maison, peinture, maçonnerie, cuisine équipée, ce garçon a un côté Bukowski : il faut le voir virer son chien mouillé hors du garage, un cocker désabusé un peu comme lui. Luna, ce vieux sac de poils attachant qui fait demi-tour vers sa niche dès que son maître lui marmonne "rua Luna, rua, oust". Avec Anna-Maria sa dame, ils se souviennent de la vie au Mozambique, où il a enseigné avant que ça ne pète là-bas, on y croisait alors des expatriés curieux d’assister à la construction d’une République populaire. Des Coréens, Argentins, Hollandais, Russes... A la place, ils ont surtout découvert la guerre civile. Alors finalement la vie ça se passe à Mafra, le Tinto et le souvenir aidant, on cause souvent du Mozambique, on y retournera un jour, bien sûr. Je soupçonne Adriano d’écrire des histoires, tard la nuit dans sa bibliothèque cachée au fond du garage où les chats pioncent. Faudra qu’il m’en cause.

Tour de zapette hier soir. J’ai fini par croiser un match, forcément. A la télé il y a le championnat du jour, mais surtout une chaîne ESPN locale, je me suis écrasé sur un Prague-Benfica, la classe. 3-2 pour les rouges du Benfica, je crois, des tacles francs, un terrain gras, le bon vieux temps, quoi. Début de nuit, dehors un tracée d’autoroute transperce une belle forêt, des lotissements sordides poussent autour, les chiens du voisin gueulent, Al Pacinoi joue mal "L’impasse" à la télé, il n’y a bien que le Tinto pour garder le sourire, tiens.






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