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Baltazar, baroudeur de talent, aime vous faire découvrir les contrées réculées et méconnues comme le fin fond du Brésil ou les ruelles de Lavau sur Loire

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Brasil 0 - França 1 , soldes sur les camisas Ronaldinho

3 juillet 2006 à 08:00 Brasil 0  -  França 1  , soldes sur les camisas Ronaldinho

Tempête sur le petit commerce au Brésil. Une pensée de Elio, un businessman local, pour les stocks d’invendus de chemisettes, drapeaux et fanions jaunes et verts... De fait, je lui propose un marché sur le maillot aux couleurs du Portugal, parce que désormais ici, on parie sur Deco et Scolari, les Brésiliens du Portugal. Cela dit, je peux chambrer, je me souviens qu’en 2002, on en était rendu à soutenir le Sénégal au second tour.

Chouette soirée avec Rogerio, pèlerin du coin, messager de sa rue, vagabond, ami de tous y compris de Jesus et surtout, supporter numéro 1 du Central SC, le club local. Je le croise au troquet de la praça São Roque, où il prie avant le match, m’invite chez sa maîtresse qui a une grande télé et un sofa confortable. Là, rencontre avec les frangines, cousines, et surtout la vieille belle-mère collée à l’écran, au fond de sa chaise à bascule...

Rogerio l’appelle Mai (prononcez maye pour maman) affectueusement, les voilà partis pour une heure et demie à serrer les dents, bientôt rejoints par la dite maîtresse, elle aussi à fond dedans.

Au mur, des portraits kitchs de chaque membre de la famille, dans la pièce d’à côté le fiston qui se défonce sur des jeux vidéo de baston, et à la télé, une seleção qui elle aussi prend une jolie leçon. Je fulmine, la grand-mère jure devant le match, puis s’informe au bout d’un bon quart d’heure de jeu : "Au fait, contre qui on joue ?". Distribution de gros gâteaux étouffe-chrétiens, inquiétudes, prières encore, but pour la France. Curieusement, on entend quand même des pétards sauter dans la rue.

Fin de match. Des joueurs pleurent, la grand-mère et la maîtresse leur lancent des mouchoirs en papier, mais un mouchoir en papier, ça ne traverse pas les écrans, dit Rogerio. Les mouchoirs on les garde pour ici, sauf qu’ici même quand on perd on ne pleure pas ou si peu, il y a bien d’autres raisons de pleurer et tant de choses à faire, on préfère la fête...

Alors vient ce moment, qui rend la défaite si belle : Rogerio enlace sa tendre et l’emmène valser au son d’un vieux vinyl sorti pour l’occasion par Madame, un certain "douce France, cher pays de mon enfance", suivi de "la vie en rose" interprété par un certain André, interprète local. Parabens França !






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