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Baltazar, baroudeur de talent, aime vous faire découvrir les contrées réculées et méconnues comme le fin fond du Brésil ou les ruelles de Lavau sur Loire

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’Brasil vai ganhar, homens vão commemorar’

24 juin 2006 à 09:47 ’Brasil vai ganhar, homens vão commemorar’

Le mot du jour : Ghana en Brasileiro, devinez ce que ça veut dire ? Curiosité, pas un Caruaruense pour me faire remarquer, que Ghana, le futur adversaire des Brésiliens, ça veut presque dire gagner en Brasileiro, en voulant bien intervertir quelques lettres. Pour le coup, ça ferait drôle dans le coin, de se faire rétamer par des Africains sortis de nulle part, voire d’Afrique.

Brésil-Japon, match des coiffeurs pour la Seleção, comme on dit, direction les faubourgs de Caruaru, chez Diego Marcinho et son paternel, le jovial Ignacio. Le bus 107 nous dépose dans un quartier en construction. Disons que rien ne semble vraiment terminé, ou commencé, le chantier permanent quoi. Devant l’arrêt de bus, un terrain vague, un gosse nu-pied collectionne les canettes, pas pour jouer, pour les revendre. Chez Marcinho, jeune gardien de but du Central SC, on se pose dans le salon. Devant l’écran de télé, forcément roi puisqu’unique meuble hormis les chaises en plastique. Aujourd’hui, pas de pneus à réparer, c’est le gagne-pain familial. Mais les jours de match c’est chômé, évidemment.

Bon alors je lance la discussion qui tue dans la presse et à la télé, pourquoi Ronaldo n’est pas bon, pourquoi Ronaldinho non plus ? Pas de réponse, à vrai dire je n’ai pas causé tactique ici, j’ai d’ailleurs l’impression qu’au foot comme dans la vie, les gens d’ici vont à l’essentiel : but ou pas but ? On va gagner ou on va perdre ? On va gagner évidemment.. On joue bien ou pas ? La question ne se pose pas... C’est la même qu’au quotidien : On ne se demande pas comment on va bouffer, mais est-ce qu’on va bouffer. Gagner, ou perdre, rien au milieu.

Le match se joue, aimable, but pour les Japonais, pas de panique, de toute façon c’est quand même les Brésiliens les meilleurs, puisque c’est l’attaquant brésilien naturalisé japonais Alex qui fait la passe, note Ignacio, placide.

Mi-temps, pas de café comme c’est la tradition ici, "bah oui dit Ignacio, ma femme est au travail, il n’y a personne pour faire le café". Et comment il se débrouille pour manger, ce grand garçon, quand madame n’est pas là ? "Bah je vais chez ma mère, elle habite à côté", dit-il en se tassant dans sa chaise.

Le Brésil enfile les buts, dehors ça pétarade sec, la nuit tombe, 4 buts et hop, nous voilà à nous envoyer quelques canettes en écoutant des airs de Forró chez le voisin. Le Brésil a bien joué ? Personne n’en parle, il a gagné. Ronaldo a bien joué ? On s’en tape, il a marqué. Ici on parle de l’essentiel, je vous le dit. L’essentiel, je l’entend encore au comptoir, ce matin. Une femme à sa copine : "Le prochain match de foot des Brésiliens, c’est à midi... Nos bonhommes vont encore commémorer toute la journée. Encore une journée de perdue..."






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